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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Errico Malatesta : Lettre &#224; Musolini</title>
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		<dc:date>2024-09-17T13:56:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En novembre 1914, Mussolini venait de quitter la direction du quotidien socialiste Avanti ! pour fonder le Popolo d'Italia, journal pay&#233; par le gouvernement fran&#231;ais pour amener la d&#233;claration de guerre de l'Italie &#224; l'Autriche. A ce moment-l&#224;, notre camarade Malatesta avait publi&#233; un article o&#249; il se pronon&#231;ait contre toute participation &#224; n'importe quelle guerre d'Etat, tout en d&#233;clarant qu'il souhaitait la d&#233;faite d'une Allemagne, dans l'espoir qu'une r&#233;volution s'ensuivrait. Mussolini (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-le-reveil-communiste-anarchiste-no858-8-octobre-1932-" rel="directory"&gt;Le R&#233;veil communiste-anarchiste N&#176;858 &#8211; 8 Octobre 1932&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-3-cbf77.png?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1914, Mussolini venait de quitter la direction du quotidien socialiste &lt;i&gt;Avanti&lt;/i&gt; ! pour fonder le &lt;i&gt;Popolo d'Italia&lt;/i&gt;, journal pay&#233; par le gouvernement fran&#231;ais pour amener la d&#233;claration de guerre de l'Italie &#224; l'Autriche. &lt;br class='autobr' /&gt;
A ce moment-l&#224;, notre camarade Malatesta avait publi&#233; un article o&#249; il se pronon&#231;ait contre toute participation &#224; n'importe quelle guerre d'&#201;tat, tout en d&#233;clarant qu'il souhaitait la d&#233;faite d'une Allemagne, dans l'espoir qu'une r&#233;volution s'ensuivrait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mussolini s'empara de ce souhait pour pr&#233;tendre qu'il ne restait plus qu'&#224; travailler &#224; la victoire des Alli&#233;s, mais il s'attira de la part de notre camarade cette claire r&#233;ponse :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un ami m'&#233;crit que le &lt;i&gt;Popolo d'Italia&lt;/i&gt;, en parlant de mon opinion sur la situation actuelle et sur la conduite &#224; suivre par les r&#233;volutionnaires, me dit en contradiction avec moi-m&#234;me, parce que s'il est vrai, comme je le pense, que la d&#233;faite de l'Allemagne pourrait faire &#233;clater la r&#233;volution dans ce pays, le devoir des r&#233;volutionnaires d'aider &#224; r&#233;aliser cette d&#233;faite devient &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permets-moi de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution en Allemagne pourrait parer aux tristes effets qui, autrement, d&#233;couleront de la guerre, quelle que soit la nation victorieuse, et d&#233;terminer un changement radical dans toute la constitution politico-sociale de l'Europe ; et cette r&#233;volution n'appara&#238;t possible qu'au cas d'une d&#233;faite retentissante de l'empire allemand. Or, par ce que je sais de la situation et de l'&#233;tat d'&#226;me actuels de l'Angleterre et de la France, il me semble que la d&#233;faite de ces pays, bien loin de provoquer un mouvement r&#233;volutionnaire, ne ferait qu'accro&#238;tre la fi&#232;vre patriotique et seconder les vis&#233;es des r&#233;actionnaires et des militaristes. C'est pourquoi je souhaite la d&#233;faite de l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'est pas dit qu'il soit toujours utile de coop&#233;rer &#224; d&#233;terminer ce que l'on peut souhaiter, car souvent une chose ne vaut qu'&#224; condition de ne rien co&#251;t&#233;e ou tout au plus de co&#251;ter mat&#233;riellement et moralement moins de ce qu'elle vaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, rien dans la nature et dans l'histoire n'est absolument &#233;quivalent et chaque &#233;v&#233;nement peut agir en faveur ou contre les fins que l'on se propose. Ainsi a-t-on en toute circonstance un choix, un souhait &#224; faire, sans qu'il faille toujours pour cela abandonner sa propre voie et se mettre &#224; favoriser tout ce que l'on estime pouvoir indirectement &#234;tre utile. Nous pouvons, par exemple, souhaiter voir arriver au pouvoir un minist&#232;re plut&#244;t qu'un autre &#8212; un minist&#232;re de r&#233;actionnaires imb&#233;ciles et aveugles plut&#244;t que compos&#233; d'hommes intelligents plus habiles &#224; illusionner et tromper les travailleurs. Mais &#224; quoi nous servirait l'insuffisance et l'aveuglement d'un minist&#232;re, si pour le maintenir au pouvoir il nous fallait devenir nous-m&#234;mes des soutiens du gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brutalit&#233; de la police peut, en certains cas, provoquer une insurrection lib&#233;ratrice, mais seulement si l'esprit public est habitu&#233; &#224; r&#233;sister aux violences de l'autorit&#233;. Le d&#233;veloppement du syst&#232;me capitaliste peut, dans un certain sens, servir aux fins d'&#233;mancipation du prol&#233;tariat, mais si les Prol&#233;taires se mettent &#224; seconder les efforts des capitalistes, ils finissent par perdre la conscience de leur position et de leurs int&#233;r&#234;ts et deviennent incapables de s'affranchir, comme nous le d&#233;montre l'histoire de certaines organisations ouvri&#232;res en Angleterre et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on pourrait multiplier les exemples. Pour faire la r&#233;volution et surtout pour faire en sorte qu'elle ne se r&#233;sume point en une explosion de violence sans lendemain, il faut des r&#233;volutionnaires ; et si ceux-ci commencent &#224; mettre de c&#244;t&#233; leurs id&#233;es et les int&#233;r&#234;ts bien sp&#233;ciaux qu'ils repr&#233;sentent, et se solidarisent avec la cause des classes dominantes de leur pays et se d&#233;pensent pour les aider &#224; vaincre, ils renoncent non seulement &#224; profiter des situations r&#233;volutionnaires susceptibles de se produire pendant ou tout de suite apr&#232;s la guerre, mais font montre de consid&#233;rer eux-m&#234;mes comme utopique et absurde le programme qu'ils pr&#233;conisaient auparavant et se ferment la voie &#224; toute action efficace &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des gens, encore attach&#233;s aux anciens pr&#233;jug&#233;s de race et de nationalit&#233;, qui sont dispos&#233;s &#224; sacrifier toutes les plus hautes id&#233;alit&#233;s pour le plaisir de savoir qu'un pays est opprim&#233; et d&#233;pouill&#233; par des hommes parlant leur propre langue plut&#244;t que par des hommes parlant une autre langue ; et ces gens ont raison d'appuyer les int&#233;r&#234;ts de l'un ou l'autre gouvernement, s'ils croient de la sorte servir leurs aspirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour ceux qui placent au-dessus de tout la cause de la libert&#233;, de la justice et de la fraternit&#233; humaine, il ne saurait y avoir de doute. Au milieu du d&#233;cha&#238;nement des plus f&#233;roces passions, lorsque les masses ignorantes sont entra&#238;n&#233;es par les suggestions mauvaises des classes privil&#233;gi&#233;es &#224; s'entr'&#233;gorger entre fr&#232;res, ils doivent plus que jamais invoquer la paix entre les opprim&#233;s et la guerre aux oppresseurs et refuser tout accord, toute soumission &#224; leurs adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela est vrai pour les r&#233;publicains, lesquels ne devraient jamais, et d'aucune fa&#231;on, suivre la monarchie ou l'inciter &#224; faire ce qu'ils croient bien, pour qu'elle acqui&#232;re ainsi nouvelle force et nouveau prestige. C'est d'autant plus vrai pour les socialistes, lesquels