<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.partage-noir.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>PARTAGE NOIR</title>
	<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.partage-noir.fr/spip.php?id_auteur=163&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>PARTAGE NOIR</title>
		<url>https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0_copie-9a1a7.jpg?1774693359</url>
		<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Sixi&#232;me partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-sixieme-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-sixieme-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-20T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SIXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose &#224; attendre dans ce sens. Il ressort de ce qui pr&#233;c&#232;de que la social-d&#233;mocratie est aujourd'hui tout aussi internationale, r&#233;volutionnaire et lib&#233;ratrice pour le monde qu'il y a dix ans. M&#234;me si, apr&#232;s une parenth&#232;se de quatre ans durant laquelle elle a adopt&#233; le slogan &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, &#224; mort ! &#187;, elle a de nouveau inscrit sur sa banni&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut pas non plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/llllllllllll-e3b3a.jpg?1776722462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SIXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose &#224; attendre dans ce sens. Il ressort de ce qui pr&#233;c&#232;de que la social-d&#233;mocratie est aujourd'hui tout aussi internationale, r&#233;volutionnaire et lib&#233;ratrice pour le monde qu'il y a dix ans. M&#234;me si, apr&#232;s une parenth&#232;se de quatre ans durant laquelle elle a adopt&#233; le slogan &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, &#224; mort ! &#187;, elle a de nouveau inscrit sur sa banni&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas non plus attendre des partis communistes une v&#233;ritable lutte contre la guerre et le militarisme. Qu'il n'en soit pas ainsi dans le pays o&#249; ce parti d&#233;tient le pouvoir gouvernemental va de soi, puisqu'il n'a pas pu &#233;chapper aux cons&#233;quences qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement l'existence d'un &#201;tat national centralis&#233;. Car celui qui veut l'&#201;tat veut l'&#201;tat national, et celui qui veut l'&#201;tat national veut la guerre &#8212; m&#234;me dans le cas o&#249;, selon l'id&#233;al de L&#233;on Trotski, ces &#201;tats seraient unis de l'Oural jusqu'&#224; l'oc&#233;an Atlantique. Ce que le P.C. veut r&#233;aliser n'est en effet rien d'autre que l'id&#233;al &#233;tatique social-d&#233;mocrate et marxiste, mais par des moyens putschistes et blanquistes (et non bakouninistes !). D'autant plus que les P.C. des diff&#233;rents pays &#8212; toute la Troisi&#232;me Internationale&#8212; ne sont qu'un instrument entre les mains des dirigeants de l'&#201;tat sovi&#233;tique national et capitaliste. Ce fut la dictature centralis&#233;e du parti et la dictature de l'&#201;tat qui d&#233;truisirent les premiers germes d'une v&#233;ritable auto-&#233;mancipation prol&#233;tarienne, qui s'&#233;taient manifest&#233;s dans les conseils. Le d&#233;cret par lequel fut institu&#233;e l'arm&#233;e rouge (par opposition aux arm&#233;es de volontaires qui, soutenues par la lutte des partisans, avaient d&#233;fendu la r&#233;volution russe contre les attaques contre-r&#233;volutionnaires) ne fut pas le salut, mais la destruction de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position th&#233;orique du Parti communiste concernant la guerre fut formul&#233;e de mani&#232;re courte et concise par L&#233;nine (dans l'instruction qu'il r&#233;digea pour la d&#233;l&#233;gation russe au congr&#232;s mondial pour la paix de La Haye, que Zinoviev, qui la publia, qualifie de &#171; grand texte &#187; !) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Le boycott de la guerre est une formule idiote. Les communistes doivent participer &#224; toute guerre r&#233;actionnaire.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste actuel ne peut et ne veut pas lutter contre le militarisme, parce qu'il veut utiliser les m&#233;thodes les plus militaristes et les plus violentes pour atteindre son objectif : la conqu&#234;te du pouvoir politique (qui pour lui est synonyme de r&#233;volution sociale). Il ne veut pas d&#233;truire les moyens de production de la mort, tout l'appareil militaire, mais veut les &lt;strong&gt;arracher &lt;/strong&gt; &#224; la bourgeoisie. Cela signifie que, dans l'usage de ses moyens de violence, il ne peut naturellement pas &#234;tre en retrait par rapport &#224; ceux de l'imp&#233;rialisme. Dans sa brochure &#171; Les moyens de lutte de la r&#233;volution sociale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Bos &amp; Co, Amsterdam, 1918. Dans son &#233;tude historique majeure, &#171; De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Henriette Roland Holst avait d&#233;j&#224; soulign&#233; ce point et d&#233;montr&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable que le socialisme r&#233;volutionnaire doit surmonter l'id&#233;e qu'il peut atteindre son objectif par tous les moyens, quels qu'ils soient ; ces m&#233;thodes conduisent tout autant &#224; la ruine du socialisme r&#233;volutionnaire et condamnent n&#233;cessairement la r&#233;volution sociale &#224; l'&#233;chec, tout comme l'erreur des r&#233;formistes qui pensaient que l'extension et la perfection de leurs organisations m&#232;neraient le prol&#233;tariat &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute organisation militaire devient in&#233;vitablement un instrument qui menace ou porte atteinte &#224; la libert&#233; des masses. C'est pourquoi il ne faut pas seulement lutter avec toutes nos forces contre le militarisme, mais contre toute organisation militaire. Il ne peut y avoir de lib&#233;ration pour le prol&#233;tariat tant qu'il ne se d&#233;tache pas enti&#232;rement de la croyance que la violence arm&#233;e est un moyen capable de conduire les masses populaires &#224; la victoire. La brochure reconna&#238;t la n&#233;cessit&#233; d'une tactique r&#233;volutionnaire et antimilitariste dans la lutte des classes, r&#233;fute la politique que le gouvernement sovi&#233;tique a men&#233;e depuis 1919 et rejette la tactique actuelle du P.C.. Le P.C. actuel n'a &#233;galement plus rien de commun avec la Ligue spartakiste, ni avec ses anciens dirigeants. &#192; propos de l'instauration du socialisme par le pouvoir dictatorial d'un gouvernement, Rosa Luxemburg d&#233;clare, dans son discours-programme au congr&#232;s fondateur du P.C. allemand : &#171; Le socialisme ne se fait pas et ne peut se faire par d&#233;crets, m&#234;me s'ils &#233;manent d'un gouvernement socialiste, aussi parfait soit-il. Le socialisme doit &#234;tre fait par les masses, par chaque prol&#233;taire. C'est l&#224; o&#249; ils sont riv&#233;s &#224; la cha&#238;ne du capitalisme que la cha&#238;ne doit &#234;tre rompue&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Luxemburg, &#171; Discours au Congr&#232;s de fondation du PC allemand (Ligue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon son programme, &#171; La Ligue spartakiste n'est pas un parti qui veuille parvenir au pouvoir en passant par-dessus la classe ouvri&#232;re ou en se servant de la masse des ouvriers. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Luxemburg, &#171; Que veut la Ligue Spartakiste ? &#187; (Programme du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelle bri&#232;vement ce point pour d&#233;montrer qu'ici encore, les tactiques r&#233;volutionnaires et antimilitaristes, la lutte constante contre la guerre, sont indissociables des moyens de lutte de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a prouv&#233; que le chemin que le prol&#233;tariat a pris n'&#233;tait pas la voie de sa lib&#233;ration, ni de la lib&#233;ration de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre issue que les organisations &lt;strong&gt;&#233;conomiques &lt;/strong&gt; de lutte, que l'&lt;strong&gt;auto-organisation&lt;/strong&gt;, que la lutte des classes r&#233;volutionnaire internationale. Il n'y a pas non plus d'autre moyen de lutter contre la guerre. Nous devons nous lib&#233;rer de l'utopie de l'&#201;tat qui d&#233;p&#233;rira sous le joug d'une dictature sans pr&#233;c&#233;dent ; nous devons nous lib&#233;rer de l'utopie de la libert&#233; qui peut &#234;tre atteinte par le despotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre n&#233;cessairement l'&#339;uvre de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. &#187; : ni de l'&#201;tat, ni du parlement, ni d'aucun parti politique. Elle ne peut non plus se lib&#233;rer autrement que par elle-m&#234;me du fl&#233;au qui la menace de destruction : la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui veut vraiment lutter contre la guerre doit vouloir une transformation radicale de l'ensemble de ce syst&#232;me social : &#171; en un mot, il faut accepter la r&#233;volution sociale dans toutes ses cons&#233;quences &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1914 marqua la faillite du socialisme officiel. Mais ce n'&#233;tait pas le pire. Des millions de personnes moururent pour un leurre ; ce n'&#233;tait pas le pire non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 ao&#251;t 1914, le journal su&#233;dois &lt;i&gt;Brand &lt;/i&gt; publia un manifeste anarchiste affirmant que l'on avait d&#233;j&#224; entendu mille fois comment cette guerre aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e, et concluant par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt; Un jour, les travailleurs du monde entier se rel&#232;veront du sang et des larmes ; une fois encore, nous nous rel&#232;verons du chaos engendr&#233; par la politique de violence, et nous garderons une exp&#233;rience ch&#232;rement acquise, tir&#233;e des abysses de l'enfer &#8211; une exp&#233;rience, camarades, qui nous exhorte &#224; lutter avec une force redoubl&#233;e contre ce syst&#232;me capitaliste criminel, cause premi&#232;re et ultime de ce d&#233;sastre mondial. Puissions-nous alors d&#233;montrer ce que nous avons appris, et que le sang n'ait pas &#233;t&#233; vers&#233; en vain.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pire, c'est l'incompr&#233;hensible, le plus terrible de la guerre. Voil&#224; o&#249; nous en sommes aujourd'hui. Demain, peut-&#234;tre, l'enfer se d&#233;cha&#238;nera-t-il encore. On criera &#171; &#192; bas la guerre &#187; et on protestera contre la &#171; honte pour la civilisation &#187;, puis tout le monde se mettra en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herzen&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexandre Herzen (1812&#8211;1870) est un penseur et &#233;crivain russe, pr&#233;curseur du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a un jour prononc&#233; ces paroles proph&#233;tiques : &#171; Vous n'avez pas voulu du socialisme, eh bien vous aurez la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie que la classe ouvri&#232;re emprunte aujourd'hui est celle d'une nouvelle guerre et d'une nouvelle chute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Bos &amp; Co, Amsterdam, 1918. Dans son &#233;tude historique majeure, &#171; De revolutionaire Brussel-Rotterdam, 1918 &#187;, on retrouve les m&#234;mes id&#233;es expos&#233;es concernant le &#171; nouveau socialisme &#187;. Aucun autre ouvrage ne d&#233;montre aussi bien la d&#233;g&#233;n&#233;rescence compl&#232;te du bolchevisme depuis 1918, ni aucun autre livre qui, d'un point de vue r&#233;volutionnaire, n'offre une critique aussi d&#233;molissante des tactiques des partis communistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &#171; Discours au Congr&#232;s de fondation du PC allemand (Ligue spartakiste) &#187;, 31 d&#233;cembre 1918 &#8211; 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1919.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &#171; Que veut la Ligue Spartakiste ? &#187; (Programme du Parti Communiste allemand).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alexandre Herzen (1812&#8211;1870) est un penseur et &#233;crivain russe, pr&#233;curseur du socialisme libertaire et un des inspirateurs du climat politique ayant conduit &#224; l'abolition du servage en 1861. Exil&#233; en europe, il lutte contre le r&#233;gime tsariste par ses &#233;crits. Avec Nikola&#239; Ogarev, il &#233;dite les journaux libertaires &lt;i&gt;L'&#201;toile polaire &lt;/i&gt; et&lt;i&gt; La Cloche&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Kolokol&lt;/i&gt;) o&#249; &#233;crivait souvent Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Cinqui&#232;me partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-cinquieme-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-cinquieme-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-19T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CINQUI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment veut-on lutter contre la prochaine &#233;tape du capitalisme, la prochaine guerre mondiale ?On estime en effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire de revoir la tactique suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ou bien croit-on que le capitalisme ait quelque chose &#224; revoir ? Lorsque Kautsky veut excuser l'effondrement de la Deuxi&#232;me Internationale et sa politique de paix en disant qu'elle &#233;tait &#171; essentiellement un instrument de paix, mais pas un outil puissant contre la guerre &#187;, c'est tr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/mmmm-e655c.jpg?1776636216' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CINQUI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment veut-on lutter contre la prochaine &#233;tape du capitalisme, la prochaine guerre mondiale ?On estime en effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire de revoir la tactique suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ou bien croit-on que le capitalisme ait quelque chose &#224; revoir ? Lorsque Kautsky veut excuser l'effondrement de la Deuxi&#232;me Internationale et sa politique de paix en disant qu'elle &#233;tait &#171; essentiellement un instrument de paix, mais pas un outil puissant contre la guerre &#187;, c'est tr&#232;s na&#239;f. D'autant plus que Kautsky lui-m&#234;me estime que (m&#234;me si elle n'&#233;tait donc pas un instrument de guerre), on ne peut rendre responsable de cet &#233;chec ni l'Internationale, ni sa direction, ni ses organisations. &#171; Si aucune d'entre elles n'a pu emp&#234;cher son gouvernement de participer &#224; la guerre, cela tient d'une part au fait que le prol&#233;tariat ne disposait pas encore d'une force suffisante, d'autre part au fait que de grandes masses du prol&#233;tariat se sont laiss&#233;es entra&#238;ner par la fi&#232;vre de la guerre. Et on ne peut tout de m&#234;me pas rendre l'Internationale, ni sa direction, ni son organisation responsables de la faiblesse et du manque d'ind&#233;pendance du prol&#233;tariat dans certains pays. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Vergangenheit und Zukunft der Internationale, op. cit., p.3.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Donc, selon Kautsky, &#233;tant donn&#233; que la force des partis socialistes dans les pays qui ont d&#233;clench&#233; la guerre &#233;tait surestim&#233;e, ce n'est pas la faute de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut appr&#233;cier &#224; sa juste valeur l'argument de la faiblesse du prol&#233;tariat si on se rappelle que Karl Kautsky, dans la m&#234;me brochure, fait remarquer que la social-d&#233;mocratie allemande, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle &#233;tait si grande, parce qu'elle &#233;tait plus que tout autre parti socialiste un parti de masse, fut pendant la guerre domin&#233;e par un fort sentiment national, ce qui la conduisit &#224; se ranger enti&#232;rement derri&#232;re le gouvernement imp&#233;rial. Et, selon Eduard Bernstein, la diff&#233;rence d'attitude entre la social-d&#233;mocratie russe et la social-d&#233;mocratie allemande lors du vote des cr&#233;dits de guerre s'explique par l'in&#233;galit&#233; de taille et d'influence des partis socialistes. Plus le parti est grand et plus son influence parlementaire est importante, plus grande est la responsabilit&#233; dans le cours des &#233;v&#233;nements ! Ce que l'on peut attendre de ce parti lorsqu'il sera encore plus grand et plus puissant &#8212; et que, par cons&#233;quent, sa responsabilit&#233; sera encore plus grande &#8212; est encore plus clair !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reproche en outre au prol&#233;tariat son manque d'ind&#233;pendance, et cela de la part du th&#233;oricien du parti qui, pendant un demi-si&#232;cle, avait lui-m&#234;me &#233;duqu&#233; ce prol&#233;tariat dans une discipline militariste, qui avait &#233;touff&#233; dans l'&#339;uf toute initiative individuelle, toute action autonome et, par l&#224; m&#234;me, toute amorce de capacit&#233; cr&#233;atrice ; et il lui reprochait son attitude nationaliste, alors que pendant un demi-si&#232;cle on l'avait impr&#233;gn&#233;, sous la menace constante du danger russe, de la n&#233;cessit&#233; de sa capacit&#233; de d&#233;fense et de la d&#233;fense de la patrie. La tentative de Karl Kautsky de d&#233;charger de cette mani&#232;re la tactique de l'Internationale et de ses partis nationaux est trop flagrante pour ne pas dire trop l&#226;che. Alors qu'il reproche au prol&#233;tariat son ivresse nationale de guerre, il voit lui-m&#234;me la manifestation la plus &#233;vidente de &#171; l'importance que le prol&#233;tariat a d&#233;j&#224; acquise &#187; dans le fait que les ministres (de la guerre) de France et de Belgique &#233;taient socialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme si on reprochait &#224; un enfant n&#233; de parents syphilitiques son retard mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Deuxi&#232;me Internationale, apr&#232;s la guerre, quand elle se r&#233;unit &#224; Hambourg, prit certes la r&#233;solution que la le&#231;on de la guerre &#233;tait que l'internationale ouvri&#232;re socialiste ne devait pas seulement &#234;tre un instrument en temps de paix, mais aussi pendant la guerre. Cela signifie avant tout que &#171; ce que nous avons v&#233;cu autrefois ne doit jamais se r&#233;p&#233;ter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion des socialistes majoritaires allemands, selon laquelle, &#224; l'heure du danger, il faut d&#233;fendre la patrie en toutes circonstances, rend impossible toute politique internationale. C'est pourquoi Karl Kautsky propose : n'accorder des cr&#233;dits au gouvernement &lt;strong&gt;que lorsqu'on est certain qu'il ne s'agit que d'une guerre de d&#233;fense et non d'une guerre offensive&lt;/strong&gt;. Que l'on ne puisse pas rejeter la soi-disant guerre de d&#233;fense constitue l'opinion g&#233;n&#233;rale de la Deuxi&#232;me Internationale. Et cela alors m&#234;me que, du c&#244;t&#233; social-d&#233;mocrate, on affirme qu'au moment d'une d&#233;claration de guerre, il est absolument impossible de juger s'il s'agit d'une guerre d'attaque ou de d&#233;fense. &#171; &#192; un tel moment, &#233;crit Eduard Bernstein, la crise entre les &#201;tats impliqu&#233;s atteint un tel point, et les informations sur ce qui se passe de part et d'autre des fronti&#232;res sont si incompl&#232;tes, unilat&#233;rales et tendancieuses, qu'une vision claire devient impossible. La voix objective du prol&#233;tariat est &#233;touff&#233;e par le nationalisme. Dans la nature actuelle des armements, d&#233;terminer qui a commenc&#233; les pr&#233;paratifs hostiles, voire qui a franchi la fronti&#232;re en premier, est la chose la plus difficile du monde. &lt;strong&gt;On ne peut juger si la guerre est offensive ou d&#233;fensive&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Eduard Bernstein, Die Internationale der Arbeiterklasse und der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On ne peut pas dire plus explicitement que, puisque le gouvernement d&#233;tient les moyens, toute guerre peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme &#171; d&#233;fensive &#187;, et que la position de l'Internationale concernant la guerre de d&#233;fense revient essentiellement &#224; d&#233;fendre toute guerre. Dans la pratique, cela revient &#224; dire que &#171; toute politique internationale impossible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on ne puisse pas d&#233;terminer le caract&#232;re de la guerre au moment o&#249; elle &#233;clate constitue pour Eduard Bernstein une raison suppl&#233;mentaire de rejeter tout moyen pour emp&#234;cher son d&#233;clenchement, puisqu'on ne saurait alors &#171; si la gr&#232;ve contre la guerre ne signifierait pas une gr&#232;ve contre un pays se trouvant dans une situation de l&#233;gitime d&#233;fense &#187;. &#192; cela s'ajoute encore le fait que l'&#233;tat de guerre proclam&#233; en un tel moment peut r&#233;primer toute tentative de propagande et d'organisation de gr&#232;ves contre la guerre. Entre-temps, les organisations ouvri&#232;res ont, en de tels jours, bien d'autres soucis que d'organiser des gr&#232;ves de masse. Elles ont d&#233;j&#224; tellement &#224; faire avec l'assistance &#224; ceux qui sont d&#233;j&#224; au ch&#244;mage qu'elles ne peuvent songer &#224; appeler d'autres travailleurs &#224; cesser le travail. Seules des organisations &#171; sauvages &#187;, qui ne se pr&#233;occupent pas de leurs ch&#244;meurs, pourraient faire une chose pareille. &#171; Il est d'ailleurs significatif que, pr&#233;cis&#233;ment dans les pays en guerre o&#249; les ouvriers &#233;taient bien organis&#233;s sur le plan syndical, une tentative s&#233;rieuse dans ce sens n'ait m&#234;me pas &#233;t&#233; envisag&#233;e. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.4,5.