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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les &#233;lections - Parlementarisme et marxisme</title>
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		<dc:date>2024-03-22T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Domela Nieuwenhuis</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les rapports entre le marxisme et le parlementarisme ont l'air tr&#232;s compliqu&#233;s et contradictoires. Sur ce point, comme d'ailleurs sur beaucoup d'autres, leur position varie d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre, depuis l'identification et l'application jusqu'au refus complet. Et, ce qui est encore plus significatif, les marxistes trouvent toujours les explications et les bases &#171; scientifiques &#187; et &#171; historiques &#187; de n'importe laquelle de ces positions. Ou si ces explications sont difficiles &#224; trouver, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/donela-c290a.jpg?1774723414' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les rapports entre le marxisme et le parlementarisme ont l'air tr&#232;s compliqu&#233;s et contradictoires. Sur ce point, comme d'ailleurs sur beaucoup d'autres, leur position varie d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre, depuis l'identification et l'application jusqu'au refus complet. Et, ce qui est encore plus significatif, les marxistes trouvent toujours les explications et les bases &#171; scientifiques &#187; et &#171; historiques &#187; de n'importe laquelle de ces positions. Ou si ces explications sont difficiles &#224; trouver, les questions th&#233;oriques, c'est-&#224;-dire immuables, deviennent un probl&#232;me tactique qu'on peut changer autant de fois qu'on le veut. Ainsi, nous assistons, depuis le XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s du P.C. sovi&#233;tique, &#224; l'apparition d'une nouvelle tactique portant sur les m&#233;rites et les avantages du parlementarisme, voie vers le socialisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; ... Une solide majorit&#233; parlementaire sur la base d'un front ouvrier et populaire et la collaboration politique entre diff&#233;rents partis et organisations sociales peut faire du parlement, instrument au service de la classe bourgeoise un instrument du peuple travailleur...&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(Derni&#232;re d&#233;claration des chefs des P.C. r&#233;unis &#224; Moscou en novembre 1957).&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Essayons de mettre un peu de clart&#233; dans ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne chercherons pas l'explication et la signification de ce dernier &#171; nouveau retour &#187; dans la tactique du Kremlin car nous en ignorons les vrais motifs et risquons d'entrer dans le domaine des hypoth&#232;ses. Mais nous essaierons plut&#244;t de remonter &#224; la base de cette question qui existe depuis &#224; peu pr&#232;s un si&#232;cle, au lieu de nous arr&#234;ter &#224; ses cons&#233;quences. D&#232;s la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, commencement de la vie organis&#233;e du mouvement socialiste, ce fut un des probl&#232;mes th&#233;oriques fondamentaux d&#233;battus dans la presse et discut&#233;s dans les congr&#232;s. Il fut, entre autres, un des signes de diff&#233;renciation entre les types de mouvements socialistes. Il joua aussi un r&#244;le pratique, car l'acceptation ou le refus du parlementarisme modifiait profond&#233;ment l'activit&#233; de telle ou telle organisation socialiste, avec tout ce qui s'en suit. A vrai dire, la discussion ne dura pas longtemps, d&#232;s le d&#233;but l'intransigence et l'esprit autoritaire de Marx et Engels d&#233;plac&#232;rent la discussion sur le plan personnel, la tranch&#232;rent par des exclusions et des interdictions, puis par la chasse aux h&#233;r&#233;tiques en m&#234;me temps que l'&#233;dification d'une v&#233;rit&#233; unique, d'une discipline, d'un parti et d'un chef uniques. Ils furent aid&#233;s par la conduite des militants trouv&#233;s une fois en minorit&#233; et d&#233;go&#251;t&#233;s de pareilles m&#233;thodes, qui se sont enferm&#233;s dans leur propre organisation leur laissant le champ libre tout en &#233;tant convaincus de la valeur de leurs principes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nouveau dans l'air depuis un certain temps un esprit de discussion, de recherche, de redressement, de red&#233;couverte des solutions de la question sociale, que beaucoup avaient cru r&#233;solue une fois pour toutes. Nous esp&#233;rons avoir bient&#244;t