reconnaissent dans chaque pays l'existence de deux classes, deux &#171; nations &#187;, l'une soumise &#224; l'autre, qui sont ou qu'il faut rendre irr&#233;conciliablement hostiles. Mais c'est encore plus vrai pour les anarchistes, voulant d&#233;truire toute esp&#232;ce de r&#233;gime autoritaire et de pr&#233;jug&#233;s et r&#233;aliser la fraternit&#233; de tous les &#234;tres humains dans la libert&#233; et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, mon espoir d'une r&#233;volution en Allemagne n'est... qu'un espoir d'autant moins s&#251;r que les socialistes allemands avec l'id&#233;e de sauver la civilisation europ&#233;enne (toujours la m&#234;me insanit&#233; !) du despotisme russe, se sont mis au service du despotisme de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela te semble-t-il suffisant pour vouloir entra&#238;ner le prol&#233;tariat italien dans la lutte fratricide et pour renoncer &#224; la position privil&#233;gi&#233;e des r&#233;volutionnaires italiens de pouvoir conserver intactes leurs forces morales et mat&#233;rielles et de pouvoir avec les r&#233;volutionnaires des autres pays neutres et les r&#233;volutionnaires des pays bellig&#233;rants rest&#233;s fid&#232;les &#224; leurs principes, sauver la cause de l'Internationale et de la r&#233;volution europ&#233;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, en somme, j'admettrais de discuter la chose s'il s'agissait d'une action volontaire. Mais en Italie on est soldat par force. Voudrais-tu donc obliger le gouvernement &#224; ordonner aux Citoyens astreints au service militaire de partir &#224; la guerre, m&#234;me lorsque leur conscience y r&#233;pugne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment ensuite parler encore contre le militarisme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#233;lections - Anarchistes &#171; &#233;lectionnistes &#187;</title>
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		<dc:date>2024-03-20T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous ne voulons pas, nous n'avons jamais voulu, sombrer dans le culte des &#171; grands hommes &#187;, de la &#171; vieille barbe &#187;, fussent-ils anarchistes... Mais nous pensons que l'exc&#232;s contraire est aussi ridicule : pourquoi ne laisserions-nous pas la parole aux camarades du pass&#233; quand ce qu'ils ont dit r&#233;sonne encore avec clart&#233;, actualit&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le probl&#232;me &#233;lectoral et les &#171; bonnes raisons &#187; - on en d&#233;couvre toujours - que pourraient donner et se donner d'&#233;ventuels camarades &#171; &#233;lectionnistes &#187;, nous trouvons la position d'Errico Malatesta (&lt;i&gt;Pensiero e Volont&#224;&lt;/i&gt;, n&#176;10, 15 mai 1924), plus juste, plus actuelle que jamais. Et nous la faisons n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Noir et Rouge&lt;/div&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-18-6383c.jpg?1774726749' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous ne voulons pas, nous n'avons jamais voulu, sombrer dans le culte des &#171; grands hommes &#187;, de la &#171; vieille barbe &#187;, fussent-ils anarchistes... Mais nous pensons que l'exc&#232;s contraire est aussi ridicule : pourquoi ne laisserions-nous pas la parole aux camarades du pass&#233; quand ce qu'ils ont dit r&#233;sonne encore avec clart&#233;, actualit&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le probl&#232;me &#233;lectoral et les &#171; bonnes raisons &#187; - on en d&#233;couvre toujours - que pourraient donner et se donner d'&#233;ventuels camarades &#171; &#233;lectionnistes &#187;, nous trouvons la position d'Errico Malatesta (&lt;i&gt;Pensiero e Volont&#224;&lt;/i&gt;, n&#176;10, 15 mai 1924), plus juste, plus actuelle que jamais. Et nous la faisons n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Noir et Rouge&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Etant donn&#233; qu'il n'y a pas et qu'il ne peut y avoir aucune autorit&#233; qui donne ou enl&#232;ve le droit de se dire anarchiste, nous sommes bien forc&#233;s, de temps en temps, de noter l'apparition de quelque converti au parlementarisme qui continue, au moins pendant un certain temps, de se d&#233;clarer anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne trouvons rien de mal, ni de d&#233;shonorant, &#224; changer d'opinion, quand le changement est motiv&#233; par de nouvelles et sinc&#232;res convictions et non par l'int&#233;r&#234;t personnel ; nous voudrions cependant que l'on dise franchement ce que l'on est devenu et ce que l'on a cess&#233; d'&#234;tre, pour &#233;viter les discussions inutiles. Mais peut-&#234;tre cela n'est-il pas possible, parce que celui qui change d'id&#233;es ne sait g&#233;n&#233;ralement pas, au d&#233;but, o&#249; il va atterrir. Du reste, ce qui nous arrive, arrive, dans une proportion plut&#244;t plus grande, &#224; tous les mouvements politiques et sociaux. Les socialistes, par exemple, ont d&#251; subir les socialistes exploiteurs et des politiciens de toute esp&#232;ce qui se disaient socialistes ; et les r&#233;publicains sont &#233;galement contraints aujourd'hui &#224; supporter que certains, vendus au parti dominant, usurpent le nom m&#234;me de mazziniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement l'&#233;quivoque ne peut durer longtemps. Bien vite la logique des id&#233;es et le besoin de l'action poussent les pr&#233;tendus anarchistes &#224; renoncer spontan&#233;ment &#224; leur nom et &#224; se mettre &#224; la place qui leur revient. Les anarchistes &#233;lectionnistes, qui se sont montr&#233;s en plusieurs occasions, ont tous plus ou moins rapidement abandonn&#233; l'anarchisme, tout comme les anarchistes dictatoriaux ou bolchevisants sont devenus rapidement des bolcheviks s&#233;rieux, qui se sont mis au service du Gouvernement russe et de ses d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne s'est reproduit en France, &#224; l'occasion des &#233;lections de ces derniers jours. Le pr&#233;texte est l'amnistie. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Des milliers de victimes gisent dans les prisons et dans les bagnes ; un gouvernement de gauche les amnistierait ; c'est le devoir de tous les r&#233;volutionnaires, de tous les hommes de c&#339;ur, de faire ce qu'ils peuvent pour que des urnes sortent les noms des hommes politiques dont on attend qu'ils donnent l'amnistie&lt;/q&gt;. Voil&#224; la tendance qui pr&#233;domine dans le raisonnement des convertis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4814 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/423715401_887941473336800_6872515649801601666_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/423715401_887941473336800_6872515649801601666_n-ba161-6a8c3.jpg?1774692765' width='150' height='186' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria/&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Que les camarades fran&#231;ais soient attentifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, il y eut une agitation en faveur de Cipriani, prisonnier, qui servit de pr&#233;texte &#224; Andrea Costa pour entra&#238;ner les anarchistes romagnols aux urnes et &#224; commencer ainsi &#224; faire d&#233;g&#233;n&#233;rer le mouvement r&#233;volutionnaire cr&#233;&#233; par la Premi&#232;re Internationale et &#224; finir par r&#233;duire le socialisme &#224; un moyen pour amuser les masses et &#224; assurer la tranquillit&#233; de la monarchie et de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en v&#233;rit&#233; les Fran&#231;ais n'ont pas besoin d'aller chercher