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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Une vie de militant : Pietro Gori (Suite et fin)</title>
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		<dc:creator>Ugo Fedeli</dc:creator>


		<dc:subject>Pietro Gori</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Internet Archive</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jusqu'en 1894, les pers&#233;cutions polici&#232;res et une suite de proc&#232;s rendirent l'existence de Gori particuli&#232;rement difficile. Apr&#232;s l'attentat de Caserio contre Sadi Carnot, pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise, la presse r&#233;actionnaire, accusa Gori de complicit&#233; et de provocation au meurtre, le repr&#233;sentant comme assoiff&#233; de sang. Le gouvernement fran&#231;ais prit contre lui un arr&#234;t&#233; d'expulsion avant m&#234;me qu'il e&#251;t franchi la fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait l'&#233;poque o&#249;, en Italie comme en France, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-contre-courant-no7-aout-1952-" rel="directory"&gt;Contre-Courant n&#176;7 - Ao&#251;t 1952&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-pietro-gori-+" rel="tag"&gt;Pietro Gori&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-internet-archive-+" rel="tag"&gt;Internet Archive&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH72/sans_titre-6-e4be6.jpg?1774699721' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'en 1894, les pers&#233;cutions polici&#232;res et une suite de proc&#232;s rendirent l'existence de Gori particuli&#232;rement difficile. Apr&#232;s l'attentat de Caserio contre Sadi Carnot, pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise, la presse r&#233;actionnaire, accusa Gori de complicit&#233; et de provocation au meurtre, le repr&#233;sentant comme assoiff&#233; de sang. Le gouvernement fran&#231;ais prit contre lui un arr&#234;t&#233; d'expulsion avant m&#234;me qu'il e&#251;t franchi la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l'&#233;poque o&#249;, en Italie comme en France, et ailleurs, furent vot&#233;es et appliqu&#233;es les lois d'exception, les fameuses lois sc&#233;l&#233;rates. Gori en fut l'une des premi&#232;res victimes. Contraint de quitter l'Italie et r&#233;ussissant, gr&#226;ce &#224; un subterfuge, &#224; passer en Suisse, il s'installa &#224; Lugano, o&#249; il tenta de reprendre son activit&#233; d'avocat et de militant. Cette p&#233;riode fut br&#232;ve parce qu'en janvier 1895, le gouvernement suisse, sous la pression de celui de Rome, arr&#234;tait Gori et quelques autres anarchistes italiens et les expulsait, malgr&#233; les vives et nombreuses protestations de la presse suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette &#233;poque que date son chant : &#171; Adieu &#224; Lugano &#187;, encore tr&#232;s populaire en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirig&#233; sur l'Allemagne, Gori se r&#233;fugia d'abord en Belgique et de l&#224; se rendit &#224; Londres o&#249; vivaient alors Kropotkine, Ch. Malato, Louise Michel, S&#233;bastien Faure, Malatesta, Stepniak et parmi les non-anarchistes, Rochefort. A Londres les difficult&#233;s d'installation se r&#233;v&#233;laient nombreuses et la situation &#233;conomique y &#233;tait peu brillante. Apr&#232;s un voyage &#224; Amsterdam pour y rencontrer Domela Niewenhuis, il s'embarqua comme matelot et se rendit en Am&#233;rique du Nord qu'il parcourut en tout sens, donnant conf&#233;rences sur conf&#233;rences et d&#233;ployant une telle activit&#233; que bient&#244;t sa sant&#233; allait se trouver menac&#233;e. Il donna au cours d'une seule ann&#233;e quatre cents conf&#233;rences en italien, fran&#231;ais, anglais et espagnol ; &#224; Petterson il fonda le journal &lt;i&gt;La Question sociale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L360xH492/pietro_gori-2b0e7.jpg?1774696067' width='360' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1896, mandat&#233; par les Trade Unions am&#233;ricaines, il revint en Europe et participa au congr&#232;s ouvrier socialiste international qui, cette ann&#233;e-l&#224;, eut lieu &#224; Londres. Mais un &#233;puisement nerveux le contraignit de se faire hospitaliser. La convalescence le ramena en Italie o&#249; la police le laissa en &#171; libert&#233; surveill&#233;e &#187;, ce qui ne l'emp&#234;chait point d'accourir partout o&#249; l'on