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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Une colonie communiste - Comment nous vivons et pourquoi nous luttons - Brochure PDF</title>
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		<dc:creator>&#201;mile Chapelier </dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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		<title>Une colonie communiste - Comment nous vivons et pourquoi nous luttons - PDF</title>
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		<dc:creator>&#201;mile Chapelier </dc:creator>



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		<title>Une colonie libertaire - Comment nous vivons et pourquoi nous luttons </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;mile Chapelier </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;mile Chapelier </dc:subject>
		<dc:subject>Fortun&#233; Henry </dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'exposer des th&#233;ories, de convaincre des intelligences, de propager des id&#233;es. C'est seulement autour d'une action commune que se r&#233;alisera l'union f&#233;conde des &#233;nergies r&#233;volutionnaires. Les ouvriers syndicalistes italiens et fran&#231;ais l'ont bien compris, eux qui raniment chaque jour leur sentiment de r&#233;volte au feu d'une lutte incessante. Ne nous y trompons jamais, les syst&#232;mes philosophiques et sociaux ne s'imposeront &#224; tous qu'apr&#232;s avoir profond&#233;ment plong&#233; leurs racines dans la r&#233;alit&#233; substantielle de la vie. Exalter l'amour de la libert&#233; au c&#339;ur des hommes, leur d&#233;montrer l'inutilit&#233; du pouvoir de l'homme sur l'homme, c'est bien ; mais vivre au vu et au su de tous, sans ma&#238;tres et sans r&#232;glements, c'est mieux. Que signifierait une n&#233;gation aveugle de la Soci&#233;t&#233; actuelle, si elle ne s'accompagnait pas d'une &#233;dification partielle de la soci&#233;t&#233; future ? Ceux qui sauront cr&#233;er auront le droit de d&#233;truire et la destruction des institutions que nous attaquons ne se comprend que par des hommes capables de cr&#233;er les modes nouveaux de la vie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-emile-chapelier-256-+" rel="tag"&gt;&#201;mile Chapelier &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-fortune-henry-+" rel="tag"&gt;Fortun&#233; Henry &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH89/arton1370-8e373.jpg?1774719688' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;face&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas d'exposer des th&#233;ories, de convaincre des intelligences, de propager des id&#233;es. C'est seulement autour d'une action commune que se r&#233;alisera l'union f&#233;conde des &#233;nergies r&#233;volutionnaires. Les ouvriers syndicalistes italiens et fran&#231;ais l'ont bien compris, eux qui raniment chaque jour leur sentiment de r&#233;volte au feu d'une lutte incessante. Ne nous y trompons jamais, les syst&#232;mes philosophiques et sociaux ne s'imposeront &#224; tous qu'apr&#232;s avoir profond&#233;ment plong&#233; leurs racines dans la r&#233;alit&#233; substantielle de la vie. Exalter l'amour de la libert&#233; au c&#339;ur des hommes, leur d&#233;montrer l'inutilit&#233; du pouvoir de l'homme sur l'homme, c'est bien ; mais vivre au vu et au su de tous, sans ma&#238;tres et sans r&#232;glements, c'est mieux. Que signifierait une n&#233;gation aveugle de la Soci&#233;t&#233; actuelle, si elle ne s'accompagnait pas d'une &#233;dification partielle de la soci&#233;t&#233; future ? Ceux qui sauront cr&#233;er auront le droit de d&#233;truire et la destruction des institutions que nous attaquons ne se comprend que par des hommes capables de cr&#233;er les modes nouveaux de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH363/wb_col_comm_lib_emile_chapelier_1914_copie-afe74-1c929.jpg?1774705371' width='150' height='363' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&#201;mile Chapelier en 1914&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pourquoi le titre de la brochure d'&#201;mile Chapelier est toute une le&#231;on de choses : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Comment nous vivons et pourquoi nous luttons&lt;/q&gt;. N'est-ce pas affirmer la relation &#233;troite qui doit r&#233;unir l'existence de chacun de nous au sein m&#234;me du monde contemporain et l'existence id&#233;ale que nous tendons &#224; rendre possible dans un proche avenir ? Ce fut l'erreur d'un grand nombre d'anarchistes, au d&#233;but du mouvement, de croire la r&#233;volution imminente et de ne pas envisager le long effort de pr&#233;paration qui doit la pr&#233;c&#233;der. Les colonies libertaires qui se constituaient alors se consid&#233;raient comme les noyaux d'une organisation nouvelle et rarement comme une simple exp&#233;rience sociologique et une base pratique de propagande r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les colons qui, par l'organe d'un des leurs, publient cette brochure, se rattachent au contraire &#224; cette derni&#232;re con&#173;ception. Ils veulent d'abord prouver que la libre entente et la bonne volont&#233; de tous suffisent &#224; assurer l'ordre dans la vie sociale et donner l'exemple de ce que pourrait &#234;tre la soci&#233;t&#233;, d&#233;barrass&#233;e de ces deux principes de haine et de d&#233;sordre : la propri&#233;t&#233; et l'autorit&#233;. Ils veulent ensuite se m&#233;nager &#224; eux-m&#234;mes une ind&#233;pendance incompatible avec la qualit&#233; de salari&#233; et r&#233;aliser un milieu susceptible de fortifier la foi r&#233;volutionnaire de ses habitants et de ses visiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, certes, ce nous est une joie r&#233;confortante, &#224; nous tous qui r&#234;vons la Concorde et la Libert&#233; dans la vie sociale, de savoir qu'en un coin perdu de campagne, vivent des hommes fraternels el libres gui repr&#233;sentent en petit l'humanit&#233; de demain. Ils nous emp&#234;chent de cultiver un verbalisme r&#233;volutionnaire qui ne rattacherait pas chacun de ses termes et chacune de ses formules &#224; une image nette et r&#233;elle. Ils nous permettent aussi d'&#233;chapper &#224; tout scep&#173;ticisme et de combattre sans h&#233;sitation pour l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; harmonieuse o&#249;, comme chez eux, l'effort volontaire de chacun concourra &#224; la prosp&#233;rit&#233; commune et o&#249; le bonheur de tous sera la seule condition mat&#233;rielle du bonheur de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;EMMANUEL TESCH.