des exemples en Italie, puisqu'ils en ont de tr&#232;s &#233;loquents dans leur histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, comme dans tous les pays latins, le socialisme a d&#233;but&#233;, sinon par l'anarchisme, du moins comme antiparlementaire ; et la litt&#233;rature r&#233;volutionnaire fran&#231;aise de la premi&#232;re d&#233;cade apr&#232;s la Commune abonde en pages &#233;loquentes dues, entre autres, &#224; la plume de Guesde et de Brousse, contre le mensonge du suffrage universel et la com&#233;die &#233;lectorale et parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, comme Costa en Italie, les Guesde, les Massard, les Deville, et plus tard Brousse en personne, furent pris par la fringale du pouvoir et peut-&#234;tre aussi par le d&#233;sir de concilier le renom de r&#233;volutionnaire avec la vie sereine et les petits et grands avantages que s'attire celui qui rentre dans la vie politique officielle, m&#234;me en tant qu'opposant. Et alors toute une man&#339;uvre a commenc&#233; pour changer la direction du mouvement et faire que les camarades acceptent la tactique &#233;lectorale. La note sentimentale servit &#233;galement beaucoup &#224; ce moment : on voulait l'amnistie pour les Communards, il fallait lib&#233;rer le vieux Blanqui qui se mourait en prison... et avec une centaine de pr&#233;textes, une centaine d'exp&#233;dients pour vaincre la r&#233;pugnance qu'eux-m&#234;mes, les transfuges, avaient contribu&#233; &#224; faire na&#238;tre chez les travailleurs contre l'&#233;lectionnisme et qui, en outre, &#233;tait aliment&#233;e par le souvenir encore vif du pl&#233;biscite napol&#233;onien et des massacres perp&#233;tr&#233;s en juin 1848 et en mai 1871 &#224; cause de la volont&#233; des assembl&#233;es issues du suffrage universel. On disait qu'il fallait voter pour se compter, mais que l'on voterait pour les in&#233;ligibles, pour les condamn&#233;s ou pour les femmes ou pour les morts ; d'autres propos&#232;rent de voter en blanc ou avec un slogan r&#233;volutionnaire ; d'autres voulaient que les candidats laissent aux mains des comit&#233;s &#233;lectoraux des lettres de d&#233;mission au cas o&#249; ils seraient &#233;lus... Et puis, quand le fruit fut m&#251;r, c'est-&#224;-dire quand les gens furent persuad&#233;s d'aller voter, on voulut &#234;tre candidat et d&#233;put&#233; s&#233;rieusement : on laissa les condamn&#233;s pourrir en prison, on renia l'antiparlementarisme, on jeta la peste sur l'anarchisme ; et Guesde, apr&#232;s cent palinodies, finit comme ministre du gouvernement de l'&#171; Union sacr&#233;e &#187;, Deville devint ambassadeur de la R&#233;publique bourgeoise et Massard, je crois, quelque chose de pire encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas mettre en doute, pr&#233;alablement, la bonne foi des nouveaux convertis, d'autant plus que, parmi eu, il y en a plus d'un avec qui nous avons des liens d'amiti&#233; personnels. En g&#233;n&#233;ral, ces &#233;volutions &#8211; ou involutions, si l'on veut &#8211; commencent toujours dans la bonne foi, et puis la logique pousse, l'amour-propre s'y m&#234;le, l'ambiance vainc... et l'on devient ce qu'auparavant on r&#233;pugnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, dans cette circonstance, n'y aura-t-il rien de ce que nous craignons, parce que les n&#233;o-convertis sont fort peu, et bien faible est la probabilit&#233; qu'ils trouvent de grandes adh&#233;sions dans le camp anarchiste, et ces camarades ou ex-camarades r&#233;fl&#233;chiront mieux ou reconna&#238;tront leur erreur. Le nouveau gouvernement qui sera install&#233; en France apr&#232;s le triomphe &#233;lectoral du bloc de gauche les aidera &#224; se persuader qu'il y a bien peu de diff&#233;rences entre lui et le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, car il ne fera rien de bon &#8211; pas m&#234;me l'amnistie &#8211; si la masse ne l'impose pas par son agitation. Nous chercherons, de notre point de vue, &#224; les aider &#224; trouver la raison par une observation qui, du reste, ne devrait pas &#234;tre nouvelle pour celui qui a d&#233;j&#224; accept&#233; la tactique anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile de venir nous dire, comme le font ces bons amis, qu'un peu de libert&#233; vaut mieux que la tyrannie brutale sans limite et sans frein, qu'un horaire de travail raisonnable, un salaire qui permette de vivre un peu mieux que les b&#234;tes, la protection des femmes et des enfants, sont pr&#233;f&#233;rables &#224; une exploitation du travail humain jusqu'&#224; l'&#233;puisement complet du travailleur, que l'&#233;cole d'&#201;tat, pour mauvaise qu'elle soit, est toujours meilleure du point de vue du d&#233;veloppement moral de l'enfant, que celle dirig&#233;e par les pr&#234;tres ou les fr&#232;res... Nous en convenons volontiers ; et nous convenons &#233;galement qu'il y peut y avoir des circonstances dans lesquelles le r&#233;sultat des &#233;lections dans un &#201;tat ou dans une commune peut avoir des cons&#233;quences bonnes ou mauvaises et que ce r&#233;sultat pourrait &#234;tre d&#233;termin&#233; par le vote des anarchistes si les forces des partis en pr&#233;sence &#233;taient presque &#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement il s'agi l&#224; d'une illusion ; les &#233;lections, quand elles sont passablement libres, n'ont que la valeur d'un symbole : elles indiquent l'&#233;tat de l'opinion publique, opinion qui ne serait impos&#233;e par des moyens plus efficaces et avec des r&#233;sultats plus grands si l'&#233;chappatoire que constituent les &#233;lections ne lui avait pas &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e. Mais cela n'importe pas : m&#234;me si certains petits progr&#232;s &#233;taient la cons&#233;quence directe d'une victoire &#233;lectorale, les anarchistes ne devraient pas aller aux urnes ni cesser de pr&#234;cher leur m&#233;thode de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il n'est pas possible de faire tout dans le monde, il faut choisir sa propre ligne de conduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toujours une certaine contradiction entre les petites am&#233;liorations, la satisfaction des besoins imm&#233;diats, et le combat pour une soci&#233;t&#233; vraiment meilleure que celle qui existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui veut se consacrer &#224; faire construire des urinoirs et des fontaines o&#249; il en faut, qui veut se d&#233;penser pour obtenir la construction d'une rue ou l'institution d'une &#233;cole municipale, ou tout autre petite loi de protection du travail, ou la destitution d'un policier brutal, peut-&#234;tre fait bien de se servir de son bulletin &#233;lectoral en promettant son vote &#224; tel ou tel personnage puissant. Mais alors &#8211; puisque l'on veut &#234;tre &#171; pratique &#187;, il faut l'&#234;tre jusqu'au bout , alors plut&#244;t que d'attendre le triomphe du parti d'opposition, mieux vaut voter pour le parti le plus proche, faire la cour au parti dominant, servir le gouvernement existant, se faire l'agent du pr&#233;fet ou du maire en exercice. Et, en fait, le n&#233;o-converti dont nous parlons ne se proposait pas de voter pour le parti le plus avanc&#233;, mais pour celui qui avait la plus grande probabilit&#233; d'&#234;tre &#233;lu : le bloc de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, o&#249; va-t-on en arriver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes ont certainement commis mille erreurs, ont dit une centaine d'absurdit&#233;s, mais ils sont toujours rest&#233;s purs et ils demeurent le parti r&#233;volutionnaire par excellence, le parti de l'avenir, parce qu'ils ont su r&#233;sister &#224; la sir&#232;ne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait vraiment impardonnable de se faire attirer dans le tourbillon au moment o&#249; s'approche rapidement notre heure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les &#233;lections - Anarchistes &#171; &#233;lectionnistes &#187; &#187;, Noir et Rouge n&#176;29, mars 1965 ; repris dans Les anarchistes et les &#233;lections, Volont&#233; anarchiste n&#176;3, 1978&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#171; Il ne s'agit pas de faire l'anarchie aujourd'hui, demain, ou dans dix si&#232;cles, mais d'avancer vers l'anarchie aujourd'hui, demain, toujours. &#187;</title>