faisait appel &#224; son talent d'avocat. Il intervint surtout dans deux proc&#232;s mouvement&#233;s : d'abord &#224; la d&#233;fense de camarades qui avaient pris part aux mouvements de Carrarese, puis &#224; la d&#233;fense de Malatesta, &#224; Anc&#244;ne, en 1898. Apr&#232;s les &#233;meutes de Milan (mai 1898), et bien que recherch&#233; par la police, il resta dans la ville. Tout espoir de succ&#232;s ayant d&#251; &#234;tre abandonn&#233;, et la r&#233;volte noy&#233;e dans le sang, la r&#233;pression donna libre cours &#224; sa haine. Gori, ayant vu son &#233;tude saccag&#233;e par les policiers, de nouveau se r&#233;fugia &#224; l'&#233;tranger et, traversant une partie de la France, s'embarqua &#224; Marseille, cette fois pour l'Am&#233;rique du Sud. Il se trouvait &#224; Buenos-Aires quand le tribunal institu&#233; &#224; Milan pour frapper les r&#233;volutionnaires le condamna par contumace &#224; douze ann&#233;es de prison, non pour sa participation aux &#233;meutes mais pour les discours qu'il avait prononc&#233;s avant les &#233;v&#233;nements de 1898.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine il d&#233;ploya une activit&#233; &#233;tonnante qui a laiss&#233; des traces profondes m&#234;me dans les milieux non enti&#232;rement acquis &#224; l'anarchisme ; il mit ses brillantes capacit&#233;s au service de la science autant qu'&#224; celui de la cause sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une s&#233;rie de conf&#233;rences au Cercle de la presse et &#224; la Facult&#233; de droit, il cr&#233;a une belle et importante revue d'&#233;tudes de criminologie, &lt;i&gt;La Criminologie moderne&lt;/i&gt;, qui parut pendant deux ans. Plus tard, il fut charg&#233; par la Soci&#233;t&#233; scientifique argentine d'un voyage dans les r&#233;gions australes pour y &#233;tudier les races sauvages de Patagonie. Puis suivirent ses &#233;tudes et recherches le long du Parana et &#224; travers le Chaco. Il demeura en Argentine pendant quatre ann&#233;es et en 1902, profitant d'une amnistie, revint en Italie et reprit sa course par tout le pays, faisant inlassablement de nouvelles conf&#233;rences. En 1903, avec Luigi Fabbri, il fonde &#224; Rome l'importante revue &lt;i&gt;La Pens&#233;e&lt;/i&gt;. Malade et ayant besoin de repos, il fait un voyage en Egypte, pensant trouver l&#224;-bas le calme qui lui est refus&#233; en Italie, et y recouvrer la sant&#233;. Mais aussit&#244;t que sa pr&#233;sence est signal&#233;e dans une ville, il doit &#8212; bien que les m&#233;decins lui aient conseill&#233; de parler peu &#8212; y prononcer de nouvelles conf&#233;rences, et toujours il r&#233;pond favorablement aux demandes qui lui parviennent de tous c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il revint en Italie, toujours malade, et reprit, contre l'avis des m&#233;decins, ses tourn&#233;es de propagande, harcel&#233; qu'il &#233;tait par les appels de ses camarades. Le sujet de ces nouvelles conf&#233;rences sera inspir&#233; de l'exp&#233;rience nouvelle acquise au cours de son dernier voyage et le titre, suggestif, en sera : &#171; De la terre des Pharaons au pays de J&#233;sus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce nouvel effort l'&#233;puise. Maintenant le mal s'est aggrav&#233;. Retir&#233; &#224; Portoferraio il y restera d&#233;sormais seul avec sa soeur, Bice, qui, infatigablement, sera pr&#232;s de lui. En 1909, apr&#232;s quelques mois de repos, il entreprend une tourn&#233;e de conf&#233;rences en Romagne, mais quand il revient dans l'&#238;le d'Elbe, de nouveau ses forces se sont &#233;puis&#233;es. Il ne peut plus parler, mais il a une nette conscience de la gravit&#233; de son &#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il meurt le 8 mai 1911 &#224; Portoferraio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, la figure et la pens&#233;e de Gori sont rest&#233;es tr&#232;s populaires et nombreux sont encore les vieux militants qui se souviennent de lui. Son nom y est ins&#233;parable de celui de Malatesta. Ses nombreuses brochures, ses conf&#233;rences, ses recueils de po&#233;sies et ses &lt;i&gt;Esquisses sociales&lt;/i&gt; sont publi&#233;es et vendues &#224; des dizaines de milliers d'exemplaires. En Espagne et plus encore en Argentine on n'a pas oubli&#233; l'avocat, le savant, le militant anarchiste. En France, son nom est presque inconnu ; quelques rares brochures ont &#233;t&#233; traduites et publi&#233;es, en