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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Die Neue Generation (1923) : Les objecteurs de conscience en Autriche</title>
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		<dc:date>2022-08-19T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olga Misar</dc:creator>


		<dc:subject>Rudolf Grossmann (Pierre Ramus) </dc:subject>
		<dc:subject>Autriche</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avant la [premi&#232;re] guerre mondiale, le mouvement antimi&#173;litariste &#233;tait relativement peu &#233;tendu en Autriche ; si, sous la terrible pression du militarisme, il ne se trouvait que peu d'hom&#173;mes pour refuser d'&#234;tre ses es&#173;claves, il faut plus s'&#233;tonner du courage de ces quelques-uns que de leur petit nombre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/-anarchisme-et-non-violence-no16-janvier-fevrier-1969-" rel="directory"&gt;Anarchisme et Non-Violence n&#176;16 - Janvier - F&#233;vrier 1969&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-rudolf-grossmann-pierre-ramus-164-+" rel="tag"&gt;Rudolf Grossmann (Pierre Ramus) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-autriche-+" rel="tag"&gt;Autriche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1148-af924.jpg?1774717517' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.partage-noir.fr/IMG/png/olgar-brigitte-broschure--10.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH227/olgar-brigitte-broschure--10-45a60-5098f.png?1774783429' width='150' height='227' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Olga Misar&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Avant la [premi&#232;re] guerre mondiale, le mouvement antimi&#173;litariste &#233;tait relativement peu &#233;tendu en Autriche ; si, sous la terrible pression du militarisme, il ne se trouvait que peu d'hom&#173;mes pour refuser d'&#234;tre ses es&#173;claves, il faut plus s'&#233;tonner du courage de ces quelques-uns que de leur petit nombre. La g&#233;n&#233;&#173;ration des hommes astreints au service avait &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e dans la tradition du service arm&#233; g&#233;n&#233;&#173;ralis&#233; ; son esprit &#233;tait profon&#173;d&#233;ment asservi, au point que l'influence de cet esprit d'es&#173;clave s'&#233;tendait jusqu'aux fem&#173;mes, aux hommes qui n'avaient pas servi, ainsi qu'&#224; toute la vie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; du peuple autrichien n'a certainement ja&#173;mais pens&#233; que l'on puisse se soustraire &#224; la fatalit&#233; du ser&#173;vice militaire ; la propagande ne pouvait se faire dans tous les milieux, et bien peu d'hom&#173;mes arrivent d'eux-m&#234;mes &#224; des id&#233;es et des d&#233;cisions autono&#173;mes ! En Hongrie, la secte reli&#173;gieuse des Nazar&#233;ens montrait clairement &#224; ses adeptes la na&#173;ture criminelle de la guerre, et beaucoup parmi eux refusaient le service en se r&#233;f&#233;rant &#224; un droit qui leur &#233;tait ancienne&#173;ment garanti. Pendant la guerre, ce droit ne fut plus reconnu, et plusieurs d'entre eux furent fusill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de gens aussi refu&#173;saient pour des raisons nationalistes de prendre part &#224; une guerre pour l'Autriche, des Sla&#173;ves qui ne voulaient pas se bat&#173;tre contre la Russie, comme il y a aujourd'hui des Allemands en Tch&#233;coslovaquie qui refusent de s'engager sous des drapeaux tch&#232;ques. Mais on ne peut pas les compter parmi les pacifistes. Un certain nombre d'antimili&#173;taristes viennois all&#232;rent en pri&#173;son pour d'authentiques raisons de conscience, mais sans avoir &#224; faire le sacrifice de leur vie. Il faut noter, pour l'expos&#233; qui suit, que tous ceux dont nous parlerons ont acquis leurs con&#173;ceptions et ont agi en antimili&#173;taristes gr&#226;ce &#224; l'agitation d'un seul homme, Rudolf