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		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>



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		<title>Pierre Kropotkine - Souvenirs et critiques d'un de ses vieux amis</title>
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		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>


		<dc:subject>Errico Malatesta</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pierre Kropotkine est, sans aucun doute, un de ceux qui ont contribu&#233; le plus &#8212;peut-&#234;tre m&#234;me davantage que Michel Bakounine et Elis&#233;e Reclus&#8212; &#224; l'&#233;laboration et &#224; la propagation de l'id&#233;e anarchiste. Et il a, pour cela, bien m&#233;rit&#233; l'admiration et la reconnaissance que tous les anarchistes ont pour lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, en hommage &#224; la v&#233;rit&#233; et dans l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de la cause, il faut reconna&#238;tre que son &#339;uvre n'a pas &#233;t&#233; exclusivement bienfai&#173;sante. Ce ne fut pas de sa faute : au contraire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-kropotkine-malatesta-vs-leval-" rel="directory"&gt;Kropotkine - Malatesta vs Leval&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pierre-kropotkine-61-+" rel="tag"&gt;Pierre Kropotkine&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton913-275f3.jpg?1774739585' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pierre Kropotkine est, sans aucun doute, un de ceux qui ont contribu&#233; le plus &#8212;peut-&#234;tre m&#234;me davantage que Michel Bakounine et Elis&#233;e Reclus&#8212; &#224; l'&#233;laboration et &#224; la propagation de l'id&#233;e anarchiste. Et il a, pour cela, bien m&#233;rit&#233; l'admiration et la reconnaissance que tous les anarchistes ont pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en hommage &#224; la v&#233;rit&#233; et dans l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de la cause, il faut reconna&#238;tre que son &#339;uvre n'a pas &#233;t&#233; exclusivement bienfai&#173;sante. Ce ne fut pas de sa faute : au contraire, ce fut l'&#233;minence m&#234;me de ses m&#233;rites qui produisit les maux que je me propose d'indiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, Kropotkine, comme tout autre, ne pouvant &#234;tre indemne d'erreur ni conna&#238;tre toute la v&#233;rit&#233;, on aurait d&#251; profiter de sa pr&#233;cieuse contribution, et continuer la recherche pour atteindre de nouveaux progr&#232;s. Mais il y avait une tentation trop grande &#224; admirer sans plus ses talents litt&#233;raires, la valeur et la masse de sa production et son infatigable activit&#233;. Le prestige du militant &#233;tait aliment&#233; par sa renomm&#233;e de grand savant ; par le fait qu'il avait sacrifi&#233; une position hautement privil&#233;gi&#233;e pour d&#233;fendre, au prix de bien des souffrances et de bien des dangers, la cause populaire ; enfin par le charme de sa personne, qui enchantait tous ceux qui avaient le bonheur de l'approcher. Tout cela lui donna une telle notori&#233;t&#233; et une telle influence, qu'il parut, et en grande partie fut r&#233;ellement le ma&#238;tre reconnu de la grande majorit&#233; des anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il advint que la critique fut d&#233;courag&#233;e devant lui. Et il se produi&#173;sit un arr&#234;t du d&#233;veloppement de l'id&#233;e. Durant bien des ann&#233;es, malgr&#233; l'esprit iconoclaste et progressif des anarchistes, la plus grande partie d'entre eux ne fit, en tant que th&#233;orie et propagande, qu'&#233;tudier et r&#233;p&#233;ter Kropotkine. Dire autrement que lui fut, pour beaucoup de camarades, presque une h&#233;r&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait grand temps de soumettre les enseignements de Kropotkine &#224; une critique sans &#233;gards, comme sans pr&#233;ventions. Ainsi nous pourrons distinguer ce qui en eux est toujours vivant et vrai, de ce que la pens&#233;e et l'exp&#233;rience post&#233;rieures ont d&#233;pass&#233; et controuv&#233;. Ce passage au crible, d'ailleurs, ne concernerait pas seulement Kropotkine : car les erreurs que l'on peut lui reprocher furent d&#233;j&#224; profess&#233;es par les anarchistes avant que lui-m&#234;me ait acquis dans le mouvement une position de premier plan. Sans doute il confirma ces erreurs et les fit durer, en leur donnant l'appui de son talent et de son prestige ; mais nous, les vieux militants, nous avons tous, ou presque tous, notre part de responsabilit&#233; dans la stagnation de l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant aujourd'hui de Kropotkine, je n'ai pas l'intention d'exami&#173;ner &#224; fond sa doctrine enti&#232;re. Je veux seulement &#233;voquer quelques impressions ou quelques souvenirs qui pourront servir, je crois, &#224; faire mieux conna&#238;tre sa personnalit&#233; morale et intellectuelle, et &#224; mieux com&#173;prendre ses m&#233;rites et ses d&#233;fauts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tout d'abord, je dirai quelques mots qui me viennent au c&#339;ur ; parce que je ne peux penser &#224; Kropotkine sans &#234;tre &#233;mu par le souvenir de son immense bont&#233;. Je rappellerai ce qu'il fit &#224; Gen&#232;ve &#8212;dans l'hiver de 1879&#8212; pour aider, dans leur lutte contre une extr&#234;me mis&#232;re, un groupe de r&#233;fugi&#233;s italiens dont j'&#233;tais. Je rappellerai les soins, en quelque sorte maternels, qu'il eut pour moi &#224; Londres, alors que, victime d'un accident, je frappais une nuit &#224; sa porte. Je rappellerai ses actes de gentillesse envers tous ; je rappellerai l'atmosph&#232;re de cordialit&#233; que l'on respirait autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Tous les deux de temp&#233;rament optimiste (je crois toutefois que l'optimisme de Kropotkine d&#233;passait de beaucoup le mien, et peut-&#234;tre avait-il une autre source) ; nous voyions les choses du bon c&#244;t&#233; ; nous les voyions bien plus belles, h&#233;las ! qu'elles n'&#233;taient. Nous comptions, il y a d&#233;j&#224; plus de cinquante ans, sur une r&#233;volution prochaine, qui aurait r&#233;alis&#233; notre id&#233;al. Ce fut une longue p&#233;riode d'attente avec bien des moments passagers de doute et de d&#233;couragement. Je me rappelle, par exemple, qu'une fois Kropotkine me dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon cher Errico, je crains que nous ne soyons les seuls, toi et moi, &#224; croire &#224; l'imminence d'une r&#233;volution&lt;/q&gt;. Mais bien vite la confiance revenait. On s'expliquait, d'une fa&#231;on quelconque, les difficult&#233;s pr&#233;sentes et le scepticisme des camarades ; et l'on continuait &#224; travailler et esp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine et moi, nous n'avions