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Exactement. On apprend, &#224; travers cet expos&#233; de Bernstein, quels sont les arguments par lesquels on combat la propagande pour emp&#234;cher la guerre par l'action directe. Pour de ne pas augmenter le ch&#244;mage, on pr&#233;cipite la classe ouvri&#232;re dans une lutte qui constitue un attentat contre sa vie et un attentat contre le socialisme. &#192; un ch&#244;mage national, on pr&#233;f&#232;re un massacre international qui co&#251;ta la vie &#224; des millions de prol&#233;taires dans l'int&#233;r&#234;t de leurs oppresseurs et qui entra&#238;na une mis&#232;re si insupportable que le prol&#233;tariat a fini par se soulever, m&#234;me &lt;strong&gt;contre la volont&#233; de ces dirigeants&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors du congr&#232;s social-d&#233;mocrate de 1924 &#224; Berlin, Philipp Scheidemann, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et a renvers&#233; le syst&#232;me dominant &#8212;sans toutefois porter atteinte &#224; sa puissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit pas oublier, dans tout cela, une chose : Eduard Bernstein ne conteste pas (et cela n'a jamais &#233;t&#233; contest&#233; du c&#244;t&#233; social-d&#233;mocrate) : &lt;strong&gt;qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans tous les pays pourrait emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre&lt;/strong&gt;. Et combien plus juste encore appara&#238;t maintenant l'observation de Domela Nieuwenhuis d&#233;j&#224; en 1901 ! : si, en 1891, on avait eu le courage de prendre la d&#233;cision de r&#233;pondre &#224; une d&#233;claration de guerre par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et si on avait men&#233; une forte propagande pour cette id&#233;e, on serait, dix ans plus tard, beaucoup plus avanc&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, Eduard Bernstein estime que la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 a prouv&#233; que c'&#233;tait irr&#233;alisable (et ceci alors m&#234;me qu'on ne l'avait &#171; m&#234;me pas envisag&#233; &#187; !) et que, par cons&#233;quent, cette id&#233;e ne serait probablement plus prise en consid&#233;ration comme point de de l'ordre du jour lors de futurs congr&#232;s ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite devait malheureusement le confirmer. Quand, au congr&#232;s international de la paix, r&#233;uni &#224; La Haye en 1922 par la F&#233;d&#233;ration syndicale internationale (F.S.I.), l'Association internationale antimilitariste (A.I.A.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Association internationale antimilitariste (A.I.A.), a &#233;t&#233; fond&#233;e lors du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui repr&#233;sentait un grand nombre d'organisations antimilitaristes r&#233;volutionnaires et d'organisations ouvri&#232;res r&#233;volutionnaires, souleva cette question, on lui donna &#224; peine l'occasion de d&#233;fendre sa proposition et celle-ci fut rejet&#233;e sans discussion&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le secr&#233;tariat de la F.S.I. a omis de publier les r&#233;solutions propos&#233;es dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La r&#233;solution propos&#233;e se terminait ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution adopt&#233;e au congr&#232;s de la premi&#232;re Internationale de 1868, conform&#233;ment aux propositions de Domela Nieuwenhuis en 1891 et 1893, et &#224; celle de Keir Hardie &#224; Copenhague en 1910, le congr&#232;s appelle la classe ouvri&#232;re &#224; rendre la guerre impossible &lt;strong&gt;en rompant la solidarit&#233; avec la classe dominante&lt;/strong&gt; et en emp&#234;chant toute &#233;ventuelle guerre par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et le refus g&#233;n&#233;ral du service militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s d&#233;clare qu'il est du devoir de tous ceux qui adoptent cette conception de s'engager, &lt;strong&gt;avec ou sans l'autorisation des dirigeants de leurs organisations&lt;/strong&gt;, dans les pays concern&#233;s, imm&#233;diatement et sans condition, dans la gr&#232;ve et le refus du service militaire contre toute mobilisation, sans s'attarder sur les chances de gagner ou de perdre la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s appelle toutes les organisations d'ouvriers socialistes &#224; se pr&#233;parer et &#224; se tenir pr&#234;tes, sur les plans moral, technique et organisationnel, &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et au refus massif du service militaire, et &#224; chercher &#224; transformer, le cas &#233;ch&#233;ant, une guerre qui aurait malgr&#233; tout &#233;clat&#233; &lt;strong&gt;en r&#233;volution sociale&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky,&lt;i&gt; Vergangenheit und Zukunft der Internationale&lt;/i&gt;, op. cit., p.3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Eduard Bernstein, &lt;i&gt;Die Internationale der Arbeiterklasse und der europaische Krieg&lt;/i&gt;, p.4,5, 18, 22, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.4,5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lors du congr&#232;s social-d&#233;mocrate de 1924 &#224; Berlin, Philipp Scheidemann, dirigeant du SPD, d&#233;clara : Je suis reconnaissant d'avoir la confirmation qu'Ebert et moi ne sommes pas coupables de la r&#233;volution de novembre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'Association internationale antimilitariste (A.I.A.), a &#233;t&#233; fond&#233;e lors du troisi&#232;me Congr&#232;s international antimilitariste &#224; La Haye en 1921. Compos&#233;e d'organisations r&#233;volutionnaires antimilitaristes, elle vise &#224; combattre le militarisme &#224; l'&#233;chelle internationale afin de rendre impossibles la guerre et l'oppression des travailleurs. Elle pr&#244;ne la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'objection de conscience de masse pour pr&#233;venir la guerre ; elle milite pour l'arr&#234;t imm&#233;diat de la production de tous les biens de guerre, etc.,etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le secr&#233;tariat de la F.S.I. a omis de publier les r&#233;solutions propos&#233;es dans le protocole officiel, bien qu'elles aient &#233;t&#233; soumises au Bureau du Congr&#232;s en allemand, en fran&#231;ais et en anglais, selon la proc&#233;dure habituelle ! La d&#233;l&#233;gation de l'A.I.A. n'a pas eu la possibilit&#233; ni de d&#233;fendre ces r&#233;solutions au Congr&#232;s, ni de contester les r&#233;solutions officielles. Le secr&#233;taire Edo Fimmen avait pourtant promis, personnellement et par &#233;crit, d'inclure une br&#232;ve d&#233;claration dans le proc&#232;s-verbal du Congr&#232;s afin d'exposer la position de l'A.I.A.. Or, &#224; la publication du protocole, cette d&#233;claration &#233;tait absente ! Cf. brochure &#171; B.I.A. &#187;, &#201;dition du B. I. A., Bilthoven, p.15-16 et 38-39 ; &#171; Action directe : Les antimilitaristes d'action au Congr&#232;s de la paix de la F.S.I., 10-15 d&#233;cembre 1922 &#187;, par B. de Ligt. (D&#233;p&#244;t de brochures de l'A.I.A. 1924).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Quatri&#232;me partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-quatrieme-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-quatrieme-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-18T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;QUATRI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 ao&#251;t, Haase d&#233;clara au Reichstag au nom du groupe social-d&#233;mocrate : &#171; Nous r&#233;alisons maintenant ce que nous avons toujours dit : &#224; l'heure du danger, nous n'abandonnerons pas la patrie [...] Nous sommes confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; incontestable de la guerre. Aujourd'hui, nous n'avons pas &#224; nous prononcer pour ou contre la guerre, mais sur la question des moyens n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense du pays [...] Pour notre peuple et son (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/4-2-b1645.jpg?1776549706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;QUATRI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, Haase&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(NdlT) Le 4 ao&#251;t 1914, Hugo Haase (1863-1919), pr&#233;sident du SPD et d&#233;put&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; d&#233;clara au Reichstag au nom du groupe social-d&#233;mocrate : &#171; Nous r&#233;alisons maintenant ce que nous avons toujours dit : &#224; l'heure du danger, nous n'abandonnerons pas la patrie [...] Nous sommes confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; incontestable de la guerre. Aujourd'hui, nous n'avons pas &#224; nous prononcer pour ou contre la guerre, mais sur la question des moyens n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense du pays [...] Pour notre peuple et son avenir libre(!), l'enjeu est de taille, voire crucial, en cas de victoire du despotisme russe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout cela ne correspondait ni &#224; l'esprit des congr&#232;s internationaux ni au discours des r&#233;solutions nationales du parti (&#224; moins que l'on ne veuille pas consid&#233;rer les cr&#233;dits de guerre comme une d&#233;pense militariste), on pouvait cependant affirmer &#224; juste titre, comme nous l'avons vu, que la social-d&#233;mocratie n'avait pas chang&#233; d'attitude sur le plan des principes, qu'elle n'avait pas trahi ses principes, mais qu'elle &#233;tait rest&#233;e fid&#232;le &#224; sa tradition. Ceux qui attendaient trop des r&#233;solutions internationales en faveur de la paix avaient oubli&#233; que August Bebel avait encore soulign&#233; tr&#232;s clairement cette tradition en 1913 : &#171; Nous devons tenir compte du fait que l'Allemagne pourrait &#234;tre attaqu&#233;e. Une telle attaque conduirait &#224; une guerre mondiale et nous placerait devant la question de la survie. C'est pourquoi mobiliser jusqu'au dernier homme n'est pas seulement n&#233;cessaire : c'en est la cons&#233;quence in&#233;vitable. La social-d&#233;mocratie est le premier grand parti politique qui ait clairement compris cela et qui, pour cette raison, exige dans son programme l'armement du peuple, l'&#233;ducation du peuple &#224; la d&#233;fense g&#233;n&#233;rale. &#187; Dans une brochure officielle du parti, la social-d&#233;mocratie va encore plus loin : &#171; Elle ne veut pas seulement l'armement du peuple du point de vue physique et technique. La patrie ne se d&#233;fend pas seulement avec des fusils, des canons, des sabres, des poings solides et des jambes rapides. Il faut aussi certaines qualit&#233;s spirituelles et morales du peuple, et la social-d&#233;mocratie veut &#233;galement renforcer ces qualit&#233;s spirituelles du peuple. [&#8230;] Ces qualit&#233;s spirituelles et morales sont le r&#233;sultat du sentiment de solidarit&#233; fond&#233; sur la v&#233;ritable libert&#233; et l'&#233;galit&#233; de tous ceux qui appartiennent &#224; un m&#234;me peuple. &#187; !&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Sozialdemokratie und Landesverteidigung : herausgegeben vom (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre citation &#224; ce sujet serait superflue. C'est ce qu'&#233;crivait le parti dans le programme duquel on peut lire : &#171; Le nombre des prol&#233;taires ne cesse d'augmenter [&#8230;] L'opposition entre exploiteurs et exploit&#233;s devient toujours plus aigu&#235;, la lutte de classes entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat toujours plus &#226;pre, est une lutte qui divise la soci&#233;t&#233; moderne en deux camps ennemis&#8230; &#187; Les autres actions de la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale furent conformes &#224; ces d&#233;clarations par lesquelles on renon&#231;ait &#224; la &#171; lutte de classes &#187; r&#233;volutionnaire proclam&#233;e depuis un demi-si&#232;cle et o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait l'int&#233;r&#234;t national du capital &#8212; les int&#233;r&#234;ts capitalistes de la nation &#8212; aux int&#233;r&#234;ts les plus &#233;l&#233;mentaires de la classe ouvri&#232;re. &#192; cet &#233;gard aussi, il est juste de dire qu'elle poursuivait sa tradition dont elle n'&#233;tait pas en rupture. Ce qui &#233;tait nouveau, c'est seulement que cela apparaissait d&#233;sormais au grand jour, de fa&#231;on &#233;vidente et incontestable pour tout le monde. Je ne m'&#233;tendrai pas davantage ici sur les paroles et les actes des partis de l'Internationale, depuis l'approbation des cr&#233;dits de guerre jusqu'&#224; la signature de la paix de Versailles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne peut que r&#233;p&#233;ter ici les mots de Rosa Luxemburg dans son article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour finir, je me contenterai &#224; examiner encore une &#171; justification &#187; officielle qui est si caract&#233;ristique du v&#233;ritable caract&#232;re du parti que de plus amples explications seraient ici inutiles. La cause de la guerre est d'ordre &#233;conomique &#8212; c'est ce qu'ils affirment dans ce texte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Die Kriegspolitik der Partei (publi&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; et le but des ennemis est la destruction &#233;conomique de l'Allemagne, ce qui aurait pour cons&#233;quence un ch&#244;mage massif. Les salaires baisseraient. Et le courage de lutter contre l'oppression et la mis&#232;re diminuerait &#233;galement. Les fondements sur lesquels s'est construit l'&#233;difice orgueilleux du mouvement ouvrier allemand s'effondreraient : les puissantes organisations politiques et syndicales, fruits de longues ann&#233;es de travail d'organisation, le dense r&#233;seau de secr&#233;tariats politiques, etc., &#171; tout cela, qui constitue le contenu de notre mouvement. Car la force de ce mouvement et ses succ&#232;s reposent sur l'essor &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re allemande. Le mouvement lui-m&#234;me est n&#233; gr&#226;ce &#224; la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique de l'Allemagne. C'est tout cela que l'Entente veut d&#233;truire. C'est comme si l'on retirait les fondations d'un b&#226;timent : tout s'&#233;croulerait. D&#233;fendre la patrie menac&#233;e signifie donc : d&#233;fendre le socialisme allemand. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme comme ombre, comme reflet, seulement comme produit du capitalisme ! Peut-on l'exprimer plus clairement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Karl Kautsky d&#233;clarait que &#171; l'&#233;volution de l'industrie moderne conduit n&#233;cessairement au socialisme &#187; et que, une fois le pouvoir politique conquis, le socialisme en d&#233;coulerait pour ainsi dire de lui-m&#234;me, si Karl Renner parlait encore d'utiliser &#171; l'&#201;tat comme levier &#187; pour le socialisme, Heinrich Cunow&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(NdlT) Karl Renner (1870-1950) &#233;tait membre dirigeant du parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pousse la logique plus loin et identifie &#171; l'&#201;tat d&#233;velopp&#233; &#187; avec le socialisme lui-m&#234;me. Le socialisme signifie : organisation et administration ! Dans ce contexte, l'on comprend que ce dernier d&#233;clare qu'il est ridicule de vouloir s'opposer &#224; l'imp&#233;rialisme, puisque celui-ci constitue une &#233;tape n&#233;cessaire sur la voie du d&#233;veloppement capitaliste menant au socialisme ! De cette mani&#232;re, on en vint aussi &#224; consid&#233;rer la guerre comme une &#233;tape n&#233;cessaire du chemin capitaliste vers le socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(NdlT) Le 4 ao&#251;t 1914, Hugo Haase (1863-1919), pr&#233;sident du SPD et d&#233;put&#233;, pronon&#231;a au Reichstag une d&#233;claration qui justifiait le vote des cr&#233;dits de guerre par les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Sozialdemokratie und Landesverteidigung : herausgegeben vom Bezirksvorstand der Provinz Brandenburg&lt;/i&gt;, Vorwarts, Berlin, 1915, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On ne peut que r&#233;p&#233;ter ici les mots de Rosa Luxemburg dans son article classique &#171; La reconstruction de l'Internationale &#187; : &lt;strong&gt;&#171; &#192; quel moment de l'histoire mondiale a-t-on vu pareille chose ? [&#8230;] Marx, Engels, Lassalle, Liebknecht, Bebel et Singer ont &#233;duqu&#233; le prol&#233;tariat pour que M. Hindenburg puisse le mener &#224; la bataille. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Die Kriegspolitik der Partei&lt;/i&gt; (publi&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(NdlT) Karl Renner (1870-1950) &#233;tait membre dirigeant du parti social-d&#233;mocrate autrichien (SDAP). Apr&#232;s la chute de l'empire en 1918, il devint le premier chancelier de la nouvelle r&#233;publique autrichienne. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il devint le premier pr&#233;sident de la Deuxi&#232;me R&#233;publique d'Autriche (1945-1950). Heinrich Cunow (1862-1936) &#233;tait un th&#233;oricien marxiste et pr&#233;sident du SPD (1917-1919).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Troisi&#232;me partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-troisieme-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-troisieme-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-17T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;TROISI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;diction de Marx s'est r&#233;alis&#233;e. La victoire de la Prusse &#233;tait une victoire du &#171; socialisme allemand &#187;. L'esprit de l'Internationale devint bient&#244;t l'esprit de la social-d&#233;mocratie allemande, qui avait pour ainsi dire le monopole du vrai marxisme. Fond&#233;e en 1889, la Deuxi&#232;me Internationale finit par faire triompher le point de vue allemand en 1896. L'&#171; Internationale &#187; &#233;tait d&#233;sormais une association de partis exclusivement socialistes parlementaires. Elle a donc (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2fffff-824fc.jpg?1776463413' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;TROISI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;diction de Marx s'est r&#233;alis&#233;e. La victoire de la Prusse &#233;tait une victoire du &#171; socialisme allemand &#187;. L'esprit de l'Internationale devint bient&#244;t l'esprit de la social-d&#233;mocratie allemande, qui avait pour ainsi dire le monopole du vrai marxisme. Fond&#233;e en 1889, la Deuxi&#232;me Internationale finit par faire triompher le point de vue allemand en 1896. L'&#171; Internationale &#187; &#233;tait d&#233;sormais une association de partis exclusivement socialistes &lt;strong&gt;parlementaires&lt;/strong&gt;. Elle a donc quitt&#233; le chemin de la premi&#232;re Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on trouvait peu ou pas de socialisme anarchiste et antiparlementaire en Allemagne, il &#233;tait d'autant plus r&#233;pandu dans d'autres pays, principalement de langues romanes. Le socialisme allemand a &#233;t&#233; proclam&#233; seule forme officielle de socialisme. Le parti allemand est devenu un mod&#232;le pour tous les autres pays ; aucun autre pays n'&#233;tait capable d'organiser une arm&#233;e de travailleurs aussi disciplin&#233;e. Son succ&#232;s &#233;lectoral &#224; lui seul l'a plac&#233; &#224; la t&#234;te de l'Internationale. La litt&#233;rature marxiste &#233;tait allemande, Marx et Engels &#233;tant &#233;troitement li&#233;s au d&#233;veloppement du parti allemand. Les th&#233;oriciens marxistes ult&#233;rieurs &#233;taient &#233;galement allemands. Ce n'est pas un hasard si le v&#233;ritable c&#339;ur du marxisme trouva sa pleine expression en Allemagne : &lt;strong&gt;le socialisme marxiste &#233;tait un socialisme d'&#201;tat&lt;/strong&gt;. C'&#233;tait un &lt;strong&gt;socialisme prussien&lt;/strong&gt;. Par essence, ce socialisme &#233;tait autoritaire et centralisateur, antir&#233;volutionnaire et militariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oswald Spengler, qui consid&#232;re la chute de la Prusse comme la fin du monde et qui est davantage &lt;strong&gt;linguiste &lt;/strong&gt; que &lt;strong&gt;sociologue&lt;/strong&gt;, a dress&#233; un portrait objectif et pertinent du socialisme. Dans une brochure&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oswald Spengler Prussianisme et socialisme, trad. H. Brunet, lithographie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; int&#233;ressante o&#249; il comprend bien &#171; l'esprit prussien &#187;, mais rien du socialisme, il montre &#224; quel point le socialisme moderne a pris une tournure fatale en Allemagne. Spengler, qui a observ&#233; ce socialisme allemand et consid&#233;rait une organisation de masse centralis&#233;e prussienne avec une administration militariste comme l'essence m&#234;me du socialisme, a d&#233;clar&#233; sans h&#233;sitation que le prussianisme &#233;tait le seul socialisme par excellence ! C'&#233;tait Fr&#233;d&#233;ric-Guillaume I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et non Marx qui &#233;tait le premier socialiste conscient ! &#171; L'arm&#233;e prussienne, la fonction publique prussienne, le prol&#233;tariat de Bebel &#187; sont les produits de la pens&#233;e prussienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le socialisme est, d'un point de vue purement technique, le principe de la fonction publique &#187;. Voil&#224; Spengler en tant que socialiste ! Spengler caract&#233;rise avec tout autant de pr&#233;cision l'essence de l'&#201;tat : &#171; L'histoire des &#201;tats est l'histoire des guerres. La guerre est la forme &#233;ternelle de l'existence humaine sup&#233;rieure et les &#201;tats existent pour la guerre ; ils expriment la volont&#233; de guerre &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 52-53. Il faut &#234;tre un philosophe prussien pour avoir le culot, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il n'y a pas grand-chose &#224; ajouter ici. Voici comment un nationaliste confirme les th&#233;ories de tous les antimilitaristes coh&#233;rents qui, bien entendu, ne consid&#232;rent pas la guerre comme la forme la plus &#233;lev&#233;e, mais comme la forme la plus basse et la plus barbare de l'existence humaine : c'est cette disposition permanente &#224; la guerre, cette &#171; oppression permanente &#224; l'int&#233;rieur et guerre permanente &#224; l'ext&#233;rieur &#187; (Bakounine), l'&#201;tat, qui doit &#234;tre combattu si l'on veut lutter contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte &#233;tait loin d'&#234;tre celle &#224; laquelle on pouvait s'attendre de la part de ce qui se d&#233;veloppait comme la social-d&#233;mocratie allemande. On tournait en rond : on d&#233;clarait que &#171; la premi&#232;re condition n&#233;cessaire &#224; toute &#233;mancipation des travailleurs &#233;tait la paix &#187; et en m&#234;me temps &#171; que la guerre, triste produit des rapports &#233;conomiques actuels, ne dispara&#238;trait que lorsque le mode de production capitaliste serait remplac&#233; par l'&#233;mancipation du travail et le triomphe international du socialisme &#187;. Mais on d&#233;clarait aussi que la paix &#233;tait la condition premi&#232;re et n&#233;cessaire de cette &#233;mancipation... En 1867, comme nous l'avons vu, De Paepe avait d&#233;j&#224; compris qu'il s'agissait d'un raisonnement fatal et, en 1868, &#224; Bruxelles, on a indiqu&#233; la seule mani&#232;re de briser ce cercle vicieux. C'est ainsi que Domela Nieuwenhuis a d&#251; &#224; nouveau poser la question en 1891 : et si la guerre &#233;clatait quand m&#234;me ? La r&#233;solution allemande, d&#233;fendue par Liebknecht, affirmait que seul le socialisme pouvait mettre fin au militarisme et garantir la paix entre les nations, et que la responsabilit&#233; d'une catastrophe de guerre incombait enti&#232;rement &#224; la classe dirigeante. Domela Nieuwenhuis, quant &#224; lui, d&#233;fendait une r&#233;solution n&#233;erlandaise qui finissait par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant qu'aucun gouvernement ne saurait invoquer comme excuse qu'il a &#233;t&#233; provoqu&#233;, attendu que la guerre est le r&#233;sultat de la volont&#233; internationale du capitalisme ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s international ouvrier socialiste de Bruxelles d&#233;clare que les socialistes de tous les pays r&#233;pondront &#224; une proposition de guerre par un appel au peuple pour proclamer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si, comme l'a dit Domela Nieuwenhuis, les mots &#171; social &#187; et &#171; social-d&#233;mocratie &#187; &#233;taient remplac&#233;s par &#171; chr&#233;tien &#187; et &#171; christianisme &#187; dans la r&#233;solution allemande, alors l'Arm&#233;e du Salut, tout comme le Pape, pourrait l'accepter&#8230; Le chauvinisme est un danger pour tout notre mouvement socialiste. Les socialistes doivent tous agir &#224; l'unanimit&#233; en cas de guerre. Autrement, au signal donn&#233;, les nations se contenteraient de marcher et de s'entre-d&#233;chirer. Le chauvinisme est la raison pour laquelle nous faisons une distinction entre guerres offensives et d&#233;fensives. Je rejette cette distinction. Il est bien connu que les diplomates ont l'art de faire passer toute guerre pour offensive ou d&#233;fensive, selon leurs int&#233;r&#234;ts. Quant &#224; notre attitude en cas de guerre, il n'y a qu'une seule voie : la r&#233;sistance passive&#8230; De notre point de vue, la guerre civile du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie est pr&#233;f&#233;rable &#224; une guerre entre nations. Quand les gouvernements d&#233;clarent la guerre, c'est une r&#233;volution. Et nous avons, &#224; notre tour, le droit de r&#233;pondre par une r&#233;volution, en exhortant le peuple &#224; refuser de prendre les armes. Le peuple ne veut pas la guerre...