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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les &#233;lections - Les anarchistes et la situation politique en 1978</title>
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		<dc:creator>Groupe Libertaire Fresnes-Antony (FA)</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

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&lt;p&gt;Vingt ans de pouvoir... &lt;br class='autobr' /&gt;
1958. Le g&#233;n&#233;ral De Gaulle monte sur Paris, renverse les institutions de la Quatri&#232;me R&#233;publique et s'autoproclame Pr&#233;sident des Fran&#231;ais. Ce coup d'Etat qui marque une rupture historique, une p&#233;riode de transition dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise entre la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique marque la volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une droite qui, pour maintenir et renforcer son pouvoir, doit rompre in&#233;vitablement avec une gestion politique et &#233;conomique dont le but proclam&#233; &#233;tait d'unir toutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3ffff-349e7.jpg?1774723414' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vingt ans de pouvoir...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1958. Le g&#233;n&#233;ral De Gaulle monte sur Paris, renverse les institutions de la Quatri&#232;me R&#233;publique et s'autoproclame Pr&#233;sident des Fran&#231;ais. Ce coup d'&#201;tat qui marque une rupture historique, une p&#233;riode de transition dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise entre la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et la V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique marque la volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une droite qui, pour maintenir et renforcer son pouvoir, doit rompre in&#233;vitablement avec une gestion politique et &#233;conomique dont le but proclam&#233; &#233;tait d'unir toutes les traditions &#171; d&#233;mocratiques &#187; fran&#231;aises dans un seul et m&#234;me &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1959, quand De Gaulle se fit pl&#233;bisciter par voie de r&#233;f&#233;rendum, la situation politique de la France avait chang&#233;. De Gaulle avait pu r&#233;aliser l'unit&#233; de la droite derri&#232;re son personnage ; il n'existait plus qu'une seule force politique imposante et puissante, le mouvement gaulliste qui laissait derri&#232;re lui une gauche bien faible, divis&#233;e, dont le discr&#233;dit n'avait fait que s'accro&#238;tre depuis l'&#233;pisode de la guerre d'Alg&#233;rie. C'est dans cette p&#233;riode que la bourgeoisie fran&#231;aise va r&#233;diger la nouvelle constitution qui, de son premier article jusqu'au dernier, va &#234;tre un ramassis de lois qui sanctionne un r&#233;gime b&#226;ti sur un coup d'&#201;tat, irrespectueux des libert&#233;s les plus &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette attaque sans pr&#233;c&#233;dent contre les droits du peuple fran&#231;ais, le patronat va mener une offensive &#233;conomique caract&#233;ris&#233;e par un d&#233;sir d'&#233;lever toujours plus haut la quantit&#233; de production et de rentabiliser au maximum la main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1965, malgr&#233; des hauts et des bas (notamment le r&#233;flexe de peur suscit&#233; par le nombre de suffrages qu'obtient Fran&#231;ois Mitterrand lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1965), la bourgeoisie fran&#231;aise va conna&#238;tre une p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique : la production, les stocks augmentent jusqu'au jour o&#249; ce bel &#233;difice, d'apparence solide, va laisser s'&#233;chapper des failles qui vont devenir par la suite irr&#233;sistibles. La premi&#232;re nation industrielle mondiale, les U.S.A., va &#234;tre la premi&#232;re touch&#233;e par ce qu'on appelle commun&#233;ment la crise. Un pourcentage de rentabilit&#233; insuffisant dans la production ainsi qu'un d&#233;ficit de la balance des paiements vont amener les U.S.A. &#224; prendre un certain nombre de mesures tels que le flottement du dollar, la non-convertibilit&#233;, etc., qui se r&#233;v&#233;leront d'ailleurs par la suite totalement inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les U.S.A., de par leur situation &#233;conomique dans le monde, vont &#171; frapper &#187; dans le dos les &#233;conomies occidentales. En instituant la non-convertibilit&#233; suivie du flottement du dollar, les dirigeants am&#233;ricains savaient pertinemment que les nations occidentales allaient in&#233;vitablement plonger dans un d&#233;s&#233;quilibre dramatique pour leurs &#233;conomies respectives. Cons&#233;quence logique de cette situation, les prix vont conna&#238;tre une forte hausse (l'inflation), d'o&#249; une baisse de la consommation et enfin un n&#233;cessaire r&#233;ajustement de la production entra&#238;nant avec lui la fermeture d'entreprises, les licenciements, ce qu'on appelle en clair la mise au ch&#244;mage d'un certain nombre de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'allons pas continuer plus loin cette