l'occasion de revenir sur cette nouvelle attitude. Pour nous limiter ici au sujet de notre travail, nous pensons utile de republier quelques pages d'un ouvrage paru il y a plus d'un demi-si&#232;cle o&#249; la question th&#233;orique et pratique du parlementarisme a &#233;t&#233; concr&#232;tement discut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de donner la parole &#224; F. Domela Nieuwenhuis, il faut placer son livre&lt;i&gt; Le socialisme en danger&lt;/i&gt; (&#233;d. Stock, 1897) dans son contexte historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord quelques mots sur Nieuwenhuis : il &#233;tait membre du parti social-d&#233;mocrate, marxiste. Mais il a quitt&#233; le parti apr&#232;s y avoir constitu&#233; une opposition interne de gauche. Cette &#233;volution n'&#233;tait pas isol&#233;e chez lui ni chez les sociaux-d&#233;mocrates hollandais ; &#224; la m&#234;me &#233;poque, Fernand Pelloutier en France, Whilhelm Wern et d'autres en Allemagne ont parcouru le m&#234;me chemin. Au commencement, Nieuwenhuis d&#233;clarait sa fid&#233;lit&#233; &#224; Marx et en se basant sur certains de ses &#233;crits qui co&#239;ncidaient avec sa position, a essay&#233; de se d&#233;fendre ; mais il s'est vite aper&#231;u que malgr&#233; les contradictions apparentes chez Marx, le fond en &#233;tait profond&#233;ment unique et inacceptable pour lui. D'un autre c&#244;t&#233;, Engels, encore en vie &#224; cette &#233;poque et d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233; comme continuateur de l'&#339;uvre de Marx, non seulement s'est rang&#233; aux c&#244;t&#233;s des chefs officiels des social-d&#233;mocraties europ&#233;ennes, mais a stigmatis&#233; toute opposition. Nieuwenhuis et les autres sont ainsi arriv&#233;s &#224; un rapprochement avec l'anarchisme sur une base th&#233;orique et pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point int&#233;ressant : la discussion et la s&#233;paration de Domela Nieuwenhuis portaient principalement sur la participation ou non-participation parlementaire, avec ses cons&#233;quences : r&#233;formisme ou r&#233;volution, lutte politique ou &#233;conomique, acceptation ou refus de l'&#201;tat soit tel qu'il est, soit sous forme d'un &#201;tat populaire ou m&#234;me socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier point : les positions que Domela Nieuwenhuis combattait n'&#233;taient pas seulement celles du parti social-d&#233;mocrate allemand, mais les positions officielles du marxisme, b&#233;nies par Engels lui-m&#234;me ; elles &#233;taient donc par cons&#233;quent celles de tous les P.S.-D., y compris de Russie. Il ne faut pas oublier que le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; groupe marxiste russe est celui de Plekhanov &#224; Gen&#232;ve (1883) et le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de R.S.-D.R.P. (parti social-d&#233;mocrate ouvrier russe) a eu lieu &#224; Minsk en 1898. Plus tard, L&#233;nine a essay&#233; et a r&#233;ussi &#224; donner un autre aspect &#224; ce parti, et m&#234;me &#224; en changer le nom, mais le l&#233;ninisme lui-m&#234;me est solidement bas&#233; sur Marx et Engels. C'est-&#224;-dire que les critiques que D. Nieuwenhuis adresse aux chefs social-d&#233;mocrates de son &#233;poque sont valables pour les &#233;poques suivantes, y compris les social-d&#233;mocrates actuels ; elles sont valables &#224; un moindre degr&#233; pour les autres courants du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque trait&#233;e dans&lt;i&gt; Le socialisme en danger&lt;/i&gt; inclut plus particuli&#232;rement la p&#233;riode comprise entre le Congr&#232;s du P.S.-D. allemand de Gotha (1876) et celui de Halle (1890) et Erfurt (1891). Pendant cette p&#233;riode, il mentionne aussi les Congr&#232;s Internationaux de la Social-D&#233;mocratie de Paris (1889), de Bruxelles et Zurich (1893). Dans toutes ces r&#233;unions le parlementarisme figurait &#224; l'ordre du jour. Son &#233;tude commence plus pr&#233;cis&#233;ment par les discussions et les diff&#233;rents points de vue exprim&#233;s au Congr&#232;s d'Erfurt (1891). Liebknecht et Bebel &#233;taient &#224; l'&#233;poque les chefs du parti social-d&#233;mocrate allemand.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4817 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/arton1156.