&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du Congr&#232;s international ouvrier socialiste tenu &#224; Bruxelles du 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Liebknecht protesta : &#171; La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'est qu'une pitoyable formule ! Si nous proclamions une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la bourgeoisie se moquerait de nous&#8230; Lib&#233;rons-nous de cette formule ! L'activit&#233; la plus r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat est de porter le prol&#233;tariat au pouvoir par l'organisation. &#187;&#8230; Domela Nieuwenhuis ignorait &#224; l'&#233;poque, comme il le raconte dans ses m&#233;moires, que sa proposition &#233;tait conforme aux positions de l'Internationale de 1868 &#224; Bruxelles. Deux ans plus tard, au congr&#232;s suivant &#224; Zurich en 1893, il invoqua &#224; juste titre la r&#233;solution du congr&#232;s de Bruxelles. De nouveau, il proposa de d&#233;cider que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Les travailleurs socialistes des pays impliqu&#233;s r&#233;pondront &#224; une d&#233;claration de guerre des gouvernements en refusant la conscription, par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, notamment dans tous les secteurs de l'industrie li&#233;s &#224; la guerre, et en appelant les femmes &#224; retenir leurs maris et leurs fils.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus remarquable est que l'id&#233;e que j'ai d&#233;fendue en 1891 n'a pas seulement &#233;t&#233; d&#233;battue &#224; Bruxelles en 1868, mais m&#234;me adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;. On m'a trait&#233; d'imb&#233;cile de r&#233;volutionnaire et de fou. Je partage cette honte avec Longuet, qui a formul&#233; cette proposition, avec C&#233;sar De Paepe, et m&#234;me avec l'ensemble du congr&#232;s [...] Est-ce un progr&#232;s ou une r&#233;gression que de revenir sur 1868 en 1891 ? [...] Mais alors ce sera la guerre civile ? Soit ! nous pr&#233;f&#233;rons la guerre civile, qui nous permettra d'&#233;craser le capitalisme qui est le v&#233;ritable ennemi, au lieu de lutter contre nos fr&#232;res, les prol&#233;taires &#233;trangers. [...] Quant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que nous pr&#233;conisons, &#224; c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve militaire, elle doit s'&#233;tendre en premi&#232;re ligne aux employ&#233;s de chemins de fer et du t&#233;l&#233;graphe [...] ils ont tout le pouvoir de faire gr&#232;ve, de rendre toute guerre impossible &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Congr&#232;s ouvrier internationale de Zurich, ao&#251;t 1893.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Comme on le sait, ne fois encore, sa proposition fut rejet&#233;e. Le repr&#233;sentant australien, Sceusa, d&#233;clara : &#171; Je ne comprends pas comment on peut encore ordonner &#224; des fr&#232;res de s'entre-tuer. Si l'on m'ordonnait de commettre un tel meurtre, je serais le premier &#224; abattre celui qui me l'aurait donn&#233;. &#187; Outre l'Australie, seules la Norv&#232;ge et la France vot&#232;rent en faveur de la r&#233;solution n&#233;erlandaise. La grande majorit&#233; &#233;tait favorable &#224; la proposition allemande. On pensait que la gr&#232;ve contre la guerre d&#233;sarmerait d'abord les nations culturelles(!) et que l'Europe occidentale serait alors livr&#233;e aux Cosaques. Le seul moyen de lutter efficacement contre la guerre serait d'impr&#233;gner les masses d'id&#233;es socialistes, afin que les ouvriers entrent d&#233;j&#224; dans les casernes en tant que socialistes. En enr&#244;lant de plus en plus de recrues socialistes, le militarisme allait s'autod&#233;truire. Il ne serait ainsi plus un bastion du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un concept qu'Engels a d&#233;j&#224; expos&#233; dans son &lt;i&gt;Anti-D&#252;hring &lt;/i&gt; : l'arm&#233;e est la raison d'&#234;tre premi&#232;re de l'&#201;tat, elle est devenue son but en soi. Les nations n'existent que pour fournir des soldats. Le militarisme domine et d&#233;vore toute l'Europe. Mais ce militarisme porte en lui les germes de sa propre chute ; en apprenant &#224; toute une nation &#224; manier les armes, il finira par imposer sa volont&#233; au pouvoir dominant&#8230; La machine abandonne ses ma&#238;tres ; le militarisme succombe &#224; la dialectique de son propre d&#233;veloppement. Or, la dialectique historico-mat&#233;rialiste de Marx et Engels ne s'est pas av&#233;r&#233;e r&#233;gie par une n&#233;cessit&#233; historique ! De m&#234;me que le capitalisme n'a pas succomb&#233; &#224; sa propre dialectique, la dissolution du militarisme ne s'est pas produite par cette &#171; d&#233;cadence &#187; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conceptions correspondaient tout &#224; fait &#224; la tactique de la social-d&#233;mocratie allemande, qui n'avait nullement l'intention de combattre le militarisme de mani&#232;re cons&#233;quente. On ne s'attaquait qu'&#224; la forme du militarisme. Et lorsqu'on rejetait le budget militaire, ce n'&#233;tait que parce qu'on s'opposait &#224; ce syst&#232;me militariste. Le programme du parti pr&#233;voyait en effet aussi &#171; d'armer le peuple &#187; ; au lieu de l'arm&#233;e permanente, on voulait une arm&#233;e populaire. En un mot, on voulait d&#233;mocratiser l'arm&#233;e, en combattre les exc&#232;s &#8212; c'est d'ailleurs &#224; cela que s'occupait principalement la fraction social-d&#233;mocrate au Reichstag &#8212; et, si possible, am&#233;liorer le syst&#232;me. Ainsi, Bebel exigeait par exemple au Reichstag d'autres uniformes, &#171; afin que, lors d'une prochaine guerre, des dizaines de milliers de nos propres camarades ne soient pas inutilement conduits &#224; l'abattoir par l'incomp&#233;tence de nos autorit&#233;s militaires &#187;. C'&#233;tait en cela que consistait la lutte contre le militarisme. Les d&#233;clarations de Schippel&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Max Schippel (1859&#8211;1947) &#233;tait membre du SPD et d&#233;put&#233; au Reichstag.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; lors du congr&#232;s du parti &#224; Hambourg en 1897 sont typiques de l'attitude du SPD. Elles ont &#233;t&#233; confirm&#233;es, contre l'opposition, par Auer, Bebel et Liebknecht. En r&#233;ponse aux critiques concernant l'attitude du groupe parlementaire par rapport aux nouveaux canons que demandait le le gouvernement, Schippel d&#233;clara : &#171; Nous n'avons pas donn&#233; notre accord pour le recrutement de soldats, mais ils sont l&#224;, c'est un fait. Les propositions pour cr&#233;er une milice et &#224; abolir toutes les arm&#233;es permanentes n'ont pas la majorit&#233;, et ne l'auront pas dans un avenir proche. C'est un fait qui nous d&#233;pla&#238;t, mais dont nous devons tenir compte. Devrions-nous maintenant, parce que les partis bourgeois ne nous donnent pas satisfaction &#224; cet &#233;gard, exposer les travailleurs allemands, pour ainsi dire &#224; titre de punition, au risque de devoir payer de leur sang la folie de leurs adversaires ? Ce serait absurde et contraire aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs. &#187; &#171; Nous sommes par principe oppos&#233;s &#224; la guerre, note Auer, mais nous ne pouvons l'emp&#234;cher, nous devons compter avec l'&#233;ventualit&#233; qu'une guerre &#233;clate contre notre volont&#233;. Nous ne pouvons faire de cette question (l'autorisation ou non de fabriquer de nouveaux canons) le point de d&#233;part de notre lutte contre le militarisme. &#187; L'opposition a fait remarquer &#224; juste titre que, suivant ce raisonnement, il faudrait renforcer la flotte et &#233;quiper l'arm&#233;e allemande des armes les plus modernes. Alors que le slogan est &#171; pas un homme, ni un centime pour ce syst&#232;me &#187;, le parti est d&#233;sormais m&#234;me favorable aux canons. &#171; La guerre, qu'elle soit contre la France ou la Russie, est en r&#233;alit&#233; contre les travailleurs, et nous devons nous y opposer. Quiconque renforce la puissance militaire renforce la lutte contre le prol&#233;tariat, et nous devons rejeter cela. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Protocole des partis, Hambourg 1897.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'opposition &#233;tait vaine. L'opinion exprim&#233;e par Schippel &#233;tait celle qui pr&#233;valait au sein du parti. Et cela, alors que le militarisme, comme dans pratiquement aucun autre pays, montrait quelle arme puissante il &#233;tait entre les mains des dirigeants, quelle menace il repr&#233;sentait de tout point de vue pour la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re ; alors que le charlatan, l'empereur Guillaume, avait ouvertement reconnu la nature de ce militarisme : &#171; Ce n'est pas un ennemi &#233;tranger, mais un ennemi int&#233;rieur qu'il faudra combattre, et contre celui-ci aussi, notre puissante arm&#233;e nous prot&#232;ge, avec l'aide de Dieu ! &#187; &#192; la suite de cette journ&#233;e du parti &#224; Hambourg, la presse nationaliste &#233;crivait de mani&#232;re tr&#232;s significative : &#171; Il est vraiment rassurant de savoir que la direction de la social-d&#233;mocratie est entre les mains de tels hommes. &#187; Et &#224; chaque congr&#232;s du parti o&#249; la question du militarisme &#233;tait &#224; l'ordre du jour, on d&#233;clarait, sous le slogan &#171; pas un homme, pas un centime &#187;, que si l'Allemagne &#233;tait &#171; attaqu&#233;e &#187;, il d&#233;fendrait la patrie avec ferveur et ne serait pas en reste par rapport aux partis bourgeois. Ce que le parti voulait combattre, c'&#233;tait l'entra&#238;nement inutile, les mauvais traitements inflig&#233;s aux soldats, le monopole de la caste des officiers, etc. Il se d&#233;fendait vivement contre le reproche que la social-d&#233;mocratie sapait la discipline dans l'arm&#233;e ; apr&#232;s tout, le parti exigeait lui aussi la discipline ! Et il votait m&#234;me pour les imp&#244;ts qui servaient &#224; financer la guerre, car ces imp&#244;ts &#233;taient directs, pesaient principalement sur la classe poss&#233;dante et &#233;taient donc dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat. (Tout comme aujourd'hui, les dirigeants socialistes et les syndicalistes d&#233;cident de construire des navires de guerre et les approuvent, car ce serait dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat, avec l'argument que cela permettrait de lutter contre le ch&#244;mage ! Ceci confirme &#224; quel point Max Nettlau, quand il affirmait d&#233;j&#224; en 1897 que le prol&#233;tariat ne se lib&#233;rera pas de l'esclavage du travail tant que les travailleurs ne se sentiront pas responsables du travail qu'ils accomplissent, avait raison)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, &#171; La responsabilit&#233; et la solidarit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le parti vota pour cette d&#233;pense de guerre d&#233;guis&#233;e, bien que lors des congr&#232;s, il avait d&#233;cid&#233; de ne rien approuver du syst&#232;me militariste existant ; bien que cela soit contraire aux d&#233;cisions du congr&#232;s international des socialistes &#224; Paris (1900), o&#249; il avait &#233;t&#233; clairement et tr&#232;s concr&#232;tement d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt; que les repr&#233;sentants socialistes dans tous les parlements sont tenus de voter sans condition contre toute d&#233;pense li&#233;e au militarisme, au marinisme ou aux exp&#233;ditions coloniales.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compr&#233;hensible que le d&#233;veloppement de cet &#171; antimilitarisme &#187; allemand ait suscit&#233; une certaine m&#233;fiance. Mais les positions du parti allemand devinrent progressivement un principe directeur pour tous les partis de l'Internationale. Et c'&#233;tait in&#233;vitable, car partout la voie de la Premi&#232;re Internationale, qui misait tout sur la lutte &#233;conomique, fut abandonn&#233;e au profit de la recherche d'une influence politique au sein de l'&#201;tat national militariste. Ils ne voulaient m&#234;me plus combattre le militarisme ; de m&#234;me qu'ils ne voulaient plus abolir l'&#201;tat mais le r&#233;former, on voulait &#171; d&#233;mocratiser &#187; le militarisme. Alors qu'en 1900 il &#233;tait d&#233;cid&#233; de s'opposer &#224; toutes les exp&#233;ditions coloniales, en 1907 &#224; Stuttgart, Bernstein d&#233;clarait : &#171; Une certaine tutelle des peuples cultiv&#233;s sur les peuples non cultiv&#233;s est une n&#233;cessit&#233;. [...] En tout cas, il vaut mieux que le Congo soit gouvern&#233; par un parlement(!) auquel la classe ouvri&#232;re envoie ses repr&#233;sentants, plut&#244;t que d'&#234;tre exploit&#233; par une entreprise purement capitaliste &#187; ! Avec la pr&#233;sence de repr&#233;sentants ouvriers au Parlement, l'exploitation &#233;tait de plus en plus consid&#233;r&#233;e comme moins grave que l'exploitation des esclaves blancs et noirs par le capitalisme en l'absence de Parlement et de repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re. Finalement, dans l'int&#233;r&#234;t du capitalisme, des socialistes sont m&#234;me devenus ministres de la Guerre, apparemment avec la m&#234;me motivation : il valait mieux faire la guerre avec des socialistes au gouvernement plut&#244;t que de laisser la guerre elle-m&#234;me &#234;tre une entreprise purement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui se produisit en Allemagne apr&#232;s la soi-disant r&#233;volution d&#233;passa toutes les attentes, atteignant finalement son point culminant quand le gouvernement, avec ses ministres social-d&#233;mocrates, envoya les bidasses r&#233;actionnaires &#8212; musique en t&#234;te et ba&#239;onnette au canon &#8212;expulser des minist&#232;res le gouvernement parlementaire socialiste de Saxe, le d&#233;clara d&#233;chu et renvoya le Landtag (parlement r&#233;gional). Enfin, c'&#233;tait grotesque ! Il serait toutefois trop long d'entrer ici davantage dans les d&#233;tails.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Allusion &#224; l'intervention du gouvernement du Reich en Saxe en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Stuttgart en 1907, cette attitude nationaliste s'affichait d&#233;j&#224; ouvertement. Bebel d&#233;clara sans ambages : &#171; Tant que les relations entre &#201;tats n'auront pas fondamentalement chang&#233;, nous, sociaux-d&#233;mocrates, nous ne pouvons pas nous passer enti&#232;rement des armements militaires. &#187; La majorit&#233; de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise proposa d'adopter une r&#233;solution qui pr&#233;voit que, pour pr&#233;venir la guerre, &#171; une action internationale de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre provoqu&#233;e par tous les moyens, depuis l'intervention parlementaire et l'agitation publique jusqu'aux gr&#232;ves et soul&#232;vements de masse. &#187; Cette proposition fut d&#233;fendue avec ferveur par Vaillant et Jaur&#232;s. Les mots de Vaillant sont rest&#233;s c&#233;l&#232;bres : &#171; Plut&#244;t l'insurrection que la guerre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand l'intervention fran&#231;aise pendant la guerre russo-japonaise mena&#231;ait de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est pr&#233;cis&#233;ment sur cette question des moyens pour emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre que l'opposition la plus v&#233;h&#233;mente s'&#233;leva du c&#244;t&#233; allemand : &#171; Il faut s'opposer &#224; cette r&#233;solution avec la plus grande fermet&#233; et la d&#233;clarer totalement inacceptable ! &#187; Une fois de plus, ils parlaient de fanatisme anarchiste. Cette r&#233;solution fut rejet&#233;e non seulement pour des raisons tactiques, mais surtout pour des raisons de principe. Ils ne pouvaient s'engager sur des moyens pr&#233;cis. &#171; Nous ne pouvons permettre que des m&#233;thodes de lutte nous soient impos&#233;es, qui pourraient s'av&#233;rer d&#233;sastreuses pour la vie du parti et, dans certaines circonstances, m&#234;me pour son existence m&#234;me. &#187; La r&#233;solution allemande fut finalement adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;. Il y &#233;tait indiqu&#233; qu'en cas de menace de guerre, les classes ouvri&#232;res et leurs repr&#233;sentants parlementaires, appuy&#233;s par les efforts concert&#233;s du bureau international, devraient tout faire pour emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre en employant les moyens qu'ils jugent les plus efficaces. Si la guerre &#233;clate n&#233;anmoins, chacun devrait de tout faire pour y mettre fin au plus vite et de s'efforcer de toutes ses forces d'utiliser la crise politique et &#233;conomique qu'elle engendre pour mobiliser le peuple et ainsi acc&#233;l&#233;rer la chute de la domination des classes capitaliste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;VIIe Congr&#232;s Socialiste Internationale tenu a&#768; Stuttgart du 16 au 24-8-1907.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Selon la r&#233;solution, la d&#233;mocratisation de l'arm&#233;e constitue une v&#233;ritable garantie contre la guerre ; le remplacement de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re par une arm&#233;e populaire rendrait impossibles les guerres offensives. Cependant, les Anglais et les Am&#233;ricains rejet&#232;rent l'exigence d'un armement g&#233;n&#233;ralis&#233; du peuple et ne voulaient pas l'expansion du militarisme dans leurs pays ; ils estimaient que cette r&#233;solution ne combattait en rien les tendances militaristes. Le repr&#233;sentant suisse fit aussi remarquer qu'une arm&#233;e de milice existait d&#233;j&#224; dans son pays, mais qu'elle &#233;tait tout aussi structur&#233;e par les classes sociales. Quand Kautsky pr&#233;tend que l'Internationale s'est concentr&#233;e sur la pr&#233;vention de la guerre et &#171; a &#224; peine envisag&#233; la position qu'elle devrait adopter si un conflit &#233;clatait &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Vergangenheit und Zukunft der Internationale, Vienne, 1920, p.5.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, - c'est un mensonge d&#233;lib&#233;r&#233;. Nous avons constat&#233; qu'il est r&#233;guli&#232;rement soulign&#233; lors des congr&#232;s internationaux que les r&#233;solutions de paix ne constituent pas encore une garantie suffisante pour &#233;viter tout conflit. Des propositions visant &#224; emp&#234;cher ce d&#233;clenchement de la guerre furent soulev&#233;es &#224; plusieurs reprises, et furent &#224; chaque fois qualifi&#233;es de fanatisme anarchiste &#8212; toujours farouchement contest&#233;es par le camp allemand comme &#171; inacceptables &#187; &#8212; et finalement rejet&#233;es par l'ensemble du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du congr&#232;s suivant &#224; Copenhague en 1910, la position &#224; adopter en cas de d&#233;clenchement de la guerre fut longuement d&#233;battue. Kautsky, pr&#233;sent &#224; Copenhague, ne pouvait ignorer ces discussions. Cette fois, c'est Keir Hardie, du Parti travailliste ind&#233;pendant, qui non seulement appela &#224; une lutte antimilitariste coh&#233;rente, mais d&#233;clara &#233;galement qu'il &#233;tait absolument essentiel de d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment sa position et de d&#233;lib&#233;rer sur les moyens d'emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre, m&#234;me si les gouvernements capitalistes la d&#233;claraient. Cette position que Keir Hardie proposait d'adopter devait &#234;tre, en m&#234;me temps, le moyen de rendre la guerre impossible. Selon Keir Hardie, &#171; nous combattons non seulement la guerre, mais aussi le militarisme. [...] Militarisme et libert&#233; sont en opposition irr&#233;ductible, et parce que nous aimons la libert&#233;, nous combattons le militarisme. Aussi, nous nous r&#233;jouissons de ce que les camarades scandinaves ont si brillamment engag&#233; la lutte pour le d&#233;sarmement. Nous nous en r&#233;jouissons parce qu'ils ont revendiqu&#233; non seulement une diminution des charges, mais encore le d&#233;sarmement imm&#233;diat et complet du pays. L'histoire de l'humanit&#233; commencera une nouvelle page glorieuse quand le premier pays d&#233;sarmera enti&#232;rement et jettera bas toutes les armes. [&#8230;] La r&#233;solution de Stuttgart constituait un progr&#232;s sur celle d'Amsterdam et, &#224; Copenhague, nous voulons faire un nouveau pas en avant. [&#8230;] Nous voulons simplement montrer aux travailleurs de tous les pays que, s'ils r&#233;unissent leurs forces &#233;conomiques, la puissance de la classe ouvri&#232;re suffit &#224; rendre les guerres impossibles. [...] La seule gr&#232;ve de l'industrie &#224; laquelle j'ai appartenu un jour, celle des mineurs, suffirait pour emp&#234;cher la guerre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international &#224; Copenhague 1910, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La proposition Keir Hardie-Vaillant &#233;tait la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Entre tous les moyens &#224; employer pour pr&#233;venir et emp&#234;cher la guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s consid&#232;re comme particuli&#232;rement efficace :&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ouvri&#232;re, surtout dans les industries qui fournissent &#224; la guerre ses instruments (armes, munitions, transports, etc.), ainsi que l'agitation et l'action populaires sous leurs formes les plus actives.