recherche &#233;conomique, n&#233;cessaire et fondamentale quant &#224; la compr&#233;hension anarchiste des &#233;v&#233;nements d'aujourd'hui, tel n'est pas l'objet de cet article. Qu'il nous suffise simplement de dire ici que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, comme les autres nations occidentales, est en proie &#224; une crise &#233;conomique dans laquelle le capital ne pourra plus se relever. Pris dans le cercle infernal de l'inflation et du ch&#244;mage, dans l'incapacit&#233; qu'il a &#224; r&#233;soudre cette situation (quand il veut stopper l'un, il augmente l'autre) le seul recours pour le patronat va &#234;tre alors de mener une politique d'aust&#233;rit&#233; dont les travailleurs feront naturellement les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers le d&#233;but de l'ann&#233;e 1966 que le monde du travail va &#234;tre frapp&#233; par cette crise. Des gr&#232;ves &#233;clatent ici et l&#224; sans pour autant mettre en danger le r&#233;gime, les organisations syndicales restent peu combatives et se contentent de d&#233;noncer verbalement les exploiteurs. L'affrontement majeur, qui existe dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, est dirig&#233; sur le plan politique et non dans le social. En effet, c'est en 1967 qu'ont lieu les &#233;lections l&#233;gislatives ; la droite commence alors &#224; &#234;tre discr&#233;dit&#233;e pour sa mauvaise gestion &#233;conomique, la gauche conclut un accord &#233;lectoral entre le Parti Communiste et l'Union de la Gauche D&#233;mocrate et Socialiste. Incontestablement, la situation de 1967 par le retournement d'alliance qu'elle engendre, laisse entrevoir une nouvelle transformation de la vie politique fran&#231;aise caract&#233;ris&#233;e par une alliance &#171; durable &#187; entre P.C. et socialistes d'une part, et par la division analytique et programmatique des forces de droite d'autre part ; nous aurons l'occasion d'y revenir plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections de 1967 vont reporter pour une nouvelle l&#233;gislature la droite au pouvoir mais au d&#233;but de l'ann&#233;e 1968, l'agitation qui commence dans les facult&#233;s parisiennes, va remettre en cause un processus politique jusque l&#224; bien &#233;tabli. Durant le mois d'avril, les universit&#233;s vont &#234;tre en effervescence ; les &#233;tudiants descendent dans la rue et le petit incident de Nanterre va faire grain de sable dans tout le pays. A Nantes, le personnel de l'usine Sud-Aviation, sous l'impulsion des militants anarchistes et syndicalistes-r&#233;volutionnaires, occupe l'entreprise ; ce sera le d&#233;part de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui gagnera les lyc&#233;es, les ateliers et les bureaux. Durant un mois le pouvoir se trouvera dans la rue. De Gaulle, pris de panique, rejoint Massu &#224; l'&#233;tranger tout en donnant des instructions tr&#232;s pr&#233;cises au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et des Arm&#233;es. La gr&#232;ve continue, le portemonnaie des travailleurs devient de plus en plus l&#233;ger et apr&#232;s un mois d'agitation tout rentre dans l'ordre : les &#233;tudiants dans les facult&#233;s, les ouvriers dans les usines, les employ&#233;s dans les bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 aurait pu d&#233;boucher beaucoup plus loin si les organisations syndicales avaient refus&#233; la mascarade des accords de Grenelle, v&#233;ritable symbole de la collaboration des classes. Les diff&#233;rents mouvements r&#233;volutionnaires de l'&#233;poque, l'extr&#234;me-gauche et les anarchistes, bien qu'ayant un &#233;norme courant de sympathie autour d'eux, ne furent pas en mesure d'avancer une alternative cr&#233;dible faute d'une capacit&#233; organisationnelle et militante suffisante. Mai 68 va donner mati&#232;re &#224; r&#233;flexion pour les militants anarchistes : d'abord il faut &#234;tre pr&#234;t &#224; assumer toutes les cons&#233;quences d'une situation r&#233;volutionnaire et pour cela renforcer l'organisation sp&#233;cifique ; ensuite et suivant cette d&#233;marche, une p&#233;riode r&#233;volutionnaire dure un certain temps mais qu'elle ne saurait durer ind&#233;finiment. C'est bien parce qu'au bout d'un mois de gr&#232;ve les travailleurs ont eu sur le bout des l&#232;vres l'&#233;ternelle question &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Faut que je bouffe&lt;/q&gt;... que Mai 68 n'a pu avoir un prolongement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 n'a pas &#233;t&#233; qu'un &#233;chec au sens strict du terme, loin s'en faut. La domination id&#233;ologique pressante exerc&#233;e depuis l'apparition de la radio et de la t&#233;l&#233; va &#234;tre balay&#233;e d'un seul coup et au fur et &#224; mesure, la population va se donner progressivement une conscience politique qui, dans bien des foyers, va changer la vie. L'apparition sur la sc&#232;ne politique d'une force &#171; incontr&#244;l&#233;e &#187; qui inqui&#232;te les partis traditionnels parce qu'ils luttent contre eux, pratiquant l'action directe, le sabotage, les s&#233;questrations... va aller de pair avec le renouveau des id&#233;es