sorte qu'il est tr&#232;s difficile de porter un jugement sur ses id&#233;es et la valeur de leur apport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt; de Gori, publi&#233;es en Italie, forment un ensemble de treize volumes et ont atteint leur troisi&#232;me &#233;dition &#8212; dont l'une, populaire, en 1946-47, fut rapidement &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mani&#232;re d'exposer les id&#233;es &#233;tait peut-&#234;tre particuli&#232;re au caract&#232;re italien et r&#233;pondait sans doute aux exigences du moment. Mais ses Po&#233;sies connurent des jours de grande diffusion et ses diverses &#339;uvres de th&#233;&#226;tre : &lt;i&gt;Id&#233;al &lt;/i&gt;, &lt;i&gt; Sans patrie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Gens honn&#234;tes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Premier mai&lt;/i&gt;, exposaient des sentiments, des besoins, des exigences propres aux premi&#232;res ann&#233;es de notre si&#232;cle. Et nous ne devons pas oublier qu'&#224; c&#244;t&#233; de ces &#339;uvres de propagande, il y a aussi ses &#233;crits de criminologie, et les comptes rendus de ses conf&#233;rences qui sont parmi ses &#339;uvres les plus importantes et se lisent aujourd'hui encore avec int&#233;r&#234;t et profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en compl&#233;ment &#224; cette contribution intellectuelle il y a l'exemple de sa vie, qui est pour tous un grand enseignement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une vie de militant : Pietro Gori </title>
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		<dc:creator>Ugo Fedeli</dc:creator>


		<dc:subject>Pietro Gori</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Contre Courant&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Internet Archive</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Congr&#232;s fameux tenu &#224; G&#234;nes en 1892, la rupture entre socialistes-autoritaires et anarchistes devint d&#233;finitive. Ce Congr&#232;s marqua dans l'histoire du parti socialiste italien une date importante et pour le mouvement anarchiste son vrai d&#233;part. Deux orateurs se signal&#232;rent dans la d&#233;fense du point de vue anarchiste : Luigi Galleani et Pietro Gori. Ce dernier &#8212; qui avait commenc&#233; sa vie militante dans les rangs de l'Internationale, &#224; Livourne et &#224; Pise &#8212; prenait depuis quelques ann&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-contre-courant-269-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Contre Courant&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-internet-archive-+" rel="tag"&gt;Internet Archive&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-5-5f82f.jpg?1774699721' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le Congr&#232;s fameux tenu &#224; G&#234;nes en 1892, la rupture entre socialistes-autoritaires et anarchistes devint d&#233;finitive. Ce Congr&#232;s marqua dans l'histoire du parti socialiste italien une date importante et pour le mouvement anarchiste son vrai d&#233;part. Deux orateurs se signal&#232;rent dans la d&#233;fense du point de vue anarchiste : Luigi Galleani et Pietro Gori. Ce dernier &#8212; qui avait commenc&#233; sa vie militante dans les rangs de l'Internationale, &#224; Livourne et &#224; Pise &#8212; prenait depuis quelques ann&#233;es une part active &#224; la vie du &#171; Parti ouvrier &#187;, lequel r&#233;unissait des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires et &#233;galitaires, libertaires et autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me qu'il contribua &#224; donner, &#224; une heure importante de son histoire, son caract&#232;re propre au mouvement anarchiste, il allait devenir, tant par la plume que par la parole, le propagandiste infatigable des id&#233;es anarchistes. Enthousiaste, fervent et inlassable, il se donna tout entier au mouvement et, en Italie d'abord, puis &#224; l'&#233;tranger, il porta sa parole chaude et passionn&#233;e qui savait s&#233;duire et persuader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il naquit &#224; Messine, le 14 ao&#251;t 1865. De son p&#232;re, qui fut soldat et conspirateur pour l'ind&#233;pendance de l'Italie, il avait h&#233;rit&#233; la fermet&#233; du combattant ; de sa m&#232;re, tendre et cultiv&#233;e, la cordialit&#233; du militant et la passion du chercheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit ses &#233;tudes classiques et universitaires d'abord &#224; Livourne puis &#224; Pise et c'est durant ces ann&#233;es d'&#233;tudiant dans ces deux villes qu'il se familiarisa avec les id&#233;es socialistes, puis devint anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/65801_ca_object_representations_media_10741_large.