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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Histoire du drapeau rouge</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les jeunes sont majeurs quand ils gazouillent comme les vieux ; on les pousse dans les &#233;coles pour qu'ils apprennent les vieux refrains. Quand j'&#233;tais un petit &#233;colier, aux alentours de 1910, j'ignorais ce propos de Stirner, mais le samedi apr&#232;s-midi, je chantais avec mes camarades : &lt;br class='autobr' /&gt; Les connais-tu les trois couleurs ; Les trois couleurs de France... &lt;br class='autobr' /&gt;
ou encore : &lt;br class='autobr' /&gt; Flotte petit drapeau, Flotte, flotte bien haut ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces s&#233;ances musicales ont certainement contribu&#233;, avant m&#234;me d'&#234;tre &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-cahiers-de-l-humanisme-libertaire-no139-decembre-1967-" rel="directory"&gt;Cahiers de l'humanisme libertaire n&#176;139 - D&#233;cembre 1967&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/20230810164624000000_image_philippoteaux_henri_f-65ed7.jpg?1774693754' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les jeunes sont majeurs quand ils gazouillent comme les vieux ; on les pousse dans les &#233;coles pour qu'ils apprennent les vieux refrains.&lt;/q&gt; Quand j'&#233;tais un petit &#233;colier, aux alentours de 1910, j'ignorais ce propos de Stirner, mais le samedi apr&#232;s-midi, je chantais avec mes camarades :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les connais-tu les trois couleurs ; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Les trois couleurs de France...&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;ou encore :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Flotte petit drapeau, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Flotte, flotte bien haut !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces s&#233;ances musicales ont certainement contribu&#233;, avant m&#234;me d'&#234;tre &#171; majeur &#187;, &#224; me d&#233;go&#251;ter des drapeaux. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, je n'aime ni ne hais les drapeaux : ils me sont indiff&#233;rents. Nous sommes d&#233;j&#224; poss&#233;d&#233;s par tant de fant&#244;mes, pour parler comme Stirner, qu'il est bien inutile de cr&#233;er de nouveaux f&#233;tiches ou de conf&#233;rer &#224; des morceaux d'&#233;toffe et &#224; des bouts de m&#233;tal un caract&#232;re sacr&#233;. Il est ridicule de saluer un drapeau, et il est non moins ridicule de le planter dans le fumier ou de le br&#251;ler solennellement ; ces gestes en apparence contradictoires proc&#232;dent du m&#234;me &#233;tat d'esprit et, sous une forme positive ou n&#233;gative, sont une reconnaissance de la religion du drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; mon indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard des drapeaux rouges, noirs ou tricolores, j'ai ouvert le gros livre de notre camarade Dommanget&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Dommanget, Histoire du drapeau rouge, des origines &#224; la guerre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; sans appr&#233;hension. L'auteur, militant syndicaliste irr&#233;prochable de la vieille F&#233;d&#233;ration de l'Enseignement, est aussi un historien consciencieux du mouvement ouvrier, et, d&#232;s son introduction il expose clairement son dessein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... Il ne s'agit point, ici, du drapeau rouge de l'ancienne France pas plus, au reste, que des drapeaux rouges devenus avec des signes distinctifs, les embl&#232;mes de diff&#233;rents peuples. Le pr&#233;sent livre est consacr&#233; uniquement au drapeau rouge du prol&#233;tariat et de la subversion sociale. Faire l'histoire, ou plut&#244;t esquisser l'histoire du drapeau rouge &#233;quivaut donc &#224; retracer partiellement l'histoire du prol&#233;tariat... L'histoire du drapeau rouge est li&#233;e si &#233;troitement &#224; l'hagiographie socialiste, &#224; l'h&#233;ro&#239;sme, au sacrifice, au martyrologe de la classe ouvri&#232;re qu'elle prend, par la force des choses, le caract&#232;re d'une &#233;pop&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut consid&#233;rer l'attachement &#224; un drapeau comme un f&#233;tichisme pu&#233;ril, mais il y a un fait historique : depuis 1848, le drapeau rouge est devenu, pour la fraction r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, un signe de ralliement dans les manifestations et les gr&#232;ves, un symbole des revendications et des aspirations des prol&#233;taires, et par l&#224;, un objet d'ex&#233;cration pour les &#201;tats bourgeois et les polices du monde entier. Quelle que soit notre opinion personnelle &#224; l'&#233;gard des drapeaux nous ne pouvons n&#233;gliger ce petit morceau d'&#233;toffe rouge cher &#224; des hommes comme Proudhon, Bakounine ou Blanqui, et qui r&#233;sumait l'id&#233;al de tant de combattants anonymes des luttes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il y eut en France et un peu partout dans le monde des exag&#233;rations enfantines. Dommanget, dans le dernier chapitre de son ouvrage, en donne bien des exemples savoureux et peut &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On a parl&#233; du f&#233;tichisme ouvrier &#224; propos du drapeau rouge et du premier Mai. Le mot n'est pas trop fort.&lt;/q&gt; Mais &#224; &#171; l'idol&#226;trie rouge &#187; r&#233;pond la &#171; phobie rouge &#187;, et Dommanget fait l'historique de cette chasse au drapeau rouge pratiqu&#233;e &#224; la fin du si&#232;cle dernier ou dans les premi&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle actuel, par toutes les polices. Chasse symbolique, mais c'&#233;tait l'id&#233;e qu'on traquait derri&#232;re le symbole, c'&#233;taient des hommes de chair et de sang qu'on matraquait pour arracher de leur main le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Dommanget ne se laisse pas r&#233;sumer. Il faut le lire &#8212; et le relire ! &#8212;pour se rendre compte de l'immense travail de recherche accompli par l'auteur. Jamais, malgr&#233; l'abondance de renseignements, de citations, de r&#233;f&#233;rences, une telle lecture n'est fastidieuse. Nous croyons conna&#238;tre l'histoire du mouvement ouvrier, et nous constatons &#224; chaque page combien notre connaissance est fragmentaire ou d&#233;faillante. &lt;i&gt;L'Histoire du Drapeau Rouge&lt;/i&gt; se lit non comme un roman, mais pour reprendre le mot de Dommanget, comme une &#171; &#233;pop&#233;e &#187; ; &#233;pop&#233;e douloureuse, car le tragique l'emporte, et la marche en avant des ouvriers r&#233;volutionnaires est marqu&#233;e de plus de deuils que de f&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais seulement insister sur quelques points, j'entends sur ceux qui m'ont particuli&#232;rement frapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout d'abord les origines du drapeau rouge. Il apparut peut-&#234;tre dans la Guerre des Paysans en Allemagne en 1525 ; il apparut certainement &#224; Bordeaux en 1653 lors de la Fronde populaire connue sous le nom de l'Orm&#233;e. Mais ce sont l&#224; manifestations bien lointaines. Le drapeau rouge na&#238;t l&#233;galement le 21 octobre 1789, comme drapeau de la r&#233;pression l&#233;gale et de la loi martiale. En le hissant aux fen&#234;tres de l'H&#244;tel de Ville de Paris, on annon&#231;ait l'emploi de la force militaire pour r&#233;primer les troubles et la municipalit&#233; de La Fayette et de Bailly, apr&#232;s avoir d&#233;ploy&#233; le drapeau rouge, fit fusiller au Champ-de-Mars les citoyens qui r&#233;clamaient apr&#232;s la fuite de Varennes la d&#233;ch&#233;ance de Louis XVI. C'est en 92 que l'id&#233;e se r&#233;pandit de retourner &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit torchon rouge contre ceux qui l'emploient&lt;/q&gt; et de faire ainsi passer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le drapeau de mort, le drapeau du courage&lt;/q&gt; dans le camp de la r&#233;volution populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la journ&#233;e du 10 Ao&#251;t, les Jacobins &#233;tant au pouvoir, le drapeau rouge semble abandonn&#233;. Il ne fut m&#234;me pas repris par Babeuf lors de la conspiration des Egaux, et il faut attendre l'insurrection qui suivit les fun&#233;railles du g&#233;n&#233;ral Lamarque (1832) et l'insurrection de Lyon (1834) pour voir r&#233;appara&#238;tre sur les barricades le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;141&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/20230810164624000000_image_philippoteaux_henri_f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/20230810164624000000_image_philippoteaux_henri_f-9cc24.jpg?1774783536' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Lamartine refusant le drapeau rouge devant l'H&#244;tel de Ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
Philippoteaux, Henri F&#233;lix (Paris, 03&#8211;04&#8211;1815 - Paris, 09&#8211;11&#8211;1884), peintre.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est en f&#233;vrier 1848 que vraiment &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les ouvriers de Paris prennent en g&#233;n&#233;ral le drapeau rouge comme signe de ralliement&lt;/q&gt;. Et le 25 f&#233;vrier la question se pose : le drapeau rouge deviendra-t-il le drapeau national ? La foule envahit l'H&#244;tel de Ville r&#233;clamant le drapeau rouge et c'est l&#224; que se place l'&#233;pisode fameux de Lamartine haranguant le peuple. Un beau morceau d'&#233;loquence et de brillante rh&#233;torique ! Un chef-d'&#339;uvre aussi de mauvaise foi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;passant les bornes de l'impudence&lt;/q&gt;. Lamartine, confondant deux drapeaux, le drapeau rouge du pass&#233;, celui des r&#233;pressions l&#233;gales, et le drapeau rouge du pr&#233;sent, celui des revendications ouvri&#232;res, trompait sciemment le peuple. Et le peuple &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fut &#233;bloui par le cliquetis des mots sonores et vides&lt;/q&gt;. Le gouvernement provisoire adopte, le 25 f&#233;vrier, le drapeau tricolore. Une circulaire adress&#233;e aux Commissions du Gouvernement Provisoire dans chaque d&#233;partement pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le drapeau rouge est un appel &#224; l'insurrection, le bonnet rouge retrace des souvenirs de sang et de deuil. C'est provoquer &#224; la d&#233;sob&#233;issance aux lois et &#224; la violence que d'arborer ces tristes embl&#232;mes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Au cours de son &#233;tude, Dommanget est amen&#233; &#224; pr&#233;ciser l'apparition du drapeau noir, le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;futur drapeau de l'anarchisme&lt;/q&gt;. Il semble que c'est en 1831 qu'il fut arbor&#233; pour la premi&#232;re fois : &#224; Reims, &#224; Lyon et &#224; Grenoble. A Reims et &#224; Lyon ce sont des ouvriers terrassiers r&#233;duits &#224; la mis&#232;re qui manifestent aux cris de : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Du travail ou la mort !&lt;/q&gt; Drapeau de deuil &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;soulignant que les travailleurs sont accul&#233;s &#224; la mort s'ils n'ont pas de travail, parce qu'ils n'auront pas de pain&lt;/q&gt;. Le drapeau noir r&#233;appara&#238;t en 1848-1849 lors des troubles agraires dans diverses campagnes, et &#224; Paris apr&#232;s la perte de l'Alsace-Lorraine : dans ce dernier cas il repr&#233;sente la d&#233;tresse et le malheur de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommanget signale en passant que c'est le drapeau ronge qui fut arbor&#233; en 1876 lors du huiti&#232;me congr&#232;s de la branche bakouniniste de l'internationale et rappelle ce qu'&#233;crit alors James Guillaume : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est qu'&#224; partir de 1848 que le drapeau rouge prend sa signification contemporaine comme drapeau international de l'affranchissement des travailleurs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5420 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;141&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/louise_michel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/louise_michel-57990-953d6.jpg?1774712090' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louise Michel brandissant un drapeau noir inscrit &#171; pain ou mort &#187;, pendant la manifestation des ouvriers le 9 mars 1883 &#224; Paris.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1883 que le mouvement anarchiste prend de l'importance, et il semble que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;surgence du drapeau noir doit beaucoup &#224; Louise Michel&lt;/q&gt;. Le drapeau noir appara&#238;t dans la manifestation des sans-travail (9 mars 1883) et Louise Michel, devant la cour d'assises de la Seine, d&#233;clarait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le caract&#232;re de la manifestation impliquait le port du drapeau noir, drapeau de la mis&#232;re, drapeau des gr&#232;ves plut&#244;t que le port du drapeau rouge, clou&#233; sur les tombes de la Commune&lt;/q&gt;. Cependant les drapeaux rouges et noirs devaient figurer dans les manifestations ouvri&#232;res : m&#234;me chez les anarchistes les opinions &#233;taient divis&#233;es et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Louise Michel elle-m&#234;me abandonna par la suite toute distinction entre les deux drapeaux &#233;mancipateurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;clectisme ne fut pas du go&#251;t de Paul Lafargue qui, en 1900, fit l'apologie du drapeau rouge et condamna le drapeau noir &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;signe de deuil et embl&#232;me de l'anarchie&lt;/q&gt; ! Cela n'emp&#234;cha pas, en 1904, lors des fun&#233;railles de Louise Michel, que des centaines de drapeaux rouges et noirs d&#233;fil&#232;rent dans Paris. Et dans toutes les grandes manifestations qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent la guerre de 1914, le drapeau noir &#233;tait pr&#233;sent &#224; c&#244;t&#233; du drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommanget rappelle enfin que lors de la guerre civile d'Espagne &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le sang des militants coula autant sous les plis non seulement du drapeau rouge, mais du drapeau rouge-noir du syndicalisme libertaire et du drapeau noir&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;S'il y a d'heureux mariages de couleurs, il en est d'autres qui font grincer les dents... Et Dommanget consacre quelques pages au confusionnisme du Front Populaire ! Il stigmatise la fraternisation du drapeau rouge et du drapeau tricolore et, &#224; propos de la manifestation du 14 juillet 1935 &#224; Paris, il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Par la volont&#233; du Parti Communiste, et par la complexit&#233; du Parti Socialiste et de la C.G.T., cette d&#233;monstration, essentiellement prol&#233;tarienne dans sa composition et qui fut peut-&#234;tre la plus forte d&#233;monstration de classe de l'histoire de France, marquait un recul du prol&#233;tariat sur ses positions id&#233;ologiques.&lt;/q&gt; Drapeau rouge et drapeau tricolore, &lt;i&gt;Marseillaise &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt;, Jeanne d'Arc et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la police avec nous&lt;/q&gt; ; on conna&#238;t la conclusion de ces mascarades ! Il serait trop long de reproduire les singuli&#232;res d&#233;clarations du secr&#233;tariat du Parti Communiste (&lt;i&gt;Humanit&#233; &lt;/i&gt; du 30 juin 1936). Je laisse au lecteur du livre de Dommanget le soin de les lire &lt;i&gt;in extenso&lt;/i&gt; ; de telles lectures sont n&#233;cessaires et &#233;difiantes pour ceux qui auraient oubli&#233; les malpropret&#233;s du Parti Communiste et sa merveilleuse aptitude &#224; retourner sa veste. Concluons avec Dommanget : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans le pays qui fut le berceau du drapeau rouge, il reste des v&#233;t&#233;rans irr&#233;ductibles ou des jeunes d&#233;bordant d'enthousiasme pour consid&#233;rer comme une souillure son mariage avec le drapeau tricolore.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Puissent ces quelques notes inciter nos camarades &#224; lire et &#224; m&#233;diter le livre de Dommanget ! Et, peut-&#234;tre, regretteront-ils comme moi, l'absence d'un chapitre final. Dans son introduction Dommanget insiste sur le fait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le drapeau rouge a conquis droit de cit&#233; sur une large partie du globe. Il est devenu l'&#233;tendard de nombreux pays du tiers monde et, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; adopt&#233; par la populeuse Russie, il est aujourd'hui l'embl&#232;me de la Chine, pays de 700 millions d'habitants&lt;/q&gt;. Et il ajoute : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Bien mieux... le drapeau rouge est le premier et jusqu'ici le seul drapeau qui ait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; sur un autre astre que la terre&lt;/q&gt;, faisant ainsi allusion au spectaculaire exploit sovi&#233;tique du 3 f&#233;vrier 1966. Sautons 420 pages et nous lisons : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La guerre pass&#233;e, le drapeau rouge allait redevenir pour le prol&#233;tariat universel l'image de la lib&#233;ration des masses exploit&#233;es et de l'unit&#233; du genre humain. Cette image, esp&#233;rons-le restera imp&#233;rissable.