libertaires dans lesquelles nombre de militants ouvriers et syndicaux vont se retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s dix ann&#233;es de pouvoir personnel, De Gaulle va finir sa carri&#232;re politique &#224; Colombey. Une majorit&#233; de NON se d&#233;gage lors du r&#233;f&#233;rendum de 1969, les &#233;lections pr&#233;sidentielles commencent. Pompidou, ancien Premier ministre de De Gaulle, gagne la bataille et le r&#233;gime de corruption de la Cinqui&#232;me R&#233;publique continue son bonhomme de chemin &#224; la diff&#233;rence, cette fois, que les syndicats, sous la pression de la base, vont se montrer plus combatifs et que les partis de gauche signent un programme commun en 1972. Frapp&#233; par la maladie, Pompidou rend l'&#226;me en 1974. C'est l&#224; v&#233;ritablement que la situation politique du pays va conna&#238;tre un nouveau dynamisme et un nouveau visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de la campagne &#233;lectorale, les tensions se font de plus en plus fortes au sein de la droite. Celle-ci est d&#233;pourvue de personnalit&#233;s qui pouvaient par le pass&#233; incarner l'&#171; unit&#233; et la grandeur de la France &#187;. Les conflits entre gaullistes, lib&#233;raux et centristes vont rejaillir de plus belle, ce qui aboutira &#224; une bataille de voix entre Chaban-Delmas qui incarne la vieille U.D.R. et Giscard d'Estaing, jeune loup des finances et de la politique, qui repr&#233;sente le courant lib&#233;ral et centriste. La progression de la gauche, d&#233;j&#224; remarqu&#233;e lors des &#233;lections l&#233;gislatives de 1973, va d&#233;finitivement couper le courant &#171; majoritaire &#187; en deux ; les ann&#233;es 1975, 76, 77 poussent les partis de droite &#224; saccager leurs organisations, l'U.D.R. se transforme en R.P.R., les R&#233;publicains Ind&#233;pendants en P.R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les divergences de programme qui portent sur la strat&#233;gie &#224; employer pour barrer la route &#224; la gauche, vont aller en s'accroissant. Le Parti R&#233;publicain, s'inspirant de la situation portugaise et ouest-allemande, pense qu'il existe une profonde coupure entre la social-d&#233;mocratie du P.S. et le communisme totalitaire du P.C. L'objectif sera donc d'essayer de rassembler ces socialistes en utilisant leur cr&#233;dit &#233;lectoral pour former un gouvernement incolore qui ne s'occupe que d'&#233;conomie, laissant loin derri&#232;re lui la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision du R.P.R. est toute diff&#233;rente. Pour lui, le P.C. et le P.S. ont sign&#233; un programme en 1972. Ce programme est un programme de gestion commune de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et il sait bien que socialistes et communistes, s'ils veulent un jour arriver au pouvoir, auront besoin de l'un et de l'autre. A partir de cette analyse, le R.P.R. pense qu'il ne sert &#224; rien de jouer sur la diversion entre socialistes et communistes ; ce qu'il faut pour sauver la France du p&#233;ril Rouge, c'est que d&#232;s maintenant s'organise une offensive politique contre la gauche, terrain trop souvent d&#233;laiss&#233; par la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En organisant des centaines de meetings dans le pays, construisant des sections d'entreprises et un mouvement de jeunes, le R.P.R., bien que dirig&#233; par les vieux d&#233;mons du gaullisme, devient une force militante et dynamique qui s&#233;duit tout une petite-bourgeoisie d&#233;class&#233;e touch&#233;e par la peur du communisme. Pour battre la gauche, Chirac va effectivement utiliser ce r&#233;flexe de peur, strat&#233;gie qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e extr&#234;mement payante que ce soit dans les pays latins ou sud-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;unions du comit&#233; de liaison de la majorit&#233; ne changeront rien &#224; cette situation. En opposant aux ministres-candidats &#224; la d&#233;putation d&#233;sign&#233;s par Raymond Barre des candidatures strictement R.P.R., Chirac et les siens m&#232;nent ainsi le combat frontalement contre le Pr&#233;sident Giscard d'Estaing. En formant des candidatures d'unit&#233; radicale-centriste et lib&#233;rale, le Parti R&#233;publicain constitue un front anti-R.P.R. que personne ne pourrait nier aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est bien pr&#233;sente : la bourgeoisie est &#224; long terme incapable de r&#233;soudre la crise &#233;conomique, entre une politique dure et autoritaire contre les travailleurs et une autre qui tendrait &#224; faire avaler la carotte de mani&#232;re plus coulante, la droite au pouvoir depuis plus de vingt ans se trouve divis&#233;e dans des questions strat&#233;giques. Il ne s'agit pas pour les travailleurs de savoir comment on peut mieux les berner, R.P.R. et P.R. ont au moins en commun un choix de soci&#233;t&#233; : celle qui nie les droits des travailleurs et qui les exploitent par l'interm&#233;diaire du capital et de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite au pouvoir ? Un million cinq cent mille ch&#244;meurs, le pouvoir d'achat en