pas en tout les m&#234;mes opinions. Au contraire, beaucoup d'id&#233;es fondamentales nous divisaient. Nous n'avions gu&#232;re de rencontres sans des oppositions tranch&#233;es et sans discussions irritantes. Mais, comme Kropotkine se sentait toujours s&#251;r d'avoir raison, et ne pouvait supporter avec calme la contradiction, et comme, d'autre part, j'avais beaucoup de respect pour son savoir, et beaucoup d'&#233;gards pour sa sant&#233; chancelante &#8212;on finissait toujours par changer de conversation pour ne pas trop s'&#233;chauffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne nuisait en rien &#224; l'intimit&#233; de nos rapports. Car, nous nous aimions &#8212;et nous collaborions&#8212; pour des raisons sentimentales plut&#244;t qu'intellectuelles. Quelle que f&#251;t la diff&#233;rence dans notre fa&#231;on d'interpr&#233;ter et d'expliquer les faits ; quels que fussent les arguments oppos&#233;s par lesquels nous entendions justifier notre conduite &#8212;en pratique, nous voulions les m&#234;mes choses, et nous &#233;tions pouss&#233;s par le m&#234;me d&#233;sir intense de libert&#233;, de justice, de bien-&#234;tre pour tous. Nous pouvions donc aller de l'avant d'un commun accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il n'y eut jamais entre nous de conflit s&#233;rieux, jusqu'au jour o&#249; se pr&#233;senta, en 1914, une question de conduite pratique d'une importance capitale pour moi et pour lui ; celle de l'attitude que les anarchistes devaient prendre face &#224; la guerre. Dans cette funeste occasion, se r&#233;veill&#232;rent et s'exalt&#232;rent, en Kropotkine, ses anciennes pr&#233;f&#233;rences pour tout ce qui est russe ou fran&#231;ais ; et il se d&#233;clara partisan passionn&#233; de l'Entente. Il parut oublier qu'il &#233;tait internationaliste, socialiste et anarchiste. Il oublia ce que lui-m&#234;me avait, peu de temps avant, d&#233;nonc&#233; et proclam&#233; au sujet de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la guerre que les capitalistes pr&#233;paraient&lt;/q&gt;. Il se mit &#224; admirer les pires buveurs de sang, parmi les hommes d'&#201;tat et les g&#233;n&#233;raux de l'Entente ; &#224; traiter de l&#226;ches les anarchistes qui refu&#173;saient de rentrer dans l'union sacr&#233;e ; &#224; d&#233;plorer que l'&#226;ge et la sant&#233; ne lui permissent point de prendre un fusil et de marcher contre les Alle&#173;mands. Il n'&#233;tait donc plus possible de s'entendre : pour moi, c'&#233;tait un vrai cas pathologique. De toutes fa&#231;ons, un des moments les plus tristes, les plus tragiques de ma vie (et j'ose dire aussi, de la sienne) fut celui o&#249;, apr&#232;s une discussion p&#233;nible outre mesure, nous nous s&#233;par&#226;mes &#8212;&#173;comme des adversaires, presque comme des ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande fut ma douleur pour la perte du compagnon bien-aim&#233;, et pour le pr&#233;judice que devait subir la cause, pour tout le trouble qu'allait jeter dans le c&#339;ur de nos camarades une telle d&#233;fection. Et malgr&#233; tout, rest&#232;rent en moi l'amour et l'estime pour l'homme &#233;gar&#233; ; comme aussi l'espoir que, une fois pass&#233; l'enivrement du moment, devant les cons&#233;&#173;quences pr&#233;visibles de la guerre, il reconna&#238;trait son erreur et reviendrait &#224; nous, le Kropotkine de toujours...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine &#233;tait &#224; la fois un savant et un r&#233;formateur social. Il &#233;tait poss&#233;d&#233; par deux passions : le d&#233;sir de conna&#238;tre et le d&#233;sir de faire le bien de l'humanit&#233; ; deux nobles passions qui peuvent &#234;tre utiles l'une &#224; l'autre, et que l'on voudrait voir en tous les hommes &#8212;sans qu'elles soient pour cela une seule et m&#234;me chose. Mais Kropotkine &#233;tait un esprit &#233;minemment syst&#233;matique. Il voulait tout expliquer par le m&#234;me principe et tout ramener &#224; la m&#234;me unit&#233;. Et il simplifiait souvent, selon moi, aux d&#233;pens de la v&#233;rit&#233; et de la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai aucune comp&#233;tence sp&#233;ciale pour juger Kropotkine connue savant. Je sais qu'il a, dans sa premi&#232;re jeunesse, rendu de notables ser&#173;vices &#224; la g&#233;ographie et &#224; la g&#233;ologie ; j'appr&#233;cie la grande valeur de son livre &lt;i&gt;l'Entr'aide&lt;/i&gt; ; et je suis convaincu qu'un tel cerveau aurait pu, par sa vaste culture et sa haute intelligence, donner une plus grande contribution au progr&#232;s des sciences, si l'attention et l'activit&#233; de l'homme n'avaient &#233;t&#233; absorb&#233;es par la lutte sociale. N&#233;anmoins il me semble que quelque chose manquait &#224; Kropotkine pour &#234;tre un v&#233;ritable homme de science, la capacit&#233; d'oublier ses d&#233;sirs et ses pr&#233;ventions pour observer les faits avec une impassible objectivit&#233;. Il me semblait qu'il &#233;tait plu&#173;t&#244;t ce que j'appellerai un po&#232;te de la science. Capable par des intuitions g&#233;niales, d'entrevoir de nouvelles v&#233;rit&#233;s ; il aurait d&#251;, s'en remettre &#224; d'autres pour les &#233;tablir et les v&#233;rifier ; j'entends &#224; des chercheurs qui sans &#234;tre dou&#233;s de g&#233;nie, auraient &#233;t&#233; mieux pourvus de ce que l'on appelle l'esprit scientifique. Kropotkine &#233;tait trop passionn&#233; pour &#234;tre un observateur exact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habituellement, il concevait une hypoth&#232;se, et cherchait ensuite les laits qui devaient la justifier. Or, c'est l&#224; une bonne m&#233;thode pour d&#233;couvrir du nouveau ; mais qui ne saurait suffire pour faire &#339;uvre de v&#233;rit&#233;. Trop souvent, il arrivait &#224; Kropotkine, sans le vouloir, de n&#233;gliger les faits qui contredisaient son hypoth&#232;se, et de la vouloir v&#233;rifier &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne savait pas se d&#233;cider &#224; admettre un fait, ni m&#234;me &#224; le prendre en consid&#233;ration, aussi longtemps qu'il ne r&#233;ussissait pas &#224; l'expliquer, c'est-&#224;-dire &#224; le faire entrer dans son syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme exemple de cette tendance, je raconterai une anecdote, dont voici le point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es 1885 &#224; 1889, j'&#233;tais dans la Pampa argentine ; il m'arriva de lire quelque chose sur les exp&#233;riences hypnotiques de l'&#233;cole de Nancy, recherches dont jamais je n'avais entendu parler. La chose m'int&#233;ressa beaucoup, mais je n'eus pas alors l'occasion d'en apprendre davantage. Revenu en Europe, je vis Kropotkine &#224; Londres et lui deman&#173;dai s'il pouvait me donner des informations sur l'hypnotisme. Kropotkine me r&#233;pondit carr&#233;ment qu'il ne fallait pas y croire ; que ce n'&#233;tait qu'im&#173;postures ou hallucinations. Quelque temps apr&#232;s, je le revis et la con&#173;versation tomba &#224; nouveau sur l'hypnotisme. A ma grande surprise, je trouvais que son opinion avait enti&#232;rement chang&#233; : les ph&#233;nom&#232;nes hypnotiques &#233;taient devenus int&#233;ressants et dignes d'&#233;tude &#224; ses yeux. Qu'&#233;tait-il donc arriv&#233; ? Avait-il &#233;t&#233; mis en pr&#233;sence de faits nouveaux ? Avait-il d&#251;, sous la pression des preuves convaincantes admettre les faits que tout d'abord il niait ? Rien de tout cela. Il avait tout simplement lu, dans un livre de je ne sais quel physiologiste allemand, une th&#233;orie sur les rapports entre deux