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment ces lignes ne peuvent &#234;tre la conclusion d'un tel livre. Qu'a de commun le drapeau rouge de Moscou ou de P&#233;kin, le drapeau rouge des Premiers Mai militaires et des foules enr&#233;giment&#233;es, avec le drapeau rouge des r&#233;voltes ouvri&#232;res ? Autant que, jadis, le drapeau tricolore, le drapeau rouge est d&#233;shonor&#233; : c'est sous les plis du drapeau rouge, au nom de ce drapeau qu'ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s les marins de Kronstadt, les paysans de Makhno, les ouvriers de Budapest ! S'il est vrai que &#171; le pavillon couvre la marchandise &#187;, le drapeau rouge couvre une singuli&#232;re marchandise : interdiction des gr&#232;ves, syndicats domestiqu&#233;s, parti unique, dictature de ce parti unique, assassinats individuels ou collectifs, d&#233;portations. Tous ceux qui, depuis un si&#232;cle, ont lutt&#233; et sont morts pour le drapeau rouge, luttaient et mouraient pour la libert&#233;, contre l'oppression des &#201;tats, des polices et des arm&#233;es. Il n'y a rien de commun entre ce drapeau rouge et celui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui a conquis droit de cit&#233; sur une large partie du globe&lt;/q&gt;. Je sais bien que telle est aussi la pens&#233;e de Dommanget. Je n'en regrette que plus vivement l'absence d'un chapitre o&#249; cette n&#233;cessaire distinction e&#251;t &#233;t&#233; largement d&#233;velopp&#233;e. Mais alors une conclusion s'impose : de m&#234;me que la classe ouvri&#232;re a abandonn&#233; &#224; son d&#233;shonneur le drapeau tricolore, elle doit renoncer au drapeau ronge. S&#233;paration d&#233;chirante peut-&#234;tre, mais n&#233;cessaire pour des raisons d'honn&#234;tet&#233; et de clart&#233;. Le drapeau rouge, ainsi que le Premier Mai, appartiennent au pass&#233;, un pass&#233; qu'ont d&#233;finitivement enterr&#233; les fossoyeurs qui r&#232;gnent &#224; Moscou ou &#224; P&#233;kin. Faut-il alors changer de drapeau ? Ne pourrait-on s'en passer et renoncer une fois pour toutes aux embl&#232;mes, insignes et f&#233;tiches ? Ce serait, je pense, la solution la plus sage. On roulerait &#224; son tour le drapeau rouge des vieilles luttes dans &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le linceul de pourpre o&#249; dorment les dieux morts&lt;/q&gt; ; il resterait de lui des souvenirs exaltants, quelques chants, et le livre o&#249; Dommanget retrace magnifiquement son histoire intimement li&#233;e &#224; l'&#233;pop&#233;e ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Dommanget, &lt;i&gt;Histoire du drapeau rouge&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, des origines &#224; la guerre de 1939.&lt;/i&gt; (Editions Librairie de l'Etoile).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;P.S. &#8212; Je pense que les quelques lignes suivantes, extraites de l'ouvrage de Jacques Ellul : &lt;i&gt;Ex&#233;g&#232;se des nouveaux lieux communs&lt;/i&gt;, int&#233;resseront nos camarades et je les livre &#224; leurs m&#233;ditations sans y joindre le moindre commentaire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Au mois d'ao&#251;t 1965, M. Povlov, chef du Komsomol, critique s&#233;v&#232;rement M. Khrouchtchev qui a enlev&#233; l'id&#233;al communiste aux jeunes, mais ach&#232;ve par cette p&#233;roraison : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Les jeunes doivent se p&#233;n&#233;trer d'un sentiment sacr&#233; pour le drapeau, l'embl&#232;me national et les h&#233;ros de la patrie socialiste.&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les libertaires et l'&#233;ducation </title>
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		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;&lt;q&gt;Nulle r&#233;volution ne sera f&#233;conde, si l'instruction publique recr&#233;&#233;e n'en devient le couronnement.&lt;/q&gt; (Proudhon)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-paul-robin-+" rel="tag"&gt;Paul Robin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-sebastien-faure-+" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-francisco-ferrer-+" rel="tag"&gt;Francisco Ferrer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-4-dd418.png?1774723241' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nulle r&#233;volution ne sera f&#233;conde, si l'instruction publique recr&#233;&#233;e n'en devient le couronnement.&lt;/q&gt; (Proudhon)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout &#201;tat, tout gouvernement, par chacun de ses actes exerce son autorit&#233; sur le pr&#233;sent imm&#233;diat, mais en m&#234;me temps &#8212; consciemment ou non &#8212; il songe &#224; assurer le p&#233;rennit&#233; du r&#233;gime dont il est le garant. L'&#201;tat, m&#234;me quand il pr&#233;tend pratiquer le changement, reste conservateur par nature. L'avenir sera fait &#224; l'image du pr&#233;sent et gardera pieusement l'h&#233;ritage du pass&#233;, sa morale, ses servitudes, ses contraintes. Et qui repr&#233;sente l'avenir, si ce n'est la jeunesse ? D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de former cette jeunesse, de lui enseigner le respect des id&#233;ologies qui sont le fondement de l'&#201;tat, d'extirper tout anticonformismes et de surveiller &#233;troitement ceux qui ont le mauvais esprit. Pens&#233;e uniforme... jeunesse en uniforme : c'est ce qu'ont r&#233;alis&#233; les &#201;tats totalitaires fascistes ou pr&#233;tendus communistes et c'est aussi ce que recherchent les &#201;tats d&#233;mocratiques avec moins de cynisme et davantage de m&#233;nagements. On consid&#232;re l'enfant comme un &#234;tre sans personnalit&#233;, &#224; qui on impose un syst&#232;me d'&#233;ducation destin&#233; &#224; faire de lui un sujet disciplin&#233; et un bon citoyen. Dressage et s&#233;lection assureront la formation des &#233;lites et des cadres de la soci&#233;t&#233; de demain soumise &#224; la m&#234;me morale et aux m&#234;mes devoirs que la soci&#233;t&#233; d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/938-cempuis-orpheliant-prevost-cempuis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH322/938-cempuis-orpheliant-prevost-cempuis-8d596.jpg?1774751746' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Devant cette mise en condition de l'enfant, nous ne pouvons rester indiff&#233;rents. Nous : c'est-&#224;-dire les anarchistes, les libertaires ou, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, tous ceux pour qui le socialisme f&#233;d&#233;raliste anti-autoritaire est la seule voie conduisant &#224; une v&#233;ritable transformation sociale. On peut &#234;tre tent&#233; d'opposer &#224; l'&#233;cole actuelle une p&#233;dagogie libertaire. Ce serait limiter singuli&#232;rement le d&#233;but. Une p&#233;dagogie, en effet, c'est une technique qui &#233;tablit certains modes de relations, de communication, entre l'&#233;ducateur et l'&#233;l&#232;ve. Mais si la mani&#232;re d'enseigner a son importance, elle ne doit point nous faire perdre de vue l'essentiel : c'est-&#224;-dire ce qu'on enseigne et le but de cet enseignement. Toute p&#233;dagogie doit avoir une finalit&#233;, et par suite, proc&#233;der d'un projet &#233;ducatif, d'une conception globale de l'&#233;ducation. Aussi parlerons-nous d'une &#233;ducation libertaire dont la p&#233;dagogie libertaire constitue la mise en pratique. Toutes les &#233;coles anim&#233;es dans le pass&#233; par l'esprit libertaire &#233;taient fond&#233;es sur le refus du ma&#238;tre d'imposer ses propres id&#233;es &#224; l'enfant qui doit pouvoir d&#233;velopper librement sa personnalit&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la valeur enti&#232;re de l'&#233;ducation se trouve dans le respect de la volont&#233; physique, intellectuelle et morale de l'enfant&lt;/q&gt;, &#233;crivait Francisco Ferrer. L'orphelinat de Cempuis (Paul Robin), l'Ecole Moderne (Francisco Ferrer), la Ruche (S&#233;bastien Faure) pratiquaient une p&#233;dagogie fond&#233;e sur ce principe essentiel, avec, pour les deux derni&#232;res, une liaison &#233;troite entre l'&#233;cole et les syndicats ouvriers ou les Bourses du Travail et, pour la Ruche, l'existence d'une coop&#233;rative de production autog&#233;r&#233;e par la communaut&#233; scolaire. Les gens &#233;pris de dogmatisme ne manqueront pas de demander s'il existe un manuel d'&#233;ducation libertaire. Nous n'avons, h&#233;las ! aucun cat&#233;chisme de cette nature &#8212; ou de toute autre nature &#8212; &#224; leur soumettre. La pens&#233;e libertaire n'est esclave d'aucune id&#233;ologie monolithique, elle ne connait ni orthodoxie, ni h&#233;r&#233;sie : mais, aussi diff&#233;rents que soient entre eux les libertaires, ils ont en commun quelques id&#233;es qui font d'eux une famille spirituelle, et cr&#233;ent entre eux une solidarit&#233; de pens&#233;e. On trouvera les &#233;l&#233;ments fondamentaux d'une &#233;ducation libertaire aussi bien chez Stirner que chez Proudhon et Bakounine : &#233;l&#233;ments compl&#233;mentaires et non contradictoires, ce qui montre que, sur la question de l'&#233;ducation, il y a communaut&#233; de vues entre les divers courants de la pens&#233;e libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/la_ruche__depart_pour_les_champs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH312/la_ruche__depart_pour_les_champs-e5bb8.jpg?1774751746' width='500' height='312' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas croire cependant que l'id&#233;e d'une &#233;ducation int&#233;grale et antiautoritaire prit naissance brusquement dans quelques esprits au milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! Dans ce domaine, comme dans bien d'autres, l'anarchisme a b&#233;n&#233;fici&#233; de l'apport des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, et les libertaires n'ont pas l'outrecuidance ridicule de pr&#233;tendre avoir invent&#233;. Et ce n'est pas une raison parce que Rabelais, Montaigne et Rousseau n'ont trait&#233; que de l'enseignement donn&#233; par un pr&#233;cepteur &#224; un jeune noble ou &#224; un jeune bourgeois, pour n&#233;gliger leurs &#233;crits. On y trouvera quelques v&#233;rit&#233;s premi&#232;res que l'&#233;ducation libertaire a reprises &#224; son compte. Rabelais donne aux exercices physiques et aux travaux domestiques autant d'importance qu'&#224; l'&#233;tude des lettres et des sciences. Le chant et la musique n'&#233;taient pas n&#233;glig&#233;s, et Rabelais recommande la fr&#233;quentation des artisans, la visite de leurs ateliers afin d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;apprendre et de consid&#233;rer l'industrie et invention des m&#233;tiers.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que de vues judicieuses dans le c&#233;l&#232;bre essai de Montaigne sur l'&lt;i&gt;Institution des enfants&lt;/i&gt; ! Il s'&#233;l&#232;ve contre cette vaine &#233;rudition fond&#233;e sur la m&#233;moire et qui fait la t&#234;te bien pleine, sinon bien faite. Parlant de l'&#233;ducateur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne veux pas, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il&lt;/span&gt;, qu'il invente et parle seul, je veux qu'il &#233;coute son disciple parler &#224; son tour... qu'il ne loge rien en sa t&#234;te par simple curiosit&#233;.&lt;/q&gt; L'enfant n'a pas &#224; embrasser les opinions et les pr&#233;ceptes des autres et ce qu'il empruntera &#224; autrui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il le transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien : &#224; savoir son jugement.&lt;/q&gt; L'enfant doit juger et choisir par lui-m&#234;me et non selon l'autorit&#233; d'autrui, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui suit un autre, ne suit rien.&lt;/q&gt; Education oppos&#233;e &#224; tout fanatisme, &#224; tout embrigadement autoritaire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'on instruise l'enfant surtout &#224; se rendre et &#224; quitter les armes &#224; la v&#233;rit&#233;, tout aussit&#244;t qu'il l'apercevra... car il ne sera pas mis en chaire pour dire un r&#244;le prescrit. Il n'est engag&#233; a aucune cause, que parce qu'il l'approuve.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rousseau, dans l'&lt;i&gt;Emile&lt;/i&gt;, r&#233;clame pour l'enfant une &#233;ducation intellectuelle non livresque et partant de l'int&#233;r&#234;t sensible, une &#233;ducation du corps par les exercices physiques, l'hygi&#232;ne et la natation et une &#233;ducation sensorielle. P&#233;dagogie active fond&#233;e sur l'exp&#233;rience et non sur les discours, comportant une &#233;ducation manuelle et le choix d'un m&#233;tier manuel. Rousseau, comme Montaigne, d&#233;fend la personnalit&#233; de l'enfant qui ne doit point &#234;tre &#233;touff&#233;e par les pr&#233;jug&#233;s ou l'autorit&#233; d'autrui : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour rendre un jeune homme judicieux, il faut bien former ses jugements, au lieu de lui dicter les n&#244;tres. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que si nous approuvons bien des pr&#233;ceptes et des recommandations de &lt;i&gt;Rabelais&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Montaigne &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Rousseau&lt;/i&gt;, nous sommes oblig&#233;s de rejeter, dans leurs &#233;crits sur l'&#233;ducation, tout ce qui porte la marque d'une certaine &#233;poque, d'une certaine soci&#233;t&#233; ou m&#234;me de certains pr&#233;jug&#233;s. Un exemple seulement : dix ans apr&#232;s avoir &#233;crit l'&lt;i&gt;Emile&lt;/i&gt;, Rousseau, dans ses &lt;i&gt;Consid&#233;rations sur le Gouvernement de Pologne&lt;/i&gt;, veut que l'enfant soit, d&#232;s son plus jeune &#226;ge, &#233;lev&#233; dans le culte de la patrie : l'&#233;ducation doit donner aux &#226;mes la forme nationale et diriger tellement leurs opinions et leurs go&#251;ts qu'elles soient patriotes par inclination, par passion, par n&#233;cessit&#233;. L'U.R.S.S. et l'Allemagne de l'Est ont certainement retenu ce conseil de Rousseau qui, emport&#233; par son z&#232;le r&#233;publicain, semble oublier qu'il ne faut pas &lt;i&gt;dicter &lt;/i&gt; nos jugements.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois hommes, d'origine et de caract&#232;re fort diff&#233;rent &#8212; Stirner, Proudhon, Bakounine &#8212; ont fond&#233; la pens&#233;e libertaire moderne et c'est dans leurs &#233;crits de la p&#233;riode 1840-1970 qu'on trouve les principes g&#233;n&#233;raux d'une &#233;ducation libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5396 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/stirner-kar1900-c79fa-ddf61.jpg?1774695970' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le faux principe de notre &#233;ducation&lt;/i&gt; (1842), Stirner montre que la vieille querelle entre ceux qui d&#233;fendent la pr&#233;dominance des &#233;tudes classiques et ceux qui insistent sur la sup&#233;riorit&#233; de l'enseignement scientifique et technique, ne peut aboutir &#224; un compromis. Ces deux formes du savoir ont conduit &#224; un &#233;chec : humanisme et r&#233;alisme finissant en dandysme attach&#233; &#224; la vaine recherche des &#233;l&#233;gances de style et en industrialisme uniquement pr&#233;occup&#233; de la formation de l'homme politique et &#233;tranger &#224; toute philosophie lib&#233;ratrice. Le Savoir, afin qu'il ne soit pas seulement un fardeau encombrant, doit mourir pour rena&#238;tre comme Volont&#233;. L'&#233;cole actuelle ne fabrique pas des hommes v&#233;ritables, elle &#233;touffe la libert&#233; : l'humanisme forme des &#233;rudits, le r&#233;alisme des citoyens utilisables, dans les deux cas des hommes serviles. Le savoir doit mourir pour ressusciter comme volont&#233; et exercer de nouveau son activit&#233; quotidienne comme personne libre. L'&#233;cole doit donc permettre l'&#233;panouissement libre de la personnalit&#233;, ne pas &#233;touffer la fiert&#233; et le naturel de l'enfant et concilier dans une association harmonieuse les volont&#233;s contradictoires de l'enfant et de l'&#233;ducateur. Faire des hommes libres et non des serviteurs dociles de l'&#201;tat : telle doit &#234;tre la vocation de l'&#233;cole, et Nietzsche formule le m&#234;me v&#339;u dans ses conf&#233;rences sur l'&lt;i&gt;Avenir de nos &#233;tablissements d'instruction&lt;/i&gt; (1872).