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Propagande par l'exemple &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De tous les moyens de propagande, me disait un jour Elis&#233;e Reclus, l'exemple est assur&#233;ment le meilleur.&lt;/q&gt; Et il avait raison, le c&#233;l&#232;bre savant. Faire de beaux discours et de beaux livres, c'est fort bien ; nous les aimons parce qu'ils nous char&#173;ment et nous ne pensons point &#224; nier leur influence &#233;mancipatrice ; mais, quelque soit la g&#233;nie d'un orateur ou d'un &#233;crivain, il ne pourra jamais atteindre la puissante &#233;loquence d'une bonne ac&#173;tion ! Aussi, &#224; notre humble avis, tous ceux qui se r&#233;clament de la philosophie anarchiste doivent avoir &#224; c&#339;ur de prouver par leurs actes, bien plus que par leurs paroles, qu'ils constituent le parti des honn&#234;tes gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne dogmatisons point, et nous ne savons que trop bien combien, dans le barbare chaos des institutions modernes, il est difficile de conformer sa vie &#224; des principes de fraternit&#233;. Mais il n'en est pas moins vrai que l'individu modifie le milieu comme le milieu modifie l'individu. Et cette lutte contre l'ambiance est possible pour nous, qui trou&#173;vons dans les sublimes grandeurs de nos aspira&#173;tions un r&#233;servoir de forces qui se multiplient d'autant plus qu'on en prend davantage. Prenons-en donc et n'oublions jamais que c'est surtout en pratiquant la libert&#233;, la justice, le respect de la conscience humaine, que nous habituerons le plus s&#251;rement les multitudes aux visions des meilleurs devenirs... ; que c'est surtout en accentuant de plus en plus la violence des contrastes entre ce qui est et ce qui doit &#234;tre, que nous feront naitre en elles l'&#233;nergie des combats n&#233;cessaires !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la th&#233;orie vers la pratique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme, ou, si l'on veut, la th&#233;orie anar&#173;chiste, a forc&#233; l'admiration de tous ceux qui l'ont &#233;tudi&#233;e sans id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, sans le stupide aprio&#173;risme des gens born&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus possible de s'imaginer le nombre des h&#233;ros qui lui ont sacrifi&#233; leur pain, leur libert&#233; ou leur vie. Des litt&#233;rateurs, des po&#232;tes, des auteurs dramatiques, tels qu'Anatole France, Octave Mir&#173;beau, Jehan Rictus, Paul Paillette, Brieux, Mau&#173;rice Donay, etc., en ont impr&#233;gn&#233; leurs &#339;uvres g&#233;niales. Elie et Elis&#233;e Reclus, Michel Bakounine, Jean Grave, Errico Malatesta, Charles Malato, S&#233;bastien Faure, Charles Albert, Domela Nieu&#173;wenhuis, et une foule d'autres, en ont trac&#233; les grandes lignes avec une maitrise qu'on ne discute m&#234;me pas. Tout r&#233;cemment, notre savant camarade Pierre Kropotkine dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;l'Entr'aide&lt;/i&gt;, reprenant et d&#233;veloppant l'une des plus merveilleuses d&#233;couvertes du si&#232;cle dernier, a prouv&#233; une fois de plus que la conception liber&#173;taire n'est en somme que la conclusion logique des lois les plus certaines de l'&#233;volution naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toutes ces &#339;uvres ne sont &#233;tudi&#233;es que par un nombre encore relativement restreint de men&#173;talit&#233;s sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, &#224; cause de son impitoyable logique et de sa majestueuse grandeur, la th&#233;orie &#233;chappe &#224; l'&#233;troite compr&#233;hension du grand public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui vivent des mystifications sociales ont beau jeu ; il leur est facile de provoquer contre nous des railleries et des pers&#233;cutions abomina&#173;bles, en invoquant des pr&#233;textes inf&#226;mes. Mais supposez que notre orateur ou notre pol&#233;miste puisse r&#233;pondre &#224; son adversaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quoi, vous pr&#233;tendez que notre id&#233;al d'&#233;volu&#173;tions libres et progressives, de vie fraternellement &#233;galitaire, est irr&#233;alisable ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Eh bien ! allez voir &#224; X... Vous y trouverez un nombre toujours grandissant de ces hommes que vous qualifiez de fous, de mauvais dr&#244;les et d'assassins. Ils vivent comme dans une grande famille, n'ayant ni dieu ni ma&#238;tres, ni r&#232;glements, ni contraintes, ne connaissant entre eux ni propri&#233;t&#233;s, ni r&#233;tributions ; chacun y travaille librement, selon ses forces et ses aptitudes, et y consomme non moins librement, selon.. ses go&#251;ts et ses besoins. Tous ceux qui entrent dan la vie y trouvent un berceau et des baisers, tandis que le vieillards passent leurs derni&#232;res ann&#233;es dans le repos, dans le su&#173;pr&#234;me bonheur d'&#234;tre choy&#233;s par des gens qui ne sp&#233;culent point sur leur mort ! L'amour, lib&#233;r&#233; de toutes ses entraves, y r&#233;sulte des besoins physiologiques et des vibrantes affinit&#233;s psychiques ; aussi n'y est-il jamais souill&#233; ni par violence, ni par la corruption : Chaque union est une apoth&#233;ose des enivrantes beaut&#233;s de la vie !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que r&#233;pondre &#224; pareil discours ? Rien ! Le scep&#173;tique n'a qu'une chose &#224; faire : aller voir et s'incli&#173;ner devant le fait accompli...