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/arton1156-27ab1.png?1774975797' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Tableau bibliographique d'Eric B. Coulaud&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Le socialisme international traverse, en ce moment, une crise profonde. Dans tous les pays se r&#233;v&#232;le la m&#234;me divergence de conception ; dans tous les pays deux courants se manifestent : on pourrait les intituler parlementaire et antiparlementaire, ou parlementaire et r&#233;volutionnaire, ou encore autoritaire et libertaire (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Ce fut le Comit&#233; Central R&#233;volutionnaire de Paris qui pr&#233;senta au Congr&#232;s de Zurich en 1893 la r&#233;solution suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Congr&#232;s d&#233;cide : l'action incessante pour la conqu&#234;te du pouvoir politique par le parti socialiste et la classe ouvri&#232;re est le premier des devoirs, car c'est seulement lorsqu'elle sera ma&#238;tresse du pouvoir politique que la classe ouvri&#232;re, an&#233;antissant privil&#232;ges et classes, expropriant la classe gouvernante et poss&#233;dante, pourra s'emparer enti&#232;rement de ce pouvoir et fonder le r&#233;gime d'&#233;galit&#233; et de solidarit&#233; de la R&#233;publique sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit reconna&#238;tre que ce n'&#233;tait pas habile. En effet, il est na&#239;f de croire que l'on puisse se servir du pouvoir politique pour an&#233;antir classes et privil&#232;ges, pour exproprier la classe poss&#233;dante. Donc nous devons travailler jusqu'&#224; ce que nous ayons obtenu la majorit&#233; au Parlement et alors, calmes et sereins, nous proc&#233;derons, par d&#233;cret du Parlement, &#224; l'expropriation de la classe poss&#233;dante.&lt;i&gt; O sancta simplicitas !&lt;/i&gt; Comme si la classe poss&#233;dante, disposant de tous les moyens de force, le permettrait jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition de m&#234;me tendance, mais formul&#233;e plus adroitement, fut soumise &#224; la discussion par le parti social-d&#233;mocrate allemand. On y disait que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La lutte contre la domination de classes et l'exploitation doit &#234;tre politique et avoir pour but la conqu&#234;te de la puissance politique&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est donc la possession du pouvoir politique, ce qui est en parfaite concordance avec les paroles de Bebel &#224; la r&#233;union du parti &#224; Erfurt :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En premier lieu nous avons &#224; conqu&#233;rir et utiliser le pouvoir politique, afin d'arriver &#171; &#233;galement &#187; au pouvoir &#233;conomique par l'expropriation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Une fois le pouvoir politique dans nos mains, le reste suivra de soi&lt;/q&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, on alla m&#234;me si loin qu'il fut d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... C'est ainsi que seul celui qui prendra une part active &#224; cette lutte politique de classe et se servira de tous les moyens politiques de combat qui sont &#224; la disposition de la classe ouvri&#232;re, sera reconnu un membre actif de la d&#233;mocratie socialiste internationale r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Lors de la r&#233;union du parti &#224; Erfurt, Bebel r&#233;p&#233;ta ce qu'il avait &#233;crit pr&#233;c&#233;demment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On doit en finir enfin avec cette continuelle norglerei (chicane) et ces brandons de discorde qui font croire au-dehors que le parti est divis&#233; ; je ferai en sorte dans le cours de nos r&#233;unions que toute &#233;quivoque disparaisse entre le parti et l'opposition et que, si l'opposition ne se rallie pas &#224; l'attitude et &#224; la tactique du parti, elle ait l'occasion de fonder un parti s&#233;par&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas comme l'empereur Guillaume, parlant des Norgler (chicaneurs) et disant : si cela ne leur pla&#238;t pas, ils n'ont qu'&#224; quitter l'Allemagne ! Moi, Guillaume, je ne souffre pas de Norglerei, dit l'empereur. Moi, Bebel, je ne souffre pas de Norglerei dans le parti, dit le dictateur socialiste. Touchante analogie ! (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Proposition vot&#233;e par le Congr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Consid&#233;rant que l'action politique n'est qu'un moyen pour arriver &#224; l'affranchissement &#233;conomique du prol&#233;tariat : le Congr&#232;s d&#233;clare, en se basant sur les r&#233;solutions du Congr&#232;s de Bruxelles concernant la lutte de classes :&lt;br class='autobr' /&gt;