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s, en revanche, a renouvel&#233; les d&#233;cisions prises &#224; Stuttgart et d&#233;cid&#233; de soumettre la proposition Keir Hardie-Vaillant au bureau socialiste, car le congr&#232;s &#233;tait en fait d'avis qu'il ne fallait parler que du d&#233;sarmement et des tribunaux d'arbitrage, et non des moyens d'emp&#234;cher une guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition visant &#224; lutter efficacement contre la guerre &#233;tait toujours inacceptable. C'est pourquoi l'attitude &#224; adopter en cas de d&#233;clenchement de la guerre ne fut pas &#171; examin&#233;e &#187; plus en d&#233;tail et toutes les propositions qui, comme nous l'avons vu, de 1891 &#224; 1910, visaient &#224; d&#233;finir cette attitude, une attitude coh&#233;rente avec l'esprit des r&#233;solutions et aux int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat, furent rejet&#233;es. Le bureau devait rendre compte de la proposition lors du congr&#232;s suivant, &#224; B&#226;le en 1912. Comme ce congr&#232;s &#233;tait certes oppos&#233; &#224; la guerre, mais qu'il avait &#233;t&#233; convoqu&#233; en tant que congr&#232;s extraordinaire, cette question ne fut apparemment pas &#233;t&#233; abord&#233;e ! En revanche, de grandes manifestations ont eu lieu et un manifeste pour la paix fut r&#233;dig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s fut un &#233;v&#233;nement marquant, non seulement dans l'histoire de l'Internationale ouvri&#232;re, mais aussi dans l'histoire de la civilisation humaine ! Les d&#233;cisions de Stuttgart et de Copenhague furent &#224; nouveau confirm&#233;es. Sous des acclamations longues et enthousiastes, Jaur&#232;s d&#233;clara : &#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices. &#187; Et pour la derni&#232;re fois, Keir Hardie appela le prol&#233;tariat international &#224; ne pas h&#233;siter &#224; utiliser sa deuxi&#232;me grande arme &#233;conomique : la gr&#232;ve mondiale r&#233;volutionnaire contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s au cours duquel le Bureau socialiste international (B.S.I.) devait pr&#233;senter un rapport sur son examen de la proposition de Keir Hardie n'eut finalement pas lieu. Quelques semaines avant que l'on ne reparle de paix, la guerre &#233;clata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'apoth&#233;ose de la conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le grand jour du socialisme prussien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oswald Spengler &lt;i&gt;Prussianisme et socialisme&lt;/i&gt;, trad. H. Brunet, lithographie de l'&#201;cole d'application de l'artillerie, 1927 (Munich, 1920), p. 32, 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 52-53. Il faut &#234;tre un philosophe prussien pour avoir le culot, en 1922(!), de d&#233;clarer que la forme la plus &#233;lev&#233;e de l'humanit&#233; ce sont les tranch&#233;es, les gaz toxiques, les bombardements de cath&#233;drales, le torpillage du paquebot &lt;i&gt;Lusitania&lt;/i&gt;, les blocus qui causent la famine, les bombardements, etc., etc. !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rapport du Congr&#232;s international ouvrier socialiste tenu &#224; Bruxelles du 16 au 23 ao&#251;t 1891, Imprimerie D&#233;sir&#233; Brism&#233;e, 1893, p.66. Apr&#232;s le Congr&#232;s, Liebknecht, porte-parole des combattants, &#233;crivit &#171; sans formule &#187; (&lt;i&gt;Neue Zeit&lt;/i&gt;, IX : 49, p. 835) : &#171; La seule dissonance est apparue lors de la discussion de la question militaire, ce qui est caract&#233;ristique d'un membre d'une nation qui n'y portait aucun int&#233;r&#234;t et qui pouvait l'envisager du point de vue de &#8220;Pays de Cocagne&#8221; en toute s&#233;r&#233;nit&#233;. La proposition de refus de conscription, sous pr&#233;texte qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait insuffisante pour le programme de &#8220;Pays de Cocagne&#8221;, n'a pu na&#238;tre que dans l'esprit d'un fanatique qui, par chance, n'a connu le militarisme que de loin. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Pays de Cocagne &#187; social-d&#233;mocrate, en revanche, n'est apparu qu'en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Congr&#232;s ouvrier internationale de Zurich, ao&#251;t 1893.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Max Schippel (1859&#8211;1947) &#233;tait membre du SPD et d&#233;put&#233; au Reichstag.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Protocole des partis, Hambourg 1897.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &#171; La responsabilit&#233; et la solidarit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re &#187;, dans &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, N&#176; 28, 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Allusion &#224; l'intervention du gouvernement du Reich en Saxe en octobre 1923 (&#171; Reichsexekution &#187;), au cours de laquelle l'arm&#233;e allemande destitua le gouvernement r&#233;gional socialiste SPD-KPD (parti communiste) et dissout le parlement saxon. Cet &#233;pisode illustre les tensions entre la social-d&#233;mocratie au pouvoir et les courants plus radicalement r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quand l'intervention fran&#231;aise pendant la guerre russo-japonaise mena&#231;ait de d&#233;clencher une guerre mondiale, un manifeste parut dans Le Socialiste, qui concluait ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La grandeur du socialisme r&#233;side dans le fait que, dans son action, quel que soit son motif, il englobe tous ses objectifs, et que son action contre la guerre co&#239;ncide avec son action pour la lib&#233;ration du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne devons pas h&#233;siter, et d&#232;s cet instant, nous devons voir ce que nous pouvons faire. Et si le prol&#233;tariat international et national ne r&#233;pondait pas suffisamment &#224; notre appel et &#233;tait incapable de se d&#233;fendre, de d&#233;fendre sa vie, ses revendications, sa lib&#233;ration, par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, notre devoir d'agir et de ne reculer devant rien pour le sauver, conjurer le danger et emp&#234;cher la guerre ne serait que plus n&#233;faste. Il n'y a pas de plus grand bien que la paix, la paix internationale. Il n'y a rien qui ne soit pr&#233;f&#233;rable &#224; la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux vaut la r&#233;bellion que la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;VII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s Socialiste Internationale tenu a&#768; Stuttgart du 16 au 24-8-1907.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Vergangenheit und Zukunft der Internationale&lt;/i&gt;, Vienne, 1920, p.5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international &#224; Copenhague 1910, op. cit., p.319-320, 322-323&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Deuxi&#232;me partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-deuxieme-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-deuxieme-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-16T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_ll-fcabc.jpg?1776376866' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute libert&#233; politique n'est qu'une illusion trompeuse. Elle d&#233;clara que cette lib&#233;ration n'&#233;tait pas un probl&#232;me national, mais international, et appelait donc les travailleurs &#224; la lutte et &#224; la solidarit&#233; internationales. Conform&#233;ment aux propos de Marx dans son &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt; de 1848, les travailleurs n'avaient pas d'autre patrie que la grande f&#233;d&#233;ration des travailleurs du monde entier. Il est clair que cela a engendr&#233; une position pacifiste, tr&#232;s diff&#233;rente de l'approche des socialistes patriotiques de l'&#233;poque. La question de la guerre &#233;tait largement d&#233;battue au sein de l'Internationale, notamment quand la question luxembourgeoise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; la remit sur le devant de la sc&#232;ne. Diverses sections de l'Internationale protest&#232;rent contre la guerre imminente. Par exemple, le 28 avril 1867, la section de Locle appelait les ouvriers &#171; &#224; s'unir &#224; elle pour fl&#233;trir une lutte qui ne pourrait &#234;tre que fatale au travail et &#224; la libert&#233;. [&#8230;] Aujourd'hui, toute guerre entre les peuples europ&#233;ens n'est plus une guerre nationale, c'est une guerre civile. &#187; Nous verrons comment Marx lui-m&#234;me reniera bient&#244;t les principes qu'il avait lui-m&#234;me formul&#233;s. D&#233;j&#224; le 7 juin 1866 il &#233;crivait avec m&#233;pris &#224; Engels : &#171; Chez les &#233;tudiants de Paris, la clique proudhonienne (&lt;i&gt;Le Courrier fran&#231;ais&lt;/i&gt;) pr&#234;che la paix, d&#233;clare que la guerre est d&#233;pass&#233;e, que les nationalit&#233;s sont un non-sens, s'en prend &#224; Bismarck et &#224; Garibaldi, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et le 20 juin : &#171; De plus, les repr&#233;sentants de la &#8220;Jeune France&#8221; s'accordent &#224; dire que toutes les nationalit&#233;s et nations elles-m&#234;mes ne sont que des pr&#233;jug&#233;s d&#233;pass&#233;s. Un stirn&#233;risme proudhonis&#233; ; dissoudre tout en petits &#8220;groupes&#8221; ou &#8220;communes&#8221;, qui forment &#224; leur tour une &#8220;association&#8221;, mais sans &#201;tat. &#187; En 1867, le deuxi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale eut lieu &#224; Lausanne. Concernant la guerre, le constat fut fait que seul un nouvel ordre social, un ordre o&#249; la soci&#233;t&#233; ne serait plus divis&#233;e en deux classes, l'une exploit&#233;e par l'autre, pourrait garantir la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant de la paix comme d'une &#171; condition premi&#232;re &#187; et de la suppression de l'exploitation comme d'une cons&#233;quence, on mettait la charrue avant les b&#339;ufs, remarque le Belge C&#233;sar De Paepe. Une r&#233;solution fut adopt&#233;e qui constate &#224; nouveau &#171; que pour arriver &#224; supprimer la guerre, il ne suffit pas d'abolir les arm&#233;es, mais qu'il faut encore modifier l'organisation sociale. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) Cette r&#233;solution fut pr&#233;sent&#233;e par une d&#233;l&#233;gation, dont James Guillaume faisait partie, au congr&#232;s pour la paix qui s'est tint peu apr&#232;s &#224; Gen&#232;ve. Ce congr&#232;s &#233;tait convoqu&#233; par des r&#233;publicains et d&#233;mocrates radicaux de l'&#233;poque en Europe. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents 26 des 64 d&#233;l&#233;gu&#233;s du congr&#232;s de Lausanne, qui esp&#233;raient orienter les d&#233;bats vers une direction r&#233;volutionnaire et antimilitariste. La section parisienne de l'Internationale d&#233;l&#233;gua les m&#234;mes membres qu'au Congr&#232;s de Lausanne. Dupont, d&#233;l&#233;gu&#233; international &#224; Londres, exposa la position pacifiste de l'Internationale et s'opposa fermement &#224; tout pacifisme bourgeois : &#171; Croyez-vous, citoyens, que lorsque ces arm&#233;es permanentes seront dissoutes et transform&#233;es en milices nationales, nous aurons la paix perp&#233;tuelle ? Non, citoyens, la r&#233;volution de juin 1848 est l&#224; pour r&#233;pondre... Pour &#233;tablir la paix perp&#233;tuelle, il faut an&#233;antir les lois qui oppriment le travail, tous les privil&#232;ges, et faire de tous les citoyens une seule classe de travailleurs. En un mot, accepter la r&#233;volution sociale avec toutes ses cons&#233;quences. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.146-147.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue rencontra une forte opposition de la part des &#233;l&#233;ments bourgeois au congr&#232;s, tout comme le discours de Bakounine, qui attaquait le mal &#224; la racine. Son discours, qui s'attaquait &#224; l'&#201;tat comme cause de la guerre, &#233;tait sans doute le plus coh&#233;rent et l'un des meilleurs qui furent &#233;crits ou prononc&#233;s contre la guerre &#224; cette &#233;poque. Bakounine &#233;tait venu de Naples &#224; Gen&#232;ve, o&#249; il esp&#233;rait trouver une occasion favorable pour diffuser ses id&#233;es. Depuis quelques ann&#233;es, Bakounine avait rassembl&#233; autour de lui des r&#233;volutionnaires qui s'&#233;taient organis&#233;s en une association connue sous le nom de &#171; Fraternit&#233; internationale &#187; ; cette association reposait principalement sur les affinit&#233;s entre ses membres. Son programme &#233;tait le programme r&#233;volutionnaire-socialiste bakouninien : ath&#233;e, socialiste et f&#233;d&#233;raliste. Il esp&#233;rait introduire ce programme dans la Ligue de la libert&#233; et de la paix (fond&#233;e lors du congr&#232;s de Gen&#232;ve). Ses discours aux deux congr&#232;s de Gen&#232;ve et de Berne contenaient l'essentiel de toutes ses id&#233;es, qu'il propageait depuis 1868 au sein de l'Internationale ; un condens&#233; de ses id&#233;es principales sur les probl&#232;mes &#233;conomiques, politiques, religieux et nationaux. Pour lui, la condition pr&#233;alable &#224; la libert&#233; et &#224; la paix &#233;tait la destruction de l'&#201;tat centralis&#233;, bureaucratique et donc militariste, et son remplacement par l'union de f&#233;d&#233;rations libres. &#171; La paix universelle, conclut-il son discours &#224; Gen&#232;ve, sera impossible tant qu'existeront les &#201;tats centralis&#233;s actuels. Nous devons donc d&#233;sirer leur dissolution, afin que, sur les ruines de ces unit&#233;s violentes, organis&#233;es du haut en bas par voie d'autorit&#233; et de conqu&#234;te, se forment des unit&#233;s libres, par la libre f&#233;d&#233;ration des communes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Ligue Internationale fut, en un sens, celle de la lutte entre la majorit&#233; de la bourgeoisie lib&#233;rale et radicale et la minorit&#233; des socialistes r&#233;volutionnaires. Lorsque, sur la question &#233;conomique, principal sujet du Congr&#232;s de Berne, l'&#233;galit&#233;, non seulement politique mais aussi &#233;conomique, fut revendiqu&#233;e, il devint &#233;vident qu'une fusion n'&#233;tait plus possible. Bakounine et ses amis firent s&#233;cession. Il proposa d'adh&#233;rer collectivement &#224; l'Internationale. On fonda cependant l'Alliance de la d&#233;mocratie sociale (ce &#224; quoi Bakounine s'opposait, car elle risquait d'entrer en concurrence ind&#233;sirable avec l'Internationale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Max Nettlau, Michael Bakunin. Eine Biografie. Londres, 1896 1900, Vol. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Le programme de l'Internationale fut g&#233;n&#233;ralement accept&#233;, et ses sections furent rapidement r&#233;int&#233;gr&#233;es &#224; l'Internationale apr&#232;s la dissolution de cette derni&#232;re. Borkheim, ami de Marx (et sur ses instructions), d&#233;clara au Congr&#232;s de Gen&#232;ve que, pour garantir la paix en Europe, tous les &#201;tats europ&#233;ens devaient d&#233;clarer la guerre &#224; la Russie ! Nous verrons comment ce spectre russe de Marx et de la social-d&#233;mocratie allemande a servi, sans cesse, de pr&#233;texte, durant le demi-si&#232;cle suivant &#8211; jusqu'&#224; la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 &#8211; pour justifier leur politique militariste et imp&#233;rialiste. &#171; Il ne faut pas rire &#187;, observait Domela Nieuwenhuis &#224; Zurich en 1893, en d&#233;fense de la r&#233;solution n&#233;erlandaise, &#171; quand la Russie est qualifi&#233;e de foyer d'horreur et de barbarie ; comme si l'Allemagne &#233;tait un foyer de civilisation et de douceur ! La France peut adresser la m&#234;me accusation &#224; l'Allemagne, car elle est une r&#233;publique. O&#249; cela nous m&#232;nera quand les socialistes commenceront &#224; prof&#233;rer de telles accusations contre d'autres nations ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me congr&#232;s de la Premi&#232;re Internationale, &#224; Bruxelles en 1868, la position du parti sur la question de la guerre fut pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finie. Une longue discussion eut lieu, &#224; laquelle participa notamment De Paepe. &#171; La guerre est un mal &#233;vident pour nous tous. Mais outre notre &#233;ternelle protestation, on nous demande que nous t&#226;chions d'intervenir pratiquement pour sa suppression. Pour cela il y a deux m&#233;thodes : la premi&#232;re, c'est de s'attaquer directement &#224; la guerre par le refus du service militaire (Applaudissements) ou, ce qui revient au m&#234;me, puisque les arm&#233;es ont besoin de consommer, par le refus du travail. La seconde n'intervient pas directement ; c'est en r&#233;solvant la question sociale elle-m&#234;me qu'elle pr&#233;tend arriver &#224; la suppression de la guerre : telle est la m&#233;thode que, par son d&#233;veloppement, l'Internationale est destin&#233;e &#224; faire triompher. (Bravos.) En employant la premi&#232;re mani&#232;re, c'est sans cesse &#224; recommencer. La seconde, seule, d&#233;truit le mal dans sa source m&#234;me. On a cherch&#233; &#224; attribuer la cause de la guerre &#224; des individualit&#233;s ; c'est une erreur : les rois, les empereurs, ne sont que des accidents, des instruments. La seule vraie cause de la guerre est dans nos institutions sociales. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, Le Livre bleu de l'Internationale, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, une r&#233;solution a &#233;t&#233; adopt&#233;e &lt;strong&gt;&#224; l'unanimit&#233; &lt;/strong&gt; : la cause premi&#232;re et permanente de la guerre est d'ordre &#233;conomique. Mais une deuxi&#232;me cause, et pas moins importante, est l'arbitraire, &#171; qui r&#233;sulte de la centralisation et du despotisme &#187;. Aujourd'hui encore, les peuples peuvent donc r&#233;duire le nombre de guerres en s'opposant &#224; ceux qui les provoquent ou les d&#233;clarent. Les classes ouvri&#232;res disposent d'un moyen concret d'y parvenir imm&#233;diatement : puisque le corps social ne saurait survivre &#224; un arr&#234;t de la production, il suffit que les producteurs cessent de produire pour rendre impossibles les desseins des gouvernements despotiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Congr&#232;s de l'Association internationale des travailleurs, r&#233;uni &#224; Bruxelles, d&#233;clare protester avec la plus grande &#233;nergie contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il invite toutes les Sections de l'Association, chacune dans leurs pays respectifs, ainsi que toutes les soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res et tous les groupes d'ouvriers quels qu'ils soient, &#224; agir avec la plus grande activit&#233; pour emp&#234;cher une guerre de peuple &#224; peuple, qui aujourd'hui ne pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e que comme une guerre civile, parce que faite entre ceux qui produisent, elle ne serait qu'une lutte entre fr&#232;res et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s recommande surtout aux travailleurs de cesser tout travail dans le cas o&#249; une guerre viendrait &#224; &#233;clater dans leurs pays respectifs. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), op. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, qui n'avait jamais assist&#233; aux congr&#232;s, &#233;crivit aussit&#244;t &#224; Engels au sujet de &#171; l'absurdit&#233; belge de faire gr&#232;ve contre la guerre &#187;. La social-d&#233;mocratie allemande et la Deuxi&#232;me Internationale, qu'il dominait, allaient &#233;galement suivre leur grand ma&#238;tre sur ce point et, selon les propres termes d'Auer, d&#233;clarer que &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; &#233;tait une &#171; absurdit&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Lorsque, deux ans plus tard, en 1870, la guerre qui mena&#231;ait depuis longtemps entre la France et l'Allemagne &#233;clata, Marx d&#233;clara au nom du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'Internationale : &#171; Du c&#244;t&#233; allemand, cette guerre est une guerre d&#233;fensive. &#187; Il justifiait ainsi la guerre du c&#244;t&#233; allemand, contredisant ses propos du &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste &lt;/i&gt; selon lesquels on ne peut prendre aux travailleurs ce qu'ils ne poss&#232;dent pas, et en totale contradiction avec les d&#233;cisions de Bruxelles, qui affirmaient que toute guerre devait &#234;tre rejet&#233;e, car elle ne pouvait &#234;tre qu'une &#171; guerre civile &#187;. Avec l'introduction du terme &#171; guerre d&#233;fensive &#187;, toute lutte coh&#233;rente contre la guerre fut d&#233;pouill&#233;e de ses fondements ; d&#232;s lors, toutes les tactiques antimilitaristes coh&#233;rentes furent et continuent d'&#234;tre sabot&#233;es par les marxistes, et toutes les politiques imp&#233;rialistes furent d&#233;fendues ! Cette affirmation de Marx se comprend ais&#233;ment si on tient compte qu'il voulait la victoire de la Prusse-Allemagne. Pour lui, une victoire de Bismarck &#233;quivalait &#224; une victoire pour son socialisme d'&#201;tat prussien. L'&#233;mergence d'un &#201;tat allemand &#8211; m&#234;me imp&#233;rialiste &#8211; constituerait la premi&#232;re &#233;tape vers l'&#171; &#201;tat populaire &#187;. Bismarck fait un travail &#224; la t&#226;che pour nous, &#233;crit Marx &#224; Engels le 20 juillet : &#171; Les Fran&#231;ais ont besoin d'un coup dur. Si les Prussiens l'emportent, la centralisation du pouvoir d'&#201;tat favorisera la centralisation de la classe ouvri&#232;re allemande. De plus, la domination allemande d&#233;placera le centre de gravit&#233; du mouvement ouvrier d'Europe occidentale de la France vers l'Allemagne [&#8230;] Sa domination (de la classe ouvri&#232;re allemande) sur la sc&#232;ne mondiale signifierait simultan&#233;ment la domination de notre th&#233;orie sur celle de Proudhon, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Correspondance Marx-Engels.