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avantages pour la solution du probl&#232;me social &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce c&#244;t&#233; de la question doit &#234;tre vu sous deux angles diff&#233;rents. C&#183;est un premier pas dans la voie de l'organisation pratique du communisme int&#233;&#173;gral. Car, plus les milieux libres se multiplieront, plus ils pourront se perfectionner ; chaque nouveau profitera de l'exp&#233;rience des autres. Leurs diff&#233;&#173;rences ne peuvent manquer d'&#234;tre des indications utiles, des documents pr&#233;cieux pour les futures triomphateurs du capitalisme, qui devront r&#233;or&#173;ganiser la production et la consommation sur des bases nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il ne faudrait pas croire que dans notre pens&#233;e on pourrait arriver, par la multipli&#173;cation des colonies, &#224; transformer pacifiquement la soci&#233;t&#233; capitaliste en soci&#233;t&#233; communiste ; car, si elle devenait pour la bourgeoisie un danger &#233;conomique, celle-ci nous mettrait encore, par sa conduite provocatrice, dans l'obligation de nous d&#233;fendre par la violence. D'autre part, il est, croyons-nous, impossible de rentrer, par un travail nouveau, en possession des richesses sociales accumul&#233;es par toutes les g&#233;n&#233;ration ant&#233;rieures. T&#244;t ou tard l'expropriation radicale s'imposera brutalement, en droit et en fait.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avantages pour la propagande &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;volutionnaire conscient se trouve, &#171; en face de lui-m&#234;me &#187;, dans l'obligation morale de choisir entre la r&#233;volte imm&#233;diate ou la propagande par la plume, la parole, etc. ; s'il prend ce dernier parti, il doit, n'est-il pas vrai ? se placer dans les meilleurs conditions possible, tant au point de vue mat&#233;riel que moral ; car s'il se trouve sous la f&#233;rule d'un patron, il est &#224; chaque instant forc&#233; de tran&#173;siger, souvent de se taire et de s'abaisser, et sa pro&#173;pre soumission diminue singuli&#232;rement la valeur des quelques mots qu'il dit en secret &#224; ses cama&#173;rades d'esclavage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, il ne peut tenir compte des avertisse&#173;ments &#171; paternels &#187; de son exploiteur ; mais alors c'est le ch&#244;mage, le boycottage, la mis&#232;re noire, et pendant qu'il se pr&#233;occupe de rassasier demain la faim de la semaine derni&#232;re... quelle propagande peut-il faire ? Et combien, &#224; bout de courage, abrutis par le surmenage, affaiblis par le priva&#173;tions, d&#233;sesp&#233;r&#233;s, affol&#233;s par l'id&#233;e de crever de faim avec les leurs, ne finissent pas dans la honte des pires exp&#233;dients ? Ma plume tremble au souvenir des longues impuissances, de toutes les chutes, de toutes les dramatiques r&#233;gressions auxquelles j'ai assist&#233; au cours de mes seize ann&#233;es de lutte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un M. L., au contraire, le militant peut consacrer plus de temps &#224; l'&#233;tude et &#224; la propa&#173;gande ; d'autre part, n'ayant plus &#224; craindre le renvoi de l'atelier, ni le boycottage patronal, il peut se livrer librement &#224; toute sa fougueuse combativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les raisons qui nous ont amen&#233;s &#224; faire l'&#171; Exp&#233;rience &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH309/sans_titre-2-12-42b29.jpg?1774727341' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'Exp&#233;rience - La Colonie communiste libertaire &#224; Stockel-Bois. Le d&#233;but. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article143.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle existe depuis le 3 avril 1905, c'est-&#224;-dire depuis treize mois et demi, au moment o&#249; j'&#233;cris. C'est peu, surtout si l'on tient compte du nombre relativement restreint d'exp&#233;rimentateurs &#8212;actuellement dix personnes. Mais, comme nous nous proposons de faire bien et beaucoup, nous croyons devoir, d&#232;s maintenant, inviter le public &#224; suivre nos d&#233;veloppements, &#224; &#233;tudier avec nous les diff&#233;rentes manifestations de notre vie intime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc examiner, au double point de vue n&#233;gatif et positif, les bases essentielles de la colonie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La propri&#233;t&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne puis, faute de place, exposer, ici dans tous ses d&#233;tails et dans toute son ampleur, la critique anarchiste du pr&#233;tendu droit de propri&#233;t&#233; ; je me bornerai &#224; r&#233;futer, en quelques mots, les trois argu&#173;ments essentiels &#224; l'aide desquels on pr&#233;tend le justifier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Un monsieur trouve, n'importe comment, un coin inoccup&#233; de la plan&#232;te. En est-il pour cela le l&#233;gitime propri&#233;taire ? Non, car il faudrait, ce qui est impossible, &#233;tablir qu'il a &#233;t&#233; fait expr&#232;s pour celui qui le trouverait. C'est absurde. D'autre part, il est contraire &#224; la plus &#233;l&#233;mentaire justice de jouir seul d'une chose que l'on conna&#238;t et d'en priver le reste du monde. Cela, d'autant plus qu'une d&#233;couverte est impossible, sans la collaboration directe ou indirecte de tous les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Ce &#171; droit &#187; premier occupant est, du reste, an&#233;anti par un autre &#171; droit &#187; &#233;galement admis par les lois, les us et coutumes louables de nos bons ma&#238;tres, je veux dire le droit de conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, conqu&#233;rir signifie &lt;i&gt;prendre par les armes ce qu'autrui poss&#232;de&lt;/i&gt; &#8212; &#224; propos, pourquoi diable peut-on mettre en prison les