Grassmann (Pierre Ramus de son nom de plume). C'est gr&#226;ce &#224; lui que tous sont devenus antimilita&#173;ristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rudolf Grossmann avait pr&#234;t&#233; le serment de guerre, mais d&#232;s les premi&#232;res semaines de son service militaire il fut saisi de si violents remords que, vite d&#233;&#173;cid&#233;, il profita d'une permission pour ne plus rentrer dans le rang et se mit &#224; la disposition des autorit&#233;s militaires comme objecteur de conscience. Il fut arr&#234;t&#233; et gard&#233; longtemps en observation &#224; l'h&#244;pital psychia&#173;trique de Steinhof (pr&#232;s de Vienne) &#8212;bien qu'il f&#251;t abso&#173;lument normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme a agi sans rel&#226;che en Autriche pour la cause du pacifisme radical, et d&#233;j&#224; sous la monarchie il a subi une s&#233;rie de peines de prison. C'est peut&#173;-&#234;tre &#224; cause de ses convictions anarchistes, proches de celles de L&#233;on Tolsto&#239;, qu'il osa dire des choses que les autres n'osent m&#234;me pas penser. La suggestion du militarisme n'avait absolument aucune prise sur lui, et il manquait totalement de respect, ce qui avait rendu furieuses les autorit&#233;s monarchiques. Il n'est que de lire dans son roman, &lt;i&gt;Friedenskrieger des Hinterlan&#173;des&lt;/i&gt; (Combattant pour la paix de l'arri&#232;re), o&#249; il d&#233;crit sa pro&#173;pre destin&#233;e pendant sa prison de guerre, les r&#233;ponses qu'il fit aux juges militaires ; on aura peut-&#234;tre tendance, connaissant les rapports militaires, &#224; douter de l'authenticit&#233; de la reproduc&#173;tion ; mais qui conna&#238;t l'homme personnellement croit sur pa&#173;role cette description, car elle s'accorde tout &#224; fait avec sa m&#233;thode. Il avait saisi toute la bassesse de l'esclavage militaire, lui opposait le courage de l'homme libre et le combattait avec ses propres armes, tout en &#233;tudiant de pr&#232;s les lois et s'y opposant avec la m&#234;me habilet&#233; que ceux qui voulaient le perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa propagande antimilita&#173;riste et pacifiste, Ramus s'est toujours adress&#233; particuli&#232;re&#173;ment au peuple travailleur. Sa mani&#232;re d'&#233;crire dans son jour&#173;nal publi&#233; &#224; Vienne depuis 1907, &lt;i&gt;Wohlstand f&#252;r alle&lt;/i&gt; ( Bien-&#173;&#234;tre pour tous), s'est toujours accord&#233;e avec la compr&#233;hension du prol&#233;tariat. Le meilleur exemple en est l'&#233;ditorial du journal &#233;crit juste avant que la guerre &#233;clate, le 24 juillet 1914, et publi&#233; peu avant son arres&#173;tation violente d&#232;s la proclama&#173;tion de l'&#233;tat d'urgence, le 25 juillet. Cet article, &#171; Man sch&#252;rt zum Krieg &#187; (On incite &#224; la guerre), repr&#233;sente aujour&#173;d'hui un document historique. Il n'y avait, soit dit en passant, aucun autre journal dans l'Au&#173;triche d'alors qui e&#251;t publi&#233; &#224; l'&#233;poque un tel article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, il n'est pas &#233;tonnant que Ramus ait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; ; ce serait arriv&#233; de toute fa&#231;on. Car, comme nous l'avons dit, personne en Autriche n'avait une si mauvaise r&#233;putation aupr&#232;s des autorit&#233;s que cet homme par ses activit&#233;s anti&#173;militaristes subversives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'accusation d'espionnage et de haute trahison, Ramus fut jet&#233; en prison militaire. En plus de cet article, on cherche divers chefs d'accusation antimilitaris&#173;tes, afin de rendre inoffensif le dangereux agitateur. Il aurait conseill&#233; &#224; une connaissance de ne pas retourner en caserne ; il aurait traduit une brochure fran&#231;aise sur l'emp&#234;chement de la guerre ; il serait responsable d'un article sur l'esprit anti&#173;-guerrier de l 'Association