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/saavedra_toro_abelardo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/saavedra_toro_abelardo-414b0-e4c3b.jpg?1774695970' width='150' height='223' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Abelardo Saavedra &lt;br&gt;del Toledo&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Relever la condition ouvri&#232;re en relevant sa valeur : tel est, selon Proudhon, le but d'une v&#233;ritable &#233;ducation. Depuis des si&#232;cles, la soci&#233;t&#233; repose sur la distinction entre arts m&#233;caniques et arts lib&#233;raux, entre gens m&#233;caniques et intellectuels. Le travail des mains est servile, tandis que le travail de l'esprit est r&#233;serv&#233; aux hommes libres. Une v&#233;ritable mal&#233;diction p&#232;se sur le travail manuel consid&#233;r&#233; comme une forme inf&#233;rieure de l'activit&#233; humaine, et elle se traduit par l'in&#233;galit&#233; des conditions et l'in&#233;galit&#233; des r&#233;mun&#233;rations. La main et l'esprit ne peuvent &#234;tre associ&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le travail, r&#233;unissant l'analyse et la synth&#232;se, la th&#233;orie et l'exp&#233;rience en une action continue ... r&#233;sumant la r&#233;alit&#233; et l'id&#233;e, se repr&#233;sente de nouveau comme mode universel d'enseignement. De tous les syst&#232;mes d'&#233;ducation, le plus absurde est celui qui s&#233;pare l'intelligence de l'activit&#233; et scinde l'homme en deux entit&#233;s impossibles ; un abstracteur et un automate. Ainsi, l'&#233;ducation doit &#234;tre exp&#233;rimentale et pratique, ne r&#233;servant le discours que pour expliquer, r&#233;sumer et coordonner le travail.&lt;/q&gt; (Chapitre IV du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; 1846). On parle actuellement d'&#233;ducation permanente : ce n'est point une id&#233;e nouvelle et nous lisons dans Proudhon que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'instruction de l'homme doit &#234;tre constamment con&#231;ue qu'elle dure &#224; peu pr&#232;s toute la vie.&lt;/q&gt; Proudhon souhaite enfin que les associations ouvri&#232;res jouent un r&#244;le important dans l'&#233;ducation : elles doivent devenir &#224; la fois foyer de production et foyer d'enseignement. Ce principe proudhonien de la liaison atelier-&#233;cole a &#233;t&#233; mis en pratique &#224; la Ruche de S&#233;bastien Faure, et les nombreuses Ecoles Modernes fond&#233;es par Ferrer et Saavedra en Andalousie et dans la r&#233;gion du Levant avaient le soutien moral et mat&#233;riel des syndicats ouvriers (Gaston Leval, &lt;i&gt;Espagne Libertaire&lt;/i&gt;).. Faut-il dire enfin que Proudhon &#8212; comme Stirner &#8212; condamne les &#233;coles de son temps qui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quand elles ne sont pas des &#233;tablissements de luxe ou des pr&#233;textes &#224; sin&#233;cures, sont les s&#233;minaires de l'aristocratie ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH155/bakunin_by_vallotton-2-0f960-54ec1.jpg?1774695970' width='150' height='155' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;habilitation du travail manuel, qui est une id&#233;e ma&#238;tresse de Proudhon, est indispensable, pense Bakounine, pour mettre un terme &#224; l'asservissement des ouvriers. Dans l'&#233;crit connu sous le titre de &lt;i&gt;Cat&#233;chisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (1865-1866), Bakounine d&#233;nonce la s&#233;paration entre travail manuel et travail intellectuel comme la source du m&#233;pris qui s'attache aujourd'hui &#224; la condition ouvri&#232;re. Certes, on reconna&#238;t en th&#233;orie la dignit&#233; du travail, on proclame qu'il est honteux de vivre sans travailler : mais en maintenant la distinction entre le travail manuel servile et le travail intellectuel noble, la classe privil&#233;gi&#233;e se r&#233;serve le second et impose au peuple le premier. Il faut donc r&#233;aliser une synth&#232;se sociale qui fera pratiquer &#224; l'intellectuel comme au manuel ces deux formes de travail. L'&#233;cole, d&#233;barrass&#233;e de toute contrainte religieuse, doit dispenser une &#233;ducation et un enseignement &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui ne seront rien d'autre qu'une initiation graduelle et progressive &#224; la libert&#233;, une libert&#233; qui est ins&#233;parable de la libert&#233; des autres. Inspirez aux enfants le respect de tout &#234;tre humain et vous ferez d'eux des hommes ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bakounine a consacr&#233; &#224; l'&#233;ducation une partie des articles parus dans le journal l'&lt;i&gt;Egalit&#233;&lt;/i&gt;, de Gen&#232;ve, et r&#233;unis g&#233;n&#233;ralement sous ces deux titres : &lt;i&gt;Les Endormeurs&lt;/i&gt;, et l'&lt;i&gt;Instruction int&#233;grale&lt;/i&gt;. Il insiste sur la collaboration indispensable entre travailleurs intellectuels et manuels et, parlant de la jeunesse des universit&#233;s, il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;leur concours sera pr&#233;cieux &#224; condition qu'ils comprennent que la mission de la science aujourd'hui n'est plus de dominer, mais de servir le travail, et qu'ils auront bien plus de choses &#224; apprendre chez les travailleurs qu'&#224; leur enseigner. L'&#233;ducation int&#233;grale, aussi compl&#232;te que le permet la puissance intellectuelle du si&#232;cle, ne tend pas &#224; fabriquer uniquement des savants : tout le monde doit travailler et tout le monde doit &#234;tre instruit ... La science du savant deviendra plus utile, plus f&#233;conde et plus large quand le savant n'ignorera plus le travail manuel, et le travail de l'ouvrier instruit sera plus intelligent et par cons&#233;quent plus productif que celui de l'ouvrier ignorant.&lt;/q&gt; C'est pourquoi l'instruction &#233;gale pour tous et int&#233;grale &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;doit pr&#233;parer chaque enfant des deux sexes, aussi bien &#224; la vie de la pens&#233;e qu'&#224; celle du travail, afin que tous puissent &#233;galement devenir des hommes complets.&lt;/q&gt; Elle unira donc &#224; un enseignement scientifique ou pratique. L'adolescent pourra librement, en connaissance de cause, choisir sa propre carri&#232;re ; le risque d'une erreur est pr&#233;f&#233;rable au principe d'autorit&#233; et, rejoignant Montaigne et Rousseau, Bakounine &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les enfants, comme les hommes m&#251;rs, ne deviennent sages que par les exp&#233;riences qu'ils font eux-m&#234;mes, jamais par celles d'autrui.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-1-6-876d3-f42c5.jpg?1774695970' width='150' height='208' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre-Joseph Proudhon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bakounine &#8212; comme Proudhon, comme Stirner &#8212; est un amant passionn&#233; de la libert&#233;, mais il ne confond pas la libert&#233; avec certaines outrances qui n'en sont que la caricature : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La libert&#233; que l'&#233;cole enseignera, c'est l'ob&#233;issance involontaire et fatale &#224; toutes les lois qui, ind&#233;pendantes de toute volont&#233; humaine, sont la vie m&#234;me de la nature et de la soci&#233;t&#233;, mais c'est l'ind&#233;pendance aussi absolue que possible de chacun vis-&#224;-vis de toutes les pr&#233;tentions de commandement ... qui voudraient lui imposer non leur influence naturelle, mais leur loi.&lt;/q&gt; Bakounine sait aussi que le jeune enfant qui entre en contact avec le monde ext&#233;rieur a besoin d'&#234;tre guid&#233; et pr&#233;serv&#233; de tous les dangers qui guettent son inexp&#233;rience. D'o&#249; cette formule qui montre combien est r&#233;aliste sa pens&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;ducation des enfants, prenant pour point de d&#233;part l'autorit&#233;, doit successivement aboutir &#224; la plus enti&#232;re libert&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anarchisme en Allemagne de l'Est &#8212; 1945-1955 </title>
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		<dc:date>2024-07-06T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Gustav Landauer</dc:subject>
		<dc:subject>Erich M&#252;hsam</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution allemande (1918-1919]</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Iztok</dc:subject>
		<dc:subject>Otto Reimers</dc:subject>
		<dc:subject>Willi Jelinek</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on parle du mouvement anarchiste en Allemagne de l'Ouest (RFA) ou de l'Est (RDA) durant la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre il ne faut pas oublier que de 33 &#224; 45 l'anarchisme fut mis hors la loi : les adh&#233;rents des groupes furent arr&#234;t&#233;s, assassin&#233;s ou condamn&#233;s &#224; la mort lente dans les camps de concentration, la presse anarchiste disparut, les livres et les brochures furent br&#251;l&#233;s. Il fallait donc en 45 &#8212; pour les rares survivants &#8212; repartir de z&#233;ro, et tr&#232;s vite en Allemagne de l'Est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-iztok-no2-septembre-1980-" rel="directory"&gt;Iztok n&#176;2 - Septembre 1980&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-gustav-landauer-+" rel="tag"&gt;Gustav Landauer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-erich-muhsam-3-+" rel="tag"&gt;Erich M&#252;hsam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-allemande-1918-1919-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution allemande (1918-1919]&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-iztok-375-+" rel="tag"&gt;Iztok&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-otto-reimers-+" rel="tag"&gt;Otto Reimers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-willi-jelinek-+" rel="tag"&gt;Willi Jelinek&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-14-9a2e8.jpg?1774699337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on parle du mouvement anarchiste en Allemagne de l'Ouest (RFA) ou de l'Est (RDA) durant la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre il ne faut pas oublier que de 33 &#224; 45 l'anarchisme fut mis hors la loi : les adh&#233;rents des groupes furent arr&#234;t&#233;s, assassin&#233;s ou condamn&#233;s &#224; la mort lente dans les camps de concentration, la presse anarchiste disparut, les livres et les brochures furent br&#251;l&#233;s. Il fallait donc en 45 &#8212; pour les rares survivants &#8212; repartir de z&#233;ro, et tr&#232;s vite en Allemagne de l'Est s'implanta un r&#233;gime totalitaire qui usa &#224; l'&#233;gard des anarchistes des m&#234;mes m&#233;thodes que le r&#233;gime hitl&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 90 du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent jusqu'en 1933, l'anarchisme allemand a &#233;t&#233; divis&#233; en plusieurs courants qui, sauf en de rares circonstances, n'ont jamais pu se f&#233;d&#233;rer en une organisation fond&#233;e sur quelques principes essentiels communs &#224; tous les anarchistes. Indiquons bri&#232;vement la nature de ces courants :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH159/sans_titre-2-26-df177-3cf28.jpg?1774696972' width='150' height='159' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;John-Henry MacKay&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. ANARCHISME INDIVIDUALISTE :&lt;/strong&gt; Inspir&#233; par Stirner, il se d&#233;veloppa gr&#226;ce aux &#233;crits de John-Henry MacKay (le po&#232;te-philosophe qui &#171; red&#233;couvrit &#187; Stirner et son &#339;uvre) et de Tucker. Des associations anarchistes individualistes, des Amis de Stirner, des associations pour la culture individualiste exist&#232;rent dans les ann&#233;es 20, surtout &#224; Berlin et &#224; Hambourg. Actuellement la Soci&#233;t&#233; John MacKay &#233;dite les &#339;uvres de Mackay, Tucker, etc. ainsi qu'une s&#233;rie d'&#233;tudes anarchistes qui d&#233;passent le cadre de l'individualisme strict.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/ob_b4e886_gustav-landauer-7daf3-e07df.jpg?1774696972' width='150' height='204' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Gustav Landauer&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LE SOCIALISME LIBERTAIRE :&lt;/strong&gt; Son porte-parole fut Landauer : anti-marxiste, continuateur de Proudhon, il inspira l'action des groupes de l'Union Socialiste pour cr&#233;er, en dehors du cadre du capitalisme et de l'&#201;tat, des communaut&#233;s libres de producteurs : les premi&#232;res cellules d'une soci&#233;t&#233; libertaire. L'influence de Landauer avant 1914 se fit sentir en Autriche, en Suisse et m&#234;me en France. En Isra&#235;l, la construction des kibboutz s'inspira des id&#233;es de Landauer.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/show-photo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/show-photo-53289-86f6b.jpg?1774696972' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Erich M&#252;hsam &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. L'ANARCHISME COMMUNISTE (ou encore communisme libertaire) :&lt;/strong&gt; il est li&#233; au nom de Johann Most (mort en 1906) et s'inspire un peu de Bakounine et beaucoup de Kropotkine. M&#252;hsam devait reprendre l'&#339;uvre de Most et fonda &#224; Munich, lors de la r&#233;volution de 1918, l'Union des Internationalistes R&#233;volutionnaires et dix ans plus tard l'Union Anarchiste qui entra en concurrence avec la F&#233;d&#233;ration des Anarchistes Communistes cr&#233;&#233;e par Oestreich. Ces deux organisations lutt&#232;rent durant la R&#233;publique de Weimar contre la mont&#233;e du national-socialisme, avec des tactiques diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH188/souchyphoto_copie-cce38-1f190.jpg?1774696972' width='150' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. L' ANARCHO-SYNDICALISME :&lt;/strong&gt; En r&#233;action contre le syndicalisme de collaboration de classe et de soumission &#224; l'&#201;tat, les anarcho-syndicalistes fond&#232;rent en 1919 l'association des Travailleurs Libres d'Allemagne (FAUD) qui sous l'impulsion de Rocker, Souchy et Lehning devint une organisation de masse comptant en 1923 environ 125 000 adh&#233;rents. La FAUD perdit assez vite son influence et vers 1933 elle ne comptait plus que 25 000 &#224; 30 000 membres.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH190/silvio_gesell__1895_-2-eaccd-5fe20.jpg?1774696972' width='150' height='190' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean Silvio Gesell&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. LE LIBERALISME &#171; ANARCHISTE &#187; :&lt;/strong&gt; Au d&#233;but du si&#232;cle, Gesell avait tent&#233; une fusion des id&#233;es du lib&#233;ralisme &#233;conomique et de l'anarchisme. Ce mouvement devait se d&#233;velopper apr&#232;s 1919 sous l'influence de Zimmermann : il s'opposait au socialisme autoritaire et &#224; l'anarchisme violent et s'effor&#231;ait &#8212; sous le nom d'acratie &#8212; d'op&#233;rer une synth&#232;se entre le lib&#233;ralisme &#233;conomique et l'anarchisme individualiste. Ce courant de pens&#233;e devait &#234;tre victime &#8212; comme on le verra plus loin &#8212; du r&#233;gime totalitaire de l'Allemagne de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant l'accent sur ce qui les divisait plut&#244;t que sur ce qui les unissait, les anarchistes ne pouvaient arriver &#224; une coordination fraternelle des divers courants de la pens&#233;e anarchiste. Il y eut cependant un court moment o&#249; tous ces courants collabor&#232;rent : dans la premi&#232;re et courte phase de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re en 1919, avant la prise du pouvoir par les communistes, suivie peu apr&#232;s par la dictature de la soldatesque. Gesell, Landauer, M&#252;hsam et les anarcho-syndicalistes figur&#232;rent c&#244;te &#224; c&#244;te dans le conseil de la R&#233;publique Bavaroise. La preuve &#233;tait faite que la n&#233;cessit&#233; l'emportait sur les querelles de tendance, mais cette union des anarchistes fut sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/sans_titre-1-28-b96d2-b6ba0.jpg?1774696972' width='150' height='177' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Otto Reimers&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Hambourg avait &#233;t&#233;, jusqu'en 1933, un centre d'activit&#233;s anarchistes : une forte section de la FAUD, plusieurs journaux anarchistes ou semi-anarchistes et parmi ces derniers l'&lt;i&gt;Unionist&lt;/i&gt;, organe de l'organisation unitaire &#171; Union G&#233;n&#233;rale des Travailleurs &#187;. Un autre hebdomadaire, le &lt;i&gt;Proletarischer Zeitgeist&lt;/i&gt; (l'esprit prol&#233;tarien) &#8212; &#233;dit&#233; &#224; Zwickau (Saxe) de 22 &#224; mars 1933 &#8212; &#233;tait anti-autoritaire et proche des anarchistes. Il &#233;tait diffus&#233; par Otto Reimers, puis soutenu par Otto R&#252;hle qui arriv&#232;rent &#224; constituer le &#171; Bloc des R&#233;volutionnaires anti-autoritaires &#187; qui organisa &#224; Hambourg des cycles de conf&#233;rences suivies par un public nombreux (Rocker y exposa les id&#233;es ma&#238;tresses de son ouvrage &lt;i&gt;Nationalisme et Culture&lt;/i&gt;). Ce sont les survivants de ce noyau qui furent en 1945 les premiers artisans de la renaissance de l'anarchisme : quatre seulement dont Otto Reimers. Avant m&#234;me l'annonce de la mort d'Hitler, Reimers diffusa des tracts d&#233;non&#231;ant les atrocit&#233;s des camps de Buchenwald et Belsen et appelait &#224; la vengeance. D&#232;s le 4 mai 1945, Reimers s'adressa aux communistes de Hambourg, rescap&#233;s de la dictature nazie : devant la situation tragique du mouvement ouvrier, il pr&#233;conisait la cr&#233;ation d'un mouvement r&#233;volutionnaire unitaire englobant les social-d&#233;mocrates, les communistes et les anarchistes, mouvement &#224; la fois antifasciste et anticapitaliste. Ce rapprochement, auquel les dirigeants communistes &#233;taient hostiles, ne put &#234;tre r&#233;alis&#233; en d&#233;pit des efforts de Reimers. Ce fut seulement en mars 1947 que les autorit&#233;s anglaises d'occupation autoris&#232;rent la constitution d'une &#171; F&#233;d&#233;ration Culturelle &#187;, r&#233;clam&#233;e par Reimers et par Langer, un autre militant de l'anarchisme d'avant-guerre. L'organisation prit le titre de &#171; F&#233;d&#233;ration Culturelle des Socialistes Libres et Antimilitaristes &#187;. La f&#233;d&#233;ration disposa d'un local, diffusa onze circulaires imprim&#233;es au cours de l'ann&#233;e 47, cr&#233;a des liaisons dans cinq villes et entretint des correspondances avec des camarades de 17 pays. Mais que se passait-il durant ces deux si dures ann&#233;es dans la zone d'occupation russe ? Le mouvement anarchiste pouvait-il rena&#238;tre dans cette partie de l'Allemagne soumise &#224; l'autorit&#233; militaire russe et &#224; la police stalinienne ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/jelinek_wilhelm_1889_foto.