cambrioleurs et les bandits de grand chemin ? &#8212; Cependant, pour faire plaisir &#224; nos seigneurs, admettons que le vol &#224; main arm&#233;e soit une chose admirable... Mais, alors, que devient le droit du premier occupant ? Que signifie ce droit qu'on peut l&#233;gitimement violer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Il parait qu'on peut aussi devenir propri&#233;taire &#224; force de travail et d'&#233;conomie. D'abord, il conviendrait de savoir si l'on en a le droit... mais l'analyse de ce probl&#232;me m'entra&#238;nerait &#224; d&#233;passer mon cadre. Je me bornerai donc &#224; faire observer que les &#233;conomies r&#233;sultant de son propre travail sont t&#244;t ou tard condamn&#233;es &#224; disparaitre, si elles ne se conservent pas, gr&#226;ce au travail d'autrui. Comme en termes de morale anarchiste on &#171; appelle un chat un chat et Rollet un fripon &#187;, on appelle aussi les sp&#233;culations de cette sorte : Vols, exploitations, rapines !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de ces principes n&#233;gatifs, l'une des bases fondamentales de l'&#171; Exp&#233;rience &#187; devait donc &#234;tre la propri&#233;t&#233; commune. Aussi, tout appartient &#224; tous et il ne vient &#224; l'id&#233;e de personne de r&#233;clamer la propri&#233;t&#233; exclusive de quoi que ce soit ; bien plus, nous ne concevons m&#234;me pas qu'un homme raisonnable ait la pens&#233;e de le faire. Nous savons trop bien que, par la r&#233;union de toutes nos forces, par l'intime solidarit&#233; de tous nos moyens, nous arriverons plus s&#251;rement &#224; nous assurer, au moins pour l'avenir, une existence plus agr&#233;able que si chacun luttait pour son propre compte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Autorit&#233; et libert&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout ceux qui mangent au r&#226;telier de l'&#201;tat, tous ceux qui ont le cerveau empoisonn&#233; par l'&#233;ducation autoritaire, tous ceux que l'atavisme encha&#238;ne aux coutumes s&#233;culaires, nous disent : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'homme ne saurait se diriger lui-m&#234;me ; il faut des ma&#238;tres pour mettre de l'ordre dans les rapports sociaux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette objection p&#234;che par la base ; si l'homme n'est pas assez raisonnable pour se diriger lui-m&#234;me, il l'est encore bien moins pour diriger les autres. Mais nous ne sommes pas des n&#233;gateurs pessimistes ; nous croyons aux progr&#232;s ind&#233;finis de la race humaine. L'&#233;tude de l'homme, au point de vue de son histoire naturelle, nous a permis de constater que sa tendance au mal n'est pas un vice de nature, mais un &#233;tat pathologique qui ne se produit et ne s'intensifie que sous l'influence de circonstances favorables &#224; sa production et &#224; son d&#233;veloppement. La plupart des crimes ont le vol pour mobile : on vole pour &#233;chapper aux tourments de la mis&#232;re, aux tortures de la faim, pour se soustraire aux labeurs trop longs, trop esquintants et trop malsains, inh&#233;rents &#224; l'exploitation capitaliste ; on vole aussi par amour du lucre, pour se procurer des jouissances dont on est priv&#233;, pour devenir un de ces puissants personnages dont l'instituteur, le cur&#233; et le journal honn&#234;te pr&#234;chent le respect et qui voient le monde se courber devant eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend &#224; lire aux enfants dans des livres qui excitent leur admiration pour les grands potentats qui ont souill&#233; la terre par le sang et les larmes qu'ils ont fait verser, par les brigandages dont ils se sont rendus coupables. Elev&#233; dans cet esprit de violence, familiaris&#233; avec l'id&#233;e du sang, avec le plus cynique m&#233;pris de la vie, convaincu que la force est l'essence du droit, l'homme conclut, souvent m&#234;me sans le savoir, que si un monarque peut se servir du canon pour conqu&#233;rir ou pour conserver un pays avec ses habitants, lui peut tout aussi bien se servir du poignard ou du vitriol pour conqu&#233;rir ou conserver l'&#234;tre que ses sens r&#233;clament. D'autre part, nos lois, pr&#233;tendument moralisatrices, ne provoquent-elles pas directement, en les justifiant par anticipation, les crimes passionnels, &#224; la seule condition que le nom de la victime et celui de l'assassin soient inscrits d'avance sur un registre officiel ?... Au lieu de tant chanter le respect d&#251; &#224; l'autorit&#233; et la gloire des puissants, pourquoi n'enseigne-t-on pas le respect de la libert&#233; d'autrui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la prostitution ? Tiens ! oui, parlons-en un peu. Voici une jeune ouvri&#232;re, portant dans ses bras le produit d'un ignoble s&#233;ducteur ; voici une jeune veuve sans ressources, que voulez-vous qu'elles fassent pour nourrir leurs mioches ? L'honn&#234;te patron repousse l'une avec m&#233;pris, il acceptera peut-&#234;tre l'autre, par charit&#233;, s'entend. Mais le moyen de vivre &#224; deux ou trois, avec le salaire qui ne suffirait pas &#224; un seul ? Piti&#233; pour ces malheureuses qui, de d&#233;sespoirs en d&#233;sespoirs et de chutes en chutes, finissent par demander &#224; d'immondes lubricit&#233;s, le pain que la soci&#233;t&#233; capitaliste leur refuse pour un travail f&#233;cond !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est d'autres, je le sais. En voici une qui se vend pour s'acheter de co&#251;teux chiffons... Mais lui a-t-on jamais parl&#233; d'autre chose ? Pourquoi, quand elle allait &#224; l'&#233;cole, ne lui a-t-on pas dit que si M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; la marquise avait un peu plus de science, un peu plus de c&#339;ur et d'esprit, elle serait beaucoup plus int&#233;ressante qu'avec ses chevaux et ses toilettes, qu'elle serait beaucoup plus admirable avec des durillons aux mains qu'avec du fard sur les joues ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cur&#233;s, patrons, l&#233;gislateurs, montrez-nous l'efficacit&#233; de vos &#233;pouvantes et de vos mesures r&#233;pressives ! Horreur ! vos mains sont vides, elles sont rougies de sang et gonfl&#233;es de honte ! Tous les progr&#232;s moraux se r&#233;alisent sans vous ; toutes les transformations sociales s'accomplissent malgr&#233; vous et, par votre r&#233;sistance &#224; l'&#233;volution naturelle, vous provoquez les plus sanglantes r&#233;volutions !