baisse, le droit syndical bafou&#233;, l'in&#233;galit&#233; constante entre l'homme et la femme, les centrales nucl&#233;aires qu'on impose, les nervis du S.A.C. et de la C.S.L. (ex-C.F.T.) contre les travailleurs en lutte, le racisme vis-&#224;-vis des travailleurs immigr&#233;s, les scandales qui &#233;claboussent les politiciens... l'exploitation de l'homme par l'homme ! C'est un constat de faillite, il est grand temps de se d&#233;barrasser d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Programme commun - Les syndicats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la gauche fran&#231;aise est aussi vieille que l'histoire du mouvement ouvrier et remonte aux origines du socialisme : 1848, la Commune de 1871. C'est vers les ann&#233;es 1880 qu'une multitude de petits partis r&#233;volutionnaires vont se cr&#233;er, s'inspirant plus ou moins bien de la pens&#233;e marxiste mais qui, au fil des ann&#233;es, vont r&#233;ussir &#224; s'unifier sous la houlette du Parti Socialiste. En 1917, la r&#233;volution russe &#233;clate et les pol&#233;miques entre L&#233;nine et Pl&#233;khanov vont rejaillir sur toute l'histoire mondiale du marxisme. En 1920, au congr&#232;s de Tours, le parti socialiste voit ses tendances voler de toute part : Cachin, Vaillant et d'autres fondent le Parti Communiste, Section Fran&#231;aise de l'Internationale Communiste, Blum conserve la maison-m&#232;re et donne ainsi au P.S. une image social-d&#233;mocrate bon teint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affrontements entre les deux partis vont &#234;tre extr&#234;mement durs et ce n'est qu'en 1934, sous ordre de la direction du Kremlin, que le Parti Communiste engage la bataille pour le Front Populaire alliant socialistes, radicaux et communistes. En 1936, cette politique du &#171; Front Popu &#187; va gagner pour un temps limit&#233; et permettra aux travailleurs d'avoir une certaine am&#233;lioration dans leur condition de vie et de travail (cong&#233;s pay&#233;s, 40 heures). En 1939, la guerre &#233;clate et en 1945, lors de la Lib&#233;ration, le P.C. se trouvera au gouvernement aux c&#244;t&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise, puis se fera chasser de celui-ci en 1947. D&#232;s lors, la bataille &#226;pre entre socialistes et communistes va rejaillir de plus belle, c'est soixante ans d'histoire de division, soixante ans dont il sera extr&#234;mement dur de se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de la gauche au gouvernement sont loin d'&#234;tre convaincants. Si le Front Populaire accorde les 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s pour les travailleurs, il ne le fera pas spontan&#233;ment. C'est sous la pression de milliers de gr&#233;vistes qui occuperont les entreprises que le gouvernement va c&#233;der devant ces revendications ouvri&#232;res. A aucun moment, la gauche n'a jou&#233; le r&#244;le de &#171; moteur r&#233;volutionnaire &#187;, socialistes et communistes ont tout fait pour freiner la mobilisation populaire. Blum s'est comport&#233; comme un loyal g&#233;rant du capitalisme et il suffit pour s'en convaincre de se remettre en m&#233;moire ces quelques citations extraites des publications&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S.F.I.O. : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon devoir &#233;tait clair, imp&#233;rieux : il &#233;tait... de ne pas provoquer entre patrons et ouvriers ce que les patrons redoutaient alors le plus, cette esp&#232;ce de division morale qui est plus grave et plus pernicieuse que tout dans un pays et une d&#233;mocratie&lt;/q&gt;. Plus loin, Blum explique que lorsque la vague de gr&#232;ves s'est calm&#233;e, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'avons pas h&#233;sit&#233; : nous avons fait respecter le droit de propri&#233;t&#233;&lt;/q&gt;. En fait, Blum, soutenu par les communistes, a g&#233;r&#233; une soci&#233;t&#233; comme n'importe quel autre bourgeois aurait pu le faire &#224; sa place. Et quand Thorez eut cette phrase demeur&#233;e c&#233;l&#232;bre dans l'histoire du mouvement ouvrier &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut savoir terminer une gr&#232;ve&lt;/q&gt;, les travailleurs pouvaient savoir d&#232;s ce moment que la politique du P.C. et de la S.F.I.O. &#233;tait d&#233;finitivement &#233;trang&#232;re aux v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, que l'un et l'autre n'h&#233;siteraient pas &#224; mener une politique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de gauche&lt;/q&gt; au service de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ann&#233;es plus tard, le visage que nous offre la gauche &#224; travers son programme commun n'a gu&#232;re chang&#233;. Il s'agit toujours de garder ni plus ni moins le capitalisme, l'&#233;conomie de march&#233; tel que se plaisent &#224; le faire remarquer ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1971 au congr&#232;s d'Epinay, les r&#233;sidus sociaux-d&#233;mocrates se trouvent &#233;cart&#233;s de la direction pour faire place &#224; l'&#233;quipe de Mitterand qui souhaite donner au parti socialiste une image plus r&#233;volutionnaire. Sous