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;loges de &#171; la fraternit&#233; des ouvriers &#187;, de Marx dans son discours au Conseil g&#233;n&#233;ral du 23 juillet, relevaient donc davantage d'une discussion philosophique : &#171; Tandis que la France et l'Allemagne officielles se livrent &#224; une lutte fratricide, les ouvriers s'envoient des messages de paix et d'amiti&#233;. Ce grand fait, sans pr&#233;c&#233;dent dans le pass&#233;, ouvre la perspective d'un avenir radieux. &#187; Mais toutes ces proclamations n'ont &#233;videmment que peu de sens si, en m&#234;me temps, il faut &#171; d&#233;fendre &#187; la patrie en danger&#8230; Un socialiste &#233;crivait dans le journal Volksstaat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Qu'arriverait-il si tous les ouvriers de France et d'Allemagne cessaient le travail d'un commun accord &#224; un jour donn&#233;, et opposaient ainsi &#224; la guerre une gr&#232;ve internationale ? Je suis persuad&#233; que dans ce cas la guerre serait termin&#233;e en quelques jours, sans m&#234;me que le sang ait coul&#233;. Car de m&#234;me que la guerre rend impossible le travail r&#233;mun&#233;rateur, de m&#234;me la cessation du travail rendrait la guerre impossible. &#187; Ce point de vue &#233;tait en accord avec la r&#233;solution de 1868 et constituait un moyen plus s&#251;r d'&#233;viter la guerre que les proclamations mutuelles de fraternit&#233;. Si cette proposition avait &#233;t&#233; mise en pratique, elle aurait ouvert davantage de perspectives pour un &#171; avenir radieux &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section parisienne de l'Internationale resta &#233;galement fid&#232;le aux d&#233;cisions de Bruxelles. Dans son appel du 12 juillet 1870, elle protesta avec force contre la guerre : &#171; la destruction syst&#233;matique du genre humain &#187;, &#171; la guerre ne fait qu'attiser les instincts sauvages et la haine nationale &#187;, &#171; c'est un pr&#233;texte pour les gouvernements afin de supprimer la libert&#233; publique &#187;, &#171; n'&#233;coutez pas ces provocations insens&#233;es, car une guerre entre nous serait une guerre fratricide &#187;, &#171; nos divisions n'aboutiraient qu'&#224; un triomphe complet du despotisme des deux c&#244;t&#233;s du Rhin &#187;. Lors de la conscription en France au d&#233;but de 1870, ce sont les femmes de Lyon, dont Virginie Barbet, qui diffus&#232;rent le &lt;i&gt;Manifeste des femmes lyonnaises adh&#233;rentes &#224; l'Internationale &lt;/i&gt; que l'on peut consid&#233;rer comme l'un des premiers manifestes d'objection de conscience. Elles y appelaient &#224; l'objection de conscience directe : &#171; C'est par&lt;i&gt; un acte r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, celui de refuser la conscription, qu'il faut protester, et non par d'inutiles r&#233;clamations. [&#8230;] Nous nous disons civilis&#233;s et &#233;mancip&#233;s, erreur ! nous sommes encore que des mis&#233;rables esclaves, et ce qu'il y a de plus triste, non seulement mat&#233;riellement, mais encore moralement, puisque, sans nous r&#233;volter, nous subissons la condition qui nous est faite. nous nous soumettons sans nous r&#233;volter &#224; la situation dans laquelle nous sommes plac&#233;s [...] Une occasion se pr&#233;sente &#224; nous de donner l'exemple de la dignit&#233; humaine, ne la laissez pas passer [&#8230;] et vous aurez bien m&#233;rit&#233; la r&#233;volution. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe, E. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale qu'une tactique antimilitariste coh&#233;rente, et donc toujours antinationaliste, &#233;tait inh&#233;rente &#224; la lutte r&#233;volutionnaire de la Premi&#232;re Internationale. Il va de soi &#224; partir de la constatation que la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re n'est pas un probl&#232;me national, mais international. Et on peut dire qu'elle a conserv&#233; ce caract&#232;re partout o&#249; elle n'a pas substitu&#233; la lutte &#233;lectorale &#224; la lutte de classe r&#233;volutionnaire. C'est la conception de l'&#201;tat de Marx qui l'a mis en contradiction avec la voie qu'il avait lui-m&#234;me emprunt&#233;e et l'a conduit &#224; l'abandonner ; et, intimement li&#233;e &#224; cette contradiction, la politique parlementaire passait de plus en plus au premier plan, avec laquelle une politique antinationale et antimilitariste cons&#233;quente n'est pas conciliable. Seule l'Internationale anti-autoritaire (bakouniniste), qui a continu&#233; d'exister apr&#232;s la scission des &#233;l&#233;ments marxistes en 1872, a pu continu&#233; dans cette voie. Elle a pu poursuivre cette tradition antimilitariste parce qu'elle rejetait par principe toute politique parlementaire, parce qu'elle ne voulait pas conqu&#233;rir un &#201;tat centralis&#233; pour instaurer le socialisme, mais consid&#233;rait comme premi&#232;re t&#226;che des travailleurs de d&#233;truire l'&#201;tat ; et parce qu'elle n'attendait aucun autre salut que celui de &lt;strong&gt;l'organisation &#233;conomique&lt;/strong&gt; des travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique des partis sociaux-d&#233;mocrates nationaux, qui ont poursuivi les id&#233;es marxistes de la Premi&#232;re Internationale, a finalement conduit l&#224; o&#249; elle ne pouvait que conduire : &#224; ao&#251;t 1914. Le parti social-d&#233;mocrate et, dans une moindre mesure, les syndicats qu'il influen&#231;ait s'&#233;taient tellement int&#233;gr&#233;s dans l'ensemble du syst&#232;me de l'&#201;tat capitaliste, &#233;taient devenus &#224; un tel degr&#233; partie int&#233;grante de cet &#201;tat, que toute leur tactique &#171; socialiste &#187;, qui ne visait qu'&#224; accro&#238;tre leur influence dans cet &#201;tat, rendait absolument impossible qu'il puisse un jour se trouver soudainement en opposition de principe avec lui. C'&#233;tait, on ne le r&#233;p&#233;tera jamais assez, une cons&#233;quence in&#233;vitable. Quiconque pense pouvoir combattre la tactique de ces r&#233;solutions internationales de paix et de la politique nationale de guerre sans combattre l'ensemble de la politique nationale socialiste met la charrue avant les b&#339;ufs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (notamment la crise de 1867) dans un contexte de tensions europ&#233;ennes o&#249; le territoire du Luxembourg devenait un point strat&#233;gique entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1866/06/km18660607.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. I, p.115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.146-147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Max Nettlau, &lt;i&gt;Michael Bakunin. Eine Biografie&lt;/i&gt;. Londres, 1896 1900, Vol. 11, chapitres. 31, 32, 33 ; Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, P.-V. Stock.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;Le Livre bleu de l'Internationale&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1871, p.173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, op. cit., p.183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Correspondance Marx-Engels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. II, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1872, p.277-278.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Premi&#232;re partie</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-15T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PREMI&#200;RE PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_1-8ef67.jpg?1776290579' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;PREMI&#200;RE PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation de nos opinions th&#233;oriques. Nous n'avons rien &#224; regretter, rien &#224; revoir. Nos points de vue, que nous avions avant la guerre, ont &#233;t&#233; confirm&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Die Internationalitat und der Krieg, p.6.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Les points de vue qui ont &#233;t&#233; confirm&#233;s et qui sont encore d&#233;fendus aujourd'hui peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;s ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les causes de la guerre r&#233;sident dans le syst&#232;me social capitaliste ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la guerre est en contradiction absolue avec tous les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; augmenter l'influence sur les gouvernements des &#201;tats capitalistes est le principal moyen de lutter contre le danger de guerre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Et dans toutes ses variations, la d&#233;claration cat&#233;gorique &#233;tait : tant que les causes existent et que le syst&#232;me d'exploitation de l'homme par l'homme et la lutte des classes qui en r&#233;sulte persistent, il serait vraiment utopique d'esp&#233;rer une paix universelle. Certains points de vue n'ont pas &#233;t&#233; confirm&#233;s non plus (par exemple que &#171; le Parti Socialiste et le prol&#233;tariat organis&#233;s sont les seules forces efficaces de la paix internationale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). De plus, ces derniers temps, il s'est av&#233;r&#233; que m&#234;me les gouvernements soi-disant socialistes, qui ne repr&#233;sentent apr&#232;s tout que des int&#233;r&#234;ts capitalistes ou capitalistes d'&#201;tat, ne r&#233;duisent en rien le risque de guerre. Comme le syst&#232;me capitaliste n'a toujours pas &#233;t&#233; remplac&#233; par un autre, il faut, selon ces conceptions marxistes, s'attendre &#224; juste titre &#224; de nouvelles guerres mondiales. Cette conception est d'ailleurs confirm&#233;e quotidiennement par les faits de la politique internationale. On sait comment, depuis Versailles, tant les conflits que les armements, qui m&#232;nent in&#233;vitablement &#224; une nouvelle guerre, ne cessent de s'intensifier ; on sait avec quels moyens de destruction barbares, chimiques et techniques, l'humanit&#233; tout enti&#232;re est menac&#233;e. La bourgeoisie le confirme. Je n'irai pas plus loin sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a rien d'&#233;tonnant de dire que ce que nous avons v&#233;cu et ce que nous allons vivre bient&#244;t sera, d'un point de vue technique, comparable &#224; la guerre mondiale, elle-m&#234;me comparable &#224; la guerre de 1870, et qu'il ne doit plus jamais arriver. Mais avant la guerre aussi, on disait que ce qui s'&#233;tait pass&#233; ne devait plus jamais arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale &#187;, la social-d&#233;mocratie de tous les pays, n'a rien appris, n'a rien &#224; regretter et rien &#224; revoir. C'est vrai. Si les r&#233;solutions de paix avant la guerre se sont r&#233;v&#233;l&#233;es &#234;tre des mots creux, les &#171; plus jamais &#187; actuels sont tout simplement trompeurs. &#192; chaque protestation contre la guerre et le militarisme, &#224; chaque r&#233;solution pour la paix, on pose la question suivante : que ferez-vous si la guerre &#233;clate demain ? Jusqu'en 1914, on a &#233;vit&#233; de r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'&#233;vite &#224; nouveau aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, Kautsky a d&#233;j&#224; donn&#233; la r&#233;ponse : il n'y a rien &#224; revoir. Le socialisme international n'&#233;tait pas en faillite ; ce n'&#233;tait pas un effondrement, c'&#233;tait une confirmation ; une confirmation de toute la tactique social-d&#233;mocrate. C'&#233;tait juste que le socialisme s'est d&#233;masqu&#233;. C'&#233;tait une confirmation de tout ce que les anarchistes avaient pr&#233;dit depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre a r&#233;v&#233;l&#233; la nature profonde du capitalisme, ainsi que ce qui &#233;tait latent en temps de paix et l'a fait &#233;clater au grand jour de mani&#232;re horrible (et la paix n'&#233;tait qu'une continuation de la guerre par d'autres moyens), le v&#233;ritable caract&#232;re de ce qu'on appelait le socialisme a &#233;galement &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; pendant et apr&#232;s la guerre. Le socialisme a lui aussi d&#251; montrer son vrai visage, et l&#224;, les programmes et les r&#233;solutions n'ont servi &#224; rien. Et il a jet&#233; le masque. La &#171; trahison &#187; d&#233;coulait naturellement de son caract&#232;re m&#234;me, de son id&#233;ologie, de sa tactique. C'&#233;tait une cons&#233;quence in&#233;vitable. Nous examinerons bri&#232;vement la question du militarisme dans le mouvement ouvrier au cours du dernier demi-si&#232;cle et verrons que cette question est li&#233;e et d&#233;termin&#233;e par les moyens de lutte pour l'&#233;mancipation &#233;conomique du prol&#233;tariat en g&#233;n&#233;ral. C'est l'&#233;chec de toute l'id&#233;ologie et la tactique de ces moyens de lutte sociaux-d&#233;mocrates et marxistes qui a &#233;t&#233; confirm&#233; d&#232;s le d&#233;but de la guerre et de plus en plus depuis lors.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Die Internationalitat und der Krieg&lt;/i&gt;, p.6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 septembre 1910, compte rendu analytique publi&#233; par le secr&#233;tariat du Bureau socialiste international, p.60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Introduction</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-introduction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-introduction</guid>
		<dc:date>2026-04-15T10:13:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2-5a208.jpg?1776248067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;INTRODUCTION&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, 14-9-1925.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me les conditions d'un risque de guerre permanent, il n'est plus n&#233;cessaire d'attendre le d&#233;clenchement de la prochaine guerre mondiale pour comprendre ce que signifie le combat et l'antimilitarisme social-d&#233;mocrates. Du moins si la guerre elle-m&#234;me ne nous l'avait pas d&#233;j&#224; appris. Mais les journaux nous font oublier, et comme c'est imprim&#233; noir sur blanc, on croit &#224; la tromperie d'aujourd'hui et non plus &#224; celle d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, le proc&#232;s Ebert&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a montr&#233; avec une franchise surprenante comment, pendant la guerre, le socialisme et les travailleurs furent trahis par les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates. Il constitue une illustration remarquable du texte qui suit cette introduction. Avec les deux proc&#232;s sociaux-d&#233;mocrates qui suivirent &#8212; ceux d'Auer et de Barmat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; ce parti et ce syst&#232;me partisan furent &#233;clair&#233;s d'une mani&#232;re plus cr&#251;e que par la critique la plus violente que l'on puisse imaginer. Il fut d&#233;montr&#233; comment l'embourgeoisement de ce parti, comment le parlementarisme et le minist&#233;rialisme aboutissent finalement &#8212; et ne peuvent qu'aboutir &#8212; &#224; la corruption et &#224; la trahison. D'un parti qui sortirait indemne de ces trois proc&#232;s, on peut dire, en paraphrasant Karl Kraus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Le parti qui dig&#232;re cela a un bon estomac ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crasez l'inf&#226;me !?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais dans le texte original.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Qu'on n'oublie pas que cette classe ouvri&#232;re qui, en l'occurrence, devrait pourtant s'insurger, a &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e pendant un demi-si&#232;cle au social-d&#233;mocratisme sous un Empire prussien. Certes, cette corruption ne touche pas seulement le parti allemand, mais elle s'&#233;tend aussi au-del&#224; des fronti&#232;res hollandaises et impr&#232;gne toute la Deuxi&#232;me Internationale, dite socialiste. Car il ne s'agit pas des personnes, mais du syst&#232;me. Et ce syst&#232;me se manifeste en Allemagne sous la forme de trahison politique sournoise, de r&#233;action brutale, de corruption. Il se manifeste autrement ailleurs. Ces Ebert et Scheidemann, ces Noske et Auer, ces Bauer et Heilmann, ils s'appellent ailleurs Macdonald et Vandervelde, Renaudel et Boncour&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils incarnent ce que Kropotkine indiquait : &#171; Le socialisme ne peut &#234;tre r&#233;formiste. S'il cesse d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, il tombe aux mains de la r&#233;action. &#187; Car lorsque le gouvernement &#171; antimilitariste &#187;, &#171; socialiste &#187; de Macdonald&#8212; qui poursuit la politique imp&#233;rialiste du gouvernement conservateur, pour ensuite en laisser la gestion au m&#234;me gouvernement et la voir continuer sur le m&#234;me pied &#8212; construit des navires de guerre et d&#233;veloppe l'aviation, cela n'a rien &#224; voir avec le socialisme et la paix ; c'est au contraire une pr&#233;paration capitaliste &#224; la guerre, donc une r&#233;action. Quand, en Autriche, l'adversaire le plus acharn&#233; de l'abolition de l'arm&#233;e professionnelle c'est la social-d&#233;mocratie et qu'elle appelle les &#171; jeunes ch&#244;meurs(!) sociaux-d&#233;mocrates &#187; &#224; s'engager dans l'arm&#233;e, pr&#233;cis&#233;ment parce que cette arm&#233;e est un instrument docile d'un g&#233;n&#233;ral fasciste, c'est de la r&#233;action, et en plus inf&#226;me. Quand les sociaux-d&#233;mocrates fran&#231;ais soutiennent la guerre coloniale imp&#233;rialiste et votent les cr&#233;dits de guerre, c'est l&#224; encore de la r&#233;action, qui d&#233;voile toute la phras&#233;ologie antimilitariste et met en lumi&#232;re le v&#233;ritable caract&#232;re de cette lutte contre la guerre, social-patriotique. Dans cette guerre au Maroc, comme dans toute guerre pr&#233;par&#233;e par le gouvernement Poincar&#233;, provoqu&#233;e par un g&#233;n&#233;ral fasciste et men&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t du capital bancaire fran&#231;ais, il s'agit de d&#233;bouch&#233;s et d'&#171; exploration &#187;, c'est-&#224;-dire d'exploitation &#8212; sous pr&#233;texte que la culture fran&#231;aise est en danger et que la civilisation occidentale doit &#234;tre d&#233;fendue contre les barbares &#8212; avec des chars, des escadrons d'avions et des gaz toxiques. Pour la &#233;ni&#232;me fois, il s'est av&#233;r&#233; que ce parti pr&#233;f&#232;re l'int&#233;r&#234;t national et capitaliste &#224; l'int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire du prol&#233;tariat, blanc ou &#171; de couleur &#187;. Cette image s'est renouvel&#233;e lors du congr&#232;s de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale tenu r&#233;cemment &#224; Marseille, qui rejoint les consid&#233;rations qui suivent et les confirme encore une fois avec &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut attendre de cette Internationale des ministres et de Barmat ni qu'elle combatte la guerre, ni qu'elle l'emp&#234;che. Elle ne peut pas emp&#234;cher la guerre, car elle est elle-m&#234;me une composante essentielle du capitalisme bourgeois qui, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#224; juste titre &#224; Marseille, est la cause principale de la guerre. Certes, Hilferding&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a combattu le slogan &#171; Le capitalisme, c'est la guerre, le socialisme, c'est la paix &#187; en le qualifiant d'obsol&#232;te. Non pas qu'il ait enfin reconnu ouvertement (ce qui est &#233;vident et le devient chaque jour davantage) que ce socialisme social-d&#233;mocrate n'assure en aucun cas la paix, mais il voulait d&#233;fendre la th&#232;se que le capitalisme, lorsqu'il est g&#233;r&#233; par des ministres socialistes, ne signifie pas n&#233;cessairement la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme serait la paix ? Oui, mais pas le &#171; socialisme qui veut conqu&#233;rir l'&#201;tat &#187;. Car &#224; mesure qu'il progresse sur la &#171; voie du pouvoir &#187;, c'est le socialisme qui est conquis par l'&#201;tat et les paroles pr&#233;monitoires de Domela Nieuwenhuis, qui servent de devise &#224; ces r&#233;flexions, se confirment :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La victoire de la social-d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
sera la destruction du socialisme.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paris, 14-9-1925.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Ebert, membre du parti socio-d&#233;mocrate (SPD) devient pr&#233;sident de la R&#233;publique de Weimar (1919&#8211;1925). Il est accus&#233; par des milieux nationalistes d'avoir particip&#233; &#224; une gr&#232;ve pendant la guerre (1918) et donc d'avoir &#171; trahi la patrie &#187; et contribu&#233; &#224; la d&#233;faite allemande. Ebert poursuit en justice pour diffamation. Le tribunal reconna&#238;t que les accusations de haute trahison sont fausses, mais admet officiellement qu'il a particip&#233; &#224; une gr&#232;ve politique pendant la guerre. Pour la gauche r&#233;volutionnaire, le proc&#232;s r&#233;v&#232;le surtout la collaboration du SPD non seulement avec l'ordre imp&#233;rial et militaire, mais aussi avec l'arm&#233;e contre les r&#233;volutionnaires (notamment lors de l'&#233;crasement des spartakistes en 1919). Le proc&#232;s devient donc une arme pol&#233;mique contre la social-d&#233;mocratie r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un dirigeant du SPD en Bavi&#232;re. Pendant la R&#233;volution allemande de 1918&#8211;1919, la Bavi&#232;re conna&#238;t l'insurrection de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re). Le SPD bavarois, dont Auer fait partie, participe &#224; la r&#233;pression du mouvement r&#233;volutionnaire avec l'aide des corps francs (Freikorps). Le proc&#232;s autour d'Auer concerne son r&#244;le politique et ses responsabilit&#233;s dans la r&#233;pression et &#233;videmment les luttes internes au mouvement ouvrier. Auer devient un symbole de la social-d&#233;mocratie qui r&#233;prime les r&#233;volutionnaires au nom de l'ordre. L'&#171; affaire Barmat &#187; (1924&#8211;1925), quant &#224; elle, concerne un gros scandale financier de la R&#233;publique de Weimar. Les fr&#232;res Julius Barmat &#233;taient des hommes d'affaires li&#233;s &#224; des milieux du SPD qui ont obtenu des pr&#234;ts publics et des faveurs administratives gr&#226;ce au soutien des socialistes. La faillite de leur entreprise, au-del&#224; de la corruption et du favoritisme r&#233;v&#232;le surtout les collusions entre milieux d'affaires et social-d&#233;mocrates. La gauche r&#233;volutionnaire d&#233;nonce alors l'embourgeoisement du SPD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume satirique contre le militarisme, la presse et l'hypocrisie politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En fran&#231;ais dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens accus&#233;s de trahison et de r&#233;formisme. En Allemagne, Philipp Scheidemann (dirigeant du SPD qui a proclam&#233; la r&#233;publique en 1918 et symbolise la voie parlementaire), Gustav Noske (ministre SPD qui a r&#233;prim&#233; violemment les r&#233;volutionnaires spartakistes en 1919), Otto Bauer (th&#233;oricien marxiste, d&#233;riv&#233; vers un r&#233;formisme &#233;tatique) et Friedrich Heilmann (dirigeant SPD associ&#233; &#224; l'appareil parlementaire). Au Royaume-Uni : Ramsay MacDonald (premier ministre travailliste qui a maintenu la politique imp&#233;riale britannique - marine, armement). En Belgique, &#201;mile Vandervelde (figure majeure du socialisme belge, ministre pendant la guerre et partisan de l'Union sacr&#233;e) et en France, Pierre Renaudel (socialiste r&#233;formiste, favorable &#224; la d&#233;fense nationale), Joseph Paul-Boncour (politicien socialiste devenu ministre, favorable aux alliances militaires) et Raymond Poincar&#233; (pr&#233;sident puis chef du gouvernement fran&#231;ais, associ&#233; &#224; une politique nationaliste).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du SPD et th&#233;oricien du capitalisme financier. Dans&lt;i&gt; Le Capital financier&lt;/i&gt;, il a analys&#233; la fusion du capital industriel et du capital bancaire, la concentration et la cartellisation des entreprises, le r&#244;le croissant des banques dans le contr&#244;le de l'&#233;conomie et le lien entre capital financier et imp&#233;rialisme (dont L&#233;nine s'est largement &#171; inspir&#233; &#187; pour &lt;i&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/i&gt;). Ministre des Finances de la R&#233;publique de Weimar (1923 puis 1928-1929) et partisan d'une transformation socialiste par voie parlementaire, Hilferding a int&#233;gr&#233; l'&#201;tat bourgeois au lieu de le renverser, exer&#231;ant &#233;videmment une politique r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'antimilitarisme r&#233;volutionnaire et l'internationale antimilitariste [ll]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/l-antimilitarisme-revolutionnaire-et-l-internationale-1812</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/l-antimilitarisme-revolutionnaire-et-l-internationale-1812</guid>