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous quelque forme personnelle qu'elle se pr&#233;sente, l'autorit&#233; est donc bannie de tous nos rapports. Aux morales coercitives, nous opposons la vie active et harmonieuse des libres consciences ;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment nous pratiquons la libert&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il ne faudrait pas croire que nous sommes des &#234;tres parfaits, des sortes de surhommes ou de demi-dieux. Non, nous sommes tout bonnement des hommes comme les autres. Si nous avons plus &#233;volu&#233;, c'est que, aid&#233;s par des circonstances favorables, nous avons pu nous affranchir de notre premi&#232;re &#233;ducation et, d'apr&#232;s un concept nouveau, nous faire une mentalit&#233; nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il ne faut pas oublier que chacun de nous, en entrant &#224; la colonie, doit changer compl&#232;tement de vie du jour au lendemain ; et cette r&#233;volution, se faisant sans la moindre transition pratique, est forc&#233;ment incompl&#232;te. Comme je l'ai d&#233;j&#224; dit dans notre premier bulletin annuel, publi&#233; par plusieurs journaux, nous devons surtout surveiller notre mani&#232;re de parler. La soci&#233;t&#233; individualiste et gouvernementale a fait adopter certaines expressions agressives et autoritaires auxquelles, par habitude, on ne fait gu&#232;re attention dans la vie courante ; mais, dans notre atmosph&#232;re de fraternit&#233;, leur sens se r&#233;v&#232;le plus brutalement, elles froissent parfois tr&#232;s fort. La bonne raison pour se donner des coups de poignard !... L'un de nous s'est-il servi d'une phrase malheureuse, a-t-il n&#233;glig&#233; de faire ce qu'il aurait d&#251;, a-t-il fait quelque chose qu'il n'aurait pas d&#251; faire, on le lui dit d'autant plus fraternellement qu'on est convaincu que la m&#233;chancet&#233; n'y est pour rien. Il arrive, mais de plus en plus rarement, que, notre surmenage aidant, l'observation est faite avec un peu d'&#233;nervement ; alors l'un ou l'autre, plagiant Boileau, dit &#224; l'&#233;nerv&#233;, avec un sourire amical : &#171; C'est fort bien ! Tu as raison, mais il vaut encore mieux d'avoir tort que d'avoir raison comme toi ! &#187; Et celui-ci tourne le dos et s'en va m&#233;diter sur sa vieille &#233;ducation et les ph&#233;nom&#232;nes h&#233;r&#233;ditaires qu'il a subis. C'est notre mani&#232;re de demander pardon. Tout se termine sans bouderie, et la police n'a que faire chez nous. Au surplus, nous avons moins &#224; prouver qu'on peut vivre sans conflit que la possibilit&#233; de les solutionner sans autorit&#233; conventionnelle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ne pas chicaner sur une question de mot, je dirai que nous acceptons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est indispensable entre colons, c'est la franchise, c'est de ne pas accumuler dans sa m&#233;moire une infinit&#233; de petits griefs avant de les formuler, car, s&#233;par&#233;ment ils sont sans cons&#233;quence et r&#233;unis, ils peuvent constituer un danger. Mais il y a deux sortes de franchises : l'aggressive et la bienveillante. La premi&#232;re ne peut que provoquer le m&#233;pris ou la col&#232;re &#8212; elle froisse au lieu de corriger. L'&#171; Exp&#233;rience &#187; doit une bonne part de ses succ&#232;s moraux &#224; la pratique de la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/sans_titre-3-8-28095.jpg?1774727341' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'Exp&#233;rience - La Colonie communiste libertaire &#224; Stockel-Bois. Les fain&#233;ants. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article146.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt; &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et les paresseux, qu'en ferez-vous ?&lt;/q&gt; C'est la vieille question &#224; laquelle nos militants ont r&#233;pondu des milliers de fois et qu'on nous repr&#233;sente toujours, avec cette obstination stupide des esprits enroutin&#233;s qui s'enferment dans un cercle vicieux et refusent d'en sortir. Nous avons beau leur opposer les arguments les plus irr&#233;futables, ils ne veulent pas nous entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les en excusons volontiers. C'est qu'en g&#233;n&#233;ral la majorit&#233; des hommes est encore essentiellement singe. Quand ils agissent, c'est bien plus par esprit d'imitation que d'initiative ! Ils croient parce qu'ils voient croire et qu'on leur a dit de le faire, non parce qu'ils ont &#233;tudi&#233;, pens&#233;, raisonn&#233;, d&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, presque tous les savants ont abandonn&#233;, pour leurs recherches scientifiques, la vieille m&#233;thode scolastique, pour adopter celle de l'exp&#233;rience et de l'observation directe. Mais, sur le terrain philosophique et sociologique, la plupart de ces m&#234;mes savants, voire m&#234;me la g&#233;n&#233;ralit&#233; des libres-penseurs, en sont encore &#224; prendre pour base de leur raisonnement les faits qu'ils ont enregistr&#233;s et n&#233;gligent d'en rechercher et d'en &#233;tudier les causes multiples ! Mais, devant le grand mouvement d'id&#233;es qui fait trembler le monde, devant le probl&#232;me social qui r&#233;clame de plus en plus imp&#233;rieusement une solution efficace, il faudra bien que les cerveaux commencent &#224; vibrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des paresseux ? Mais, si vous aviez analys&#233; quelques gouttes de leur sang, vous auriez constat&#233; qu'il ne contient pas assez de globules