la pression du CERES (tendance du P.S.) et du P.C. qui fait sienne depuis un certain temps la politique d'&#171; union de la Gauche &#187;, les deux partis se rencontrent afin d'&#233;laborer ensem-ble un programme commun de gouvernement. Le 25 juin 1972, le document est sign&#233; puis ratifi&#233; quelques mois plus tard par les radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, le Parti Communiste &#233;tait le mieux repr&#233;sent&#233; dans cette union et pouvait, par le poids de ses suffrages, influer sur le comportement politique du P.S. Les &#233;lections pr&#233;sidentielles, cantonales puis municipales devaient renverser les r&#244;les ; non seulement les socialistes devenaient la force &#233;lectorale la plus puissante de la gauche, mais aussi de tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, Mitterrand comme Marchais reconnaissent qu'il faut actualiser le programme commun en expliquant avec raison que la situation &#233;conomique s'est transform&#233;e depuis 1972 et que les r&#233;ponses &#224; apporter dans tel domaine sont peut-&#234;tre aujourd'hui &#224; revoir. Les n&#233;gociations vont donc &#234;tre entam&#233;es et aboutissent au d&#233;but de l'ann&#233;e 1978 &#224; une cassure entre le P.C. et le P.S. qui devraient aller chacun de leur c&#244;t&#233; dans la bataille des l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la pol&#233;mique qui s'est engag&#233;e entre le P.C. et le P.S. ne porte pas sur le probl&#232;me de la r&#233;actualisation mais bien sur le programme commun de 1972 en tant que tel. L'objet principal des n&#233;gociations r&#233;sidait dans le nombre et le contenu des nationalisations, P.C. et P.S. avaient l&#224; tous les deux en commun une d&#233;marche capitaliste qui variait dans les accessoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir faire passer le secteur &#233;conomique priv&#233; dans les mains de l'&#201;tat n'engage en rien un processus r&#233;volutionnaire. En nationalisant les filiales des multinationales et d'autres secteurs clefs, la gauche ne fait que changer les propri&#233;taires mais ne remet pas en cause cette propri&#233;t&#233; gagn&#233;e par les patrons sur la sueur des travailleurs. En quoi le fait d'avoir un patron de gauche peut-il changer quelque chose pour la classe ouvri&#232;re ? Contre les &#233;boueurs en gr&#232;ve de Marseille, employ&#233;s municipaux, Defferre n'a- t-il pas envoy&#233; l'arm&#233;e et les C.R.S. pour briser leur lutte ? Non, un patron m&#234;me de gauche reste toujours un patron et la fameuse autogestion que pr&#244;ne le P.S. et maintenant le P.C. n'est qu'un vulgaire argument de propagande &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Defferre, dans son livre &lt;i&gt;Si Demain la Gauche &lt;/i&gt; nous &#233;claire quant &#224; la conception autogestionnaire du Parti Socialiste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'autogestion ne doit donc pas consister en ce que chaque individu, ou chaque groupe d'individus qui travaille dans l'entreprise d&#233;cide &#224; tout bout de champ de ceci ou de cela. Elle consiste &#224; faire en sorte que chaque individu participe &#224; la discussion, soit consult&#233;, mais qu'ensuite celui qui est charg&#233; de conduire la discussion, celui qui est au sommet, soit seul responsable de l'ex&#233;cution des d&#233;cisions, sans qu'elles puissent &#234;tre remises en cause &#224; tout moment. On le constate dans la vie, au gouvernement comme dans l'entreprise. Quand il s'agit d'une d&#233;cision courante, c'est &#224; celui qui est comp&#233;tent qu'il revient de statuer &#224; son &#233;chelon, mais quand une d&#233;cision tr&#232;s grave est &#224; prendre, en d&#233;finitive on se tourne toujours vers celui qui est au sommet... Que restera-t-il sinon pour le chef d'entreprise de ce sentiment de responsabilit&#233; qui lui est essentiel ?&lt;/q&gt;. Nous ne pensons pas n&#233;cessaire de commenter ce paragraphe, il se suffit &#224; lui-m&#234;me, pas plus que de discuter de l'autogestion &#224; la sauce P.C. car nous ne pensons pas tr&#232;s s&#233;rieux de la part d'un parti qui a lanc&#233; ses militants pendant des ann&#233;es contre l'autogestion &#171; contre-r&#233;volutionnaire &#187; et qui d'un seul coup s'en fait le meilleur d&#233;fenseur. Nous laissons soin aux travailleurs, et surtout aux militants de base (qui n'ont jamais &#233;t&#233; consult&#233;s) des sections et cellules du P.C. de juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pol&#233;mique entre le P.C. et le P.S. n'indique pas que tel parti est r&#233;volutionnaire et que l'autre ne l'est pas, tout au contraire, elle montre aux travailleurs combien l'int&#233;r&#234;t des partis pour leur propre appareil prime sur l'int&#233;r&#234;t de la classe. La conf&#233;rence nationale du P.C. de janvier 78 o&#249; il d&#233;clare se d&#233;sister au second tour pour le P.S. qu'&#224; la condition sine qua non que le P.C. obtienne un minimum de 25 % des suffrages n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas pour nous, en constatant que cette division influe n&#233;gativement sur le potentiel de combativit&#233; des