		<dc:date>2024-11-26T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>IAMV</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le fait est ind&#233;niable : les travailleurs eux-m&#234;mes construisent leur propre prison et forgent leurs propres chaines. L'oeuvre de d&#233;molition des fondements de l'esclavage ne pourra &#234;tre men&#233;e &#224; bien que lorsque les travailleurs se refuseront &#224; travailler au service de la destruction et quand ils seront dispos&#233;s &#224; n'accomplir qu'un travail humain. A ce sujet, John Ruskin avait d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; que l'on ne doit faire que du travail profitable &#224; l'humanit&#233;. Et son axiome prend ici de nouveau toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-l-idee-anarchiste-no12-du-12-septembre-1924-" rel="directory"&gt;L'id&#233;e anarchiste n&#176;12 du 12 septembre 1924&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-iamv-+" rel="tag"&gt;IAMV&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2333-46745.png?1774777422' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fait est ind&#233;niable : les travailleurs eux-m&#234;mes construisent leur propre prison et forgent leurs propres chaines. L'&#339;uvre de d&#233;molition des fondements de l'esclavage ne pourra &#234;tre men&#233;e &#224; bien que lorsque les travailleurs se refuseront &#224; travailler au service de la destruction et quand ils seront dispos&#233;s &#224; n'accomplir qu'un travail humain. A ce sujet, John Ruskin avait d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; que l'on ne doit faire que du travail profitable &#224; l'humanit&#233;. Et son axiome prend ici de nouveau toute son importance. C'&#233;tait aussi le sens du discours de Max Nettlau au Congr&#232;s de Londres, en 1896 : I&#176; dans lequel il posait la question de la responsabilit&#233; des travailleurs dans le travail qu'ils accomplissent. Il d&#233;clarait qu'il est indigne d'un homme de nuire &#224; son prochain, simplement parce que les capitalistes l'exigent de lui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons lib&#233;rer d'abord les hommes dans leur esprit, pour les d&#233;tourner de faire les choses qui font perdurer la mis&#232;re et l'esclavage de leurs semblables et faire na&#238;tre ainsi un large courant de sympathie et de solidarit&#233; qui seront les bases de toutes actions futures.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de voir que cette pens&#233;e se rapporte imm&#233;diatement et essentiellement au militarisme et &#224; ce qui en d&#233;pend. En outre, l'id&#233;e de s'abstenir de toute production pour la guerre et le militarisme eut une grande influence sur les traditions chr&#233;tiennes et particuli&#232;rement sur les id&#233;es de Tolsto&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libertad &#233;crivait &#233;galement : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... C'est ce travail de mort qui, occupant plus d'hommes que le travail de vie, rend surtout possible la puissance de la bourgeoisie.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, se tournant vers ceux-l&#224; qui pensent qu'un nouveau mode de vie soci&#233;taire pourrait subitement prendre naissance, il disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La destruction int&#233;grale se rattache &#224; la destruction partielle.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rudolf Rocker d&#233;clarait &#233;galement dans son discours &#224; la Conf&#233;rence des ouvriers d'armement : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Plus d'armes pour la guerre. Que l'unique moyen de pr&#233;vention pour mettre fin aux massacres organis&#233;s est le refus de fabrication d'armes.&lt;/q&gt; Dans les congr&#232;s internationaux, on a bien proclam&#233; avec enthousiasme qu'il fallait mettre &#171; bas les arme &#187;, mais on n'a pas eu le courage moral d'abaisser les marteaux qui forgent les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien d'arracher &#224; la bourgeoisie l'appareil entier de l'&#201;tat et les moyens de production ; mais il s'agit de d&#233;truire ces moyens de production d'engins de meurtre, et cet appareil de force de l'&#201;tat. C'est la raison pour laquelle les r&#233;volutionnaires sont aussi les adversaires de ce fumeux militarisme rouge ; parce que dans le militarisme ils combattent, non seulement une forme de l'assassinat collectif, organis&#233;, mais encore un &#233;tat barbare de l'esprit humain. Car le militarisme domine non seulement dans la guerre mais aussi dans la paix, non seulement &#224; la caserne, mais aussi &#224; la fabrique. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'industrie moderne a introduit le syst&#232;me disciplinaire de la caserne dans l'organisation de la production&lt;/q&gt;, comme de Ligt l'a formul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est d'autant plus adversaire du socialisme qu'il est d'accord avec l'esprit de guerre. Il ne sert &#224; rien de vouloir an&#233;antir le militarisme blanc, si on le remplace par de nouvelles formes de militarisme. La r&#233;volution prol&#233;tarienne r&#233;clame d'autres moyens que ceux de la guerre bourgeoise. Les relations ouvri&#232;res modernes ont elles-m&#234;mes apport&#233; des moyens de lutte et de lib&#233;ration, comme : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui n'atteignent pas seulement le capitalisme au c&#339;ur, mais sont en m&#234;me temps d'une haute importance morale pour les travailleurs. Et avant tout, ils sont le plus conforme au but &#224; atteindre, puisqu'ils permettent aux travailleurs de d&#233;ployer leur puissance toute enti&#232;re, non pas sur te terrain militariste et guerrier, mais sur le terrain &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! le militarisme n'est pas utilis&#233; seulement contre l'ennemi ext&#233;rieur dans la bataille d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des diff&#233;rents groupes capitalistes dirigeants et pour l'oppression des races de couleur, mais on s'en sert aussi contre l'ennemi int&#233;rieur. En cons&#233;quence, la conception de l'antimilitarisme bourgeois n'est donc qu'une blague puisque bourgeoisie signifie d&#233;j&#224; guerre ! La paix dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise est une guerre latente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc lien &#224; attendre de ces mouvements qui conservent le syst&#232;me &#233;conomique dominant, ou n'y veulent rien changer fondamentalement, et qui, combattant les cons&#233;quences de la guerre et du capitalisme, n&#233;gligent d'en combattre les vraies causes. On ne saurait choisir une position interm&#233;diaire de la guerre et de la r&#233;volution, car il n'y en a, pas. Il en va de m&#234;me pour cette fameuse Soci&#233;t&#233; des Nations dont on attend aujourd'hui comme on attendait avant la guerre des Parlements. La Soci&#233;t&#233; des Nations n'est pas un lien des peuples, mais un lien des &#201;tats et des gouvernements qui repr&#233;sentent, en r&#233;alit&#233;, les int&#233;r&#234;ts des groupes capitalistes s'agitant derri&#232;re eux, car il n'y a pas aujourd'hui d'autre politique que la politique qu'ordonne le capitalisme. La social-d&#233;mocratie pr&#244;ne aujourd'hui cette Soci&#233;t&#233; des Nations comme elle pr&#244;nait, avant 1914 le parlementarisme, hors duquel, disait-elle, il n'y avait pas de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;voit facilement ce qu'on pourrait attendre, en cas de guerre, de cette Soci&#233;t&#233; des Nations et de cette social-d&#233;mocratie, aussi longtemps qu'elle comptera dans son sein des &#171; chefs &#187; de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale comme par exemple le chauvin social-d&#233;mocrate Vandervelde, et, par surcro&#238;t, ministre de Sa Majest&#233;, et qui d&#233;clare encore aujourd'hui qu'on ne saurait s'opposer &#224; une guerre d&#233;fensive. Ce mensonge chauvin de la guerre d&#233;fensive est une des causes primordiales qui rendent la guerre moderne encore possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme il est dit plus haut, le militarisme ne sert pas qu'&#224; mener la guerre &#224; l'ext&#233;rieur, mais c'est aussi le plus ferme et le plus effectif soutien de l'&#201;tat. La police et la bureaucratie, &#233;tatistes repr&#233;sentant des formes diverses et particuli&#232;res du militarisme, on peut dire avec certitude que la puissance de l'&#201;tat est b&#226;tie sur la force du militarisme ; d'autre part, il ressort clairement que le militarisme disparait si l'&#201;tat est d&#233;truit. Car qui dit &#201;tat, dit domination et exploitation, c'est-&#224;-dire esclavage, et l'&#233;tat d'esprit du militarisme n'est possible que par l'esclavage. Qui dit domination et exploitation dit n&#233;gation du socialisme, qui est la collaboration fraternelle de libres personnalit&#233;s. Le militarisme est la n&#233;gation du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la Russie a d&#233;montr&#233; que l'&#233;tat prol&#233;tarien est soumis &#224; la loi d'airain de toute politique. Il lui faut un militarisme, d&#233;vou&#233; en apparence &#224; l'int&#233;r&#234;t du peuple, mais, en r&#233;alit&#233;, servant &#224; la conservation de l'&#201;tat. Celui qui veut l'&#201;tat doit vouloir un &#201;tat national. Et celui qui veut d'un &#201;tat national doit vouloir la guerre. Le fascisme, cette organisation militariste de la contre-r&#233;volution, et cette &lt;i&gt;contre-r&#233;volution du militarisme&lt;/i&gt; n'a eu la possibilit&#233; de subsister que sur le terrain de l'&#201;tat national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la d&#233;claration de principe de l'I.A.M.V. dit avec justesse que la croyance en l'&#201;tat doit &#234;tre combattue principalement, car elle rend l'homme esclave du militarisme et attente m&#234;me &#224; son droit &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'antimilitarisme aura une t&#226;che &#224; remplir dans la r&#233;volution o&#249; il s'agira (tous les r&#233;volutionnaires sont d'accord l&#224;-dessus) d'une humanit&#233; intense, de solidarit&#233; volontaire, et de libert&#233;. Le militarisme est la n&#233;gation de la libert&#233;, la n&#233;gation de la solidarit&#233;, la n&#233;gation de l'humanit&#233;. L'id&#233;e de la r&#233;volution est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'id&#233;e de l'antimilitarisme, de m&#234;me que l'antimilitarisme est indissoluble de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/lidee_anarchiste-n12.pdf" length="10357471" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'antimilitarisme r&#233;volutionnaire et l'Internationale antimilitariste [I]</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/l-antimilitarisme-revolutionnaire-et-l-internationale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/l-antimilitarisme-revolutionnaire-et-l-internationale</guid>
		<dc:date>2024-11-26T14:17:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Domela Nieuwenhuis </dc:subject>
		<dc:subject>IAMV</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tant que le mouvement socialiste moderne ne fut pas parlementaire, il eut un caract&#232;re antimilitariste et r&#233;volutionnaire. La premi&#232;re internationale, l'Association Internationale des Travailleurs fut la premi&#232;re grande tentative ayant pour but la r&#233;union des travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte de classe, et la lib&#233;ration de l'esclavage du travail. Son id&#233;e motrice &#233;tait que la lib&#233;ration des travailleurs doit &#234;tre l'oeuvre des travailleurs eux-m&#234;mes et son arme, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-l-idee-anarchiste-no10-11-du-13-aout-1924-" rel="directory"&gt;L'id&#233;e anarchiste n&#176;10-11 du 13 ao&#251;t 1924&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-domela-nieuwenhuis-+" rel="tag"&gt;Domela Nieuwenhuis &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-iamv-+" rel="tag"&gt;IAMV&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2_copie-b6e7b.jpg?1774693598' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tant que le mouvement socialiste moderne ne fut pas parlementaire, il eut un caract&#232;re antimilitariste et r&#233;volutionnaire. La premi&#232;re internationale, l'Association Internationale des Travailleurs fut la premi&#232;re grande tentative ayant pour but la r&#233;union des travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte de classe, et la lib&#233;ration de l'esclavage du travail. Son id&#233;e motrice &#233;tait que la lib&#233;ration des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes et son arme, la solidarit&#233; &#233;conomique. Elle aspirait &#224; l'&#233;mancipation du travail, et par cette &#233;mancipation, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique sans laquelle la libert&#233; politique n'est qu'une trompeuse apparence. Elle d&#233;clarait aussi que cette lib&#233;ration ne peut &#234;tre ni locale, ni nationale, mais internationale, et c'est pourquoi elle appelait les travailleurs &#224; la bataille et &#224; la solidarit&#233; internationale. A partir de ce moment, les travailleurs ne devraient plus avoir l'autre patrie que la grande F&#233;d&#233;ration des Travailleurs du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat d'esprit r&#233;volutionnaire, cet appel &#224; la force et &#224; la solidarit&#233; &#233;conomique des travailleurs et &#224; l'action directe se montra alors au troisi&#232;me Congr&#232;s de l'Internationale, qui se tint &#224; Bruxelles en 1868, et o&#249; fut d&#233;battue la question de la guerre. On d&#233;posa une r&#233;solution dans laquelle il &#233;tait dit qu'il n'y a qu'une classe qui ait la force et la r&#233;elle volont&#233; de mener le combat contre la guerre : la classe ouvri&#232;re, et que le seul moyen efficace de s'opposer &#224; la guerre est la cessation du travail, c'est-&#224;-dire la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ce chemin ne fut pas suivi bien longtemps. Lorsqu'aux Congr&#232;s de Bruxelles en 1891 et de Zurich en 1893 Domela Nieuwenhuis d&#233;posa une r&#233;solution en faveur de la proclamation de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en cas de guerre, on le traita d'utopiste et d'exalt&#233; et on d&#233;clara que cette r&#233;solution n'&#233;tait que de la phras&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vain Domela Nieuwenhuis remarquer que sa r&#233;solution &#233;tait en accord avec la conception originelle de l'Internationale et que le vague utopisme dont on lui faisait grief, tandis qu'il en appelait &#224; la classe ouvri&#232;re, trouvait plut&#244;t son expression dans la r&#233;solution allemande qui rendait la bourgeoisie irresponsable de la guerre. Si l'on y avait chant&#233; les mots de social-d&#233;mocratie et de social-d&#233;mocrate par Christ et Christianisme, de l'Arm&#233;e du Salut ou du Pape, on e&#251;t pu &#234;tre tr&#232;s vite d'accord &#224; ce sujet. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est une stupidit&#233; g&#233;n&#233;rale&lt;/q&gt;, disait-on couramment dans la social-d&#233;mocratie de l'&#233;poque. L'unique moyen de parvenir au but &#233;tait de travailler &#224; ce que les gens arrivassent dans les casernes d&#233;j&#224; comme socialistes. On ne semblait pas comprendre que le socialisme et la caserne fussent deux choses particuli&#232;rement inconciliables : de m&#234;me qu'aujourd'hui encore il y a des gens qui s'enthousiasment pour un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;militarisme prol&#233;tarien&lt;/q&gt; Scensa, le repr&#233;sentant de l'Australie, fit voir un autre &#233;tat d'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la France et la Norv&#232;ge, ce fut le seul pays qui vota pour la r&#233;solution hollandaise. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne peux comprendre,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; disait-il,&lt;/span&gt; que des fr&#232;res puissent se laisser commander &#224; se d&#233;chirer r&#233;ciproquement. Si l'on me commandait de tels meurtres, je serais le premier &#224; abattre celui qui me les ordonnerait. En cons&#233;quence, je vote pour la r&#233;solution hollandaise. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette conception ne repr&#233;sent&#226;t pas le point de vue tolsto&#239;en de la non r&#233;sistance absolue &#224; la force. (Domela Nieuwenhuis n'a d'ailleurs jamais repr&#233;sent&#233; un tel point de vue.) Elle &#233;tait pourtant plus r&#233;volutionnaire et r&#233;ellement plus antimilitariste que la conception opportuniste de la social-d&#233;mocratie allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie s'&#233;tait finalement si compl&#233;tement adapt&#233;e au syst&#232;me entier de l'&#201;tat capitaliste qu'elle formait v&#233;ritablement partie int&#233;grante de cet &#201;tat, et sa tactique enti&#232;re se r&#233;duisant exclusivement &#224; agrandir cette influence, c'&#233;tait une impossibilit&#233; absolue qu'elle puisse prendre position un beau jour contre cet &#201;tat. Ce fut la conception de l'&#201;tat de Marx qui la fit quitter le chemin suivi par lui et de plus en plus la relia &#233;troitement et exclusivement &#224; la politique parlementaire et &#224; la lutte de classe &#171; parlementaire inconciliable &#187; avec une tactique antimilitariste cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apoth&#233;ose de la conqu&#234;te du pouvoir politique eut lieu le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; ao&#251;t 1914, qui prouva que dans la lutte que l'Internationale anti-autoritaire avait conduit sous le drapeau de Bakounine confie Marx, c'est Bakounine qui avait raison. L'Internationale anti-autoritaire pouvait continuer la tradition originelle de la premi&#232;re internationale, parce qu'elle se d&#233;tourna toujours par principe de la politique parlementaire, parce qu'elle ne veut conqu&#233;rir aucun &#201;tat centraliste pour introduire le socialisme dictatorial mais elle consid&#233;rait que le premier devoir du prol&#233;taire &#233;tait de d&#233;truire cet &#201;tat (si elle reconnaissait aussi un centralisme &#233;conomique) et n'attendait pas d'autre salut que de l'organisation &#233;conomique des travailleurs eux-m&#234;mes. En face du rationalisme pr&#233;pond&#233;rant et du machinisme de l'auto-d&#233;veloppement des relations &#233;conomiques, l'anarchisme et le syndicalisme originels ont toujours soutenu l'&#233;l&#233;ment psychique, la volont&#233; cr&#233;atrice. La tradition antimilitariste r&#233;volutionnaire originelle connue seulement par les anarchistes et les syndicalistes, pour qui l'antimilitarisme n'&#233;tait pas qu'une m&#233;thode tactique mais une partie de leur conception du monde et qui sentaient que le militarisme portait l'offense la plus aigu&#235; &#224; la personnalit&#233; humaine, fut en cons&#233;quence continu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'au d&#233;but de ce si&#232;cle le capitalisme moderne commen&#231;a son ascension sans exemple vers la phase imp&#233;rialiste, les socialistes libertaires redoubl&#232;rent leurs efforts pour faire obstacle au danger mena&#231;ant d'une guerre. Alors Domela Nieuwenhuis, avec quelques camarades fran&#231;ais, convoqua un Congr&#232;s &#224; Amsterdam en 1904, o&#249; l'on fonda un groupe international antimilitariste, l'&#171; I.A.M.V. &#187; qui avait pour t&#226;che de r&#233;unir tous les antimilitaristes logiques pour combattre le militarisme dans tous les pays&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'I.A.M.V. comm&#233;morera cette ann&#233;e la XXe ann&#233;e de sa fondation. L'influence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour diff&#233;rentes raisons, il n'y a qu'en Hollande que l'I.A.M.V. put subsister. Pour diff&#233;rentes circonstances qui sont &#233;troitement li&#233;es avec le d&#233;veloppement historique du peuple hollandais &#8212; et sur lesquelles on ne peut s'&#233;tendre ici, &#233;tant donn&#233; le cadre &#233;troit de cet article &#8212; on s'explique que l'antimilitarisme r&#233;volutionnaire se soit concentr&#233; dans le mouvement hollandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1917, on essaya de renouer les liaisons internationales qui avaient &#233;t&#233; bris&#233;es, du fait de la guerre, et de r&#233;unir un congr&#232;s &#8212; &#224; la pr&#233;paration duquel Domela Nieuwenhuis collabora jusqu'&#224; sa mort, en 1919 &#8212; qui eut lieu finalement &#224; La Haye &#224; P&#226;ques 1921. Au, moment de la pr&#233;paration de ce Congr&#232;s, alors que des relations avaient &#233;t&#233; reprises, il se montra que, par suite de la guerre des organisations antimilitaristes avaient pris naissance dans tous les pays. Celles-ci avaient d&#233;j&#224; une histoire propre, leurs traditions et leurs principes particuliers par quoi il &#233;tait &#224; peine possible qu'elles s'affilient d'une fa&#231;on organis&#233;e &#224; l'I.A.M.V. Malgr&#233; cela, la commission de pr&#233;paration du Congr&#232;s fit paraitre un travail d'ensemble, sur toutes ces organisations, de la plus haute importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il y avait des organisations dont le but n'&#233;tait pas exclusivement antimilitariste, comme par exemple, des organisations ouvri&#232;res anarcho-syndicalistes, des Jeunesses, etc., mais qui rendait hommage &#224; un point de vue antimilitariste r&#233;volutionnaire. On d&#233;cida de fonder un bureau international, pour concentrer toutes les forces antimilitaristes r&#233;volutionnaires contre la guerre mena&#231;ante et la r&#233;action dominante, Apr&#232;s quoi le bureau antimilitariste international fut fond&#233; au Congr&#232;s de La Haye &#224; P&#226;ques 1921, avec la d&#233;claration de principes suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Bureau Antimilitariste International contre la Guerre et la r&#233;action, compos&#233; par des organisations antimilitaristes r&#233;volutionnaires,&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A pour but de travailler internationalement contre le militarisme.