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH192/jelinek_wilhelm_1889_foto-a9446-b7a67.jpg?1774696972' width='150' height='192' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Willi Jelinek&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Zwickau est une ville industrielle de Saxe, non loin de Chemnitz et de la fronti&#232;re tch&#233;coslovaque : usines m&#233;tallurgiques, filatures et mines de houille dans le voisinage. C'est &#224; Zwickau qu'&#233;tait &#233;dit&#233; le &lt;i&gt;Proletarischer Zeitgeist&lt;/i&gt; qui &#233;tait en m&#234;me temps l'organe de l'Union G&#233;n&#233;rale des Travailleurs. En mai 1945 l'Union ne comptait &#224; Zwickau que six survivants : 27 membres avaient &#233;t&#233; victimes de la Gestapo. Un des rescap&#233;s, Willi Jelinek, avait pu conserver la liste des abonn&#233;s du &lt;i&gt;Zeitgeist&lt;/i&gt; et adressa aux plus surs d'entre eux des lettres d&#233;taill&#233;es en vue de faire revivre l'organisation. Comme les autorit&#233;s russes s'employaient &#224; r&#233;aliser une fusion des &#233;l&#233;ments du SPD et du KPD pour cr&#233;er le Parti Socialiste Unifi&#233; (SED) qui n'&#233;tait que le camouflage du parti communiste, Jelinek d&#233;non&#231;ait cette man&#339;uvre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le parti communiste joue le r&#244;le du renard qui veut vaincre la peur du li&#232;vre en faisant semblant d'&#234;tre devenu v&#233;g&#233;tarien&lt;/q&gt;. Dans une autre lettre aux anarchistes (f&#233;vrier 46), Jelinek combat toute participation des anarchistes &#224; un bloc social-communiste et sur ce point il se distingue de la position de Reimers &#224; Hambourg. Il pensait &#8212; et l&#224; il se trompait &#8212; que l'union SPD-KPD serait de courte dur&#233;e et qu'alors sonnerait l'heure des anarchistes. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; pour ces derniers de s'organiser. En juin 46, le cercle de Zwickau reform&#233; des anciens lecteurs du &lt;i&gt;Zeitgeist&lt;/i&gt; et de syndicalistes, &#233;tait constitu&#233; et adressa des circulaires d'information &#224; des anarchistes de la zone russe (la SBZ) et de l'Allemagne de l'Ouest. En Saxe, 5 ou 6 groupes furent cr&#233;&#233;s, de m&#234;me en Thuringe. Jelinek entretenait des relations avec les anarchistes d'Hambourg, Mulheim (dans la Ruhr), Kiel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usine o&#249; il travaillait, Jelinek avait &#233;t&#233; &#233;lu par 95% des ouvriers comme pr&#233;sident du conseil d'entreprise et il adh&#233;ra &#224; la centrale syndicale FDGB de la zone russe afin d'&#233;tendre son action. Les communistes, qui connaissaient Jelinek depuis longtemps, avaient pens&#233; que ses opinions s'&#233;taient modifi&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res r&#233;unions du conseil d'entreprise ils furent d&#233;tromp&#233;s et engag&#232;rent la lutte contre Jelinek. Lorsque le parti unifi&#233; SED fut fond&#233;, les communistes somm&#232;rent Jelinek de quitter la pr&#233;sidence : il refusa et devint d&#232;s lors l'homme &#224; abattre. Le Cercle de Zwickau fonda un &#171; Bureau d'Information &#187; et adressa des circulaires qui exposaient les probl&#232;mes pratiques insurmontables en zone russe : cr&#233;ation l&#233;gale d'une organisation anarchiste, &#233;dition d'un journal, utilisation d'une ron&#233;o. Il d&#233;cida de poursuivre ses activit&#233;s malgr&#233; les difficult&#233;s mat&#233;rielles toujours croissantes. Il renon&#231;a &#224; l'id&#233;e de &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; les anciens anarchistes qui avaient rejoint le SED : ce qui importait, c'&#233;tait de gagner de nouveaux camarades aux id&#233;es anti-autoritaires. En septembre 47 le cercle fut oblig&#233; de reconna&#238;tre le peu d'empressement des jeunes g&#233;n&#233;rations &#224; venir grossir ses rangs et aussi le manque de publications &#224; diffuser. Il fallait avant tout s'adresser aux ouvriers et leurs montrer les falsifications que les communistes du SED avaient fait subir au marxisme (Jelinek &#233;tait parfaitement au courant de la litt&#233;rature marxiste). Fin 1947, Jelinek travailla &#224; une brochure qui ne put jamais &#234;tre publi&#233;e : il d&#233;non&#231;ait la dictature du prol&#233;tariat &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui signifiait l'autorit&#233; de chefs. L&#224; o&#249; on ob&#233;it, il y a des chefs qui commandent&lt;/q&gt;. Toute dictature signifie le gouvernement d'une minorit&#233;. On devine que la diffusion des circulaires et des lettres devenait de plus en plus difficile. Policiers et mouchards surveillaient Jelinek qui, en cas d'arrestation, prit la pr&#233;caution de transmettre la liste des anciens abonn&#233;s au &lt;i&gt;Zeitgeist&lt;/i&gt; au compagnon Willy Huppertz (de Mulheim). Ce vieil anarchiste des ann&#233;es 20. ce franc-tireur des luttes ouvri&#232;res qui n'appartint &#224; aucun groupe, ni m&#234;me &#224; la FAUD, ce rescap&#233; du camp de concentration d'Oranenburg assura pendant 25 ans &#224; partir de mars 48 la r&#233;daction, l'impression et la diffusion de la revue mensuelle &lt;i&gt;Befreiung&lt;/i&gt;. Dans cette revue, Huppertz se chargeait de l'&#233;dition des circulaires et de leur transmission aux camarades de la zone russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jelinek nourrissait encore quelques illusions : il esp&#233;rait un adoucissement du r&#233;gime de dictature en zone russe, qui permettrait d'imprimer un journal et il &#233;crivait m&#234;me que sous Hitler les anarchistes n'auraient pas pu discuter comme sous Ulbricht ! Mais d&#233;j&#224; le filet de la police se refermait sur Jelinek. Une lettre adress&#233;e &#224; Reimers tomba aux mains de la censure Le 10 novembre 48, Jelinek fut arr&#234;t&#233; par deux officiers russes accompagn&#233;s d'un interpr&#232;te et d'un fonctionnaire allemand de la police criminelle. Perquisition et arrestation de la femme de Jelinek et de son gendre qui disparut sans laisser de traces. La femme de Jelinek fut longuement interrog&#233;e au sujet de Reimers et d'Huppertz : rel&#226;ch&#233;e, elle trouva son logement vide de tout mobilier et r&#233;quisitionn&#233;. D'autre part un mouchard, se faisant passer pour un anarchiste mandat&#233;, se fit remettre par Huppertz la liste des abonn&#233;s confi&#233;e par Jelinek : ceux-ci furent convoqu&#233;s &#224; une pr&#233;tendue r&#233;union &#224; Leipzig et arr&#234;t&#233;s. Quant &#224; Jelinek il fut transf&#233;r&#233; &#224; Dresde et de l&#224; &#224; l'ancien camp de concentration nazi de Sachsenhausen o&#249; &#233;taient parqu&#233;s les opposants au r&#233;gime communiste. Jelinek &#233;tait inculp&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'activit&#233;s fascistes et militaristes&lt;/q&gt; ! La vague d'arrestations de novembre 48 fit 45 victimes (au total 25 ann&#233;es de prison). Seconde vague au printemps 49 avec l'arrestation de nombreux anarchistes (100, seulement &#224; Dresde !). Ce qui n'emp&#234;cha pas la diffusion d'un tract en &#171; R&#233;publique D&#233;mocratique Allemande &#187; (le 7 octobre 1949 cette &#171; r&#233;publique &#187; prenait la succession de la zone d'occupation russe) au d&#233;but de 1950.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/jelinek_wilhelm_1889_vorderseite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH352/jelinek_wilhelm_1889_vorderseite-b0c7f.jpg?1774703962' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sachsenhausen, Jelinek retrouva plusieurs de ses camarades et les groupa en un petit cercle clandestin. Il essaya de renouer des relations avec Reimers. Le travail lui ayant &#233;t&#233; refus&#233;, sa ration alimentaire &#233;tait tr&#232;s r&#233;duite. En raison de ses relations avec ses camarades d&#233;tenus il fut transf&#233;r&#233; dans le camp de Bautzen. L&#224;, on eut l'illusion d'une am&#233;lioration des conditions d'internement en raison de la fondation de la RDA. Il y eut simplement le remplacement des surveillants russes par des allemands, tous membres du SED. Les d&#233;tenus souffraient de la faim, beaucoup mouraient de tuberculose. Le 13 mars 50, une r&#233;volte d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#233;clata et une commission compos&#233;e d'officiers russes et d'officiers de la &#171; police populaire &#187; allemande promit des am&#233;liorations. Au lieu de cela, les conditions de d&#233;tention furent encore aggrav&#233;es. D'o&#249; une nouvelle r&#233;volte le 30 mars qui fut f&#233;rocement r&#233;prim&#233;e. Jelinek parvint &#224; informer l' Allemagne de l'Ouest de la situation mis&#233;rable des milliers de d&#233;tenus de Bautzen, Torgau etc. Le 15 mai 1950, l' &lt;i&gt;Hamburger Echo&lt;/i&gt; publiait cet appel d&#233;sesp&#233;r&#233; adress&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; la Croix Rouge, &#224; la Ligue des Droits de l'Homme, &#224; tous les d&#233;mocrates, &#224; tous les hommes du monde libre&lt;/q&gt;. On peut supposer que la publication d'un tel appel valut &#224; Jelinek un r&#233;gime plus dur. Le temps passa... Au d&#233;but de 1952, deux anarchistes de Bautzen moururent de la tuberculose. Jelinek , le 20 mars 52, &#233;tait en bonne sant&#233;, lors d'une visite de sa fille. Et le 24 mars il mourait, dans des conditions qui sont toujours rest&#233;es inconnues. Peut-&#234;tre assassin&#233; comme l'avait &#233;t&#233; M&#252;hsam dans les camps nazis. La petite revue de Huppertz, &lt;i&gt;Befreiung&lt;/i&gt; (mai 52) publia un article annon&#231;ant la mort de Jelinek et rapportant son action exemplaire pour l'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut dire qu'&#224; la fin de 1949, la vague d'arrestation avait bris&#233; les groupes anarchistes dans la zone russe et d&#233;cim&#233; les meilleurs militants. Toute action politique ou collective &#233;tait impossible : seuls, dans l'ombre, quelques individus isol&#233;s ne d&#233;sesp&#233;raient pas de l'anarchisme. Ils furent pr&#233;sent lorsque les ouvriers de Berlin-Est et des principaux centres industriels de la RDA se soulev&#232;rent, les 16 et 17 juin 1953, contre la dictature du parti SED et contre le r&#233;gime d'oppression polici&#232;re qui les exploitaient au nom du &#171; socialisme &#187;. On sait comment les troupes et les blind&#233;s russes &#233;cras&#232;rent l'insurrection et quelle fut ensuite la r&#233;pression. Peu apr&#232;s les anarchistes de Darmstadt firent para&#238;tre aux &#233;ditions &#171; Die Freie Gesellschaft &#187; (La Soci&#233;t&#233; Libre) une brochure destin&#233;e &#224; &#234;tre diffus&#233;e en Allemagne de l'Est : &lt;i&gt;Tagebach eines Namenlosen&lt;/i&gt; (Journal d'un Anonyme). Les anarchistes avaient le choix entre trois solutions en RDA : la lutte, la capitulation, la fuite. Il fallait choisir la lutte. Il faut conqu&#233;rir le soutien actif de l'&#233;lite des ouvriers : l'appui passif ne suffit pas. Chaque individu isol&#233; doit agir : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le probl&#232;me de la r&#233;sistance n'est pas essentiellement un probl&#232;me d'organisation, mais un probl&#232;me de moral et de courage personnel&lt;/q&gt;. La lutte &#224; mener n&#233;cessite la collaboration avec les ouvriers russes, ukrainiens, polonais : se limiter &#224; changer la structure de la RDA conduirait &#224; l'&#233;chec Aux actions violentes doit succ&#233;der une r&#233;sistance passive en tenant compte des courants d'opposition qui pourraient se manifester &#224; l'int&#233;rieur des partis communistes. L'avenir devait montrer que le SED, s'appuyant sur la police populaire et l'arm&#233;e, instituant une l&#233;gislation de plus en plus r&#233;pressive, gardait son caract&#232;re stalinien et &#233;touffait les oppositions en emprisonnant ou expulsant les &#233;l&#233;ments non-conformistes. En 1980 la RDA militariste, nationaliste, totalitaire, reste le bastion du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH355/bundesarchiv_bild_175-14676__leipzig__reichsgericht__russischer_panzer-8afac.jpg?1774703962' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Char sovi&#233;tique &#224; Leipzig le 17 juin 1953.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes &#171; lib&#233;raux &#187;, bien qu'oppos&#233;s &#224; toute action violente, allaient tomber sous les coups des occupants russes. N'&#233;taient-ils-pas, en effet, oppos&#233;s au marxisme autoritaire et &#233;tatique ? Un congr&#232;s international devait r&#233;unir en 1948, &#224; B&#226;le, les &#233;conomistes lib&#233;raux. Une jeune fille de 19 ans, Hannelore Klein, secr&#233;taire du groupe de la jeunesse communiste (FDJ) de son entreprise, avait re&#231;u une invitation et s'&#233;tait rendue &#224; Karlshorst pour obtenir des autorit&#233;s son permis de voyage. On la pria d'attendre quelques minutes et on l'arr&#234;ta. Devant le tribunal militaire russe, elle fut accus&#233;e d'actes hostiles aux institutions socialistes ; elle affirma sa conviction que ce r&#233;gime &#171; socialiste &#187; n'&#233;tait qu'un r&#233;gime de contrainte et d'oppression. Son attitude sans faiblesse lui valut &#8212; pour elle et pour deux autres camarades &#233;galement arr&#234;t&#233;s &#8212; une condamnation &#224; huit ans de d&#233;tention. Hannelore, dans le camp de Bautzen, continua sa propagande parmi ses co-d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/kreszentia_muhsam__cropped_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH195/kreszentia_muhsam__cropped_-b9952-b14db.jpg?1774696973' width='150' height='195' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Zensl M&#252;hsam&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les communistes &#8212; qu'ils appartiennent &#224; l'URSS, &#224; la RDA ou &#224; tout autre pays &#8212; ont toujours consid&#233;r&#233; les anarchistes, ou les individus suspect&#233;s d'anarchisme, comme leurs pires ennemis. Contre eux, tout est licite : la duplicit&#233; comme l'arbitraire policier. Le cas de Zensl M&#252;hsam, femme d'Erich M&#252;hsam, est particuli&#232;rement &#233;difiant. Erich mourut le 10 juillet 1934, assassin&#233; dans le camp de concentration de Sachsenhausen. Sa veuve se r&#233;fugia aussit&#244;t le 16 juillet en Tch&#233;coslovaquie. Elle n'avait appartenu &#224; aucune organisation anarchiste, mais jugeait de son devoir de faire conna&#238;tre au monde le sort tragique de son mari et, si possible, de faire &#233;diter ses &#339;uvres, et les nombreux manuscrits encore in&#233;dits. Elle &#233;crivit une brochure &lt;i&gt;Le calvaire d'Erich M&#252;hsam&lt;/i&gt;, voulut en confier la publication aux syndicalistes hollandais, mais &#8212; n'ayant pas eu de r&#233;ponse rapide &#8212; elle eut le tort d'accepter la proposition de la vieille militante bolchevique Helena Stassova : &#233;diter la brochure &#224; Moscou. Comme Zensl l'&#233;crivit &#224; Rocker, ce fut avec r&#233;pugnance, car elle n'avait en aucun cas l'intention d'entrer dans le parti communiste ! Stassova l'invita ensuite &#224; venir se reposer quelques mois en URSS. Zensl pensa na&#239;vement que l&#224;-bas elle serait ind&#233;pendante, trouverait quelques ressources de l'&#233;dition des &#339;uvres d'Erich et n'aurait aucune obligation &#224; l'&#233;gard des autorit&#233;s de l'URSS. Cependant on lui fit exposer dans quelques r&#233;unions les conditions atroces des camps de concentration nazis. Et brusquement, le 13 avril 1936, elle fut arr&#234;t&#233;e. Rocker alerta diff&#233;rents organismes qui s'occupaient des prisonniers politiques. Andr&#233; Gide obtint sa mise en libert&#233; vers ao&#251;t 1937. Elle demanda l'autorisation de partir pour les &#201;tats-Unis... et fut arr&#234;t&#233;e en pleine nuit (1939) et condamn&#233;e &#224; huit ans de travaux forc&#233;s. Apr&#232;s la prison de Butirki (Moscou), on la d&#233;porta au camp de Karaganda. Elle en revint en 1947 couverte d'ulc&#232;res. Les anarchistes allemands essay&#232;rent d'obtenir des renseignements sur son sort pass&#233; et pr&#233;sent. On ne tira du SED et de Wilhelm Pieck que des r&#233;ponses dilatoires ou des t&#233;moignages fabriqu&#233;s de toute pi&#232;ce. Seulement en 1955, Zensl fut autoris&#233;e &#224; se fixer dans Berlin-Est et ne put entrer en relation avec Rocker, ni avec les syndicalistes su&#233;dois. Coup&#233;e du reste du monde, elle mourut en RDA dans le courant de 1962. De 1934 &#224; 1962 ! Un calvaire de 28 ans pour avoir eu la faiblesse de faire un jour confiance aux bolcheviks !