travailleurs, d'appeler &#224; l'unit&#233; des deux partis comme le font la plupart des organisations d'extr&#234;me-gauche. Au contraire, il s'agit de profiter de cette division pour expliquer aux travailleurs en quoi le P.C. et le P.S., une fois au pouvoir, m&#232;neront une politique &#233;trang&#232;re &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. De-mander au P.C. et au P.S. de rompre avec les radicaux rel&#232;ve d'un manque de r&#233;alisme politique des plus flagrants. Vouloir faire croire aux travailleurs qu'une fois le P.C. et le P.S. d&#233;faits de l'alliance avec les radicaux, c'est ouvrir la voie &#224; la crise r&#233;volutionnaire, c'est m&#233;conna&#238;tre la mani&#232;re dont le pro-gramme commun a vu le jour. C'est le P.C. et le P.S. qui seuls l'ont r&#233;dig&#233;, les radicaux ont juste appos&#233; leur signature et ce n'est pas cela qui a emp&#234;ch&#233; que le programme commun soit un programme bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent ans d'histoire nous confirme dans notre analyse : la gauche au pouvoir n'a fait que la politique de la bourgeoisie, elle continuera dans cette voie-l&#224;. Si nous pouvons penser dans une certaine mesure qu'il serait pr&#233;f&#233;rable qu'il y ait une majorit&#233; de gauche en 1978 dans le sens o&#249; cela signifierait que la population laborieuse de ce pays refuse le r&#233;gime d'aust&#233;rit&#233;, de ch&#244;mage et de vie ch&#232;re que m&#232;ne la droite depuis vingt ans, nous ne pensons pas que cela suffise pour changer vraiment de soci&#233;t&#233;, pour changer vraiment la vie. En 1978 comme en 1936 et en 1968, les travailleurs ne doivent compter que sur leurs luttes, mais seront-ils aid&#233;s par leurs directions syndicales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1945, trois centrales syndicales se partagent le taux de syndicalisation dans la classe ouvri&#232;re : C.G.T. inf&#233;od&#233;e au Parti Communiste, C.F.D.T. et F.O. o&#249; se c&#244;toient avec plus ou moins de bonheur les militants r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes. Les militants libertaires, eux, se sont toujours investis dans l'action syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, des milliers de jeunes travailleurs conquis par les id&#233;es r&#233;volutionnaires commencent &#224; bousculer les directions conf&#233;d&#233;rales jug&#233;es peu combatives ; la r&#233;action de la C.G.T. ne tardera pas &#224; se faire sentir, celle de la C.F.D.T. viendra plus tard quand le Parti Socialiste aura soigneusement men&#233; son O.P.A. (offre publique l'achat) sur elle. Jusqu'en 1974, le recrutement de la C.F.D.T. s'effectue nettement &#224; gauche, elle regroupe nombre de travailleurs radicalis&#233;s qui n'entretiennent que peu d'espoirs vis-&#224;-vis du P.C. et du P.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les militants &#171; syndicalistes &#187; du P.S. vont mener une v&#233;ritable bataille politique pour conqu&#233;rir tous les postes clefs au sein des directions f&#233;d&#233;rales, si bien qu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 1976, une v&#233;ritable chasse aux sorci&#232;res va se d&#233;clencher au sein de la C.F.D.T. L'exclusion par les dirigeants conf&#233;d&#233;raux de plusieurs sections locales va se mener sur deux fronts &#224; la fois : contre l'extr&#234;me-gauche, dont la pratique bureaucratique, soit dit en passant, n'est gu&#232;re diff&#233;rente de celle men&#233;e par le bureau conf&#233;d&#233;ral, et contre les &#171; basistes &#187;, d&#233;nomination derri&#232;re laquelle se retrouvent les militants libertaires ou plus simplement les travailleurs qui se battent pour l'autonomie et la pratique de la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif d'une telle op&#233;ration est on ne peut plus clair : face &#224; l'&#233;ventuelle arriv&#233;e au pouvoir de la gauche, le gouvernement d'union aura n&#233;cessairement besoin de la paix sociale ; les syndicats, organisations de classe des travailleurs, devront donc l'y aider, et pour ce faire &#233;liminer toutes les oppositions discordantes &#224; l'int&#233;rieur des sections ou des f&#233;d&#233;rations. Ainsi, toute une politique d'&#233;puration va &#234;tre men&#233;e au sein de la C.F.D.T. que S&#233;guy qualifie de sage et raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise &#233;conomique s&#233;vissait sur tous les fronts, les directions syndicales, pour contrecarrer l'offensive du patronat, n'ont trouv&#233; rien de mieux &#224; opposer que des gr&#232;ves bidon de vingt-quatre heures. 7 octobre, 24 mai... des millions de travailleurs dans la rue pour manifester leur m&#233;contentement, mais pourtant aucun d&#233;bouch&#233; aux luttes n'&#233;tait donn&#233;. Il s'agissait de rassurer avant tout l'&#233;lectorat mod&#233;r&#233; de la gauche, inquiets d'une base sociale potentiellement combative et capable d'ouvrir la crise r&#233;volutionnaire. Ainsi en pratiquant la tactique des gr&#232;ves tournantes, du secteur par secteur, les directions syndicales ont v&#233;ritablement cass&#233; la lutte. Les belles d&#233;clarations &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Plan Barre ne passera pas !