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH792/65801_ca_object_representations_media_10741_large-b33cf.jpg?1774752007' width='500' height='792' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait alors, pour l'anarchisme, en Italie, des ann&#233;es particuli&#232;rement p&#233;nibles au cours desquelles police et magistrature frappaient d'autant plus durement les militants que les id&#233;es expos&#233;es par ces derniers trouvaient aupr&#232;s des masses une audience toujours plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'influence de Bakounine &#8212; qui apportait en Italie les id&#233;es r&#233;volutionnaires de l'Internationale et y faisait une active propagande (en opposition aux conceptions mystico-politiques de Mazzini) &#8212; des hommes comme Cafiero, Favelli et Costa donn&#232;rent une vigoureuse impulsion au mouvement socialiste-libertaire naissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1885 que le jeune Gori, encore &#233;tudiant, adh&#233;ra &#224; ce mouvement, et en 1887 qu'il connut son premier proc&#232;s pour la publication d'une brochure : &lt;i&gt;Pens&#233;es rebelles&lt;/i&gt; qui rapporta &#224; son auteur une ann&#233;e de prison. Par la suite, cette brochure connut plusieurs dizaines d'&#233;di&#173;tions, mais aucun juge n'y trouva plus alors mati&#232;re &#224; poursuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les pers&#233;cutions &#8212; les adh&#233;rents &#224; l'Internatio&#173;nale &#233;taient pr&#233;sent&#233;s comme de dangereux malfaiteurs, sans cesse surveill&#233;s et pers&#233;cut&#233;s par la police &#8212; Gori r&#233;ussit &#224; prendre ses grades universitaires, soutenant une th&#232;se remarquablement courageuse &#224; l'&#233;poque : &lt;i&gt;La mis&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
et le crime&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, comme dans tous les pays, la vie du militant est jalonn&#233;e par les arrestations et les proc&#232;s. Certains de ceux-ci, les plus importants, eurent lieu en 1887, 89, 90, 91, 94 et 98. En 1891, avant que la scission du parti ouvrier &#8212; lequel suivait encore les directives de la pre&#173;mi&#232;re Internationale &#8212; s&#233;par&#226;t les socialistes en autori&#173;taires et libertaires, Gori prit part au Congr&#232;s de Capolago &#8212; congr&#232;s auquel particip&#232;rent des hommes comme Save&#173;rio Merlino, Malatesta et Almicare Cipriani &#8212; qui marqua le d&#233;but d'un important d&#233;veloppement de l'action et de la propagande anarchistes en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu avocat, mais ne pouvant exercer &#224; Livourne, &#224; cause des continuelles provocations polici&#232;res, Gori se ren&#173;dit &#224; Milan o&#249;, pensait-il, il lui serait plus ais&#233; de tra&#173;vailler et de lutter. C'est dans cette ville qu'il fonda &#8212;aid&#233; par un groupe d'&#233;tudiants et d'ouvriers &#8212; le journal&lt;i&gt; l'Ami du peuple&lt;/i&gt; dont les vingt-sept num&#233;ros publi&#233;s furent syst&#233;matiquement saisis et poursuivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Milan, il accourait toujours l&#224; o&#249; la pr&#233;sence de l'avocat &#233;tait jug&#233;e n&#233;cessaire, et de nombreuses plaidoiries prononc&#233;es par lui &#224; cette &#233;poque sont rest&#233;es c&#233;l&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1892, socialistes-l&#233;galitaires et socialistes-anar&#173;chistes (c'est ainsi que, pendant longtemps, on appela les anarchistes en Italie) unissaient leurs efforts et, parmi les seconds, nombreux &#233;taient ceux qui avaient adh&#233;r&#233; au &#171; parti ouvrier &#187;. Comme nous l'avons dit plus haut c'est pr&#233;cis&#233;ment au Congr&#232;s de G&#234;nes que les deux tendances se heurt&#232;rent, d'o&#249; r&#233;sulta la scission. Le &#171; parti ouvrier &#187; se fractionna en &#171; parti socialiste &#187; et &#171; mouvement anar&#173;chiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(&lt;i&gt;&#224; suivre&lt;/i&gt;) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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