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH188/sans_titre-3-18-2a88e-0d7a9.jpg?1774696973' width='150' height='188' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Alfred Weiland&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes anti-autoritaires, proches des anarchistes, furent aussi les victimes de la police et de la justice &#171; populaires &#187; de la RDA. A cet &#233;gard, le cas d'Alfred Weiland est exemplaire. Weiland avait combattu les nazis avant 33 et d'ao&#251;t 33 &#224; l'automne 35 il fut d&#233;tenu dans un camp de concentration. Lib&#233;r&#233;, il continua la lutte ill&#233;gale et pendant la guerre s'engagea dans l'arm&#233;e : au front il &#233;tait plus &#224; l'abri de la Gestapo qu'&#224; l'arri&#232;re ! Apr&#232;s la guerre, il reprit son activit&#233; militante et se qualifia &#171; socialiste libertaire &#187;. Il pr&#233;conisa l'union de toutes les branches du socialisme anti-autoritaire : anarchistes et communistes-conseillistes. Il appartenait &#224; l'aile des communistes de conseil, dont les th&#233;oriciens &#233;taient, en plus de R&#252;hle, les hollandais Pannekoek, Henriette Roland-Holst et Gorter. En mars 1947 il fonda la revue &lt;i&gt;Neues Beginnen&lt;/i&gt; (Nouveau Commencement), organe th&#233;orique des anti-autoritaires o&#249; le r&#233;gime russe &#233;tait s&#233;v&#232;rement critiqu&#233; et qui d&#233;fendit la conception de la gestion de l'&#233;conomie par les conseils ouvriers conception oppos&#233;e &#224; la fois au capitalisme des pays occidentaux et au capitalisme d'&#201;tat camoufl&#233; sous le nom de dictature du prol&#233;tariat. Les conseils ouvriers se substitueraient aux partis traditionnels et l'arme des ouvriers devait &#234;tre la gr&#232;ve sauvage. Au printemps 1950 &lt;i&gt;Der Funke&lt;/i&gt; (L'Etincelle) succ&#233;da &#224; &lt;i&gt;Neues Beginnen&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlin &#233;tait le centre des activit&#233;s de Weiland. Dans les premi&#232;res ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre, il travaillait &#224; la Direction Centrale d'&#201;ducation Populaire de Berlin-Est, puis &#224; l'Institut de Journalisme. Membre du conseil d'entreprise de cet institut, il devint vite suspect &#224; ses coll&#232;gues membres du SED et fut brutalement licenci&#233; : il eut six minutes pour quitter son emploi ! Devenu professeur dans une &#171; Volkshochschule &#187; (&#201;cole Sup&#233;rieure Populaire) de Berlin-Ouest, il fit une propagande active contre le KPD et la dictature du SED. En raison des nombreux amis qu'il avait &#224; Berlin-Est et en RDA, il &#233;tait un individu dangereux pour le r&#233;gime de dictature communiste. Il fut &#224; deux reprises victime d'agressions dont il se tira heureusement. Mais le 11 novembre 1950, par une matin&#233;e de pluie et de brouillard, tandis qu'il achetait le journal dans un kiosque &#224; 8h, il fut enlev&#233; dans le meilleur style gangster. On le fit monter dans une auto apr&#232;s l'avoir matraqu&#233; et, malgr&#233; sa r&#233;sistance et ses cris, il fut tra&#238;n&#233; au Minist&#232;re de la S&#233;curit&#233; d'&#201;tat, livr&#233; aux russes et traduit devant un tribunal militaire sous l'inculpation de haute trahison, d'espionnage et de sabotage. Devant le n&#233;ant de l'accusation, ce tribunal le relaxa... mais le remit &#224; ceux qui l'avaient enlev&#233; ! Un tribunal &#171; populaire &#187; de la RDA reprit les m&#234;mes accusations et condamna Weiland &#224; 15 ans de d&#233;tention. Il refusa de faire &#171; amende honorable &#187;, fit 7 fois la gr&#232;ve de la faim, ne put donner des nouvelles &#224; sa famille qu'apr&#232;s deux ans. Une campagne en sa faveur fut men&#233;e par diverses organisations de l'Allemagne de l'Ouest, dont la &#171; Ligue des Victimes du R&#233;gime Nazi &#187;. Au bout de huit ans, il fut rendu &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/olday-war-commentary.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH383/olday-war-commentary-9c174.jpg?1774703962' width='500' height='383' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessins d'Olday en couverture du journal anarchiste &lt;i&gt;War Commentary&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH182/young-john-olday-1-abf07-32b7c.jpg?1774696973' width='150' height='182' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;John Olday&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1946 &#224; Londres, sept anarchistes anglais, militants antimilitaristes, d&#233;cidaient de fonder le &#171; Groupe International Bakounine &#187; qui se proposait d'&#233;tendre sa future propagande &#224; divers pays, et tout particuli&#232;rement &#224; l'Allemagne et l'Italie. Il y avait encore en Angleterre de nombreux prisonniers de guerre allemands et italiens et il fut possible, &#224; l'int&#233;rieur des camps, d'introduire des journaux et brochures anarchistes et de cr&#233;er des &#171; noyaux &#187;. En septembre 1946, se tint dans le Shropshire une conf&#233;rence &#224; laquelle particip&#232;rent des prisonniers de guerre. La r&#233;&#233;ducation morale et d&#233;mocratique, pr&#233;conis&#233;e par les Alli&#233;s, permit la venue de conf&#233;renciers dans les camps, anarchistes pour la plupart. Une conf&#233;rence tenue en juin 1947 permit de constater la multiplication de ces noyaux anarchistes. La lib&#233;ration des prisonniers &#233;tant imminente, il fallait songer &#224; perp&#233;tuer l'action de ces noyaux dans les quatre zones d'occupation en Allemagne et en particulier dans la zone russe, d'o&#249; &#233;taient originaires la majorit&#233; des prisonniers. On adopta la constitution de groupes de trois camarades, chacun d'eux pouvant &#224; son tour recruter les &#233;l&#233;ments d'un nouveau groupe et une section allemande du Groupe International Bakounine fut cr&#233;&#233;e. Le responsable de cette section fut le prisonnier John Olday : inconnu des vieux anarchistes et d'identit&#233; incertaine, sans doute n&#233; &#224; Londres de p&#232;re allemand et de m&#232;re anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/olday-revolution.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH247/olday-revolution-4a735.jpg?1774703962' width='500' height='247' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Dessin de John Olday&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il existait en d&#233;cembre 1947 environ 30 groupes en Allemagne et 6 groupes de prisonniers de guerre en Angleterre. Le groupe Bakounine et le journal anarchiste anglais &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt; soutenaient la publication des &lt;i&gt;Mitteilungen Deutscher Anarchisten&lt;/i&gt; que Olday diffusait en Allemagne. Une vive pol&#233;mique devait opposer &#224; Rocker Olday qui s'inspirait des &#233;crits de M&#252;hsam pour combattre Rocker et le su&#233;dois R&#252;diger. Olday se pronon&#231;ait de plus en plus pour une lutte violente tendant &#224; la destruction de l'&#201;tat (avec une influence certaine de Bakounine). Il entra en d&#233;saccord avec le groupe International Bakounine et fonda des groupes &#171; Spartacus &#187; qui devaient r&#233;unir anarchistes et communistes-conseillistes (1948), mais les anarchistes y furent en minorit&#233;, &#224; la suite d'une scission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps les noyaux anarchistes en Allemagne de l'Est avaient disparu et Olday s'orienta de plus en plus dans la voie qu'il qualifia &#171; anarchisme de conseil &#187;. Ce fut la rupture avec le &#171; Groupe International &#187; et Olday ne se consacra plus qu'aux groupes Spartacus. Les &lt;i&gt;Mitteilungen &lt;/i&gt; devinrent le &lt;i&gt;R&#228;te-Anarchist&lt;/i&gt; qui cessa de para&#238;tre en automne 48. Et Olday disparut de la sc&#232;ne politique : il avait lanc&#233; pas mal d'id&#233;es, renouvel&#233; le mot d'ordre &#171; tout le pouvoir aux conseils &#187;, mais, &#224; part quelques agitations en Rh&#233;nanie, les noyaux de trois camarades avaient &#233;chou&#233; et leur action dans la zone russe fut insignifiante.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1945-1955 : Durant ces dix ann&#233;es, on peut dire que le r&#233;gime communiste (URSS ou RDA) a achev&#233; de liquider les anarchistes qui avaient surv&#233;cus au nazisme. Non seulement les anarchistes, mais encore les socialistes anti-autoritaires ou les communistes opposants qui pr&#233;tendaient d&#233;fendre le &#171; vrai &#187; marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note de l'auteur : Cette &#233;tude rapide et certainement incompl&#232;te a pu &#234;tre r&#233;dig&#233;e gr&#226;ce au tome l de l'ouvrage de G&#252;nter Bartsch : &lt;i&gt;Anarchismus in Deutschland&lt;/i&gt; (Hannover, Fackelhager &#8212; verlag &#8212; 1972)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : publi&#233; pour la premi&#232;re fois sur le site : &lt;a href=&#034;https://la-presse-anarchiste.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://la-presse-anarchiste.net/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - Un n&#233;o saint-simonisme </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>

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&lt;p&gt;Saint-Simon a eu le m&#233;rite &#8212; &#224; une &#233;poque o&#249; le machinisme et l'industrialisation n'en &#233;taient qu'&#224; leurs d&#233;buts &#8212; de proclamer la primaut&#233; de l'&#233;conomie sur la politique, des producteurs sur les f&#233;odalit&#233;s renaissantes, sur les chefs de partis ou d'Etats, sur la caste militaire ; en un mot, de la primaut&#233; des abeilles sur les frelons. A la moiti&#233; d'une nouvelle classe sociale est li&#233;e la formation d'une &#233;lite dirigeante qui, dans la pens&#233;e de Saint-Simon, ne doit pas &#234;tre dominante ; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-interrogations-no2-mars-1975-" rel="directory"&gt;Interrogations n&#176;2 - Mars 1975&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-barrue-379-+" rel="tag"&gt;Jean Barru&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-saint-simon-+" rel="tag"&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-interrogations-228-+" rel="tag"&gt;Interrogations&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie-2-c2ea1.jpg?1774699770' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Saint-Simon a eu le m&#233;rite &#8212; &#224; une &#233;poque o&#249; le machinisme et l'industrialisation n'en &#233;taient qu'&#224; leurs d&#233;buts &#8212; de proclamer la primaut&#233; de l'&#233;conomie sur la politique, des producteurs sur les f&#233;odalit&#233;s renaissantes, sur les chefs de partis ou d'&#201;tats, sur la caste militaire ; en un mot, de la primaut&#233; des abeilles sur les frelons. A la moiti&#233; d'une nouvelle classe sociale est li&#233;e la formation d'une &#233;lite &lt;i&gt;dirigeante &lt;/i&gt; qui, dans la pens&#233;e de Saint-Simon, ne doit pas &#234;tre &lt;i&gt;dominante &lt;/i&gt; ; la classe industrielle d&#233;borde les fronti&#232;res et constitue une association universelle qui tend &#224; l'&lt;i&gt;organisation sociale de l'esp&#232;ce humaine. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire et organiser l'&#233;conomie sont les id&#233;es ma&#238;tresses de Saint-Simon. Si les anarchistes ne peuvent souscrire &#224; l'imp&#233;ratif de la croissance continue, ni accepter une organisation qui maintient le syst&#232;me propri&#233;taire, ils d&#233;noncent le caract&#232;re ambigu de la distinction entre &lt;i&gt;direction &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;domination &lt;/i&gt; et ils pensent que la hi&#233;rarchie des fonctions, aggrav&#233;e par la hi&#233;rarchie des r&#233;mun&#233;rations ne fait que perp&#233;tuer les in&#233;galit&#233;s sociales. Non, les anarchistes ne sont pas saint-simoniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; peut-on trouver actuellement sinon des disciples de Saint-Simon, du moins des fr&#232;res spirituels qui, confront&#233;s avec l'&#233;conomie moderne, retrouvent et font leur l'essentiel du saint-simonisme ? Sans doute dans ce nouveau socialisme qui a rejet&#233; la doctrine marxiste &#8212; officiellement en Allemagne F&#233;d&#233;rale et, disons tacitement, en France &#8212;. La cogestion qui assure la paix sociale dans l'entreprise entre dirigeants et dirig&#233;s, qui garantit la promotion dans l'&#233;chelle hi&#233;rarchique des producteurs pr&#233;sum&#233;s les plus &lt;i&gt;capables&lt;/i&gt;, s'accorde avec les vues de Saint-Simon. Et si on lit le fameux &#171; Programme Commun &#187;, on constate que le n&#233;o- socialisme fran&#231;ais maintient les structures fondamentales de la soci&#233;t&#233; capitaliste et les hi&#233;rarchies traditionnelles. Il semble que le socialisme se r&#233;duise &#224; une organisation planifi&#233;e de la production, &#224; une croissance &#233;conomique assurant le plein emploi et &#224; une cogestion strictement hi&#233;rarchis&#233;e qui n'est que la caricature de cette v&#233;ritable autogestion que certains socialistes &#8212; sinc&#232;res, enthousiastes et ... candides &#8212; appellent de leurs v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-simonisme de gauche, mais aussi saint-simonisme de droite : ainsi r&#233;appara&#238;t cette ambigu&#239;t&#233; qui caract&#233;rise l'&#233;cole saint-simonienne. Les brillants sujets de l'Ecole Nationale d'Administration &#8212; qui fournit &#224; la droite comme &#224; la gauche ses ma&#238;tres &#224; penser &#8212;, tous ceux qui pr&#244;nent la croissance continue mod&#233;r&#233;e, la nouvelle soci&#233;t&#233;, la concentration, la r&#233;forme de l'entreprise, tous r&#233;inventent le saint-simonisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous veulent le changement : les uns le souhaitent sans risque en accordant aux &lt;i&gt;domin&#233;s &lt;/i&gt; un droit de contr&#244;le qui n'inqui&#232;te par les &lt;i&gt;dominants &lt;/i&gt; ; les autres le veulent d&#233;mocratique et, sous le nom de nationalisations, r&#234;vent de l'instauration d'un capitalisme d'&#201;tat, centralisateur et bureaucratique, avec au sommet une &#233;quipe dirigeante d'Administrateurs, de &lt;i&gt;Capacit&#233;s &lt;/i&gt; pour parler comme Saint-Simon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux formes de changement pr&#233;sentent le m&#234;me risque : celui de ne rien changer, car le maintien des structures essentielles de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie perp&#233;tue les m&#234;mes hi&#233;rarchies et les m&#234;mes in&#233;galit&#233;s. Les anarchistes rejettent ces r&#233;surrections du saint-simonisme : entre Proudhon et Saint-Simon, ils choisissent Proudhon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - L'abstracteur et l'automate</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On a vu plus haut comment Saint-Simon organisait l'ensei&#173;gnement dans la soci&#233;t&#233; industrielle : instruction ouverte &#224; tous, respect des vocations, recherche des aptitudes et grandes &#233;coles sp&#233;cialis&#233;es. Ce syst&#232;me qui, dans ses grandes lignes, pr&#233;vaut actuellement, tend &#224; former de futurs produc&#173;teurs selon leurs capacit&#233;s, des membres utiles de la soci&#233;t&#233; industrielle. Une telle &#233;ducation maintient la distinction fonda&#173;mentale entre travail intellectuel et travail manuel : les futurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-interrogations-no2-mars-1975-" rel="directory"&gt;Interrogations n&#176;2 - Mars 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-barrue-379-+" rel="tag"&gt;Jean Barru&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-saint-simon-+" rel="tag"&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-interrogations-228-+" rel="tag"&gt;Interrogations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie12-290cc.jpg?1774699770' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a vu plus haut comment Saint-Simon organisait l'ensei&#173;gnement dans la soci&#233;t&#233; industrielle : instruction ouverte &#224; tous, respect des vocations, recherche des aptitudes et grandes &#233;coles sp&#233;cialis&#233;es. Ce syst&#232;me qui, dans ses grandes lignes, pr&#233;vaut actuellement, tend &#224; former de futurs produc&#173;teurs selon leurs capacit&#233;s, des membres utiles de la soci&#233;t&#233; industrielle. Une telle &#233;ducation maintient la distinction fonda&#173;mentale entre travail intellectuel et travail manuel : les futurs manuels sont ceux dont on n'a pas jug&#233; suffisantes les aptitudes intellectuelles et, sachant d'avance qu'ils sont vou&#233;s &#224; de m&#233;diocres r&#233;mun&#233;rations, ils ont conscience d'une certaine d&#233;ch&#233;ance. Le manuel, c'est celui qui n'a pas pu faire &lt;i&gt;autre chose ! &lt;/i&gt; D&#232;s le jeune &#226;ge, l'in&#233;galit&#233; des salaires apparait comme la sanction de l'inaptitude au travail noble de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5050 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/andre_philip_1965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/andre_philip_1965-1422b-24f46.jpg?1774699770' width='150' height='204' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Philip en 1965.