&lt;/q&gt; n'ont rien chang&#233; &#224; la situation, le premier plan Barre est pass&#233; comme l'ont &#233;t&#233; par la suite les deux autres qui suivaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, les travailleurs en lutte ont durement fait l'exp&#233;rience d'une tactique purement r&#233;formiste qui ne s'est conclue par aucune victoire. Toutes les actions lanc&#233;es par la C.G.T., la C.F.D.T. et la F.E.N. n'ont &#233;t&#233; que des mobilisations solidement encadr&#233;es par l'union de la gauche ou du moins ce qu'il en reste. L'aust&#233;rit&#233; ne se n&#233;gocie pas, elle se refuse m&#234;me sous un gouvernement qui pr&#233;tend repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos propositions, les t&#226;ches de l'organisation anarchiste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;ter inlassablement que la gauche ne pr&#233;sente pas une alternative r&#233;volutionnaire cr&#233;dible serait propagande totalement inutile si nous n'offrions pas, nous, militants r&#233;volutionnaires, quelque chose de diff&#233;rent qui puisse &#234;tre capable d'instaurer une nouvelle soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'oppression et de l'exploitation quotidienne. Mais contrairement &#224; certains, nous ne pensons pas qu'il soit bonne politique de faire de la surench&#232;re aux r&#233;formistes : Mitterrand propose le SMIC &#224; 2 400 F, demandons-le &#224; 2 700 F ; ils demandent les 40 heures, proposons les 35 heures... la t&#226;che des militants r&#233;volutionnaires ne r&#233;side pas en cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications, si nous ne les n&#233;gligeons pas en tant que travailleurs, ne sont pas r&#233;volutionnaires dans la mesure o&#249; elles n'offrent pas une perspective de rupture avec le capitalisme et c'est l&#224; le r&#244;le que nous devons assumer dans les entreprises. Nous pensons qu'il est bien plus profitable de mener un combat contre la hi&#233;rarchie des salaires, contre la hi&#233;rarchie des fonctions qui vont &#224; l'encontre directe du syst&#232;me. De m&#234;me lorsqu'une action est men&#233;e, notre devoir consiste &#224; ce que la lutte soit prise en charge directement par les travailleurs. Les militants anarchistes doivent se battre pour la pratique des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales souveraines, qui &#233;lisent des comit&#233;s de gr&#232;ve r&#233;unissant syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s dont le mandatement est r&#233;vocable &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, une telle pratique est compl&#232;tement contradictoire avec les journ&#233;es de 24 heures d&#233;cid&#233;es d'en haut sans aucune consultation de la base. C'est &#224; partir de revendications pr&#233;cises, d'une mobilisation directe dans les bo&#238;tes, d'une participation g&#233;n&#233;rale des travailleurs dans l'organisation de leur lutte, que le chemin d'une victoire de classe peut &#234;tre trac&#233;. Mais la t&#226;che des travailleurs libertaires ne saurait se limiter au combat &#233;troit d'une seule entreprise, ils doivent se battre pour la coordination des luttes, celle-ci doit se faire en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les travailleurs du &lt;i&gt;Parisien Lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; sont en lutte contre les licenciements que veut imposer la direction, ils savent bien qu'ils ne sont pas les seuls &#224; &#234;tre victimes de la restructuration entreprise par les patrons du Livre. Contre les licenciements, contre le plan d'ensemble du patronat, ce sont tous les travailleurs de la presse et du labeur qui doivent riposter. C'est la coordination par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une gr&#232;ve &#233;clate dans une ville, tous les travailleurs doivent y apporter leur soutien en renfor&#231;ant ainsi la solidarit&#233; ouvri&#232;re. Rien n'est plus important que le combat contre le corporatisme, les travailleurs ont des int&#233;r&#234;ts communs : c'est la coordination par localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et ce troisi&#232;me point est important car il permet de d&#233;passer le stade revendicatif pour devenir potentiellement r&#233;volutionnaire, c'est la coordination de tous les secteurs de lutte : dans toutes les industries, les patrons frappent dur les travailleurs, dans toutes les entreprises les travailleurs doivent lancer une contre-offensive de classe g&#233;n&#233;ralis&#233;e, c'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, insurrectionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, si les directions syndicales t&#233;l&#233;guid&#233;es par la volont&#233; des partis de gauche ne pratiquaient pas l'attentisme &#233;lectoral, il serait d'ores et d&#233;j&#224; possible de lancer des grandes actions r&#233;volutionnaires d'envergure. Il n'est pas de notre politique de souhaiter la paup&#233;risation de la classe ouvri&#232;re, mais force nous est de constater que chaque jour, elle subit de plus en plus l'exploitation patronale et &#233;tatique, par les diff&#233;rents plans Barre qui ont tous &#233;t&#233; des plans de restructuration capitaliste, par les atteintes aux droits ouvriers, &#224; la r&#233;pression la plus f&#233;roce des luttes ; il ne faut pas baisser les bras !