blanches pour produire en eux le besoin d'activit&#233;. Ce n'est point par les apparences ext&#233;rieures, mais par l'&#233;tude de la constitution anatomique et par l'analyse chimique de l'organisme qu'on peut connaitre la valeur de sa force physique et physiologique. Ce n'est que sous la pression de la vapeur qu'une locomotive fonctionne : pas de vapeur, pas de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle horrible aberration ! On dit &#224; l'individu : &#171; Travaille et puis tu mangeras &#187;, alors que, tout travail exigeant une force emmagasin&#233;e, il faudrait lui dire : &#171; Mange et puis tu travailleras &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on a bien mang&#233;, quand on a emmagasin&#233; des forces dans son organisme, on &#233;prouve le besoin imp&#233;rieux de les d&#233;penser ; s'y refuser serait se condamner &#224; une mort certaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le travail est si d&#233;sagr&#233;able aujourd'hui, c'est le parasitisme, et chacun se fait un devoir de n'&#234;tre pas &#224; charge de ses camarades. Il n'y a pas parce qu'il engraisse ceux qui l'exploitent et qu'il parce qu'il est impos&#233;, parce qu'il est un esclavage, tue ceux qui le font !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est pas ainsi &#224; la colonie : nous ignorons le parasitisme, et chacun se fait un devoir de n'&#234;tre pas &#224; charge de ses camarades. Il n'y a pas d'heures fixes pour commencer ou terminer le travail, pas de jours fixes pour se reposer ou se distraire ; on fait ce qu'on veut, mais on comprend ce que la raison exige. Cependant, nos travaux sont fort compliqu&#233;s. Plusieurs d'entre nous sont encore oblig&#233;s de travailler au dehors, et, &#224; la colonie, nous nous consacrons sp&#233;cialement &#224; l'aviculture. Or, le retournage des &#339;ufs dans les incubateurs artificiels, les soins &#224; donner aux poussins et aux poules doivent &#234;tre accomplis avec beaucoup de r&#233;gularit&#233;. On doit parfois faire appel &#224; la m&#233;moire, jamais &#224; la bonne volont&#233;, au contraire. On se chamaille souvent pour faire le travail le plus difficile. Cependant, nous rencontrons des difficult&#233;s mat&#233;rielles vraiment terribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habitations, terre, instruments de travail et animaux n&#233;cessaires pour assurer notre ind&#233;pendance et celle des futurs colons, tout, absolument tout doit sortir de notre travail. Nous devons parfois travailler jusque dix-huit heures par jour. Quatre g&#233;n&#233;reux camarades se sont impos&#233;s des privations pour nous pr&#234;ter 350 francs : c'est l&#224; le seul secours que nous ayons re&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH224/fortune_henry_aiglemont_1909-16340-81f12-64b9f.jpg?1774705371' width='150' height='224' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Fortun&#233; Henry (&#224; droite) dans la colonie d'Aiglemont en 1909. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, notre courage ne diminue pas et nous pouvons reprendre pour notre compte ces belles paroles de notre ami Fortun&#233; Henry :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Savoir que l'on travaille pour soi et cette autre forme du soi les siens ; avoir la conviction intime que le produit de son travail n'ira pas &#224; un ennemi de caste, &#224; un individu qui n'a rien fait pour le m&#233;riter et qui consid&#232;re le labeur comme un devoir pour nous, un droit de jouir pour lui, une tare ind&#233;l&#233;bile qui marque notre classe ; savoir que notre travail sera une source de joie pour tous les n&#244;tres, pour ceux que notre affection entoure et qui font partie int&#233;grante de notre vie, ce sont l&#224; les facteurs les plus s&#251;rs de l'activit&#233; de chacun.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Consommation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;tend que, dans une humanit&#233; communiste libertaire, chacun pouvant prendre librement au tas tout ce qu'il d&#233;sire, les premiers arriv&#233;s prendraient les meilleurs choses et que les derniers devraient s'en passer. On oublie trop les causes des faits sur lesquels l'objection s'appuie. Quand on abuse d'un aliment, c'est presque toujours parce qu'on en est trop priv&#233;. Quelque go&#251;t que vous ayez pour les &#339;ufs, vous ne pouvez pourtant pas en manger plus que votre estomac ne peut en contenir, et celui-ci ne tardera pas &#224; se r&#233;volter si nous ne lui donnons pas autre chose ! Au surplus, s'il n'y avait pas assez d'&#339;ufs, il n'y aurait qu'&#224; &#233;lever plus de poules pour en avoir davantage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la colonie, malgr&#233; la p&#233;riode de g&#232;ne intense que nous traversons, nous ne connaissons pas cette lutte impitoyable qu'on nous pr&#233;dit pour le bon morceau, c'est le contraire qui nous agace !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il passe de l'un &#224; l'autre, et bien souvent il reste sur la table, parce que celui qu'on sait en avoir le plus besoin n'a pas voulu le prendre ! Nous savons bien, et cela renforce mon argument, que ce fait se produit tous les jours, chez de milliers de gens qui ne sont pas anarchistes ; mais il est plus naturel qu'il se produise &#224; la colonie. Notre vie d'aide fraternelle nous rend plus humains et, &#224; d&#233;faut de la bont&#233;, l'int&#233;r&#234;t ferait comprendre &#224; tous qu'il est n&#233;cessaire que chacun soit plein de sant&#233; et de force.