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pour rem&#233;dier &#224; l'in&#233;galit&#233; trop criante des r&#233;mun&#233;rations &#8212; sans toutefois toucher au principe de la hi&#233;rarchie des salaires &#8212; on propose actuellement la solution suivante : permettre aux travailleurs des cat&#233;gories inf&#233;rieures de monter de quelques &#233;chelons dans la hi&#233;rarchie : formation profession&#173;nelle, promotion sociale, &#233;ducation permanente. Il s'agit de concilier le besoin en ouvriers qualifi&#233;s et cadres subalternes avec le d&#233;sir de gagner davantage. C'est ainsi qu'&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Philip&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andr&#233; Philip&lt;/a&gt; &#233;crivait dans&lt;i&gt; Histoire des faits &#233;conomiques et sociaux&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec les progr&#232;s de l'automation, le nombre de man&#339;uvres tendra &#224; diminuer tandis que se constitue une nouvelle couche de qualifi&#233;s, de professionnels et de cadres moyens dont la demande va croissant ; cette nouvelle couche est pr&#234;te &#224; prendre ses responsabilit&#233;s dans l'entreprise, mais elle doit pour cela travailler &#224; acqu&#233;rir les comp&#233;tences n&#233;cessaires.&lt;/q&gt; Cette promotion est bien conforme &#224; la doctrine saint-simo&#173;nienne ; elle respecte la hi&#233;rarchie, mais elle pose un pro&#173;bl&#232;me : comme il y aura toujours des man&#339;uvres, o&#249; les recrutera-t-on ? Sans doute &#8212; comme on le fait d&#233;j&#224; &#8212; parmi le sous-prol&#233;tariat mis&#233;rable des pays non industrialis&#233;s. A la promotion sociale des uns correspondra pour les autres une forme moderne de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes ne sont pas rest&#233;s indiff&#233;rents aux questions d'&#233;ducation. Certes, on ne saurait parler de la position anar&#173;chiste, de la solution anarchiste, car l'anarchisme n'est pas une doctrine monolithique. Limitons-nous &#224; des presque contemporains de Saint-Simon, &#224; deux penseurs &#8212; d'ailleurs fort diff&#233;rents de formation et de tendance &#8212; de la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : Stirner et Proudhon. Dans son essai intitul&#233; : &lt;i&gt;Le faux principe de notre &#233;ducation ou Humanisme et r&#233;alisme&lt;/i&gt; (1842), Stirner a fait une critique s&#233;v&#232;re des indus&#173;triels, et il visait certainement les saint-simoniens. A l'&lt;i&gt;huma&#173;nisme&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;r&#233;alisme &lt;/i&gt; qui s'opposaient dans les questions d'&#233;du&#173;cation, ont succ&#233;d&#233; ces deux formes d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es que sont le &lt;i&gt;dandysme &lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;industrialisme&lt;/i&gt;. L'industrialisme ne d&#233;passe pas la formation de l'homme pratique et r&#233;pugne &#224; toute philoso&#173;phie, &#224; toute id&#233;e abstraite. Des &#233;coles de l'industrialisme sor&#173;tiront des citoyens utilisables, des hommes serviles. L'activit&#233; pratique de l'homme ne consiste point dans la r&#233;ussite ou les fructueuses carri&#232;res, elle doit permettre l'&#233;panouissement de la &lt;i&gt;personnalit&#233;&lt;/i&gt;. Tel est le but d'une v&#233;ritable &#233;ducation qui doit cr&#233;er des hommes libres. On ne peut que renvoyer le lecteur au texte m&#234;me de Stimer et aux commentaires qu'elle suscite : Max Stirner &#8212; &lt;i&gt;De l'Education&lt;/i&gt; (Edition Spartacus - Paris 1974). Stirner &#8212; comme on pouvait s'y attendre &#8212; s'&#233;l&#232;ve avec force, dans maints passages de &lt;i&gt;L'Unique et sa propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, contre cette conception du travail et de la production, ces deux imp&#233;ratifs de la soci&#233;t&#233; industrielle, qui consacre une nouvelle forme d'oppression dans laquelle &lt;i&gt;le travailleur se soumet &#224; la supr&#233;matie d'une soci&#233;t&#233; de travailleurs. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5051 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2kk.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/sans_titre-2kk-2e59e.jpg?1774699770' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Proudhon. Illustration : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est chez Proudhon que nous trouvons exprim&#233;e avec force la r&#233;habilitation du travail manuel : &lt;i&gt;de tous les syst&#232;mes d'&#233;ducation le plus absurde est celui qui s&#233;pare l'intelligence de l'activit&#233; et scinde l'homme en deux entit&#233;s impossibles, un abstracteur et un automate.&lt;/i&gt; Et ailleurs :&lt;i&gt; le savant qui n'est que savant est une intelligence mutil&#233;e. On peut dire que l'intelligence de l'ouvrier n'est pas seulement dans sa t&#234;te, elle est aussi dans sa main.&lt;/i&gt; Le choix du m&#233;tier et de la sp&#233;&#173;cialit&#233;, pense Proudhon, ne doit s'effectuer qu'apr&#232;s un cycle complet d'&#233;tudes mettant en jeu harmonieusement l'activit&#233; manuelle et l'activit&#233; intellectuelle : &lt;i&gt;l'apprentissage polytech&#173;nique et l'accession &#224; tous les grades, voil&#224; en quoi consiste l'&#233;mancipation du travailleur.&lt;/i&gt; Dans cette transformation de l'enseignement, les associations ouvri&#232;res joueront un r&#244;le important : elles seront &#224; la fois &lt;i&gt;foyer de production&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;foyer d'enseignement.&lt;/i&gt; La conception proudhonienne conf&#232;re ainsi une &#233;gale dignit&#233; aux deux modes de l'activit&#233; humaine : rien ne justifie plus qu'&#224; la diversit&#233; des fonctions corresponde une diversit&#233; des salaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - La hi&#233;rarchie des salaires </title>
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		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mais cette gestion de l'&#233;conomie par les producteurs eux-m&#234;mes ne prend tout son sens que si elle fonde une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et si tous ceux qui participent &#224; l'&#339;uvre commune re&#231;oivent &#8212; quelle qu'en soit la forme &#8212; une r&#233;tri&#173;bution &#233;gale. Pour parler clairement, il faut que cesse le scan&#173;dale permanent de la richesse des uns fond&#233;e sur la pauvret&#233; des autres. Question toujours &#233;lud&#233;e qu'on r&#233;sout &#8212; comme Saint-Simon &#8212; par des appels &#224; la solidarit&#233; ou &#224; la charit&#233; ! Evidemment, du point (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-saint-simon-+" rel="tag"&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie11-f00c4.jpg?1774699770' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais cette gestion de l'&#233;conomie par les producteurs eux-m&#234;mes ne prend tout son sens que si elle fonde une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et si tous ceux qui participent &#224; l'&#339;uvre commune re&#231;oivent &#8212; quelle qu'en soit la forme &#8212; une r&#233;tri&#173;bution &#233;gale. Pour parler clairement, il faut que cesse le scan&#173;dale permanent de la richesse des uns fond&#233;e sur la pauvret&#233; des autres. Question toujours &#233;lud&#233;e qu'on r&#233;sout &#8212; comme Saint-Simon &#8212; par des appels &#224; la solidarit&#233; ou &#224; la charit&#233; ! Evidemment, du point de vue de l'&#233;conomie, ce qui importe c'est la distinction entre ceux qui servent les machines et ceux qui commandent aux machines. Mais, bien avant l'existence des machines, l'in&#233;galit&#233; des conditions &#233;tait un fondement des soci&#233;t&#233;s ; le syst&#232;me capitaliste l'a perp&#233;tu&#233;e et les ma&#238;tres des machines se taillent une large part du revenu national, ainsi d'ailleurs que tous ceux qui sont les soutiens et les domes&#173;tiques z&#233;l&#233;s du syst&#232;me existant. En nous bornant aux salaires, traitements et r&#233;mun&#233;rations fixes, le fameux &#233;ventail est lar&#173;gement ouvert. Et il importe peu que les r&#233;gimes politiques soient diff&#233;rents, que la forme de propri&#233;t&#233; ait &#233;t&#233; chang&#233;e : dans les pays dits socialistes &#8212; y compris la Chine d'apr&#232;s la R&#233;volution Culturelle &#8212; l'&#233;ventail est autant, sinon plus ouvert que dans les pays capitalistes. Tant qu'il existera des hi&#233;rar&#173;chies de fonctions, g&#233;n&#233;ratrices de hi&#233;rarchies de pouvoir, il s'y superposera des hi&#233;rarchies de r&#233;mun&#233;rations accordant aux uns &#224; peine le n&#233;cessaire, &#224; d'autres une m&#233;diocre aisance, &#224; une minorit&#233; le superflu. Ou l'autogestion v&#233;ritable &#233;galisera les revenus, ou elle sera une sinistre hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#232;s maintenant, dans notre soci&#233;t&#233;, qu'il faut combattre cette id&#233;e ancr&#233;e dans la plupart des esprits : &#224; la hi&#233;rarchie des capacit&#233;s &lt;i&gt;doit &lt;/i&gt; correspondre une hi&#233;rarchie des r&#233;mun&#233;rations. Et cette derni&#232;re est si parfaitement ordonn&#233;e que toucher &#224; un &#233;l&#233;ment suffit pour bouleverser l'ensemble. Augmenter la r&#233;mun&#233;ration d'une cat&#233;gorie, proc&#233;der &#224; des &#173;augmentations uniformes de salaires entra&#238;ne un concert de protestations : on &#233;crase la hi&#233;rarchie !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/277179264_390312603099692_31662307941926236_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/277179264_390312603099692_31662307941926236_n-d1f20-f3ada.jpg?1774699770' width='150' height='177' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;P.-J. Proudhon (Illustration : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Proudhon, dans le chapitre III de son premier m&#233;moire : &lt;i&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; (1840) a fait une critique minu&#173;tieuse du principe saint-simonien : A chacun selon sa capa&#173;cit&#233;, chaque capacit&#233; selon ses &#339;uvres, et du principe fouri&#233;&#173;riste : A chacun selon son capital, son travail et son talent. Principes dont l'application est ainsi r&#233;sum&#233;e par Proudhon : &lt;i&gt;les capacit&#233;s se classent et se subdivisent en ordres, en genres et en esp&#232;ces ; les extr&#234;mes de talent se lient par d'autres talents interm&#233;diaires ; l'humanit&#233; pr&#233;sente ainsi une vaste hi&#233;rarchie, dans laquelle l'individu s'estime par comparaison, et trouve son prix dans la valeur d'opinion de ce qu'il produit. &lt;/i&gt; On ne peut ici reproduire l'argumentation de Proudhon et le lecteur pourra se reporter au texte m&#234;me du premier m&#233;moire, ouvrage facilement accessible. Proudhon aboutit &#224; deux conclusions essentielles : &lt;i&gt;la capacit&#233; donn&#233;e &#224; tous d'accom&#173;plir une t&#226;che sociale, c'est-&#224;-dire une t&#226;che &#233;gale justifie l'&#233;galit&#233; des &#233;moluments&lt;/i&gt;, et celle-ci : &lt;i&gt;donnez-moi une soci&#233;t&#233; dans laquelle chaque esp&#232;ce de talent soit en rapport de nombre avec les besoins, et o&#249; l'on n'exige de chaque produc&#173;teur que ce que sa sp&#233;cialit&#233; l'appelle &#224; produire, et tout en respectant la hi&#233;rarchie des fonctions, j'en d&#233;duirai l'&#233;galit&#233; des fortunes. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques br&#232;ves remarques suffiront pour montrer l'in&#173;consistance des raisons qui pr&#233;tendent justifier, sur l'argument imb&#233;cile : si tout le monde &#233;tait &#233;galement r&#233;mun&#233;r&#233;, personne ne voudrait faire des &#233;tudes, il n'y aurait plus d'&#233;mulation ni de z&#232;le, chacun voudrait &#234;tre man&#339;uvre ou balayeur, etc. Mais, sans donner d'exemple, n'est-il pas &#233;vident que l'in&#233;galit&#233; des salaires ne traduit pas l'utilit&#233; sociale du travail, les risques courus, la peine, l'insalubrit&#233; ? Et que penser de l'argu&#173;ment tant de fois invoqu&#233; : pour faire un m&#233;decin, un haut technicien, un &#233;conomiste, un savant il faut un long appren&#173;tissage qui n&#233;cessite des &#233;tudes co&#251;teuses, de grandes d&#233;penses ? Ainsi le b&#233;n&#233;ficiaire de ces &#233;tudes tirerait d'un capital &#8212; non engag&#233; d'ailleurs par lui &#8212; une rente substantielle, durant toute sa vie ! Comment un marxiste peut-il s'accommoder d'un pareil scandale ? Mais ces d&#233;penses ne doivent pas &#234;tre port&#233;es &#224; l'avoir mais au d&#233;bit du b&#233;n&#233;ficiaire : c'est en r&#233;alit&#233; une dette qu'il a contract&#233;e, une part des revenus de la soci&#233;t&#233; dont il est d&#233;biteur (et le d&#233;veloppement des bourses d'&#233;tudes rend cela encore plus &#233;vident). Saint-Simon lui-m&#234;me n'a-t-il pas reconnu que le savant doit son existence &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle, la seule nourrici&#232;re ? Quant &#224; la justi&#173;fication de la hi&#233;rarchie des salaires donn&#233;e par Marx, elle est singuli&#232;rement d&#233;cevante : il oppose le &lt;i&gt;travail complexe&lt;/i&gt; du technicien et du savant au&lt;i&gt; travail &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt; du man&#339;u&#173;vre et pose en principe que le travail complexe est une puis&#173;sance du travail &#233;l&#233;mentaire. Cette formulation &#224; allure scien&#173;tifique n'est autre que la reconnaissance &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; du bien-fond&#233; de la hi&#233;rarchie des salaires, mais ne la justifie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est, en r&#233;alit&#233;, beaucoup plus simple. Depuis des si&#232;cles on pose en principe qu'il existe un foss&#233; infran&#173;chissable entre le travail intellectuel qui conduit aux profes&#173;sions lib&#233;rales (jadis r&#233;serv&#233;es aux hommes libres) et le travail manuel, m&#233;canique et servile. La noblesse du premier s'oppose &#224; la bassesse du second, et dans une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l'argent, comment peut-on mieux r&#233;compenser la noblesse qu'en lui assurant un revenu sup&#233;rieur ? Malgr&#233; les discours hypocrites, les hommages rendus aux ouvriers, on admet la supr&#233;matie du cerveau sur la main, et tout se passe comme si le salaire &#233;tait inversement proportionnel &#224; la quantit&#233; de travail manuel fourni. Une mal&#233;diction p&#232;se sur le manouvrier qui a tout juste droit au salaire minimum garanti. Tant qu'on ne recon&#173;na&#238;tra pas que l'homme est &#224; la fois un cerveau et des mains, qu'il est &#224; la fois intellectuel et manuel, que la division du travail rend &#233;galement n&#233;cessaires et respectables ces deux formes d'activit&#233;, on ne fera pas disparaitre cette scandaleuse in&#233;galit&#233; des salaires, fondement de la soci&#233;t&#233; industrielle. Cela suppose une transformation de certaines habitudes d&#233; pens&#233;e et par cons&#233;quent une r&#233;forme profonde de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - Cogestion ou autogestion</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cogestion ou autogestion &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dialogue, s'il est constructif, doit &#234;tre plus qu'un &#233;change de propos oiseux entre gens de bonne compa&#173;gnie : il doit conduire &#224; une r&#233;forme des structures de l'entre&#173;prise. La cogestion est n&#233;e de ce souci et, depuis 1951, elle est pratiqu&#233;e en Allemagne F&#233;d&#233;rale o&#249; les entreprises sid&#233;rur&#173;giques et les charbonnages occupant plus de mille salari&#233;s b&#233;n&#233;ficient m&#234;me d'une cogestion paritaire. Dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro d'Interrogations, Heinz Zimmermann a fort (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-interrogations-no2-mars-1975-" rel="directory"&gt;Interrogations n&#176;2 - Mars 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-saint-simon-+" rel="tag"&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie10-9cfca.jpg?1774699770' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cogestion ou autogestion &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le dialogue, s'il est constructif, doit &#234;tre plus qu'un &#233;change de propos oiseux entre gens de bonne compa&#173;gnie : il doit conduire &#224; une r&#233;forme des structures de l'entre&#173;prise. La &lt;i&gt;cogestion &lt;/i&gt; est n&#233;e de ce souci et, depuis 1951, elle est pratiqu&#233;e en Allemagne F&#233;d&#233;rale o&#249; les entreprises sid&#233;rur&#173;giques et les charbonnages occupant plus de mille salari&#233;s b&#233;n&#233;ficient m&#234;me d'une cogestion