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons qui nous gouvernent ne se g&#234;nent pas pour licencier, pour r&#233;primer, d&#232;s lors les travailleurs ne doivent pas se g&#234;ner pour exproprier les patrons et balayer l'exploitation salariale. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, pr&#233;par&#233;e dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et coordonn&#233;es entre elles par le lien f&#233;d&#233;raliste, est possible d&#232;s aujourd'hui et doit n&#233;cessairement faire &#233;clater un processus r&#233;volutionnaire. Elle doit devenir gestionnaire et expropriatrice : en occupant les locaux de l'entreprise et en faisant red&#233;marrer la production pour leur propre compte, les travailleurs ouvrent la voie &#224; la construction du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'organiser pour vaincre :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels axes de bataille, s'ils veulent aboutir, doivent faire &#233;cho &#224; la volont&#233; d'acqu&#233;rir une capacit&#233; organisationnelle et militante ad&#233;quate &#224; une possible transformation r&#233;volutionnaire. Le congr&#232;s extraordinaire de la F.A. qui s'est tenu &#224; Boussy-Saint-Antoine dans le mois de novembre 1977, en trace les grandes lignes. Si nous pensons que l'entreprise est un terrain de notre propagande, nous devons immanquablement nous doter de structures qui la facilitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cr&#233;ant des cercles anarchistes d'entreprise sp&#233;cifiquement F.A., les militants se donnent les moyens de lutter efficacement tout en gardant leur autonomie politique. En f&#233;d&#233;rant ces cercles par liaisons professionnelles, ils donnent une dimension nationale &#224; leurs probl&#232;mes respectifs et peuvent ainsi d&#233;terminer une politique globale pour chaque secteur. Mais si ce renforcement de l'organisation dans les entreprises est n&#233;cessaire, il ne se suffit pas &#224; lui-m&#234;me ; il doit faire &#233;cho &#224; la volont&#233; de milliers de travailleurs radicalis&#233;s, d&#233;&#231;us par le r&#233;formisme syndical ou bien exclus par celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant aux cercles d'entreprise F.A. le r&#244;le d'impulser des commissions larges regroupant les travailleurs, syndiqu&#233;s ou non, sur des bases libertaires, le congr&#232;s F.A. entend pr&#233;figurer la construction d'un mouvement autonome r&#233;volutionnaire de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux exclusions syndicales de plus en plus nombreuses, face &#224; la volont&#233; de plus en plus de travailleurs qui veulent se regrouper diff&#233;remment, la construction d'un mouvement libertaire de masse est devenue une n&#233;cessit&#233; indispensable. Dans ce cadre-l&#224;, la F.A. ne compte pas se comporter en avant-garde r&#233;volutionnaire. Elle dit simplement qu'il faut que les travailleurs libertaires se regroupent et se donnent les moyens de lutter ; la mani&#232;re de s'organiser concerne ces travailleurs et c'est tous ensemble que nous devons nous donner des accords pratiques, armes indispensables pour une propagande s&#233;rieuse et efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation d'aujourd'hui est potentiellement r&#233;volutionnaire ; il faut que les militants libertaires en soient conscients et qu'ils puissent &#234;tre &#224; la hauteur de leur t&#226;che. Si la gauche gagne les &#233;lections, chacun peut facilement s'imaginer l'&#233;lan populaire qui suivra. Il ne faudra pas &#224; ce moment-l&#224; que les travailleurs se fassent berner, ils auront de nouveau &#224; lutter contre l'aust&#233;rit&#233; que voudra leur imposer la gauche, il faudra qu'ils comptent sur leurs propres luttes. Si la droite l'emporte, les partis de gauche d&#233;clareront tout bonnement qu'il faudra attendre la prochaine fois, les syndicats reconduiront leur politique d'attentisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, nombreux sont les travailleurs qui &#224; ce moment se retourneront vers nous, d&#233;&#231;us par la gauche, d&#233;&#231;us par cette politique &#233;lectoraliste dans laquelle ils mettaient tous leurs espoirs. Il faudrait cependant se garder d'un optimisme trop rassurant : si la gauche perd les &#233;lections, la lutte des classes se trouvera confront&#233;e &#224; deux mouvements contradictoires : l'un qui s'engage dans la rup-ture r&#233;volutionnaire, l'autre qui d&#233;moralise une frange importante de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces circonstances, une br&#232;che sera &#224; saisir par les militants r&#233;volutionnaires anarchistes. L'enjeu est d'importance, il est d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Groupe Libertaire Fresnes-Antony. &lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;d&#233;ration Anarchiste.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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