h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux, &#233;lucubration dont on pou&#173;vait tirer, vaille que vaille, une explication des ph&#233;nom&#232;nes hypnotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; cette disposition d'esprit, qui lui faisait accommoder les choses &#224; sa fa&#231;on dans les questions de science pure &#8212;o&#249; le d&#233;sint&#233;res&#173;sement est assez grand pour que la passion ne trouble pas l'intellect&#8212; on peut imaginer ce qu'il en &#233;tait de Kropotkine lorsqu'une question sociologique touchant de pr&#232;s &#224; ses plus grands d&#233;sirs et &#224; ses plus chers espoirs &#233;tait en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine professait la philosophie mat&#233;rialiste qui domina chez les savants dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. C'&#233;tait la philosophie des Moleschott, B&#252;chner, Vogt, etc. ; une conception de l'Univers rigou&#173;reusement d&#233;terministe et m&#233;canique, et qui n'admettait comme r&#233;el que ce qu'elle r&#233;ussissait &#224; interpr&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle conception niait l'existence de la volont&#233;, puissance cr&#233;atrice dont nous ne pouvons comprendre la nature et la source, pas plus du reste que nous ne comprenons la nature et la source de la &#171; mati&#232;re &#187; ni de tous les autres &#171; premiers principes &#187;. Que la volont&#233; des hommes puisse contribuer peu ou prou &#224; d&#233;cider de leur propre conduite et du comportement g&#233;n&#233;ral des soci&#233;t&#233;s, c'&#233;tait l&#224; pour Kropotkine une illusion, car selon le d&#233;terminisme, tout ce qui fut, est et sera est &#233;crit &#8212;la gravitation des astres ; la naissance et le d&#233;clin des civilisations ; l'apparition dans le monde du parfum d'une rose ou du sourire d'une m&#232;re ; un tremble&#173;ment de terre ; la pens&#233;e cr&#233;atrice d'un Newton : la cruaut&#233; des tyrans et la bont&#233; des saints, etc. Tout cela avait d&#251;, devait et devra arriver, par une suite fatale des causes et des effets, de nature m&#233;canique, ne lais&#173;sant aucune possibilit&#233; de variation dans les r&#233;sultats. L'illusion de la volont&#233; ne serait elle-m&#234;me qu'un fait m&#233;canique, aussi &#233;troitement d&#233;ter&#173;min&#233; que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, en bonne logique, si la volont&#233; n'a aucune puissance, si tout est n&#233;cessaire et ne peut &#234;tre autrement, les id&#233;es de libert&#233;, de justice, de responsabilit&#233; n'ont aucune signification, ne correspondent &#224; rien de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bonne logique, si la volont&#233; est une illusion il ne reste qu'&#224; con&#173;templer ce qui arrive dans le monde &#8212;avec indiff&#233;rence, plaisir ou douleur, selon la nature de notre propre sensibilit&#233;&#8212; mais sans aucun espoir, sans aucune possibilit&#233; de changer quoi que ce soit .&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine donc &#8212;lui qui &#233;tait si s&#233;v&#232;re pour le fatalisme &#171; dia&#173;lectique &#187; des marxistes&#8212; liait sa pens&#233;e au fatalisme &#171; m&#233;canique &#187;, qui est bien plus paralysant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la philosophie d&#233;terministe ne pouvait tuer la puissante volont&#233; qui &#233;tait en Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait trop imbu de son syst&#232;me pour y renoncer, ou seulement pour supporter tranquillement que sa valeur universelle fut mise en doute ; mais il &#233;tait trop passionn&#233;ment d&#233;sireux de justice et de libert&#233; pour se laisser arr&#234;ter par la difficult&#233; d'une contradiction logique et pour renoncer &#224; la lutte. Il s'en tirait en ins&#233;rant l'anarchie dans son syst&#232;me et en en faisant une &#171; v&#233;rit&#233; scientifique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se confirmait dans sa conviction, en soutenant que toutes les r&#233;centes d&#233;couvertes dans toutes les sciences &#8212;de l'astronomie jusqu'&#224; la biologie et la sociologie concouraient &#224; d&#233;montrer toujours plus clairement que l'anarchie telle qu'il la concevait est pr&#233;cis&#233;ment le mode d'organisation sociale impos&#233; par les lois naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui objectais que si de nouvelles d&#233;couvertes venaient d&#233;truire les croyances scientifiques actuelles, lui, Kropotkine, resterait sans doute anarchiste, malgr&#233; la science &#8212;de la m&#234;me fa&#231;on qu'il restait anarchiste aujourd'hui, malgr&#233; la logique. En fait, Kropotkine n'aurait pu admettre la possibilit&#233; d'un conflit entre la &#171; Science &#187; et ses propres aspirations sociales. Il aurait toujours imagin&#233; un moyen (logique ou non, peu importe) pour conserver et concilier sa philosophie d&#233;terministe et son anarchisme en tant que croyances. Et c'est ainsi qu'il avait &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'Anarchie est une conception de l'Univers bas&#233;e sur l'interpr&#233;&#173;tation m&#233;canique des ph&#233;nom&#232;nes, et qui embrasse toute la Nature, y compris la vie des soci&#233;t&#233;s. &lt;/q&gt; (J'avoue que je n'ai jamais r&#233;ussi &#224; comprendre ce que cela signifie). Apr&#232;s quoi Kropotkine oubliait carr&#233;ment sa conception m&#233;caniste et se lan&#231;ait dans la lutte avec toute la verve, l'enthousiasme et la confiance de quelqu'un qui croit en l'efficacit&#233; de sa volont&#233;, et qui esp&#232;re, par son activit&#233; consciente et volontaire, obtenir un certain r&#233;sultat d&#233;sir&#233;, ou du moins contribuer &#224; l'obtenir .&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme et le communisme de Kropotkine, avant d'&#234;tre une question de raisonnement, &#233;taient l'effet de sa sensibilit&#233;. En lui parlait d'abord la passion ; ensuite venait le raisonnement, pour justifier et renforcer les impulsions affectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui constituait le fond de son caract&#232;re &#233;tait l'amour des hommes, la sympathie pour les pauvres et les opprim&#233;s. Il souffrait r&#233;ellement pour les autres ; et l'injustice, m&#234;me si elle se manifestait en sa faveur, lui &#233;tait insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; je le fr&#233;quentais &#224; Londres, il gagnait assez bien sa vie par la collaboration &#224; des revues et d'autres publications scientifiques, et b&#233;n&#233;ficiait donc de conditions relativement ais&#233;es. Mais il &#233;prouva comme un remords, le fait d'&#234;tre mieux situ&#233; que la plupart des travail&#173;leurs manuels. Il disait souvent, en parlant de lui-m&#234;me et de ceux qui &#233;taient comme lui : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si nous avons pu nous instruire et d&#233;velopper nos facult&#233;s ; si nous avons acc&#232;s aux joies intellectuelles ; si nous vivons dans des conditions mat&#233;rielles acceptables &#8212;c'est parce que nous avons profit&#233; par le hasard de notre naissance, de l'exploitation dont souffrent les travailleurs ; donc pour nous la lutte pour l'&#233;mancipation des travailleurs est un devoir ; c'est une dette sacr&#233;e que nous devons payer.