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La femme et l'amour &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La femme n'est pas l'inf&#233;rieure, mais le compl&#233;ment de l'homme ; elle est son &#233;gale, avec des avantages diff&#233;rents. Si aujourd'hui elle est g&#233;n&#233;ralement inf&#233;rieure, c'est parce qu'il n'est pas possible qu'il en soit autrement avec l'&#233;ducation qu'on lui donne et la situation qu'on lui fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#171; Exp&#233;rience &#187;, la femme est l'&#233;gale de l'homme ; elle a les m&#234;mes droits et partant les m&#234;mes devoirs. On ne peut nous faire l'objection de la femme-soldat, puisque nous ne voulons point d'arm&#233;e. Au surplus, les h&#233;ro&#239;nes n'ont pas manqu&#233; dans les grands mouvements d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas de travaux masculins ni de travaux f&#233;minins : les plus robustes s'arrangent pour faire les plus durs. Il n'en est aucun parmi nous qui ne rougirait de fumer sa pipe en faisant le l&#233;zard pendant que les femmes s'esquintent dans la cuisine. Par exemple, dans la mesure du possible, les hommes lavent la maison, vont chercher l'eau au puits, vont porter ou chercher les gros paquets dans les magasins, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les femmes s'occupent des poules, du jardinage, etc. Jouissant des avantages mat&#233;riels des hommes, les femmes ont pratiquement les m&#234;mes libert&#233;s. Le communisme de la production et de la consommation a pour cons&#233;quence qu'entre nous l'argent n'a plus de valeur, partant pas d'usage. Il s'ensuit que l'amour n'est point souill&#233; par des sp&#233;culations sur des questions de salaire ou de fortune. Deux &#234;tres s'unissent parce qu'ils s'aiment ; s'ils cessaient de s'aimer, ils pourraient se s&#233;parer librement, puisque l'un ne serait pas arr&#234;t&#233; par la crainte de manquer de pain, ni l'autre par le devoir d'en donner.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les enfants &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et les enfants, qu'en feriez-vous ? nous dira-t-on. C'est bien simple. Dans tous les cas, les enfants sont &#233;lev&#233;s par la colonie ; en humanit&#233; communiste-anarchiste, ils le seraient par toute la soci&#233;t&#233;. La s&#233;paration du p&#232;re et de la m&#232;re ne changerait donc rien &#224; leur existence mat&#233;rielle. Par exemple, ma compagne et moi, nous n'avons pas d'enfants, mais nous travaillons avec amour pour ceux des autres (tous les colons qui n'en ont pas font du reste la m&#234;me chose). Au surplus, nous ne faisons avec eux qu'un &#233;change de bons proc&#233;d&#233;s. Quand nos muscles affaiblis par l'&#226;ge refuseront le travail, les enfants, devenus hommes, travailleront pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Education&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;98&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-5-5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/sans_titre-5-5-169af.jpg?1774727341' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'Exp&#233;rience - La Colonie communiste libertaire &#224; Stockel-Bois. Le cours d'Esperanto. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article144.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;J'aurais tout un volume &#224; &#233;crire sur ce sujet ; la place dont je dispose ne me laisse que quelques lignes. Nous ne voulons pas que le cerveau de nos petiots soit souill&#233; par les dogmes de religion, de patrie, d'autorit&#233; de l'homme sur l'homme, de propri&#233;t&#233;, etc. Aussi n'iront-ils aux &#233;coles du dehors ; chacun de nous, selon ses comp&#233;tences, cultivera en eux le besoin d'&#234;tre bon, la passion du beau et du vrai.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;buts et d&#233;veloppements &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Puisque ma compagne et moi nous filmes les premiers colons de l'&#171; Exp&#233;rience &#187;, il faut bien parler de nous. Cela m'am&#232;ne tout naturellement &#224; mettre au pillage le &#171; Journal intime de la Colonie &#187; que mon ami, ou plut&#244;t mon fr&#232;re &#8212; car ce mot exprime mieux mes sentiments &#8212; Gassy Marin, r&#233;dige avec une patience qui fait de lui le bollandiste de l'&#171; Exp&#233;rience &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dans un angle ignor&#233; de la superbe for&#234;t de Soignes, au milieu des gen&#234;ts, des bruy&#232;res et des ronces, g&#238;t une pauvre masure &#224; demi croulante. Sa vieille porte de ch&#234;ne massif, d&#233;croch&#233;e de ses attaches et portant les outrages d&#233;solants d'un ancien incendie, repose lamentablement en travers de l'entr&#233;e. Un jour myst&#233;rieux filtre par ses carreaux bris&#233;s et &#233;claire des amas de d&#233;combres &#233;tendus sur le sol ; des herbes folles croissent dans les interstices de ses vieux murs et ach&#232;vent de donner &#224; ce lieu un aspect de complet abandon et de sauvage m&#233;lancolie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au dehors, se dressent, tout antour, de hautes futaies de h&#234;tres, entrem&#234;l&#233;es de sapini&#232;res, de bosquets de bouleaux, de taillis d'aulnes et de ch&#233;neaux. Au fond de ces fourr&#233;s, o&#249; cro&#238;t une foug&#232;re serr&#233;e, p&#233;n&#232;tre, de toute part, des sentiers moussus pleins d'une po&#233;sie et d'une intimit&#233; charmante... &lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; du nord-ouest, une large br&#232;che dans les for&#234;ts laisse errer le regard sur des champs ondul&#233;s qui vont se perdre au loin, dans le bleu intense de l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques jours, deux pi&#232;ces de la maisonnette sont mises en &#233;tat d'&#234;tre habit&#233;es, et le 3 avril 1905, Chapelier et sa compagne entrent dans leur nouvelle demeure d'ermites, apportant avec eux un lit, une table achet&#233;e au Vieux-March&#233;, un vieux canap&#233; de boh&#234;me, deux chaises boiteuses, cadeau d'un ami, un poule qui doit s'effondrer 15 jours plus tard, un chien, un chat et... un poussin de deux jours ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux grands gosses sont heureux de se sentir l&#224;, isol&#233;s, en pleine libert&#233;, pouvant se consacrer largement &#224; leur amour. N'ayant m&#234;me pas de charbon pour se chauffer, ils en sont r&#233;duits, pour ne pas &#234;tre litt&#233;ralement congel&#233;s, &#224; se coucher &#224; sept heures du soir et &#224; lire dans leur lit.