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Afin de rendre impossible la guerre et l'oppression des classes travailleuses :&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il s'efforce de raffermir dans l'esprit des travailleurs &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la conscience de leur pouvoir &#233;conomique d&#233;cisif&lt;/span&gt; ;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il entreprend une propagande pour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et le refus en masse du service militaire ;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il pr&#233;conise la cessation &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;imm&#233;diate&lt;/span&gt; de toute fabrication destin&#233;e &#224; la guerre et la non participation au militarisme. Il s'efforce de rendre inutilisables les arm&#233;es et les marines ;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il rend hommage &#224; ceux qui refusent individuellement tout service militaire ;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il s'oppose d'une mani&#232;re v&#233;h&#233;mente contre chaque tentative de domination nouvelle, exerc&#233;e par une intervention aim&#233;e contre un prol&#233;tariat qui a rompu le joug capitaliste ;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Contre toutes les formes d'exploitation &#233;conomique et d'oppression militaire dont sont victimes les races de couleur ; il resserre l'union et la collaboration du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire du Nord au Sud, de l'Orient l'Occident.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la conf&#233;rence de l'A.I.M.V. &#224; Berlin, en 1923, le bureau r&#233;visa son attitude &#224; l'&#233;gard de la Russie. Car auparavant l'A.I.M.V. avait consid&#233;r&#233; le c&#244;t&#233; d&#233;fensif de la r&#233;volution en face de la politique d'intervention et de la furieuse terreur blanche. Mais on a aujourd'hui acquis l'impression que pour diff&#233;rentes circonstances, la r&#233;volution est arriv&#233;e &#224; un stade d&#233;finitif et que, du point de vue antimilitariste r&#233;volutionnaire les repr&#233;sentants de l'&#201;tat des Soviets doivent &#234;tre combattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi on d&#233;cida d'&#233;largir &#233;galement l'activit&#233; de l'A.I.M.V. au ph&#233;nom&#232;ne r&#233;volutionnaire russe. Cette d&#233;cision fut concr&#233;tis&#233;e dans la r&#233;solution suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La conf&#233;rence du B.I.A. (Berlin 1923), regarde comme une des suites les plus p&#233;rilleuses de la r&#233;action mondiale, renforc&#233;e immens&#233;ment par la guerre, qu'aussi les r&#233;volutionnaires en Russie, dans leur lutte pour la libert&#233;, sont arriv&#233;s &#224; employer de plus en plus les m&#233;thodes militaristes. La conf&#233;rence prononce comme sa conviction ferme que l'oppression capitaliste et militariste ne peut pas &#234;tre an&#233;antie, ni que la libert&#233; &#233;conomique et sociale peut &#234;tre conquise aussi longtemps que les m&#233;thodes militaristes sont employ&#233;es clans la r&#233;volution sociale.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Comme le B.I.A. a toujours protest&#233; contr&#233; le service obligatoire dans les pays capitalistes, la conf&#233;rence proteste maintenant contre le syst&#232;me de service obligatoire, qui est pouss&#233; de plus en plus en Russie, et contre la politique g&#233;n&#233;rale d'oppression qui a abattu les premi&#232;res esp&#233;rances de la r&#233;volution. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'I.A.M.V. comm&#233;morera cette ann&#233;e la XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e de sa fondation. L'influence socialiste-libertaire que cette organisation antimilitariste poss&#232;de est unique dans le mouvement ouvrier moderne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/lidee_anarchiste-n10-11.pdf" length="9753240" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anarchisme et marxisme dans la R&#233;volution russe - Introduction</title>
		<link>https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-introduction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.partage-noir.fr/anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-introduction</guid>
		<dc:date>2024-02-15T10:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Nestor Makhno</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe (1917-1921)</dc:subject>
		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le texte qu'on va lire a &#233;t&#233; &#233;crit en 1929 et a paru d'abord dans la revue mensuelle allemande anarcho-syndicaliste &lt;i&gt;Die Internationale&lt;/i&gt;. Nous le donnons ici pour la premi&#232;re fois &#8212; sans modifications &#8212; en traduction fran&#231;aise.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-anarchisme-et-marxisme-dans-la-revolution-russe-" rel="directory"&gt;Anarchisme et marxisme dans la R&#233;volution russe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nestor-makhno-+" rel="tag"&gt;Nestor Makhno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-revolution-russe-1917-1921-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe (1917-1921)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1192-7df13.png?1774695079' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte qu'on va lire a &#233;t&#233; &#233;crit en 1929 et a paru d'abord dans la revue mensuelle allemande anarcho-syndicaliste &lt;i&gt;Die Internationale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paru sous le titre &#171; Marxismus und Anarchismus In der russischen Revolution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Nous le donnons ici pour la premi&#232;re fois &#8212; sans modifications &#8212; en traduction fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH236/1921__nestor_mahno_v_lagere_dlya_peremeschennyh_lic_v_rumynii_copie-1e7fe-510be.jpg?1774695896' width='150' height='236' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nestor Makhno&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nous avions eu l'intention en 1929 d'ajouter deux chapitres traitant de Cronstadt et de la makhnovchtchina. Pour diff&#233;rentes raisons, il ne peut &#234;tre question maintenant de modifier ou de compl&#233;ter le texte. L'abondante litt&#233;rature qui a paru depuis 1930 sur ce sujet, &#8212; articles, livres ou brochures &#8212;, ne contient rien qui puisse n&#233;cessiter un changement dans le d&#233;veloppement des id&#233;es. Ce serait plut&#244;t le contraire, car nos r&#233;flexions jettent quelque lumi&#232;re sur des aspects n&#233;glig&#233;s de la R&#233;volution russe &#224; ses d&#233;buts et, en m&#234;me temps, r&#233;pondent par avance &#224; la critique de ceux qui n'ont d&#233;couvert que pendant ou m&#234;me apr&#232;s l'&#232;re stalinienne la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la R&#233;volution, Thermidor et la contre-r&#233;volution. Ce texte est aussi un apport &#224; l'historiographie de la R&#233;volution russe et il va de soi qu'en tant que tel il ne peut &#234;tre corrig&#233;. En outre il s'agit en fait d'un texte politique, bien qu'il y soit beaucoup question de th&#233;orie et d'histoire. Le r&#233;cent int&#233;r&#234;t pour les probl&#232;mes fondamentaux du socialisme, les questions d'organisation et le d&#233;veloppement de la R&#233;volution russe, ainsi que la critique des diff&#233;rentes formes de socialisme d'&#201;tat et de dictature redonnent &#224; ce texte le caract&#232;re d'un pamphlet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous proposons de d&#233;montrer bri&#232;vement les points suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'interpr&#233;tation de la th&#233;orie de l'&#201;tat de Marx, telle qu'elle est formul&#233;e par L&#233;nine dans sa c&#233;l&#232;bre brochure &lt;i&gt;L'&#201;tat et la R&#233;volution&lt;/i&gt;, est insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La R&#233;volution &#233;tait dans le courant de 1917 une r&#233;volution surtout de paysans et elle ne s'est pas d&#233;roul&#233;e selon le sch&#233;ma de la th&#233;orie marxiste de la R&#233;volution, ni selon celui des marxistes russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) La R&#233;volution russe qui a dur&#233; des mois et s'est &#233;tendue &#224; tout l'empire tsariste ne doit pas &#234;tre confondue avec la conqu&#234;te du pouvoir par les bolch&#233;viks &#224; Petrograd et l'institution, le 24 octobre 1917, du Conseil des Commissaires du Peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) L&#233;nine et son parti &#8212; le Parti Ouvrier Social-d&#233;mocrate de Russie (Bolch&#233;vik) rebaptis&#233; Parti communiste en mars 1918 &#8212; n'ont jamais &#233;t&#233; favorables, m&#234;me en principe, aux Soviets, &#224; ces Conseils qui, dans le courant de 1917, sont n&#233;s spontan&#233;ment dans tout le pays. Le caract&#232;re constructif de la R&#233;volution s'exprimait dans ces Conseils, mais L&#233;nine et son parti les ont uniquement consid&#233;r&#233;s du point de vue de leur utilit&#233; pour la prise du pouvoir politique par le parti bolch&#233;vik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) La soi-disant &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; qui n'a jamais &#233;t&#233; autre chose, d&#232;s le d&#233;but, que la dictature du parti, puis de sa bureaucratie, et qui ne pouvait se maintenir que par la terreur, est un des facteurs essentiels de d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la R&#233;volution russe, selon un processus clairement visible d&#232;s 1921 et non &#224; partir seulement du moment o&#249; ceux qui &#233;taient responsables de la cr&#233;ation d'un appareil d'&#201;tat terroriste en furent les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f) La destruction des Soviets n'a pas &#233;t&#233; uniquement la cons&#233;quence de la guerre, de la guerre civile et de l'installation de la dictature d'&#201;tat, mais elle est d&#233;j&#224; incluse dans l'interpr&#233;tation l&#233;niniste du principe marxiste de l'&#201;tat contr&#244;lant la totalit&#233; de la vie &#233;conomique et sociale par un syst&#232;me de gouvernement centraliste. De toute &#233;vidence cette interpr&#233;tation est incompatible avec le principe des Conseils ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/karl_kautsky_01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH210/karl_kautsky_01-4711e-4ec30.jpg?1774695896' width='150' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Karl Kautsky&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur non habitu&#233; &#224; la scolastique marxiste se demande sans doute quelle est l'importance de ces interpr&#233;tations et de ces r&#233;futations pol&#233;miques, et pourquoi il ne suffit pas d'examiner les th&#233;ories de Marx ou de L&#233;nine, de Kautsky ou de Trotsky et d'en peser les m&#233;rites. Nous r&#233;pondrons d'abord que non seulement la th&#233;orie de Marx, mais aussi son interpr&#233;tation par les marxistes, ont jou&#233; un r&#244;le important dans la pratique politique marxiste. Les id&#233;es de Marx ne constituent pas une th&#233;orie, sans plus, mais bien une th&#233;orie destin&#233;e &#224; la pratique et le marxisme pr&#233;tend avoir atteint indubitablement l'unit&#233; de la th&#233;orie et de la praxis. Ajoutons que le marxisme est marqu&#233; par le caract&#232;re de son fondateur, un homme fonci&#232;rement autoritaire qui &#233;tait persuad&#233; d'avoir fait du socialisme une science, car il croyait avoir d&#233;couvert les lois selon lesquelles l'&#233;volution dialectique in&#233;vitable du capitalisme devait finalement conduire au socialisme. Enfin le marxisme a toujours &#233;t&#233; une sorte de messianisme et les marxistes de toutes tendances ont senti le besoin de pr&#233;senter leur interpr&#233;tation sp&#233;cifique comme la seule vraie, se r&#233;clamant ainsi de l'autorit&#233; de Marx. Une cons&#233;quence de ceci est que ses interpr&#233;tations scientifiques ont abouti &#224; une science de l'histoire falsifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine a construit sa th&#233;orie de la r&#233;volution, de l'&#201;tat et de la dictature &#224; partir des id&#233;es de Marx sur ces probl&#232;mes. Mais les &#233;crits de Marx laissent une marge assez large &#224; l'interpr&#233;tation. Dans le &lt;i&gt;Manifeste communiste&lt;/i&gt; (1847-1848), &#233;manant de l'organisation secr&#232;te de Marx, la &#171; Ligue des Communistes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la fin des ann&#233;es 1870, Marx parle encore de notre parti, bien qu'il e&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, celui-ci &#233;crit que ce parti &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n'est pas un parti distinct en face des autres partis ouvriers&lt;/q&gt; ; mais on lit dans le m&#234;me texte qu'il est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la fraction la plus r&#233;solue des partis ouvriers&lt;/q&gt; et qu'il poursuit &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le m&#234;me but que tous les autres partis prol&#233;tariens&lt;/q&gt;. Marx, dans ce m&#234;me ouvrage, souligne que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le prol&#233;tariat organis&#233; en classe dominante &lt;/q&gt; doit centraliser les moyens de production dans l'&#201;tat. En 1850, Marx et Engels fondent avec le concours de blanquistes fran&#231;ais une &#171; Soci&#233;t&#233; universelle des communistes r&#233;volutionnaires &#187;, soci&#233;t&#233; secr&#232;te dont le programme est de soumettre les classes privil&#233;gi&#233;es &#224; la dictature des ouvriers et de poursuivre la r&#233;volution permanente jusqu'&#224; la r&#233;alisation du communisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Edouard Bernstein, Marx ne s'est jamais totalement lib&#233;r&#233; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Marx emploie pour la premi&#232;re fois l'expression de &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; et fait remarquer dans le contexte que toutes les r&#233;volutions n'ont fait qu'accro&#238;tre la puissance de centralisation des gouvernements, au lieu de la d&#233;truire. En 1852, Marx &#233;crit que la lutte des classes conduit n&#233;cessairement &#224; la dictature du prol&#233;tariat, &#233;tape interm&#233;diaire vers la disparition des classes et l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; sans classes. Pendant les vingt ann&#233;es suivantes, Marx d&#233;veloppe ses th&#233;ories &#233;conomiques ; il formule les lois qui r&#233;gissent le processus de la production capitaliste dont les contradictions internes m&#232;neront, selon lui, au socialisme selon un d&#233;veloppement dialectique immanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1871, Marx consacre &#224; la Commune de Paris un brillant &#8212; et c&#233;l&#232;bre &#8212; &#233;crit qui est davantage une &#339;uvre de propagande qu'une &#339;uvre th&#233;orique, et o&#249; il d&#233;fend et glorifie la Commune, &#233;pisode r&#233;volutionnaire de l'histoire de la France et du mouvement ouvrier international. Si dans ce texte le mot &#171; dictature &#187; n'appara&#238;t pas, on y voit en revanche clairement que la Commune avait commenc&#233; &#224; d&#233;truire les bases de l'&#201;tat. De telles conceptions sont &#233;videmment un corps &#233;tranger dans l'&#339;uvre de Marx et sont davantage en accord avec les principes propag&#233;s par Bakounine et ses adeptes qu'avec les th&#233;ories du socialisme scientifique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des marxistes de toutes tendances ayant de la probit&#233; intellectuelle et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1872 et 1875 Marx r&#233;p&#232;te encore que la Commune de Paris a montr&#233; que la classe ouvri&#232;re ne doit pas se borner simplement &#224; s'emparer du pouvoir d'&#201;tat bourgeois. Dans son introduction &#224; une nouvelle &#233;dition (1891) de &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt;, Engels &#233;crit que la Commune de Paris a &#233;t&#233; un exemple de dictature du prol&#233;tariat, mais, dans cette m&#234;me ann&#233;e 1891 il fait remarquer que &#171; notre parti &#187; et la classe ouvri&#232;re ne pourraient prendre le pouvoir que sous la forme d'une r&#233;publique d&#233;mocratique, qui &#8212; comme l'avait montr&#233; la R&#233;volution fran&#231;aise &#8212; serait une forme particuli&#232;re de dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/paris-colonne-vendome-commune-1871-photos-napoleon-destruction-communards-gustave-courbet-austerlitz-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH380/paris-colonne-vendome-commune-1871-photos-napoleon-destruction-communards-gustave-courbet-austerlitz-1-3f3cd.jpg?1774725564' width='500' height='380' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte des opinions soutenues par Marx avant et apr&#232;s la Commune que les consid&#233;rations &#171; anarchistes &#187; de &lt;i&gt;La Guerre civile en France&lt;/i&gt; sont &#233;trang&#232;res &#224; la th&#233;orie marxiste. Avant la Commune, Marx applaudit &#224; une victoire de la Prusse : ce serait, dit-il, la victoire de sa th&#233;orie sur les id&#233;es de Proudhon, et, en outre, l'Empire allemand que fonderait Bismark entra&#238;nerait cette centralisation &#233;conomique et politique de l'Allemagne, condition essentielle selon Marx pour l'av&#232;nement du socialisme. Une seconde condition est la conqu&#234;te du pouvoir de l'&#201;tat et c'est ainsi que Marx, quelques mois seulement apr&#232;s son &#233;crit sur la Commune, essaya d'imposer sa conception particuli&#232;re de la marche au socialisme dans toute l'Internationale : organisation des travailleurs en parti politique pour conqu&#233;rir le pouvoir de l'&#201;tat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presque toutes les f&#233;d&#233;rations rejetaient cette conception en partie pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on prend en mains les &#233;crits de Marx et d'Engels, il est bien difficile de se faire une opinion : ils ne d&#233;finissent pas clairement le r&#244;le du parti dans le processus r&#233;volutionnaire, pas plus que le caract&#232;re de la dictature du prol&#233;tariat, et ils sont muets sur la fa&#231;on dont agira cette dictature pour supprimer l'&#201;tat. Citer quelques passages des &#233;crits de Marx ne pr&#233;sente pas grand int&#233;r&#234;t, surtout si on ne les replace pas dans leur contexte historique : il est plus important de rechercher quelle a &#233;t&#233; la pratique du marxisme et quelles le&#231;ons on peut en tirer. Il faut cependant insister sur deux points : D'abord, celui qui a lu et compris tant soit peu Marx doit reconna&#238;tre que, quelle que soit l'interpr&#233;tation qu'on donne &#224; certains passages, on ne peut les s&#233;parer de l'essentiel de son syst&#232;me. Il faut donc rattacher les id&#233;es de Marx &#224; sa conception g&#233;n&#233;rale du processus historique dans laquelle la marche au socialisme est li&#233;e &#224; certains d&#233;veloppements de la production industrielle. Et en second lieu, on ne trouve rien dans toute l'&#339;uvre de Marx qui permette de conclure que la dictature du prol&#233;tariat &#8212; aussi vaguement qu'elle y soit d&#233;finie ! &#8212; puisse &#234;tre la dictature d'un seul parti minoritaire. C'est l&#224; une invention particuli&#232;re &#224; L&#233;nine, et &#224; ce point de vue il est plus exact de parler d'une reconstruction et d'un d&#233;veloppement l&#233;niniste de la th&#233;orie de Marx que d'une interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1584 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/sans_titre-1-7-b846b-26413.png?1774695896' width='150' height='212' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Piotr Tkatchev&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;On peut admettre que la conception l&#233;niniste d'un parti de r&#233;volutionnaires d'&#233;lite ait son origine dans les th&#233;ories du blanquiste jacobin Tkatchev. D&#232;s 1902, L&#233;nine avait soutenu dans l'ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Que faire ? &lt;/i&gt; que l'&#233;volution spontan&#233;e du mouvement ouvrier ne pouvait le conduire qu'&#224; un niveau inf&#233;rieur &#224; celui de l'id&#233;ologie bourgeoise et que les ouvriers ne pouvaient acc&#233;der &#224; la conscience social-d&#233;mocrate que si cette conscience leur &#233;tait apport&#233;e par des &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; la classe ouvri&#232;re. En cons&#233;quence la fraction consciente du prol&#233;tariat doit &#234;tre d&#233;tach&#233;e de la grande masse et organis&#233;e dans un parti d'avant-garde, dans un parti de r&#233;volutionnaires professionnels. La t&#226;che de ce parti est de diriger le prol&#233;tariat et de conqu&#233;rir en son nom le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand en f&#233;vrier 1917 la r&#233;volution &#233;clata en Russie, L&#233;nine &#233;tait un des seuls de son parti &#224; ne pas vouloir une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;dictature d&#233;mocratique des ouvriers et des paysans&lt;/q&gt;, point de vue accept&#233; et d&#233;fendu jusqu'alors par les marxistes russes et qui impliquait le d&#233;veloppement de l'agriculture et de l'industrie sous un gouvernement d&#233;mocratique dans le cadre du capitalisme. Imm&#233;diatement apr&#232;s son retour de Suisse, L&#233;nine formulait son nouveau point de vue lors d'une r&#233;union commune des fractions mench&#233;vik et bolch&#233;vik du Parti Ouvrier Social-d&#233;mocrate de Russie. En voici l'essentiel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce qu'il y a d'original dans la situation actuelle en Russie, c'est la transition de la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution qui a donn&#233; le pouvoir &#224; la bourgeoisie par suite du degr&#233; insuffisant de conscience et d'organisation du prol&#233;tariat, &#224; la seconde &#233;tape qui doit donner le pouvoir au prol&#233;tariat et aux couches pauvres de la paysannerie [...]