paritaire. Dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro d'&lt;i&gt;Interrogations&lt;/i&gt;, Heinz Zimmermann a fort clairement expos&#233; le m&#233;canisme de la cogestion : les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel sont tenus &#224; collaborer avec les patrons pour le bien de l'en&#173;treprise et de ne rien faire qui puisse mettre en danger le travail et la paix &#224; l'int&#233;rieur de l'entreprise. A ce devoir de paix s'ajoute un devoir de discr&#233;tion qui rend les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel ind&#233;pendants des syndicats, dont ils sont pourtant les d&#233;l&#233;gu&#233;s, et les transforme en auxiliaires b&#233;n&#233;voles de la direction des entreprises. La cogestion est une assurance contre les gr&#232;ves et, en accordant un droit de regard aux repr&#233;sen&#173;tants des salari&#233;s, &#233;vite de paralyser les initiatives du patronat. Le terme m&#234;me de &lt;i&gt;cogestion &lt;/i&gt; est mensonger, car la v&#233;ritable gestion &#233;conomique des entreprises &#233;chappe aux travailleurs et n'est pas du ressort des d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel. Par la cogestion le mouvement ouvrier accepte le syst&#232;me &#233;conomique existant et renonce &#224; cette vieille revendication du syndica&#173;lisme : la suppression du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la cogestion &#8212; ce ralliement de la classe ouvri&#232;re au sys&#173;t&#232;me capitaliste plus ou moins &#233;tatis&#233; &#8212; on oppose depuis quelques ann&#233;es l'autogestion, et ce terme a connu un succ&#232;s inqui&#233;tant en raison des interpr&#233;tations diverses qu'autorise son impr&#233;cision. Autogestion : gestion par soi-m&#234;me ! Mais ce&lt;i&gt; soi-m&#234;me&lt;/i&gt; quelles sont ses composantes ? O&#249; commence-t-il ? O&#249; finit-il ? Pour les anarchistes, il s'agit de la gestion par l'ensemble des producteurs devenus ma&#238;tres des machines qu'ils servent. Notre autogestion suppose la disparition de ce que Proudhon appelait le syst&#232;me propri&#233;taire, mais aussi de l'autorit&#233; s'exer&#231;ant du sommet de la hi&#233;rarchie sur la base, du centralisme &#233;touffant et de l'&#201;tat omnipr&#233;sent. Notre auto&#173;gestion implique la suppression des hi&#233;rarchies abusives et une organisation &#233;conomique fond&#233;e sur le f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il semble que certains d&#233;fenseurs ardents de l'auto&#173;gestion ne l'envisagent que comme une forme &#224; peine am&#233;lior&#233;e de la cogestion. Certes les conseils d'entreprise auraient un droit de contr&#244;le sur les conditions de travail, sur l'embau&#173;chage, sur la discipline &#8212; et il y aurait beaucoup &#224; dire sur cette derni&#232;re fonction de chiens de garde ! &#8212; mais le pouvoir de direction leur &#233;chapperait. On envisage m&#234;me que cette autogestion serait octroy&#233;e par une victoire &#233;lectorale des partis dits de gauche, appuy&#233;s par le syndicalisme ouvrier. Et quand on sait que ces partis pr&#233;conisent surtout les natio&#173;nalisations &#8212; c'est-&#224;-dire l'extension d'un capitalisme d'&#201;tat &#8212; on peut &#234;tre inquiet par rapport &#224; une autogestion fond&#233;e sur le centralisme, la bureaucratie et le capitalisme d'&#201;tat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que certains d&#233;fenseurs de l'autogestion y voient une accession des &#233;chelons sup&#233;rieurs de la hi&#233;rarchie, la mont&#233;e en grade d'une fraction de la bureaucratie syndicale, c'est bien &#233;vident. Mais on ne saurait oublier tous ces ouvriers pour qui l'autogestion appara&#238;t comme une &#233;vasion de leur condition actuelle, comme la pr&#233;figuration du vieux r&#234;ve de l'usine aux ouvriers. A nous de leur montrer le sens v&#233;ritable de l'auto&#173;gestion, de d&#233;mystifier les interpr&#233;tations tendancieuses et d'apporter un peu plus de clart&#233; dans la confusion des esprits : le mot autogestion &#8212; comme d'ailleurs le mot r&#233;volution &#8212; n'a pas en lui une vertu magique et ne vaut que par le contenu qu'on lui attribue. A nous, anarchistes, de travailler &#224; cette &#339;uvre d'explication et de clarification.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - La nouvelle classe</title>
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		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que les anarchistes se refusent &#224; reconna&#238;tre les comp&#233;tences et les capacit&#233;s et, sous pr&#233;texte d'&#233;galit&#233;, veulent proc&#233;der au nivellement des intelligences ? Il n'en est rien et Proudhon ainsi que Bakounine ont reconnu le r&#244;le essentiel des techniciens et des savants dans les sp&#233;cialit&#233;s qui rel&#232;vent de leur comp&#233;tence. Mais les anarchistes pensent qu'une cr&#233;ation n'est vraiment collective que si tous les int&#233;&#173;ress&#233;s participent aux pouvoirs de d&#233;cision ; certes, ils prennent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie9-e707a.jpg?1774699770' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que les anarchistes se refusent &#224; reconna&#238;tre les comp&#233;tences et les capacit&#233;s et, sous pr&#233;texte d'&#233;galit&#233;, veulent proc&#233;der au nivellement des intelligences ? Il n'en est rien et Proudhon ainsi que Bakounine ont reconnu le r&#244;le essentiel des techniciens et des savants dans les sp&#233;cialit&#233;s qui rel&#232;vent de leur comp&#233;tence. Mais les anarchistes pensent qu'une cr&#233;ation n'est vraiment collective que si tous les int&#233;&#173;ress&#233;s participent aux pouvoirs de d&#233;cision ; certes, ils prennent conseil de toutes les capacit&#233;s reconnues, mais en contre&#173;partie il n'est si grand savant qui ne fasse son profit de l'avis du plus humble des ex&#233;cutants. Ensuite que les plus capables, sous le contr&#244;le de tous, assurent l'ex&#233;cution en coordonnant les efforts et en r&#233;partissant les t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH160/vigny_maurin-ac31a-45fee.jpg?1774699770' width='150' height='160' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Alfred de Vigny &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais alors nous sommes loin du saint-simonisme qui remet l'organisation &#233;conomique aux mains d'une &#233;lite de chefs industriels assist&#233;e d'une &#233;lite de savants. La conception saint&#173;-simonienne s'exprime sans ambigu&#239;t&#233; dans un article du &lt;i&gt;Censeur &lt;/i&gt; (1815), dont Fran&#231;ois Perroux donne dans &lt;i&gt;Industrie et Cr&#233;ation collective&lt;/i&gt; un extrait significatif : un parti (il s'agit du parti industriel) est organis&#233; lorsque tous ceux qui le composent, unis par des principes communs, reconnaissent un chef qui concerte tous les mouvements et dirige toutes les op&#233;rations. Nous sommes oppos&#233;s &#224; cette conception autoritaire et &#224; cette mystique du chef &#8212; cette super-capacit&#233; &#8212; aussi bien dans la politique que dans l'&#233;conomie. Nous ne pensons pas davantage que de la r&#233;union de savants, chacun comp&#233;tent dans une sp&#233;cialit&#233;, puisse jaillir une v&#233;rit&#233; infaillible. D&#233;j&#224; Alfred de Vigny, bien revenu en 1840 de ses sympathies saint&#173;-simoniennes d'avant 1832, &#233;crivait dans le &lt;i&gt;Journal d'un po&#232;te&lt;/i&gt; : (le saint-simonisme a donn&#233;)&lt;i&gt; aux hommes intelligents l'exc&#232;s de vanit&#233; qui leur fait croire que, lorsque tout sera &#224; la capacit&#233;, chacun, &#233;tant le plus capable, doit tout poss&#233;der&lt;/i&gt;. Et nous sommes bien d'accord avec le jugement que Bakounine porte en 1872 sur un gouvernement possible des savants et des t&#234;tes d&#233;bordantes de cervelle : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce sera le r&#232;gne de l'intelligence scientifique, le plus aristocratique, le plus despotique, le plus arrogant et le plus m&#233;prisant de tous les r&#233;gimes. Il y aura une nouvelle classe, une hi&#233;rarchie nouvelle de savants r&#233;els et fictifs, et le monde se partagera en une minorit&#233; dominant au nom de la science, et une immense majorit&#233; ignorante. Et alors, gare &#224; la masse des ignorants !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominants et domin&#233;s ! Jadis le sch&#232;me marxiste opposait les capitalistes d&#233;tenteurs des instruments de travail et les prol&#233;taires vendant leur force de travail. Depuis, on a vu appara&#238;tre de nouvelles formes politiques et de nouveaux r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; : en U.R.S.S., le peuple est devenu th&#233;ori&#173;quement propri&#233;taire des usines, et pratiquement c'est une fraction de la population, un parti unique ou plut&#244;t un groupe de super-capacit&#233;s dirigeant ce parti qui assure la gestion et la direction des usines. Il y toujours des dominants et des domin&#233;s, quelle que soit la forme de propri&#233;t&#233;, mais la compo&#173;sition des deux classes a vari&#233;. Dans toutes les soci&#233;t&#233;s indus&#173;trielles il y a &#8212; pour employer la terminologie de Fran&#231;ois Perroux &#8212; &lt;i&gt;des groupes dominants qui commandent les machines et des groupes domin&#233;s qui les servent.&lt;/i&gt; Ou encore : &lt;i&gt;les ma&#238;tres des machines et les servants des machines. &lt;/i&gt; Ces derniers comprennent les prol&#233;taires traditionnels et la grande majorit&#233; des cadres et techniciens. Les premiers r&#233;unissent quelques capitalistes traditionnels, mais surtout des adminis&#173;trateurs, de hauts fonctionnaires, de hauts techniciens qui &#8212; &#244; ironie &#8212; sont des salari&#233;s (avec quel salaire !) et rem&#173;plissent parfaitement les conditions requises par Saint-Simon pour appartenir au parti industriel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/oswald_spengler.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/oswald_spengler-e42be-4710f.jpg?1774699770' width='150' height='223' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Oswald Spengler &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Oswald Spengler (&lt;i&gt;L'Homme et la Technique&lt;/i&gt; - 1911) pro&#173;clame avec plus de brutalit&#233; et de cynisme la n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable dans la soci&#233;t&#233; industrielle moderne de cette division entre meneurs et men&#233;s : &lt;i&gt;il existe un travail de direction et un travail d'ex&#233;cution (...) mais aussi deux cat&#233;gories d'hom&#173;mes, diff&#233;renci&#233;s suivant gue leurs aptitudes les portent vers l'une ou l'autre de ces deux voies (...) Il y a des hommes dont la nature est de commander et des hommes dont la nature est d'ob&#233;ir, sujets et objets des processus politiques et &#233;cono&#173;miques consid&#233;r&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Simon n'eut certes pas approuv&#233; un tel langage, lui qui voyait dans l'ouvrier un soci&#233;taire de la communaut&#233; industrielle ; ayant avec le chef des rapports de collaboration et de concertation. Mais pendant longtemps la soci&#233;t&#233; indus&#173;trielle a, dans la pratique, plut&#244;t suivi Spengler que Saint-&#173;Simon ! Et les ouvriers ont ripost&#233; par un syndicalisme d'affrontement, de contestation et d'action directe. Mainte&#173;nant, on semble un peu partout admettre que doivent s'&#233;tablir des &#233;changes de vues et des discussions entre les directions et les syndicats d'ouvriers et de techniciens : &#224; la contestation st&#233;rile doit succ&#233;der le&lt;i&gt; dialogue constructif&lt;/i&gt;. La g&#233;n&#233;ralisation d'une telle pratique tend &#224; d&#233;samorcer la lutte des classes et &#224; transformer les syndicats ouvriers en rouages de la soci&#233;t&#233; industrielle ou de l'&#201;tat, lorsque cette soci&#233;t&#233; est plus ou moins &#233;tatis&#233;e. Cette abdication du syndicalisme est lourde de cons&#233;&#173;quence, mais tel n'est pas l'objet de cette &#233;tude. Il nous suffit de montrer que le dialogue est un leurre, que le dialogue est bien loin de ce dialogue id&#233;al qui &lt;i&gt;exclut l'appauvrissement, la diminution et la d&#233;t&#233;rioration des personnes qui y inter&#173;viennent (...) Les personnes qui entrent en dialogue s'enga&#173;gent dans une &#233;preuve r&#233;ciproque de leur fid&#233;lit&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; la justice... &lt;/i&gt; Fran&#231;ois Perroux parle d'or, mais il reconnait que dans la soci&#233;t&#233; industrielle actuelle ou bien le dialogue n'est qu'un compromis et un marchandage, ou bien n'est qu'&lt;i&gt;un conflit in&#233;gal o&#249; on use de la parole, qui se d&#233;roule entre pro&#173;ducteurs dominants et producteurs domin&#233;s. &lt;/i&gt; Les interlocuteurs ne sont pas sur un pied d'&#233;galit&#233; en raison de &lt;i&gt;l'in&#233;galit&#233; de l'information, de l'in&#233;galit&#233; des positions sociales au d&#233;part et de l'in&#233;galit&#233; connue des positions sociales au terme.&lt;/i&gt; Il ne faut donc point s'&#233;tonner si les dialogues ne remettent jamais en question les privil&#232;ges des Directeurs et Administrateurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - La hi&#233;rarchie gradu&#233;e </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La classe industrielle, telle que la con&#231;oit Saint-Simon, est &#233;trang&#232;re au sch&#233;ma marxiste, elle ignore l'antagonisme capital-travail, la lutte des classes. Elle r&#233;unit sous le nom de producteurs tous ceux qui jouent un r&#244;le actif dans le cycle de la production : de l'ouvrier au chef d'entreprise qui fait fructifier son capital. Dans la pens&#233;e de Saint-Simon tous collaborent &#224; une &#339;uvre collective, chacun selon ses capacit&#233;s, et cette hi&#233;rarchie des capacit&#233;s l&#233;gitimes ne cr&#233;era pas des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-interrogations-no2-mars-1975-" rel="directory"&gt;Interrogations n&#176;2 - Mars 1975&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-jean-barrue-379-+" rel="tag"&gt;Jean Barru&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-saint-simon-+" rel="tag"&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-interrogations-228-+" rel="tag"&gt;Interrogations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie8-3a40c.jpg?1774699770' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La classe industrielle, telle que la con&#231;oit Saint-Simon, est &#233;trang&#232;re au sch&#233;ma marxiste, elle ignore l'antagonisme capital-travail, la lutte des classes. Elle r&#233;unit sous le nom de producteurs tous ceux qui jouent un r&#244;le actif dans le cycle de la production : de l'ouvrier au chef d'entreprise qui fait fructifier son capital. Dans la pens&#233;e de Saint-Simon tous collaborent &#224; une &#339;uvre collective, chacun selon ses capacit&#233;s, et cette hi&#233;rarchie des capacit&#233;s l&#233;gitimes ne cr&#233;era pas des rapports de subordination ou de domination. La soci&#233;t&#233; indus&#173;trielle donnerait ainsi l'exemple de l'harmonie et de la paix sociale. Les ap&#244;tres actuels de la &lt;i&gt;nouvelle soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;changement &lt;/i&gt; reprennent &#8212; oh ! sans pr&#233;m&#233;ditation &#8212; le vieux r&#234;ve saint-simonien lorsque, renon&#231;ant au patronat de droit divin et au paternalisme d&#233;suet, ils pr&#244;nent l'association capital-travail, l'int&#233;ressement des ouvriers aux b&#233;n&#233;fices, l'actionnariat ouvrier et le syndicalisme de collaboration et non de contestation. Et d'autres verront dans les &#201;tats dits socia&#173;listes un exemple parfait de soci&#233;t&#233; industrielle harmonieuse o&#249; man&#339;uvres et directeurs, unis par les liens de l'&#233;mulation socialiste, r&#233;alisent les objectifs du Plan. En th&#233;orie, tout ceci est fort s&#233;duisant...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5047 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/proudhon1-2a2fb-bf2f9.jpg?1774699770' width='150' height='208' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Proudhon &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; ? La doctrine saint-simonienne exige une &#233;conomie planifi&#233;e, dirig&#233;e, et toute direction &#233;tendue &#224; l'en&#173;semble de l'&#233;conomie suppose un centralisme autoritaire. Saint&#173;-Simon a vari&#233; dans ses projets d'organisation, mais reste tou&#173;jours fid&#232;le aux principes suivants : un organisme r&#233;gulateur de l'&#233;conomie et compos&#233; des chefs de toutes les branches industrielles, un conseil de savants assistant le conseil supr&#234;me d'industrie. Aux privil&#232;ges injustifi&#233;s de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale succ&#232;dent les privil&#232;ges justifi&#233;s par la comp&#233;tence et la capacit&#233;. Ainsi on assiste &#224; la r&#233;surrection d'un nouveau pou&#173;voir temporel et d'un nouveau pouvoir spirituel, toute d&#233;cision en mati&#232;re de cr&#233;ation collective relevant d'administrateurs dont les consignes se r&#233;percuteront, d'&#233;chelon en &#233;chelon, jus&#173;qu'aux plus humbles ex&#233;cutants. La hi&#233;rarchie gradu&#233;e des capacit&#233;s organise l'&#233;conomie &#224; l'inverse de la f&#233;d&#233;ration agricole-industrielle de Proudhon : le sommet d&#233;cide, la base ex&#233;cute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie en U.R.S.S. et dans les R&#233;publiques populaires offre un exemple parfait de l'application de ce principe. A tous les degr&#233;s, une bureaucratie pl&#233;thorique assume l'ex&#233;cution &#8212; ou s'efforce de l'assumer ! &#8212; du plan de production. Cette bureaucratie, nourrie de statistiques et de pourcentages, subor&#173;donne tout aux imp&#233;ratifs du Plan. Cette supr&#233;matie de la production mesure bien &lt;i&gt;l'administration des choses&lt;/i&gt;, mais &#8212; contrairement aux vues trop optimistes de Saint-Simon &#8212; n'a pas fait cesser &lt;i&gt;le gouvernement des hommes&lt;/i&gt;. Le r&#232;gne des administrateurs, gens op&#233;rant dans l'abstrait et sans contact direct avec le producteur, est fond&#233; sur un autoritarisme &#233;chappant au contr&#244;le des ex&#233;cutants.