1- que l'organisation nationale et internationale des ouvriers de tous les pays en associations de m&#233;tiers et autres organisations pour combattre l'exploitation, est une n&#233;cessit&#233; absolue ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2- que l'action politique est n&#233;cessaire, aussi bien dans un but d'agitation et de discussion ressortant des principes du socialisme que dans le but d'obtenir des r&#233;formes urgentes. A cette fin, il ordonne aux ouvriers de tous les pays de lutter pour la conqu&#234;te et l'exercice des droits politiques qui se pr&#233;sentent comme n&#233;cessaires pour faire valoir avec le plus d'accent et de force possibles les pr&#233;tentions des ouvriers dans les corps l&#233;gislatifs et gouvernants ; de s'emparer des moyens de pouvoir politique, moyens de domination du capital, et de les changer en moyens utiles &#224; la d&#233;livrance du prol&#233;tariat&lt;/q&gt; (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Que restait-il du Liebknecht r&#233;volutionnaire qui disait si justement que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le socialisme n'est plus une question de th&#233;orie mais une question br&#251;lante qui doit &#234;tre r&#233;solue, non au Parlement, mais dans la rue, sur le champ de bataille, comme toute autre question br&#251;lante&lt;/q&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Apr&#232;s avoir dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec le suffrage universel, voter ou ne pas voter n'est qu'une question d'utilit&#233;, non de principe&lt;/q&gt;, il conclut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nos discours ne peuvent avoir aucune influence directe sur la l&#233;gislation ; nous ne convertirons pas le Parlement par des paroles ; par nos discours nous ne pouvons jeter dans la masse des v&#233;rit&#233;s qu'il ne soit pas possible de mieux divulguer d'une autre mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle utilit&#233; pratique offrent alors les discours au Parlement ? Aucune. Et parler sans but constitue la satisfaction des imb&#233;ciles. Pas un seul avantage. Et voici, de l'autre c&#244;t&#233;, les d&#233;savantages : sacrifice des principes ; abaissement de la lutte politique s&#233;rieuse &#224; une escarmouche parlementaire ; faire croire au peuple que le Parlement bismarckien est appel&#233; &#224; r&#233;soudre la question sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pour des raisons pratiques nous devrions nous occuper du Parlement ? Seule la trahison ou l'aveuglement pourrait nous y contraindre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait s'exprimer plus &#233;nergiquement ni d'une fa&#231;on plus juste. Quelle singuli&#232;re incons&#233;quence ! D'apr&#232;s ses pr&#233;misses et apr&#232;s avoir fait un bilan qui se cl&#244;turait au d&#233;savantage de la participation aux travaux parlementaires, il aurait d&#251; conclure in&#233;vitablement &#224; la non-participation ; pourtant il dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour &#233;viter que le mouvement socialiste ne soutienne le c&#233;sarisme, il faut que le socialisme entre dans la lutte politique&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenne qui pourra comment un homme si logique peut s'ab&#238;mer ainsi dans les contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Le triomphe de la social-d&#233;mocratie sera alors la d&#233;faite du socialisme, comme la victoire de l'&#233;glise chr&#233;tienne constitua la chute du principe chr&#233;tien. D&#233;j&#224; les congr&#232;s internationaux ressemblent &#224; des conciles &#233;conomiques, o&#249; le parti triomphant expulse ceux qui pensent autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, la censure est appliqu&#233;e &#224; tout &#233;crit socialiste : apr&#232;s seulement que Bernstein, &#224; Londres, l'a examin&#233; et qu'Engels y a appos&#233; le sceau de &#171; doctrine pure &#187;, l'&#233;crit est accept&#233; et l'on s'occupe de le vulgariser parmi les cor&#233;ligionnaires (..).