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par amour de la justice, et comme pour expier les privil&#232;ges dont il avait joui, Kropotkine avait renonc&#233; &#224; sa position, d&#233;laissant les &#233;tudes qu'il aimait pour se vouer &#224; l'&#233;ducation des ouvriers de Saint-P&#233;tersbourg et &#224; la lutte contre le despotisme des tzars. Pouss&#233; par les m&#234;mes sentiments, il avait ensuite fait adh&#233;sion &#224; l'Internationale, et accept&#233; les id&#233;es anarchistes. Enfin, parmi les diverses fa&#231;ons de concevoir l'anarchie, il avait choisi et fait sien le programme communiste-anarchiste, qui, se basant sur la solidarit&#233; et l'amour, d&#233;passe la justice m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, joignant l'humilit&#233; &#224; la vertu (et presque &#224; la saintet&#233;), Kro&#173;potkine se cachait &#224; lui-m&#234;me ce que sa conduite avait d'h&#233;ro&#239;que en s'imposant une doctrine d'irresponsabilit&#233; absolue. C'&#233;tait l&#224; un sacrifice de plus, mais bien plus dangereux qu'utile. Car, naturellement, et comme il &#233;tait &#224; pr&#233;voir, sa philosophie d'irresponsabilit&#233; ne restait pas sans influence sur sa fa&#231;on de concevoir l'avenir anarchiste, et de mener la lutte quotidienne du r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque selon sa philosophie, tout ce qui arrive doit n&#233;cessairement arriver, il pensait que le communisme-anarchiste, tel qu'il le d&#233;sirait, devait aussi triompher fatalement. Car de deux choses l'une ; ou bien le communisme-anarchiste &#233;tait impossible, ou bien il &#233;tait in&#233;vitable &#8212;et cela, en tant que loi de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine repoussait de tout son c&#339;ur l'impossibilit&#233; du communisme et faisait de l'av&#232;nement fatal du communisme un article de foi. Cela lui enlevait toute ombre de doute ; cela cachait toute apparence de difficult&#233;. Le monde bourgeois devait fatalement crouler ; il &#233;tait d&#233;j&#224; en dissolution, et l'action r&#233;volutionnaire ne servait qu'&#224; en acc&#233;l&#233;rer la chute. Souhaiter et croire, croire et souhaiter &#8212;ne sont qu'une m&#234;me chose pour des esprits comme le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande influence de Kropotkine, aupr&#232;s des masses, d&#233;pendait pr&#233;cis&#233;ment du fait qu'il montrait la chose d&#233;sir&#233;e tellement simple, tellement facile, tellement in&#233;vitable que l'enthousiasme de croire se com&#173;muniquait tout de suite &#224; ceux qui l'&#233;coutaient ou le lisaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les difficult&#233;s morales disparaissaient &#224; ses yeux, parce qu'il attribuait au &#171; peuple &#187;, &#224; la masse des travailleurs toutes les vertus et toutes les capacit&#233;s. Et certes, il exaltait avec raison l'influence morali&#173;satrice du travail, mais il ne voyait pas assez les effets d&#233;primants et corrupteurs de la mis&#232;re et de la suj&#233;tion. Et il pensait qu'il suffirait de proclamer d&#233;chus les privil&#232;ges des capitalistes et le pouvoir des gouvernants, pour voir aussit&#244;t tous les hommes s'aimer comme fr&#232;res et veiller chacun aux int&#233;r&#234;ts d'autrui comme aux siens propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, il ne voyait pas les difficult&#233;s mat&#233;rielles de la r&#233;volution ou s'en d&#233;barrassait trop ais&#233;ment. Il avait accept&#233; l'id&#233;e, commune alors chez les anarchistes, que les produits accumul&#233;s de la terre et de l'industrie sont surabondants ; que pour longtemps, il sera inutile d'inciter les hommes &#224; la production ; que le probl&#232;me imm&#233;diat &#233;tait celui de la consommation ; que pour faire triompher les id&#233;es r&#233;volutionnaires, il n'y aurait qu'&#224; satisfaire tout de suite et largement les besoins de tous ; et que l'effort des bras suivrait, de lui-m&#234;me, le rythme des m&#226;choires. De l&#224; cette id&#233;e de la prise au tas, qu'il mit &#224; la mode, et qui est une fa&#231;on outrageusement simpliste de concevoir le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volution &#233;conomique ainsi con&#231;ue est plaisante aux oreilles de la foule, mais cette id&#233;e est &#233;galement la plus primitive et la plus dangereuse. Lorsqu'on fit observer &#224; Kropotkine qu'une grande accumulation de produits stock&#233;s &#233;tait impossible, parce que les capitalistes ne font produire que ce qu'ils peuvent vendre avec profit ; lorsqu'on sugg&#233;ra que, peut-&#234;tre, aux premiers temps de la r&#233;volution, il faudrait organiser le rationnement et pousser &#224; la production intensive plut&#244;t que d'inviter &#224; la prise au tas, quand on insinua qu'il n'y aurait, en r&#233;alit&#233;, pas de &#171; tas &#187;, mais la disette &#8212;alors il se mit &#224; &#233;tudier directement la question, il en arriva &#224; la conclusion qu'en effet l'abondance n'existait pas, et que d'immenses &#233;tendues, surpeupl&#233;es &#233;taient continuellement sous la menace de la famine. Mais il se tira d'affaire en &#233;valuant les grandes possibilit&#233;s de l'agriculture aid&#233;e par la science. Il prit comme exemple les r&#233;sultats obtenus par quelques agriculteurs ou agronomes sur des espaces limit&#233;s, et en tira les plus encourageantes cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne voyait pas les obstacles qu'auraient cr&#233;&#233; l'ignorance et l'aversion des paysans contre toute nouveaut&#233;. Il ne songeait pas au temps qu'en tous les cas il faudrait pour g&#233;n&#233;raliser les nouveaux modes de culture et de production ; la libre distribution lui paraissait possible, indispensable, en fonction des r&#233;coltes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours. Kropotkine voyait les choses telles qu'il aurait voulu qu'elles fussent &#8212;et telles que nous souhaitons tous qu'elles soient un jour. Et il consid&#233;rait comme existant, ou imm&#233;diatement r&#233;alisable, ce qui ne peut &#234;tre conquis que par de longs et durs efforts. Au fond, Kropotkine concevait la nature comme une esp&#232;ce de Providence maternelle, gr&#226;ce &#224; laquelle l'harmonie devait r&#233;gner en toutes choses, y compris les soci&#233;t&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a fait r&#233;p&#233;ter &#224; beaucoup d'anarchistes cette phrase d'une saveur d&#233;licieusement kropotkinienne : l'Anarchie c'est l'ordre de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait se demander, je pense, comment il se fait que la Nature, s'il est vrai que sa loi universelle suit l'harmonie, ait laiss&#233; s'instaurer dans son sein le syst&#232;me actuel. Pourquoi aurait-elle attendu que viennent au monde les anarchistes, pourquoi attend-elle encore qu'ils triomphent, pour d&#233;truire par son intervention r&#233;paratrice, les terribles et meurtri&#232;res discordances dont les hommes ont toujours souffert ? Ne sera-t-on pas plus pr&#232;s de la v&#233;rit&#233; en disant que l'anarchie c'est la lutte, dans les soci&#233;t&#233;s humaines, contre les discordances de la nature ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai insist&#233; sur les deux erreurs dans lesquelles, selon moi, est tomb&#233; Kropotkine. Son fatalisme th&#233;orique et son optimisme excessif m'ont paru devoir &#234;tre signal&#233;s, parce que je crois avoir constat&#233; les mauvais effets qu'ils ont produits dans notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu des camarades qui prirent au s&#233;rieux la th&#233;orie fataliste &#8212;que par euph&#233;misme nous appelons d&#233;terminisme&#8212; et qui perdirent par cons&#233;quent tout esprit r&#233;volutionnaire. La r&#233;volution, dirent-ils, ne se commande pas ; elle viendra en son temps, et il est inutile, antiscientifique et m&#234;me