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/andre_siegfried.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH196/andre_siegfried-6cde7-44be9.jpg?1774699770' width='150' height='196' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Siegfried&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; industrielle capitaliste, avec des formes politiques et un r&#233;gime de propri&#233;t&#233; diff&#233;rents, on observe la m&#234;me &#233;volution vers ce qu'on peut appeler l'&lt;i&gt;&#226;ge administratif&lt;/i&gt;. Le pouvoir de d&#233;cision &#233;chappe de plus en plus au capital tra&#173;ditionnel ou au technicien et devient le privil&#232;ge d'adminis&#173;trateurs &#233;trangers aux entreprises et aux hommes qu'ils dirigent. Ces administrateurs, &#224; la suite d'&#233;tudes th&#233;oriques et d'une s&#233;lection syst&#233;matique, pr&#233;tendent poss&#233;der la science de l'&#233;conomie : leur capacit&#233; les a hiss&#233;s au sommet et leur a, du m&#234;me coup, conf&#233;r&#233; l'autorit&#233;. Andr&#233; Siegfried, dans son ouvrage&lt;i&gt; France, Angleterre, &#201;tats-Unis, Canada&lt;/i&gt;, a parfaitement d&#233;crit l'av&#232;nement de l'&#226;ge administratif. L'&#226;ge industriel, dit-il, se divise en une phase m&#233;canique o&#249; triomphent le machinisme et la standardisation, et une phase administrative : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s la phase, strictement m&#233;canique, o&#249; l'ing&#233;nieur &#233;tait roi, voici qu'une &#233;tape nouvelle se dessine, qui marque &#224; la fois le magni&#173;fique &#233;panouissement de la R&#233;volution industrielle et peut-&#234;tre aussi le d&#233;but de son vieillissement (...) L'organisation tend d l'emporter sur la technique elle-m&#234;me simplifi&#233;e par son propre triomphe : le dirigeant v&#233;ritable n'est plus ni l'ing&#233;nieur, ni le savant, mais l'administrateur (au sens large du mot), c'est-&#224;-dire celui qui coordonne et dirige les efforts de tous (...) L'entre&#173;prise, devenue trop grande, se bureaucratise, et d'autant plus que l'&#201;tat tend in&#233;vitablement &#224; y p&#233;n&#233;trer. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Actualit&#233; de Saint-Simon - Tout pour la production</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Barru&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le principe directeur de l'&#233;cole saint-simonienne : tout pour la production, est devenu l'imp&#233;ratif du monde actuel. Les progr&#232;s de la science, le d&#233;veloppement du machinisme, une technique de plus en plus pouss&#233;e ont permis un accroissement vertigineux de la production. Partout on glorifie l'expansion, on se r&#233;jouit de l'augmentation du taux de croissance : ces bulletins de sant&#233; de la Production sont autant de bulletins de victoire. Comme l'affirmait Saint-Simon, la forme de gouverne&#173;ment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-saint-simon-+" rel="tag"&gt;Saint-Simon&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/saint-simon_copie7-e391f.jpg?1774699771' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le principe directeur de l'&#233;cole saint-simonienne : tout pour la production, est devenu l'imp&#233;ratif du monde actuel. Les progr&#232;s de la science, le d&#233;veloppement du machinisme, une technique de plus en plus pouss&#233;e ont permis un accroissement vertigineux de la production. Partout on glorifie l'expansion, on se r&#233;jouit de l'augmentation du taux de croissance : ces bulletins de sant&#233; de la Production sont autant de bulletins de victoire. Comme l'affirmait Saint-Simon, la forme de gouverne&#173;ment &#8212; et m&#234;me la forme de propri&#233;t&#233; &#8212; sont indiff&#233;rentes : la m&#234;me fi&#232;vre de production anime aussi bien l'U.R.S.S. que les U.S.A. et le r&#234;ve des dirigeants du Kremlin reste, comme au temps de Staline, de rattraper et d&#233;passer la production du capitalisme am&#233;ricain. Et lorsqu'on parle, &#224; propos du Tiers Monde, de pays sous-d&#233;velopp&#233;s ou en voie de d&#233;veloppement, c'est de d&#233;veloppement industriel et d'insuffisance de la production qu'il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5043 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH178/max_stirner-4a7df-3970f.jpg?1774699771' width='150' height='178' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Max Stirner.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Travailler pour produire : tel &#233;tait, il y a cent cinquante ans, le fant&#244;me, l'id&#233;e fixe &#8212; disait Stirner &#8212; de Saint-Simon. Il pr&#233;cisait d'ailleurs : produire des objets utiles pour accro&#238;tre le bien-&#234;tre de tous. Mais d&#233;j&#224;, &#224; l'&#233;poque de Saint-Simon, certains voyaient un danger dans cette production inconsid&#233;r&#233;e et ne fondaient pas sur elle le bonheur universel. Parmi eux, Sismondi, que Saint-Simon, Proudhon et Marx ont lu. Ce n'est point ici le lieu d'&#233;voquer les m&#233;rites de Sismondi qui a fait entrer &lt;i&gt;le prol&#233;taire&lt;/i&gt; dans l'histoire &#233;conomique, qui a d&#233;nonc&#233;&lt;i&gt; la mieux-value, cette spoliation, ce vol du riche sur le pauvre&lt;/i&gt;, et qui a d&#233;peint la mis&#232;re ouvri&#232;re de son temps. Tandis que Saint-Simon axait toute sa doctrine sur la production, s'effor&#173;&#231;ant de corriger par la charit&#233; ou la philanthropie les in&#233;galit&#233;s criantes r&#233;sultant de la hi&#233;rarchie, Sismondi s'attachait surtout aux probl&#232;mes de consommation et de r&#233;partition, et liait &lt;i&gt;l'accroissement de la richesse nationale &#224; l'accroissement des jouissances des producteurs&lt;/i&gt;. Ce qui l'int&#233;ressait, c'est ce que nous appelons la r&#233;partition du revenu national :&lt;i&gt; l'autorit&#233; souveraine ne doit jamais perdre de vue la formation et la distribution du revenu, car c'est ce revenu qui doit r&#233;pandre l'aisance et la prosp&#233;rit&#233; dans toutes les classes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sismondi constate le prodigieux accroissement de la pro&#173;duction, le pouvoir grandissant de l'homme sur la nature, les d&#233;couvertes de la science (que dirait-il aujourd'hui !), mais cette surabondance de biens, cette prosp&#233;rit&#233; ne sont que faux&#173; semblants. Elles n'apportent pas aux individus &#8212; et tout particuli&#232;rement aux prol&#233;taires, les plus nombreux et les plus pauvres &#8212; le bien-&#234;tre et le bonheur. Ce qui importe, c'est l'&#233;quilibre entre la production et la consommation, et le r&#233;gime de la soci&#233;t&#233; industrielle ne peut le r&#233;aliser. Pourquoi toujours produire ? Les producteurs ne peuvent d&#233;passer les limites des biens n&#233;cessaires aux consommateurs. Il est vrai qu'alors on songera &#224; am&#233;liorer la qualit&#233;, puis &#224; cr&#233;er le superflu, mais l&#224; encore il y a des bornes qu'on ne peut d&#233;passer, quels que soient les progr&#232;s de l'humanit&#233;. &lt;i&gt;C'est la demande qui doit susciter l'offre&lt;/i&gt;, alors que la soci&#233;t&#233; industrielle vit sur le prin&#173;cipe oppos&#233;. Sismondi a entrevu ce qui est maintenant une &#233;vidence : la soci&#233;t&#233; industrielle est surtout une soci&#233;t&#233; de consommation, de consommation forc&#233;e. Le superflu n'a plus de bornes. Sismondi n'avait pas pr&#233;vu la publicit&#233;, la mode, la r&#233;clame, la sollicitation quotidienne pratiqu&#233;e par la presse, la radio t&#233;l&#233;vision. On cr&#233;e des besoins, on en invente chaque jour des nouveaux et on &#233;coule ainsi une production d'objets vite d&#233;mod&#233;s. C'est le r&#232;gne du fragile, de l'&#233;ph&#233;m&#232;re ; l'id&#233;al c'est le produit qui ne sert qu'une fois et qu'on jette. La soci&#233;t&#233; de consommation, sous l'aiguillon de la sainte Production, est devenue la soci&#233;t&#233; du gaspillage tandis que des continents entiers sont vou&#233;s &#224; la disette et manquent des &#233;l&#233;ments les plus rudi&#173;mentaires du bien-&#234;tre. Et pour produire toujours davantage &#8212; en d&#233;pit des machines et de l'automation &#8212; on est conduit &#224; donner une forme moderne &#224; l'antique esclavage en impor&#173;tant une main-d'&#339;uvre qui n'aura jamais la jouissance de ce qu'elle produit.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5044 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-16.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH173/sans_titre-3-16-44ff2-dcf49.jpg?1774699771' width='150' height='173' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean de Sismondi&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il a suffi d'un quart de si&#232;cle pour que le moteur de la production se soit emball&#233; ! Avec encore plus de motifs d'inqui&#233;&#173;tude qu'en avait Sismondi, nombreux sont ceux qui conseillent de freiner cette production d&#233;lirante. D&#233;j&#224; en 1959, l'&#233;conomiste et diplomate Galbraith estimait n&#233;cessaire de changer les prin&#173;cipes de base de la soci&#233;t&#233;, et Jean Fourasti&#233;, dans son ouvrage &lt;i&gt;La grande m&#233;tamorphose du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; (1964), mettait en garde contre l'accroissement perp&#233;tuel du taux de croissance de la production : 7% chaque ann&#233;e, cela revient &#224; doubler la production industrielle en dix ans, &#224; la multiplier par 32 en cin&#173;quante ans ! Si la France avait depuis 1750 maintenu ce taux d'accroissement, la production industrielle nationale serait en 1960 dix mille fois plus forte que la production mondiale actuelle. Fourasti&#233; conclut que le maintien d'un tel rythme aboutirait &#224; une catastrophe, &lt;i&gt;ce ne serait plus une &#233;volution, ni une explosion, mais une mutation, une m&#233;tamorphose. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux du Club de Rome, les &#233;tudes de l'Institut de Technologie du Massachussets, les recherches de la Fondation Volkswagen, les ouvrages de Dennis Meadow &#8212; &lt;i&gt;Les limites de la croissance, L'&#233;quilibre mondial&lt;/i&gt; &#8212;, aboutissent aux m&#234;mes conclusions. Le mythe de la production acc&#233;l&#233;r&#233;e, du progr&#232;s sans fin de la quantit&#233; d'objets produits par la soci&#233;t&#233; indus&#173;trielle doit &#234;tre d&#233;nonc&#233;. Et Meadow conclut en ces termes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la seule solution au probl&#232;me de la. croissance, c'est de mettre un terme &#224; la croissance. Cet arr&#234;t peut &#234;tre volontaire et contr&#244;l&#233;, ou bien alors, ne pouvant plus supporter le fardeau de la croissance, nous y serons contraints contre notre volont&#233; et sans notre contr&#244;le&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5045 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sicco_mansholt__1974_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/sicco_mansholt__1974_-2d625-2608e.jpg?1774699771' width='150' height='200' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Sicco Mansholt en 1974.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Croissance &#233;conomique z&#233;ro ou catastrophe in&#233;luctable : telle est aussi la conclusion &#224; laquelle arrive le socialiste hollan&#173;dais Sicco Mansholt, celui que l'on a appel&#233; le p&#232;re de l'Eu&#173;rope agricole. Dans une interview accord&#233;e au quotidien r&#233;gional &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; (3 d&#233;cembre 1974), il insiste sur la liaison &#233;troite qui existe entre tous les probl&#232;mes tragiques qui se posent au monde moderne : &lt;i&gt;&#233;nergie, alimentation, d&#233;mographie, p&#233;nurie des ressources naturelles, industrialisation, d&#233;s&#233;quilibre &#233;colo&#173;gique. Il est impossible de corriger une situation, une seule, sans en aggraver d'autres&lt;/i&gt;. Il faut changer notre mentalit&#233;, &lt;i&gt;bouleverser nos habitudes et notre organisation sociale. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux vues pessimistes de Meadow, un groupe d'&#233;conomistes de l'universit&#233; du Sussex a r&#233;pondu dans un ouvrage collectif : &lt;i&gt;Anti-Malthus&lt;/i&gt; (1974). Ils reprochent &#224; Meadow d'avoir fond&#233; des conclusions p&#233;remptoires sur des statistiques insuffisantes, et d'avoir mis une fausse objectivit&#233; math&#233;matique au service de conceptions &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;. Mais surtout Meadow sous-estime les possibilit&#233;s du progr&#232;s technique et le comportement volon&#173;taire de l'homme capable de modifier son environnement au moyen des changements techniques. Le groupe du Sussex met en cause l'insuffisance des institutions humaines ; la croissance &#233;conomique ne peut &#234;tre b&#233;n&#233;fique que si on change radicale&#173;ment sa qualit&#233; et sa r&#233;partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom des pays en voie de d&#233;veloppement, la Fondation de San Carlos de Bariloche (R&#233;publique argentine) s'est &#233;lev&#233;e contre la limitation de croissance :&lt;i&gt; les obstacles au d&#233;veloppe&#173;ment de l'humanit&#233; ne sont pas mat&#233;riels, mais socio-politiques et ils sont d&#233;pendants de la distribution actuelle de la puissance au niveau international et national... D'o&#249; n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, vraiment d&#233;mocratique dans laquelle les d&#233;cisions seraient prises par le bas, plut&#244;t que le contraire, qui est la situation actuelle&lt;/i&gt; (cit&#233; par la revue &lt;i&gt;La Recherche &lt;/i&gt; - mars 1974).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les d&#233;fenseurs de la croissance &#8212; une croissance d'ailleurs non inconsid&#233;r&#233;e, mais maintenue dans les limites raisonnables &#8212; la font d&#233;pendre d'un changement radical des institutions et des structures de la soci&#233;t&#233;. Et sur ce point ils rejoignent leur adversaire Mansholt qui pr&#233;conise des mesures &#171; r&#233;volutionnaires &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La croissance z&#233;ro commence par une croissance n&#233;gative pour les privil&#233;gi&#233;s. L'&#233;ventail des salaires est beaucoup trop grand. Moi, je verrais aussi bien une &#233;chelle de salaires de un &#224; trois. Il faudrait aussi que les travaux les plus tristes, les plus p&#233;nibles soient les mieux pay&#233;s. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[...]&lt;/span&gt; Il faut reprendre des pratiques d&#233;mocratiques au niveau de la vie politique comme &#224; celui des entreprises. On n'y parviendra qu'avec la d&#233;centralisation &#224; tous les niveaux &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[...]&lt;/span&gt; Chacun doit avoir le droit de travailler, mais peut-&#234;tre faudra-t-il travailler moins &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[...]&lt;/span&gt; Je crois aussi que le mod&#232;le de l'avenir devrait &#234;tre la petite entreprise. C'est la meilleure fa&#231;on de promouvoir l'autogestion&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, &#233;crasement de la hi&#233;rarchie, d&#233;centra&#173;lisation, d&#233;cisions prises par la base, ensembles industriels ramen&#233;s &#224; l'&#233;chelle humaine : les anarchistes retrouvent l&#224; des conceptions qui leur sont famili&#232;res depuis Proudhon et Bakou&#173;nine. On a si souvent accus&#233; les anarchistes d'&#234;tre des doux r&#234;veurs, des d&#233;fenseurs d'un prol&#233;tariat arri&#233;r&#233;, des ap&#244;tres retardataires d'un monde artisanal ou pastoral, que nous &#233;prouvons quelque satisfaction de voir d&#233;fenseurs ou adversaires de la croissance pr&#233;coniser des r&#233;formes qui s'inspirent sans l'avouer des id&#233;es libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas saint-simoniens, dans la mesure o&#249; nous ne croyons pas &#224; la vertu de la croissance ind&#233;finie, mais nous nous s&#233;parons aussi de Saint-Simon sur la question essentielle de la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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