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Maintenant il existe encore deux points de vue chez les parlementaires, notamment : il y en a qui veulent la conqu&#234;te du pouvoir politique pour s'emparer par l&#224; du pouvoir &#233;conomique ; cela constitue la tactique de la social-d&#233;mocratie allemande actuelle, d'apr&#232;s les d&#233;clarations formelles de Bebel, Liebknecht et leurs accolytes. D'un autre c&#244;t&#233; se trouvent ceux qui veulent bien participer &#224; l'action politique et parlementaire, mais seulement dans un but d'agitation. C'est toujours de la demi-besogne. Il faut qu'une porte soit ouverte ou ferm&#233;e. On commence par proposer des candidats de protestation ; le mouvement augmente, ils deviennent des candidats s&#233;rieux. Une attitude n&#233;gative, mais, leur nombre augmentant, ils sont bien forc&#233;s de pr&#233;senter des projets de loi, et s'ils veulent les faire accepter, ce ne sera qu'en proposant des compromis, comme Singer l'a fait remarquer. C'est le premier pas qui co&#251;te et une fois sur la pente on est forc&#233; de descendre. Le programme pratique vot&#233; &#224; Erfurt n'est-il pas &#224; peu pr&#232;s litt&#233;ralement celui des radicaux fran&#231;ais ? Les ordres du jour des derniers congr&#232;s internationaux portaient-ils un seul point qui fut sp&#233;cifiquement socialiste ? Le v&#233;ritable principe devient de plus en plus une enseigne pour un avenir &#233;loign&#233;, et en attendant on travaille aux revendications pratiques, ce que l'on peut faire parfaitement avec les radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se repr&#233;sente la chose un peu na&#239;vement. Voici la base du raisonnement des parlementaires : il faut t&#226;cher d'obtenir parmi les &#233;lecteurs une majorit&#233; ; ceux-ci enverront des socialistes au Parlement et si nous parvenons &#224; y avoir la majorit&#233; plus un, tout est dit. Il n'y a plus qu'&#224; faire des lois, &#224; notre guise, dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Il y a connexion entre libert&#233; &#233;conomique et libert&#233; politique de sorte qu'&#224; chaque nouvelle phase &#233;conomique de la vie correspond une nouvelle phase politique. Kropotkine l'a tr&#232;s bien d&#233;montr&#233;. La monarchie absolue dans la politique s'accorde avec le syst&#232;me de l'esclavage personnel et du servage dans l'&#233;conomie. Le syst&#232;me repr&#233;sentatif en politique correspond au syst&#232;me mercenaire. Toutefois, ils constituent deux formes diff&#233;rentes d'un m&#234;me principe. Un nouveau mode de production ne peut jamais s'accorder avec un ancien mode de consommation, et ne peut non plus s'accorder des formes surrann&#233;es de l'organisation politique. Dans la soci&#233;t&#233; o&#249; la diff&#233;rence entre capitaliste et ouvrier dispara&#238;t, il n'y a pas de n&#233;cessit&#233; d'un gouvernement : ce serait un anachronisme, un obstacle. Des ouvriers libres demandent une organisation libre, et celle-ci est incompatible avec la supr&#233;matie d'individus dans l'&#201;tat. Le syst&#232;me non capitaliste comprend en soi le syst&#232;me non gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chemins suivis par les deux socialismes n'aboutissent pas au m&#234;me point ; non, ce sont des chemins parall&#232;les qui ne se joindront jamais. Le socialisme parlementaire doit aboutir au socialisme de l'&#201;tat. Les socialistes parlementaires ne s'en aper&#231;oivent pas encore (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Les socialistes d'&#201;tat ou socialistes parlementaires ne veulent pas l'abolition de l'&#201;tat mais la centralisation de la production aux mains du gouvernement, c'est-&#224;-dire : l'&#201;tat ordonnateur g&#233;n&#233;ral (&lt;i&gt;alregelaar&lt;/i&gt;) dans l'industrie. Ne cite-t-on pas Glasgow et son organisation communale comme exemple de socialisme pratique ? Emile Vandervelde, dans sa brochure &lt;i&gt;Le Collectivisme ?&lt;/i&gt;, signale le m&#234;me cas. Eh bien, si c'est l&#224; le mod&#232;le, les esp&#233;rances de ce socialisme pratique ne sont pas grandes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Une fois un &#201;tat social-d&#233;mocratique constitu&#233;, il ne sera pas facile de l'abolir et il est bien possible qu'il soit moins difficile de l'emp&#234;cher de se d&#233;velopper &#224; sa naissance que de l'an&#233;antir lorsqu'il sera constitu&#233;. On ne peut supposer que le peuple, apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; ses forces dans la lutte hom&#233;rique contre la bourgeoisie, sera imm&#233;diatement pr&#234;t &#224; lutter contre l'&#201;tat bureaucratique des social-d&#233;mocrates. Si nous arrivons jamais &#224; cet &#201;tat-l&#224; nous serons pendant longtemps accabl&#233;s par ses b&#233;n&#233;dictions. De la r&#233;volution chr&#233;tienne au commencement de notre &#232;re &#8211; qui &#233;tait d'abord &#233;galement &#224; tendance communiste &#8211; nous sommes tomb&#233;s aux mains du despotisme cl&#233;rical et f&#233;odal et nous le subissons actuellement &#224; peu pr&#232;s depuis 20 si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cela peut &#234;tre &#233;vit&#233;, employons-y nos efforts. Liebknecht croyait &#224; Berlin que le socialisme