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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Nathalie Lemel </title>
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		<dc:date>2025-05-07T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Lejeune </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1171-feff0.jpg?1774720728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme pour bien des r&#233;volutionnaires, c'est dans les archives de la police, dans les rapports de gendarmerie, dans les comptes rendus de proc&#232;s qu'il faut aller glaner des renseignements. Lisons donc la fiche signal&#233;tique la concernant : 1 m 49 ; elle est blonde avec des yeux gris, un nez retrouss&#233;, un visage ovale. Et c'est tout ce que nous saurons.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH199/file-b8913-2397a.png?1774709809' width='150' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle ne paraissait pas destin&#233;e &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re et politique par son origine, par son v&#233;cu d'enfant, d'adolescente. Ses parents, ais&#233;s, tenaient un caf&#233; &#224; Brest et l'&#233;lev&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec assez de soins&lt;/q&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle dut sans doute aller dans une &#233;cole religieuse pour y apprendre &#224; lire dans un recueil de pri&#232;res et ensuite s'initier &#224; la couture, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; la broderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se marie en 1845 (elle a 19 ans) avec un ouvrier relieur, J&#233;r&#244;me Lemel, de huit ans son a&#238;n&#233;. Et la tradition familiale semble fonctionner normalement puisqu'ils ont trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple quitte Brest, sa ville natale, en 1849, pour aller s'installer &#224; Quimper. Que font-ils &#224; Quimper ? Elle tient une librairie ; quant au mari, on ne sait trop : l'aide-t-il ? Poursuit-il son m&#233;tier de relieur ? Il est possible qu'il relie &#224; domicile, comme une activit&#233; annexe &#224; la vente des livres. Et c'est l&#224; sans doute que commence &#224; se nouer le destin de Nathalie. Mais on manque de documents et l'on est r&#233;duit de nouveau &#224; des hypoth&#232;ses. Le rapport de gendarmerie de Quimper nous dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1861, ils se d&#233;clar&#232;rent en faillite et partirent pour Paris&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vend des livres, elle a sans doute la curiosit&#233;, d&#233;plac&#233;e, de les lire, et son horizon s'&#233;largit ; elle se pose des questions, elle a envie de discuter de ce qu'elle voit ; elle sort de son r&#244;le de femme, donc elle prend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des allures d'ind&#233;pendance&lt;/q&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Elue au syndicat des relieurs &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/image-1b2c5-02f9c.jpg?1774709809' width='150' height='185' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; Paris, sortie du carcan provincial et religieux, oblig&#233;e par manque d'argent d'apprendre et d'exercer un m&#233;tier, celui de relieuse, Nathalie va &#233;voluer beaucoup plus vite. D'autant qu'elle se trouve brusquement dans un climat de surchauffe politique. C'est la p&#233;riode o&#249; les travailleurs vont constituer &#8212; en 1864 &#8212; une Association internationale, o&#249; des gr&#232;ves vont &#233;clater un peu dans tous les secteurs ; et en particulier dans celui o&#249; travaille Nathalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ao&#251;t 1864, une gr&#232;ve longue et tr&#232;s dure est men&#233;e par les ouvriers relieurs de Paris ; parmi eux, un militant de pointe, Eug&#232;ne Varlin. Nathalie est parmi les gr&#233;vistes. Et, lorsque l'ann&#233;e suivante, une nouvelle gr&#232;ve sera d&#233;cid&#233;e, elle sera du comit&#233; de gr&#232;ve et ensuite &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Ce qui constituait une v&#233;ritable r&#233;volution pour l'&#233;poque, dans le milieu ouvrier encore sous l'influence de Proudhon qui rel&#233;guait les femmes au foyer ou sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Nathalie Lemel avait d&#251; montrer sa t&#233;nacit&#233;, son sens de l'organisation dans ces luttes vraiment h&#233;ro&#239;ques car c'&#233;tait la faim, c'&#233;tait la rue qui mena&#231;aient &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie s'inscrit bien vite &#224; l'Internationale et prend une part de plus en plus active &#224; la r&#233;sistance contre le Second Empire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle s'&#233;tait fait remarquer par son exaltation, &#233;crit le commissaire de son quartier, elle s'occupait de politique ; dans les ateliers, elle lisait &#224; haute voix les mauvais journaux ; elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les clubs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, une femme perdue. Et c'est bien entendu sur elle que la soci&#233;t&#233; &#8212; sous les traits du commissaire enqu&#234;teur &#8212; va faire retomber l'&#233;chec de son mariage. Elle