ridicule, de vouloir &#171; la faire &#187;. C'est avec ces bonnes raisons qu'ils s'&#233;loign&#232;rent du mouvement et all&#232;rent &#224; leurs occupations. Pi&#232;tre excuse suffisante pour se retirer de la lutte. Il n'y a l&#224; qu'un des multiples malentendus que j'ai combattus toute ma vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai connu plusieurs camarades au temp&#233;rament ardent, pr&#234;ts &#224; tous risques, qui se sont expos&#233;s &#224; de grands dangers, et ont sacrifi&#233; leur libert&#233; et leur vie au nom de l'anarchie, tout en &#233;tant convaincus de l'inutilit&#233; de leur action. Ils l'ont fait par d&#233;go&#251;t de la soci&#233;t&#233; actuelle, par vengeance, par d&#233;sespoir, par amour du beau geste, mais sans croire pour cela qu'ils servaient la cause de la r&#233;volution ; et, par cons&#233;quent, sans choisir la cible et le moment et sans s'occuper &#224; coordonner leur action avec celle des autres. Ils servaient ainsi la cause de la r&#233;volution, mais ils la servirent mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fini. Je ne crois pas que mes critiques puissent diminuer la figure de Kropotkine &#8212; qui reste, malgr&#233; tout, une de nos gloires, et l'un des caract&#232;res les plus purs de notre mouvement. Ces critiques serviront au contraire, si elles sont justes, &#224; d&#233;montrer qu'aucun homme n'est exempt d'erreurs, pas m&#234;me s'il a la haute intelligence et le c&#339;ur h&#233;ro&#239;que d'un Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(traduction d'Andr&#233; Prunier d'une &#233;tude publi&#233;e , le 15 avril 1931, dans &lt;i&gt;Studi Sociali&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[Audio] Errico Malatesta : Le programme anarchiste</title>
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		<dc:date>2021-11-15T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>


		<dc:subject>Errico Malatesta</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous croyons que la plus grande partie des maux qui affligent les hommes d&#233;coule de la mauvaise organisation sociale ; et que les hommes, par leur volont&#233; et leur savoir, peuvent les faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le programme anarchiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript165668083969d4efff6d4b27.30794615&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Malatesta2.pdf" class="spip_out"&gt;&#171; Malatesta &#187;, revue &#171; Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e &#187; n&#176;5/6 [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Annexe - &#171; Deux jugements historiques sur les conseils en Italie &#187; </title>
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		<dc:date>2020-01-28T23:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Errico Malatesta</dc:creator>


		<dc:subject>Errico Malatesta</dc:subject>
		<dc:subject>Conseils ouvriers italiens (1919-1920)</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Umanit&#224; Nova du 28 juin 1922. &lt;br class='autobr' /&gt; L'occupations des usines. &#8212; Les ouvriers m&#233;tallurgistes commenc&#232;rent le mouvement pour des questions de salaires. Il s'agissait d'une gr&#232;ve d'un genre nouveau. Au lieu d'abandonner les usines, ils restaient dedans sans travailler, en les gardant nuit et jour pour que les patrons ne puissent lock-outer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on &#233;tait en 1920. Toute l'Italie prol&#233;tarienne tremblait de fi&#232;vre r&#233;volutionnaire, et le mouvement changea rapidement de caract&#232;re. Les ouvriers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-anarchistes-et-communistes-dans-le-mouvement-des-conseils-a-" rel="directory"&gt;Anarchistes et communistes dans le mouvement des Conseils &#224; Turin (1919-1920)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-errico-malatesta-52-+" rel="tag"&gt;Errico Malatesta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-conseils-ouvriers-italiens-1919-1920-+" rel="tag"&gt;Conseils ouvriers italiens (1919-1920)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton355-7e1e4.jpg?1774699720' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Umanit&#224; Nova &lt;/i&gt;du 28 juin 1922.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'occupations des usines. &#8212; Les ouvriers m&#233;tallurgistes commenc&#232;rent le mouvement pour des questions de salaires. Il s'agissait d'une gr&#232;ve d'un genre nouveau. Au lieu d'abandonner les usines, ils restaient dedans sans travailler, en les gardant nuit et jour pour que les patrons ne puissent lock-outer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on &#233;tait en 1920. Toute l'Italie prol&#233;tarienne tremblait de fi&#232;vre r&#233;volutionnaire, et le mouvement changea rapidement de caract&#232;re. Les ouvriers pens&#232;rent que c'&#233;tait le moment de s'emparer d&#233;finitivement des moyens de production. Ils s'arm&#232;rent pour la d&#233;fense, transformant de nombreuses usines en v&#233;ritables forteresses, et ils commenc&#232;rent &#224; organiser la production pour eux-m&#234;mes. Les patrons avaient &#233;t&#233; chass&#233;s ou d&#233;clar&#233;s en &#233;tant d'arrestation... C'&#233;tait le droit de propri&#233;t&#233; aboli en fait, la loi viol&#233;e dans tout ce qu'elle a de d&#233;fense de l'exploitation capitaliste. C'&#233;tait un nouveau r&#233;gime, une nouvelle forme de vie sociale qui &#233;taient inaugur&#233;s. Le gouvernement laissait faire, parce qu'il se sentait incapable de s'y opposer, comme il l'avoua plus tard en s'excusant de l'absence de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'&#233;tendait et tendait &#224; embrasser d'autres cat&#233;gories. Des paysans occupaient les terres. C'&#233;tait la r&#233;volution qui commen&#231;ait et se d&#233;veloppait &#224; sa mani&#232;re, je dirai presque id&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes, naturellement, voyaient les choses d'un mauvais oeil et cherchaient &#224; les faire avorter. M&#234;me &lt;i&gt;Avanti&lt;/i&gt; ne sachant &#224; quel saint se vouer, tenta de nous faire passer pour des pacifistes, parce que dans &lt;i&gt; Umanit&#224; Nova&lt;/i&gt; nous avions dit que si le mouvement s'&#233;tendait &#224; toutes les cat&#233;gories, si les ouvriers et les paysans avaient suivi l'exemple des m&#233;tallurgistes, en chassant les patrons et en s'emparant des moyens de production, la r&#233;volution se serait faite sans verser une goutte de sang. Peine perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse &#233;tait avec nous. On nous demandait de nous rendre dans les usines pour parler, encourager, conseiller, et nous aurions d&#251; nous diviser en mille pour satisfaire toutes les demandes. L&#224; o&#249; nous allions c'&#233;taient nos discours que les ouvriers applaudissaient, et les r&#233;formistes devaient se retirer ou se camoufler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse &#233;tait avec nous, parce que nous interpr&#233;tions mieux ses instincts, ses besoins et ses int&#233;r&#234;ts .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant, le travail trompeur des gens de la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail et ses accords avec Giolitti suffirent &#224; faire croire &#224; une esp&#232;ce de victoire avec l'escroquerie du contr&#244;le ouvrier et &#224; convaincre les ouvriers &#224; laisser les usines, juste au moment o&#249; les possibilit&#233;s de r&#233;ussite &#233;taient les plus grandes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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