d'&#201;tat et la social-d&#233;mocratie n'avaient plus que la derni&#232;re bataille &#224; livrer : plus le capitalisme marche &#224; sa ruine, s'&#233;miette et se dissout, plus la soci&#233;t&#233; bourgeoise s'aper&#231;oit que finalement elle ne peut se d&#233;fendre contre les attaques des id&#233;es socialistes, et d'autant plus nous approchons de l'instant o&#249; le socialisme d'&#201;tat sera proclam&#233; s&#233;rieusement ; et la derni&#232;re bataille que la social-d&#233;mocratie aura &#224; livrer se fera sous la devise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ici, la social-d&#233;mocratie, l&#224;, le socialisme d'&#201;tat&lt;/q&gt;. La premi&#232;re partie est vraie, la seconde pas. Il est &#233;vident qu'alors les social-d&#233;mocrates auront &#233;t&#233; tellement absorb&#233;s par les socialistes d'&#201;tat, qu'ils feront cause commune. N'oublions pas que, d'apr&#232;s toute apparence, la r&#233;volution ne se fera pas par les social-d&#233;mocrates, qui pour la plupart se sont d&#233;pouill&#233;s, except&#233; en paroles, de leur caract&#232;re r&#233;volutionnaire ; mais par la masse qui, devenue impatiente, commencera la r&#233;volution &#224; l'encontre de la volont&#233; des meneurs. Et quand cette masse aura risqu&#233; sa vie, la r&#233;volution aboutissant, les social-d&#233;mocrates surgiront tout &#224; coup pour s'approprier sans coup f&#233;rir les honneurs de la r&#233;volution et t&#226;cher de s'en emparer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement les socialistes r&#233;volutionnaires ne sont pas tout &#224; fait impuissants ; ils peuvent aboutir aussi bien &#224; une dictature qu'&#224; la libert&#233;. Ils doivent donc t&#226;cher qu'apr&#232;s la lutte la masse ne soit renvoy&#233;e avec des remerciements pour services rendus, qu'elle ne soit pas d&#233;sarm&#233;e ; car celui qui poss&#232;de la force prime le droit. Ils doivent emp&#234;cher que d'autres apparaissent et s'organisent comme comit&#233; central ou comme gouvernement, sous quelque forme que ce soit, et ne pas se montrer eux-m&#234;mes comme tels. Le peuple doit s'occuper lui-m&#234;me de ses affaires et d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, s'il ne veut de nouveau &#234;tre dup&#233;. Le peuple doit &#233;viter que des d&#233;clarations ronflantes des Droits de l'Homme se fassent sur le papier, que la socialisation des moyens de production soit d&#233;cr&#233;t&#233;e et que ne surgissent en r&#233;alit&#233; au pouvoir de nouveaux gouvernants, &#233;lus sous l'influence n&#233;faste des tripotages &#233;lectoraux, qui ne sont pas exclus sous le r&#233;gime du suffrage universel, et sous l'apparence d'une fausse d&#233;mocratie. Nous en avons assez des r&#233;formes sur le papier : il est temps que l'&#232;re des v&#233;ritables r&#233;formes arrive. Et cela ne se fera que lorsque le peuple poss&#233;dera r&#233;ellement le pouvoir. Qu'on ne joue pas, non plus, sur les mots &#171; &#233;volution &#187; et &#171; r&#233;volution &#187; comme si c'&#233;taient des anti-th&#232;ses. Tous deux ont la m&#234;me signifi-cation ; leur unique diff&#233;rence consiste dans la date de leur apparition (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) En effet, la r&#233;volution n'est autre chose que la phase finale in&#233;vitable de toute &#233;volution, mais il n'y a pas d'antith&#232;se entre ces deux termes, comme on le proclame souvent. Que l'on ne l'oublie pas, pour &#233;viter toute confusion. Une r&#233;volution est une transition vive ; facilement perceptible, d'un &#233;tat &#224; un autre ; une &#233;volution, une transition beaucoup plus lente et partout moins perceptible (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) R&#233;sumons-nous et arrivons &#224; &#233;tablir cette conclusion que le socialisme est en danger par suite de la tendance de la grande majorit&#233;. Et ce danger est l'influence du capitalisme sur le parti social-d&#233;mocrate. En effet, le caract&#232;re moins r&#233;volutionnaire du parti dans plusieurs pays provient de la circonstance qu'un nombre beaucoup plus grand d'adh&#233;rents du parti ont quelque chose &#224; perdre si un changement violent de la soci&#233;t&#233; venait &#224; se produire. Voil&#224; pourquoi la social-d&#233;mocratie se montre de plus en plus mod&#233;r&#233;e, sage, pratique, diplomatique (d'apr&#232;s elle plus rus&#233;e), jusqu'&#224; ce qu'elle s'an&#233;mie &#224; force de ruse et devienne tellement p&#226;le qu'elle ne se reconna&#238;tra plus. La social-d&#233;mocratie obtiendra encore beaucoup de voix, quoique l'augmentation ne