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s, Dominique Boguet, Catherine, sa compagne, et leur petite fille vinrent s'adjoindre &#224; nous. Puis, ce furent Gassy Marin, Paul Fran&#231;ois, F&#233;lix, Philippine, Henri (4 ans) et Egide (2 ans) Springael, Alphonse et Georges Schouteten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boguet, sa compagne et P. Fran&#231;ois sont partis pour des raisons toutes personnelles et absolument ind&#233;pendantes de la colonie. Les deux premiers sont en Am&#233;rique et se proposent de revenir, aussit&#244;t que les circonstances le permettront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes actuellement au nombre de neuf, dans quelques jours nous serons dix,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mat&#233;riel agricole, nos poules et nos poussins ont, au moment o&#249; j'&#233;cris, une valeur d'environ 2,000 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poss&#233;dant toutes les connaissances n&#233;cessaires, nous voudrions aussi faire la fabrication de l'&#233;mail. Cette industrie nous assurerait l'ind&#233;pendance et permettrait l'augmentation imm&#233;diate du nombre des colons. Malheureusement, faute d'argent, nous devons attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au surplus, notre ferme est trop petite ; faute de place, nous ne pouvons plus accepter de nouveaux colons, nous sommes d&#233;j&#224; l'un sur l'autre. Nous comptons nous installer ailleurs, vers la nouvelle ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette brochure est plut&#244;t l'&#339;uvre de tous les colons que la mienne ; la vie de chaude fraternit&#233; qu'ils vivent avec moi y est pour beaucoup, ma plume pour pou de chose. Cependant, chacun de nous jouissant de la libert&#233; int&#233;grale, ce que j'&#233;cris n'engage que ma responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terminant, je tiens &#224; vous dire combien ma compagne et moi nous sommes heureux de vivre avec d'aussi braves c&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;EMILE CHAPELIER, &lt;/strong&gt; &#224; Stockel-Bois (pr&#232;s des Quatre-Bras). &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mai 1906.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Post-scriptum&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au moment de mettre sous presse, on commet, contre l'&#171; Exp&#233;rience &#187;, un attentat inf&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre dernier, je publie, en collaboration avec Gassy Marin, notre proclamation de principes, et la police ne bouge pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier, &lt;i&gt;le Malin&lt;/i&gt;, d'Anvers, &lt;i&gt;le Journal de Bruxelles&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; le Petit Belge&lt;/i&gt; publient sur l'&#171; Exp&#233;rience &#187; des articles de fond, et la police ne bouge pas. C'est qu'on se disait en haut lieu : &#171; Ils veulent pratiquer le communisme, tant mieux ! Ils ne tarderont pas &#224; nous donner l'argument d'une faillite, laissons-les faire ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, il y a 15 jours, un article, reproduit par plusieurs journaux, constatait nos progr&#232;s et la certitude de notre succ&#232;s. &#171; Alors &#231;a change, a-t-on pens&#233; ; ah ! vous ne croulez pas de vous-m&#234;me, eh bien, nous vous ferons crouler. &#187; Et avec le sans scrupule qu'on leur conna&#238;t, certains policiers, faisant la navette entre Bruxelles et Stockel, nous ont ignoblement calomni&#233; chez le fermier qui nous sous-loue notre petite ferme et, &#224; force d'infamies, sont parvenus &#224; l'intimider. Et celui-ci nous donne six semaines pour d&#233;m&#233;nager. C'est une chose impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forc&#233; de d&#233;m&#233;nager &#224; bref d&#233;lai, c'est assur&#233;ment une difficult&#233; consid&#233;rable pour nous, surtout &#224; cause de notre pauvret&#233;s mais, en d&#233;pit de tout, nous continuerons ! Du reste, nous sommes bien d&#233;cid&#233;s &#224; ne pas nous laisser faire comme des veaux qu'on m&#232;ne &#224; l'abattoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant les &#233;v&#233;nements, il me pla&#238;t de constater que, dans notre bienheureux pays, on fait une guerre sans piti&#233; &#224; des gens qui s'efforcent de pratiquer paisiblement une morale sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne faisons pas de comparaisons subversives !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;E. CHAPELIER. &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Indications pour aller de Bruxelles &#224; la Colonie &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2152 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH322/sans_titre-4-9-1f1fb.jpg?1774727341' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'Exp&#233;rience - La Colonie communiste libertaire &#224; Stockel-Bois. Le Lieu. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article2235.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Descendez du tramway &#171; Cinquantenaire-Tervueren &#187; aux &lt;i&gt;Trois Couleurs&lt;/i&gt; ; prenez, &#224; gauche de l'avenue, le sentier qui suit la lisi&#232;re de la for&#234;t de Soignes ; il y fait bon, dans les foug&#232;res et les ronces ; marchez pendant une vingtaine de minutes, en d&#233;passant une premi&#232;re maison, situ&#233;e sur le petit chemin, et faites un angle vers la seconde, que vous verrez, &#224; votre gauche, &#224; une centaine de m&#232;tres du massif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour ne pas chicaner sur une question de mot, je dirai que nous acceptons naturellement l'autorit&#233; de la raison impersonnelle. &#8212; Les amis, que nous comptons parmi les partisans du socialisme rationnel, s'en r&#233;jouiront.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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