quitte le domicile conjugal en 1868 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exaltation de ses opinions politiques et les discussions auxquelles elle se livrait continuellement auraient &#233;t&#233; pour beaucoup dans cette s&#233;paration&lt;/q&gt; (le tout soulign&#233; en rouge !). Mais le commissaire omet de pr&#233;ciser que le mari s'&#233;tait mis &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e de ses entraves conjugales, Nathalie va pouvoir se consacrer plus intens&#233;ment &#224; ses activit&#233;s militantes. Avec Varlin et quelques autres relieurs, elle cr&#233;e une coop&#233;rative d'alimentation, la M&#233;nag&#232;re, puis, &#224; partir de 1868, une sorte de restaurant ouvrier, la Marmite. Elle y est caissi&#232;re, secr&#233;taire ; elle loge sur place pour &#234;tre plus efficace. Cette id&#233;e de coop&#233;rative a un tel succ&#232;s que trois autres restaurants s'ouvrent, regroupant environ 8 000 travailleurs. On y mange bien, des choses saines, abondantes ; on se retrouve entre soi, on peut discuter, lire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les mauvais journaux&lt;/q&gt;, hors du regard des argousins de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Nathalie va participer pleinement &#224; la Commune de Paris. D&#233;j&#224; pendant le si&#232;ge par les Prussiens, pendant ce terrible hiver 1870, elle avait tout fait pour distribuer &#224; manger, pr&#233;parer les repas dans les restaurants de la Marmite. Mais le 18 mars, quand le drapeau rouge flotte sur l'h&#244;tel de ville, elle va pouvoir &#339;uvrer de fa&#231;on vraiment constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ne sont pas &#233;ligibles &#224; la Commune ? Qu'&#224; cela ne tienne, elles constituent leur structure &#224; elles qui leur permettra de se regrouper, de d&#233;battre des probl&#232;mes du travail, d'ouvrir des ateliers. Et c'est la cr&#233;ation le 11 avril 1871 de l'Union des femmes, que Nathalie Lemel a mise en place avec Elisabeth Dmitrieff et un groupe d'ouvri&#232;res. Cette &#171; union &#187;, tr&#232;s structur&#233;e, dont le manifeste-programme est un des textes les plus avanc&#233;s de cette p&#233;riode, va donc commencer dans les quartiers populaires &#8212; les autres ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;s &#8212; son action d'information, d'aide, de regroupement. Des clubs sont cr&#233;&#233;s o&#249; les femmes prennent une parole pr&#233;cise, &#233;nergique, tr&#232;s r&#233;aliste. Apr&#232;s le 18 mars, on la vit parcourir les clubs de femmes, y prendre la parole et y pr&#234;cher dans un langage excessivement violent les th&#233;ories les plus subversives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des barricades &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nathalie, avec une centaine de femmes, se replie des Batignolles vers la place Blanche, puis vers la place Pigalle. Pendant des heures, elles font le coup de feu pour tenter d'arr&#234;ter l'assaillant versaillais. Un t&#233;moin dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Rentrant chez elle le 23 mai, les mains et les l&#232;vres noires, couverte de poussi&#232;re, elle disait avoir combattu 48 heures sans manger et elle ajoutait avec beaucoup d'animosit&#233; : Nous sommes battus, mais non vaincus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons aussi indomptable devant le conseil de guerre. Elle assume fi&#232;rement toutes les responsabilit&#233;s de son action r&#233;volutionnaire, comme Louise Michel. Et toutes deux, condamn&#233;es &#224; la d&#233;portation, seront jet&#233;es dans le m&#234;me bateau pour &#234;tre livr&#233;es aux autorit&#233;s du bagne de Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore elles ne s'avou&#232;rent pas vaincues, puisque d&#232;s leur arriv&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie elles refusent un traitement &#224; part, parce que, disent-elles : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne demandons ni n'acceptons aucune faveur et nous irons vivre avec nos cod&#233;port&#233;s dans l'enceinte fortifi&#233;e que la loi nous fixe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 c'est la loi d'amnistie, le retour en France des communards. Nathalie, &#226;g&#233;e, &#233;prouv&#233;e par ses ann&#233;es de d&#233;portation, trouvera un emploi manuel dans l'imprimerie d'un journal ; et sans &#234;tre une militante de pointe comme Paule Minck ou Louise Michel, elle continuera &#224; suivre les &#233;v&#233;nements, &#224; &#233;voquer les grands jours de la Commune et &#224; intervenir tout particuli&#232;rement pour d&#233;fendre les conditions de travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Lemel, c'est vraiment la communarde comme on en vit des milliers sur les barricades : venues de province, ouvri&#232;res pour la plupart, acqu&#233;rant une conscience politique en tant que femmes travailleuses doublement exploit&#233;es, allant jusqu'au bout et tr&#232;s souvent jusqu'&#224; la mort, pour sauver la R&#233;volution qui leur apparaissait la seule voie possible pour la lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
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