se fasse pas aussi vite que le r&#234;vent Engels et Bebel &#8211; comparez &#224; ce sujet les derni&#232;res et avant-derni&#232;res &#233;lections en Allemagne &#8211; il y aura plus de d&#233;put&#233;s, de conseillers communaux et autres dignitaires socialistes ; plus de journaux, de librairies et d'imprimeries ; dans les pays comme la Belgique et le Danemark il y aura plus de boulangeries, pharmacies, etc., coop&#233;ratives ; l'Allemagne comptera plus de marchands de cigares, de patrons de brasserie, etc. ; en un mot, un grand nombre de personnes seront &#233;conomiquement d&#233;pendantes du futur &#171; d&#233;veloppement paisible et calme &#187; du mouvement, c'est-&#224;-dire qu'il ne se produira aucune secousse r&#233;volutionnaire qui ne soit un danger pour eux. Et justement ils sont les meneurs du parti et, par suite de la discipline, presque tout-puissants. Ici &#233;galement ce sont les conditions &#233;conomiques qui dirigent leur politique (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) L'id&#233;e r&#233;volutionnaire est supprim&#233;e par la confiance dans le parlementarisme. On demande l'aum&#244;ne &#224; la classe dominante, mais celle-ci agit d'apr&#232;s les besoins de ses propres int&#233;r&#234;ts. Lorsqu'elle prend en consid&#233;ration les revendications socialistes, elle ne le fait pas pour les social-d&#233;mocrates, mais pour elle-m&#234;me. L'on aboutit ainsi au mar&#233;cage possibilit&#233; petit-bourgeois et involontairement la lutte des classes est mise &#224; l'arri&#232;re-plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela sonne bien lorsqu'on veut nous faire croire que la classe travailleuse doit s'emparer du pouvoir politique pour arriver &#224; son affranchissement &#233;conomique, mais, pratiquement, est-ce bien possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Comment l'ouvrier, d&#233;pendant sous le rapport &#233;conomique, pourra-t-il jamais s'emparer du pouvoir politique ? Nous verrions plut&#244;t le baron de Munchausen passer au-dessus d'une rivi&#232;re en tenant en main la queue de sa perruque que la classe ouvri&#232;re devenir ma&#238;tresse de la politique aussi longtemps qu'&#233;conomiquement elle est compl&#232;tement d&#233;pendante (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Pour nous la v&#233;rit&#233; est dans la parole suivante : Aujourd'hui le vol est Dieu, le parlementarisme est son proph&#232;te et l'&#201;tat son bourreau ; c'est pourquoi nous restons dans les rangs des socialistes libertaires, qui ne chassent pas le diable par Belz&#233;but, le chef des diables, mais qui vont au but, sans compromis et sans faire des offrandes sur l'autel de notre soci&#233;t&#233; capitaliste corrompue (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Autant que qui que ce soit, je respecte Marx. Son esprit g&#233;nial a fait de lui un Darwin sur le terrain &#233;conomique. Qui donc ne rendrait volontiers hommage &#224; un homme, qui, par sa m&#233;thode scientifique, a forc&#233; la science officielle &#224; l'honorer ? Son adversaire, Bakounine lui-m&#234;me, ne reste pas en arri&#232;re pour t&#233;moigner de Marx que sa &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;science &#233;conomique &#233;tait incontestablement tr&#232;s s&#233;rieuse, tr&#232;s profonde&lt;/q&gt;, et qu'il est un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;r&#233;volutionnaire s&#233;rieux, sinon toujours tr&#232;s sinc&#232;re, qu'il veut r&#233;ellement le soul&#232;vement des masses&lt;/q&gt;. Son influence fut tellement puissante que ses disciples en arriv&#232;rent &#224; une sorte d'adoration du ma&#238;tre. Ce que la tradition rapporte de Pythagore, &#224; savoir que le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il l'a dit&lt;/q&gt; mettait fin, chez ses disciples, &#224; toute controverse, s'applique aujourd'hui &#224; l'&#233;cole de Marx. La marxol&#226;trie est comme la v&#233;n&#233;ration que certaines personnes ont pour la Bible. Il existe m&#234;me une science, celle des commentaires officiels et, sous l'inspiration d'Engels, chaque d&#233;viation du dogme est stigmatis&#233;e comme une h&#233;r&#233;sie et le coupable est jet&#233; hors du temple des fid&#232;les. Moi-m&#234;me, &#224; un moment donn&#233;, j'ai senti cette puissance occulte, hypnotis&#233; comme je l'&#233;tais par Marx mais graduellement, surtout par suite de la conduite des fanatiques gardiens post&#233;s sur les murs de la Sion socialiste, je me suis ressaisi, et sans vouloir attenter &#224; l'int&#233;grit&#233; de Marx, je me suis aper&#231;u aussi qu'il a &#233;t&#233; l'homme