. Cette situation originale exige que nous sachions nous adapter aux conditions sp&#233;ciales du travail du parti au sein de la masse prol&#233;tarienne innombrable qui vient de s'&#233;veiller &#224; la vie politique. Aucun soutien au Gouvernement provisoire ; d&#233;montrer le caract&#232;re enti&#232;rement mensonger de toutes ses promesses. [...] Le d&#233;masquer, au lieu d'exiger [...] que ce gouvernement de capitalistes cesse d'&#234;tre Imp&#233;rialiste. [...] Expliquer aux masses que les Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers sont la seule forme possible de gouvernement r&#233;volutionnaire. [...] Tant que nous sommes en minorit&#233;, nous nous appliquons &#224; critiquer et &#224; expliquer les erreurs commises, tout en affirmant la n&#233;cessit&#233; du passage de tout le pouvoir aux Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers [...]. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Non pas une r&#233;publique parlementaire, &#8212; y retourner apr&#232;s les Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers serait un pas en arri&#232;re, &#8212; mais une R&#233;publique des Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers, salari&#233;s agricoles et paysans dans le pays tout entier, de la base au sommet. Suppression de la police, de l'arm&#233;e et du corps des fonctionnaires. Le traitement des fonctionnaires, &#233;lus et r&#233;vocables &#224; tout moment, ne doit pas exc&#233;der le salaire moyen d'un bon ouvrier [...]. Confiscation de toutes les terres dans le pays et leur mise &#224; disposition des Soviets locaux de d&#233;put&#233;s des salari&#233;s agricoles et des paysans. Formation de Soviets de d&#233;put&#233;s des paysans pauvres [...]. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Notre t&#226;che imm&#233;diate est non pas d'introduire le socialisme, mais uniquement de passer tout de suite au contr&#244;le de la production sociale et de la r&#233;partition des produits par les Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Volr L&#233;nine. &#338;uvres, t. XXIV, Paris-Moscou 1958, pp. 12-14.&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/lev_davidovich_trockij.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/lev_davidovich_trockij-4e07d-437ef.jpg?1774695896' width='150' height='204' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Trotsky &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La tactique de L&#233;nine tendait &#224; la prise du pouvoir et ceci en contradiction avec la grande majorit&#233; de son parti. Mais pour cela il fallait rendre les Soviets bolch&#233;viks. L&#233;nine a toujours adopt&#233; une double attitude &#224; l'&#233;gard des Soviets. Quand ils sont n&#233;s spontan&#233;ment, pour la premi&#232;re fois, en 1905, il n'en &#233;tait pas un d&#233;fenseur inconditionnel. En 1917 il changea plusieurs fois d'opinion, selon que les Soviets &#233;taient ou n'&#233;taient pas des instruments utiles &#224; son parti pour prendre le pouvoir. A la mi-septembre, il d&#233;clare au Comit&#233; Central que le parti bolch&#233;vik doit pr&#233;parer l'insurrection et il expose la tactique qui doit conduire &#224; la prise du pouvoir. Il affirme que l'insurrection est un art, mais il se d&#233;fend d'&#234;tre un blanquiste, car elle doit &#234;tre fond&#233;e sur l'&#233;lan r&#233;volutionnaire du peuple et sur le choix d'un moment historique favorable. Selon L&#233;nine ce moment &#233;tait arriv&#233; apr&#232;s la contre-r&#233;volution manqu&#233;e de Kornilov qui avait cr&#233;&#233; une situation r&#233;volutionnaire, d'autant plus que les bolch&#233;viks avaient conquis la majorit&#233; dans les Soviets de Petrograd et de Moscou. Malgr&#233; la forte opposition d'autres membres du Comit&#233; Central, tel que Kamenev et Zinoviev, la politique et la tactique de L&#233;nine furent accept&#233;es. Membre depuis juillet 1917 du parti bolch&#233;vik, Trotsky approuva cette tactique et le point de vue l&#233;niniste selon lequel le parti est l'avant-garde r&#233;volutionnaire organis&#233;e pour prendre le pouvoir, l'instrument n&#233;cessaire et irrempla&#231;able de cette conqu&#234;te qui doit &#234;tre l'&#339;uvre du parti et seulement du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine avait expliqu&#233; irr&#233;futablement qu'il n'y avait pas d'autre dictature du prol&#233;tariat que la dictature d'un parti. Mais en 1917 il affirmait que cette dictature ne serait qu'une courte p&#233;riode de transition : Il fallait cr&#233;er un &#201;tat, disait il, sans bureaucratie, sans police, sans arm&#233;e et organis&#233; de telle fa&#231;on qu'il ne pourrait que mourir. Mais le caract&#232;re m&#234;me de la dictature &#233;tablie par L&#233;nine et son parti rendait cette mort impossible. Six mois seulement apr&#232;s la R&#233;volution d'octobre, le nouvel appareil de l'&#201;tat menait une action terroriste contre tous les courants r&#233;volutionnaires non bolch&#233;viks et les autres partis socialistes : ainsi la dictature du prol&#233;tariat &#8212; en fait la dictature du parti &#8212; devenait la dictature de l'appareil de l'&#201;tat. Trois ans plus tard, c'&#233;tait la fin de toute d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur du parti d'&#233;lite lui-m&#234;me, ce qui menait tout droit &#224; la sinistre &#233;poque de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature r&#233;volutionnaire du parti, telle que la pr&#233;conise L&#233;nine, est inconciliable avec une d&#233;mocratie de Conseils. Dire avec le th&#233;oricien trotskyste Ernest Mandel qu'on ne trouve pas dans les &#233;crits de L&#233;nine d'arguments en faveur d'un communisme sans Conseils est inexact&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la contribution de Mandel &#224; Lenin und die Revolution, Frankfurt/M, 1970&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; mais, contrairement &#224; ce que pense Mandel, il n'est pas absurde de dire que le syst&#232;me des Conseils rend les partis superflus et que c'est l&#224; un caract&#232;re essentiel de ce syst&#232;me. D'o&#249; une contradiction fondamentale entre une organisation r&#233;volutionnaire selon le mod&#232;le de L&#233;nine et une d&#233;mocratie de Conseils : Mandel, en effet, oublie de mentionner que ce qu'il appelle par euph&#233;misme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'organisation qui doit garantir aux ouvriers dans le syst&#232;me des Conseils un degr&#233; sup&#233;rieur d'organisation autonome&lt;/q&gt; est pr&#233;cis&#233;ment celle qui, dans le sch&#233;ma de L&#233;nine et de Mandel, doit exercer apr&#232;s la r&#233;volution la totalit&#233; de la dictature &#8212; celle du parti &#8212; &#224; l'exclusion de tous les autres courants et groupements r&#233;volutionnaires et socialistes. Que signifient les explications th&#233;oriques de Mandel ? Dans la R&#233;volution russe, la disparition rapide de toutes les taches autonomes et constructives des Conseils ; dans l'avenir, si un parti d'&#233;lite prend la direction et arrive au pouvoir, la destruction &#224; nouveau de toute d&#233;mocratie de Conseils.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/jean-louis_pindy2-76838-f7241.png?1774695896' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean-Louis Pindy.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le principe des Conseils est la n&#233;gation absolue de toute dictature politique, la n&#233;gation aussi de l'&#201;tat, et ce n'est point par hasard que cette id&#233;e a &#233;t&#233; formul&#233;e pour la premi&#232;re fois dans le mouvement ouvrier international par des adeptes de Bakounine, tels le belge Eug&#232;ne Hins et le fran&#231;ais Louis Pindy, lors du quatri&#232;me congr&#232;s de l'Internationale tenu &#224; B&#226;le en 1869. Ce sont ces m&#234;mes id&#233;es que la plus forte f&#233;d&#233;ration de l'Internationale, la f&#233;d&#233;ration espagnole a conserv&#233;es, sous le nom de collectivisme, comme base de son organisation et de ses m&#233;thodes de lutte. Ces id&#233;es bakouninistes, anarcho-syndicalistes ont permis aux syndicats ouvriers de la &lt;i&gt;Confederaci&#243;n Nacional del Trabajo&lt;/i&gt; de prendre en mains toute la vie sociale et &#233;conomique dans une grande partie de l'Espagne, principalement en Catalogne, d&#232;s le d&#233;but de la R&#233;volution qui r&#233;pondit au &lt;i&gt;pronunciamiento &lt;/i&gt; fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'ann&#233;e 1920 un courant se manifesta &#224; l'int&#233;rieur du parti bolch&#233;vik, voulant accorder un r&#244;le plus important dans le processus de production aux organisations professionnelles et reprenant certaines id&#233;es syndicales. Cette &lt;i&gt;Opposition Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, dont Chliapnikov et Kolionta&#239; &#233;taient les principaux porte-paroles, s'&#233;levait contre la militarisation du travail pr&#233;conis&#233;e par Trotsky, le retour des techniciens bourgeois, la subordination du mouvement syndical &#224; l'&#201;tat, mais sans condamner le monopole du pouvoir exerc&#233; par le parti communiste. Lors du X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s du Parti, en mars 1921, &#233;clata la r&#233;volte de Cronstadt. &lt;i&gt;L'Opposition Ouvri&#232;re &lt;/i&gt; soutint la direction du parti contre les insurg&#233;s, mais &#224; ce m&#234;me congr&#232;s sa plateforme fut condamn&#233;e comme anarcho-syndicaliste. En m&#234;me temps on interdisait toute formation de fraction &#224; l'int&#233;rieur du parti. On pr&#233;parait ainsi les r&#232;glements qui permettraient par la suite &#224; Staline de r&#233;primer toute opposition qualifi&#233;e de &#171; dissidence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes-l&#233;ninistes, avec leur dictature du prol&#233;tariat, leur appareil d'&#201;tat centraliste, leur bureaucratie et leur police secr&#232;te, ont inaugur&#233; un r&#233;gime de terreur et la pire forme d'absolutisme depuis la naissance de l'&#201;tat moderne en Europe : de quoi faire p&#226;lir de jalousie l'Inquisition et la fameuse Okhrana tsariste ! Les communistes hors de Russie ont non seulement accept&#233; tout cela, mais ils l'ont d&#233;fendu par principe ; leur vocabulaire absurde, stigmatisant, aujourd'hui comme hier, quiconque s'oppose &#224; la th&#233;orie et &#224; la pratique bolch&#233;viques du moment, a empoisonn&#233; toute discussion de principes &#224; l'int&#233;rieur du mouvement ouvrier. On conna&#238;t le d&#233;nouement : toute la &#171; Vieille garde &#187; bolch&#233;vique fut liquid&#233;e... S'il est exact que tous ces collaborateurs de L&#233;nine aient &#233;t&#233; des &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187;, des &#171; espions &#187; et des &#171; fascistes &#187;, ceci jette un jour singulier sur la dictature du prol&#233;tariat ; et si c'est faux, comment qualifier un gouvernement qui a justifi&#233; par de tels arguments les s&#233;ries de meurtres de l'&#233;poque stalinienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s avril 1918, la police secr&#232;te bolch&#233;vique entra en action contre les anarchistes &#224; Moscou. A partir de ce moment le nombre des anarchistes arr&#234;t&#233;s ne cessa de cro&#238;tre et leurs organisations, leurs r&#233;unions et leurs publications furent interdites. Quand on apprit au premier congr&#232;s des organisations syndicales r&#233;volutionnaires tenu en juillet 1921, &#8212; congr&#232;s d'o&#249; devait na&#238;tre l'Internationale des Syndicats R&#233;volutionnaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La cr&#233;ation du Profintern avait pour but de soumettre &#224; l'influence de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212;, que de nombreux anarchistes en vue &#233;taient emprisonn&#233;s et faisaient la gr&#232;ve de la faim, un tel scandale &#233;clata que le gouvernement bolch&#233;vik fut contraint de les lib&#233;rer et d'en expulser un certain nombre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi eux se trouvaient Maximoff, Voline, Mrachny et Yarchouk. D&#233;j&#224; en juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier 1918 &#224; 1921, la makhnovchtchina, une gu&#233;rilla de paysans en Ukraine organis&#233;e par Nestor Makhno&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ag&#233; de 17 ans, Nestor Makhno fut condamn&#233; &#224; mort en 1908 pour activit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, luttait contre les forces d'occupation austro-allemandes et contre les arm&#233;es russes blanches de Denikine, Skoropadski, Petlioura et Wrangel. L&#224; o&#249; le pays &#233;tait lib&#233;r&#233; par les arm&#233;es paysannes naissaient des communes agricoles et des Soviets. Le gouvernement bolch&#233;vik s'alliait aux gu&#233;rilleros pour mieux les attaquer, une fois la contre-r&#233;volution vaincue : c'est ainsi qu'au d&#233;but d'octobre 1920, &#224; la suite d'un accord avec Makhno, il lib&#233;ra les anarchistes arr&#234;t&#233;s en Ukraine et les autorisa &#224; poursuivre leur action publiquement. Mais quand le p&#233;ril blanc fut d&#233;finitivement conjur&#233;, Makhno fut mis de nouveau hors-la-loi et Trotsky donna l'ordre d'an&#233;antir l'arm&#233;e des gu&#233;rilleros et de d&#233;truire le mouvement anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/jpg/trotsky-soldats-arme-rouge.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH262/trotsky-soldats-arme-rouge-6ee77.jpg?1774725564' width='500' height='262' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En mars 1921, les matelots de la base marine fortifi&#233;e de Cronstadt se r&#233;voltaient contre la dictature du parti bolch&#233;vik et r&#233;clamaient des Soviets ind&#233;pendants. D&#233;j&#224; en 1917, s'inspirant de l'exemple de la Commune de Paris, ils avaient proclam&#233; la &#171; R&#233;publique de Cronstadt &#187; ind&#233;pendante ; &#224; deux reprises ils avaient sauv&#233; la R&#233;volution et Trotsky les avait appel&#233;s &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'orgueil et la gloire de la R&#233;volution&lt;/q&gt;. L'historiographie officielle du parti bolch&#233;vik peint la r&#233;volte de 1921 comme une r&#233;bellion contre-r&#233;volutionnaire, organis&#233;e &#224; l'aide des forces &#233;trang&#232;res. Rien n'est moins vrai, rien dans les sources sovi&#233;tiques ou autres ne permet d'avancer une telle affirmation. La r&#233;volte &#233;tait d&#232;s le d&#233;but un mouvement spontan&#233; des marins et L&#233;nine lui-m&#234;me d&#233;clara le 15 mars : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A Cronstadt on ne veut pas des gardes blancs, mais on ne veut pas non plus de notre pouvoir.&lt;/q&gt; La r&#233;volte de Cronstadt a &#233;t&#233; la derni&#232;re tentative pour sauver les principes de la R&#233;volution russe. Les &lt;i&gt;lzvestia&lt;/i&gt;, organe officiel du Soviet de Cronstadt &#233;crivaient : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ecoute, Trotsky ! les meneurs de la troisi&#232;me R&#233;volution d&#233;fendent le vrai pouvoir des Soviets contre les violences des Commissaires... L&#233;nine a dit : le communisme, c'est le pouvoir des Soviets plus l'&#233;lectrification ! Mais le peuple est persuad&#233; que le communisme du type bolch&#233;vik, c'est la commissariocratie plus les pelotons d'ex&#233;cution !&lt;/q&gt; Le gouvernement bolch&#233;vik &#233;carta toute tentative de conciliation. Trotsky, commissaire du peuple &#224; la guerre et pr&#233;sident du Conseil r&#233;volutionnaire pour la guerre, ainsi que Zinoviev sont les responsables de l'ordre d'attaque contre Cronstadt, attaque men&#233;e sous les ordres de Toukhatchevski par les troupes de la police secr&#232;te, car l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re n'&#233;tait pas assez s&#251;re. Le massacre de Cronstadt marque la fin d&#233;finitive du mouvement des Conseils en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement anarchiste il y avait diff&#233;rents groupements dont le plus important &#233;tait celui des anarchistes sociaux : ils &#233;taient organis&#233;s localement et nationalement et une partie d'entre eux &#233;taient des anarcho-syndicalistes. L'anarcho-syndicalisme &#233;tait un courant libertaire qui s'&#233;tait form&#233; sous l'influence du d&#233;roulement de la R&#233;volution russe. Ce n'&#233;tait pas une doctrine sp&#233;cifique, mais la synth&#232;se d'une pens&#233;e anarchiste claire et d'une tactique syndicaliste pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la premi&#232;re guerre mondiale, le syndicalisme avait adopt&#233; une position de neutralit&#233; &#224; l'&#233;gard des id&#233;ologies politiques ou philosophiques. Les anarchistes &#171; anarcho-syndicalistes &#187; pensaient que la lutte r&#233;volutionnaire contre le capitalisme &#233;tait li&#233;e &#224; des principes sociaux qui devaient animer toutes les manifestations de la vie &#233;conomique et sociale. A l'encontre de la politique de tous les partis ouvriers qui veulent toujours se servir du mouvement ouvrier pour leurs fins sp&#233;cifiques, l'anarcho-syndicalisme pr&#233;conisait l'action directe des masses en dehors de tous les partis politiques et, au besoin, contre eux. Il poussait les ouvriers et les paysans &#224; sauvegarder leur ind&#233;pendance et &#224; cr&#233;er des organisations autonomes et d&#233;mocratiques pour lutter contre le capitalisme et l'&#201;tat. Ainsi l'anarcho-syndicalisme apportait un compl&#233;ment &#224; l'anarchisme social, tandis que d'autre part il donnait au syndicalisme une base libertaire et anti-&#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve l&#224; des id&#233;es de Bakounine, et c'est sur elles que repose la d&#233;mocratie des Conseils. Les Conseils ont pour caract&#232;res particuliers de ne prendre naissance que pendant une r&#233;volution, d'&#234;tre des organes fonctionnels de la vie sociale et &#233;conomique, d'&#234;tre incompatibles avec la nature et les buts de tout parti politique, enfin de n'avoir une vie effective qu'apr&#232;s la destruction de toute forme d'appareil d'&#201;tat centraliste et bureaucratique. Les Conseils r&#233;alisent la gestion autonome des usines par des Conseils d'entreprise &#233;lus et celle de l'agriculture par des Conseils et coop&#233;ratives de paysans : le tout dans le cadre d'une construction f&#233;d&#233;raliste de la soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l'autonomie des communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a jamais d&#233;montr&#233; qu'il e&#251;t &#233;t&#233; impossible de donner une telle orientation au d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; en Russie apr&#232;s la R&#233;volution, mais il est certain que toute chance d'un pareil d&#233;veloppement a &#233;t&#233; ruin&#233;e par la dictature terroriste du communisme d'&#201;tat bolch&#233;vik.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paru sous le titre &#171; Marxismus und Anarchismus In der russischen Revolution &#187;, dans Die Internationale Zaltschrift f&#252;r dia revolution&#228;re Arbeiterbawegung, Gasselschaftskritik und sozialistischan Nanaulbau, harausgegeben von der Fraie Arbeitar Union Deutschlands (Anarchosyndikalisten) angeschlossen an die Internationale Arbeiter Assoziation (IAA) :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ann&#233;e III (1929-1930). pp. 4-12. 58-68. 80-87, 104-110, 150-154, 179-183, 231-238, 249-258, 278-281, et ann&#233;e IV (1930-1931), pp. 19-22. R&#233;cemment l'article a &#233;t&#233; r&#233;imprim&#233; &#224; mon insu &#224; Berlin, accompagn&#233; de l'&#233;crit de Gregorl klexImoff :&#171; Die revolution&#228;r-syndlkalistische Bewegung in Russland &#187; (1928).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A la fin des ann&#233;es 1870, Marx parle encore de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;notre parti&lt;/q&gt;, bien qu'il e&#251;t cess&#233; d'exister depuis 1852. D&#232;s 1884 il pensait que la classe ouvri&#232;re devait s'organiser en parti politique pour conqu&#233;rir le pouvoir politique : cette opinion fut &#224; l'origine de la scission de l'internationale en 1872. Quant au r&#244;le pr&#233;cis de ce parti et &#224; ses rapports avec la prise du pouvoir et la dictature du prol&#233;tariat, les &#233;crits de Marx restent assez vagues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon Edouard Bernstein, Marx ne s'est jamais totalement lib&#233;r&#233; des tendances blanquistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Des marxistes de toutes tendances ayant de la probit&#233; intellectuelle et le respect de l'histoire, tels que Franz Mehring, Edouard Bernstein, Arthur Rosenberg, Karl Korsch, ont reconnu ce fait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Presque toutes les f&#233;d&#233;rations rejetaient cette conception en partie pour des objections de principe, en partie parce qu'on voulait la rendre obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Volr L&#233;nine. &#338;uvres, t. XXIV, Paris-Moscou 1958, pp. 12-14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir la contribution de Mandel &#224; &lt;i&gt;Lenin und die Revolution&lt;/i&gt;, Frankfurt/M, 1970&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La cr&#233;ation du Profintern avait pour but de soumettre &#224; l'influence de Moscou les grandes organisations syndicales r&#233;volutionnaires, en particulier celles des pays latins, qui, en raison de leurs traditions apolitiques et antiparlementaires, s'opposaient &#224; l'adh&#233;sion au Comintern. Cette tentative &#233;choua. En d&#233;cembre 1922 une Internationale anarcho-syndicaliste fut fond&#233;e sous le nom d'Association Internationale des Travailleurs et groupant presque toutes les organisations syndicales r&#233;volutionnaires d'Europe et d'Am&#233;rique latine. Les anarcho-syndicalistes russes y prirent une part importante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Parmi eux se trouvaient Maximoff, Voline, Mrachny et Yarchouk. D&#233;j&#224; en juin 1922, une publication d&#233;non&#231;ant les pers&#233;cutions de l'&#201;tat bolchevik, &lt;i&gt;Mise en accusation du communisme d'&#201;tat devant le tribunal de l'histoire&lt;/i&gt;, donna la liste de 182 anarchistes arr&#234;t&#233;s, fusill&#233;s, morts en prison ou d&#233;port&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ag&#233; de 17 ans, Nestor Makhno fut condamn&#233; &#224; mort en 1908 pour activit&#233;s anarchistes. La sentence &#233;tant modifi&#233;e en d&#233;tention &#224; vie, il fut lib&#233;r&#233; par la R&#233;volution de f&#233;vrier. Accompagn&#233; d'une petite partie de son arm&#233;e, Makhno r&#233;ussit &#224; traverser les lignes de l'Arm&#233;e rouge et &#224; s'enfuir en Roumanie. Il mourut &#224; Paris, le 25 juillet 1934, dans des conditions mis&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/cahiersmensuels-lehning-anarch.pdf" length="5316167" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