du socialisme autoritaire. Il est vrai que ses disciples l'ont d&#233;pass&#233; en autoritarisme (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Contre ces traits caract&#233;ristiques des marxistes, il n'y a pas grand-chose &#224; dire. Et si jadis j'ai pu croire qu'il ne fallait pas attribuer &#224; Marx la tactique que ses partisans aveugles ont d&#233;clar&#233;e la seule salutaire, j'ai fini par me rendre compte que Marx lui-m&#234;me suivrait cette direction. J'en ai acquis la certitude par la lecture de cette lettre de Bakounine o&#249; il est &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le fait principal, qui se retrouve &#233;galement dans le manifeste r&#233;dig&#233; par Marx en 1864, au nom du conseil g&#233;n&#233;ral provisoire et qui a &#233;t&#233; &#233;limin&#233; du programme de l'Internationale par le Congr&#232;s de Gen&#232;ve, c'est la conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re. On comprend que des hommes aussi indispensables que MM. Marx et Engels soient les partisans d'un programme qui, en consacrant et en pr&#233;conisant le pouvoir politique, ouvre la porte &#224; toutes les ambitions. Puisqu'il y aura un pouvoir politique, il y aura n&#233;cessairement des sujets travestis r&#233;publicainement en citoyens, il est vrai, mais qui n'en seront pas moins des sujets, et qui comme tels seront forc&#233;s d'ob&#233;ir, parce que sans ob&#233;issance il n'y a point de pouvoir possible. On m'objectera qu'ils n'ob&#233;issent pas &#224; des hommes mais &#224; des lois qu'ils auront faites eux-m&#234;mes. A cela je r&#233;pondrai que tout le monde sait comment, dans les pays les plus d&#233;mocratiques, les plus libres mais politiquement gouvern&#233;s, le peuple fait les lois. Quiconque n'a pas le parti pris de prendre des fictions pour des r&#233;alit&#233;s, devra bien reconna&#238;tre que, m&#234;me dans ces pays, le peuple ob&#233;it non &#224; des lois qu'il fait r&#233;ellement, mais qu'on fait en son nom, et qu'ob&#233;ir &#224; ces lois n'a jamais d'autre sens pour lui que de le soumettre &#224; l'arbitraire d'une minorit&#233; tut&#233;laire et gouvernante quelconque, ou, ce qui veut dire la m&#234;me chose, d'&#234;tre librement esclave&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt; fut d&#233;j&#224; son id&#233;e fixe et lorsqu'il parlait de la dictature du prol&#233;tariat, ne voulait-il pas parler en r&#233;alit&#233; de la dictature des meneurs du prol&#233;tariat ? En ce cas, il faut l'avouer, le parti social-d&#233;mocrate allemand a suivi religieusement la ligne de conduite trac&#233;e par Marx. L'id&#233;al peut donc se condenser dans ces quelques mots : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'assujettissement politique et l'exploitation &#233;conomique des classes&lt;/q&gt;. Il est impossible de se soustraire &#224; cette logique conclusion lorsqu'on vise &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt; avec toutes ses in&#233;vitables cons&#233;quences (...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) D'apr&#232;s Bakounine, en effet, les marxistes s'imaginent que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le prol&#233;tariat des villes est appel&#233; aujourd'hui &#224; d&#233;tr&#244;ner la classe bourgeoise, &#224; l'absorber et &#224; partager avec elle la domination et l'exploitation du prol&#233;tariat des campagnes, ce dernier paria de l'histoire, sauf &#224; celui-ci de se r&#233;volter, et de supprimer toutes les classes, toutes les dominations, tous les pouvoirs, en un mot tous les &#201;tats plus tard&lt;/q&gt;. Et comme il appr&#233;cie bien la signification des candidatures ouvri&#232;res pour les corps l&#233;gislatifs lorsqu'il &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est toujours le m&#234;me temp&#233;rament allemand et la m&#234;me logique qui les conduit directement, fatalement, dans ce que nous appelons le socialisme bourgeois, et &#224; la conclusion d'un pacte politique nouveau entre la bourgeoisie radicale, ou forc&#233;e de se faire telle, et la minorit&#233; intelligente, respectable, c'est-&#224;-dire embourgeois&#233;e du prol&#233;tariat des villes, &#224; l'exclusion et au d&#233;triment de la masse du prol&#233;tariat, non seulement des campagnes, mais des villes. Tel est le vrai sens des candidatures ouvri&#232;res aux parlements des &#201;tats existants et celui de la conqu&#234;te politique du pouvoir par la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Domela Nieuwenhuis.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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