inter&#173;nationale des travailleurs de 1867, etc. &#8212;accusations qui &#233;taient juridiquement insoute&#173;nables. La recherche sur l'ar&#173;ticle &#171; On incite &#224; la guerre &#187; s'&#233;croula, car le num&#233;ro en ques&#173;tion du journal avait &#233;t&#233; publi&#233; un jour avant la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence, et aucune poursuite l&#233;gale ne pouvait &#234;tre fon&#173;d&#233;e sur ces ordonnances qui n'avaient pas d'effet r&#233;troactif. En tout cas, seule cette circons&#173;tance heureuse lui sauva la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout, Ramus a pass&#233; neuf mois de la guerre en prison, en deux fois. Le reste du temps, il &#233;tait d'abord intern&#233;, puis assi&#173;gn&#233; &#224; r&#233;sidence &#224; Klostenburg, avec l'obligation de se pr&#233;sen&#173;ter quotidiennement &#224; la gen&#173;darmerie. Il semble incroyable, et pourtant c'est vrai, que mal&#173;gr&#233; l'interdiction formelle des autorit&#233;s il ait &#233;chapp&#233; plu&#173;sieurs fois par semaine &#224; l'ins&#173;pection de la gendarmerie et ait d&#233;velopp&#233; secr&#232;tement &#224; Vienne une activit&#233; antimilitariste. Il essaya aussi, lors d'une gr&#232;ve &#224; Vienne en janvier 1918, de lui donner une direction visant &#224; abolir la guerre. Seule la R&#233;vo&#173;lution lib&#233;ra Ramus des s&#233;v&#232;res conditions d'assignation qui lui &#233;taient impos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa situation fut la plus dange&#173;reuse &#8212;peut-&#234;tre plus encore qu'au d&#233;but de la guerre, lors&#173;qu'il avait &#233;t&#233; emprisonn&#233; avant d'avoir pu faire quoi que ce soit contre la guerre&#8212; lors de sa seconde arrestation en 1915. L'&#233;tourderie d'un de ses cama&#173;rades avait permis &#224; la police d'entrer en possession du ma&#173;nuscrit d'un roman de Ramus. C'&#233;tait celui que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;, &lt;i&gt;Le combattant pour la paix de l'arri&#232;re&lt;/i&gt;, o&#249; l'auteur d&#233;crit ses exp&#233;riences de prison et l'image de la guerre mondiale sous une forme romanc&#233;e, mais dans des couleurs r&#233;alistes plus fid&#232;les qu'&#224; l'ordinaire. Ce ro&#173;man fut l'objet de la poursuite. Ramus y avait exprim&#233; sans crainte toutes ses id&#233;es sur la nature de la guerre, sur le r&#244;le criminel des puissants et sur ce que dissimule la politique. Sans aucun doute la police, qui con&#173;naissait d&#233;j&#224; ses convictions et ses activit&#233;s publiques, qui sa&#173;vait qu'une communaut&#233; de deux mille personnes au moins partageaient ses opinions et qu'il d&#233;fendait toujours coura&#173;geusement le point de vue de l'antimilitarisme, la police et la justice militaire, o&#249; Ramus fut amen&#233; menott&#233;, saisirent avec plaisir l'occasion de venir &#224; bout une fois pour toutes d'un si dangereux adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de pouvoir. reprocher quoi que ce soit au prisonnier, il fal&#173;lait au moins donner satisfac&#173;tion aux prescriptions juridi&#173;ques : il s'agissait de savoir si l'&#233;crit &#233;tait destin&#233; &#224; &#234;tre dif&#173;fus&#233;. Ramus sut pr&#233;senter la chose de la fa&#231;on suivante : le manuscrit, sous clef, avait &#233;t&#233; donn&#233; &#224; un ami, avec un en&#173;t&#234;te disant qu'il &#233;tait l&#233;gu&#233; en testament &#224; ses deux enfants. Et lorsqu'il s'agit de r&#233;pondre &#224; la question la plus importante, &#224; savoir si Rudolf Grossmann, de son nom de plume Pierre Ramus, ne faisait qu'un avec ce dernier, toute instruction sup&#173;pl&#233;mentaire contre lui fut im&#173;possible, car il ne voulut absolu&#173;ment pas confirmer cette iden&#173;tit&#233; &#8212;qu'il fallait prouver sans &#233;quivoque lors de toute accusa&#173;tion de haute trahison selon la loi autrichienne&#8212;, bien que la police la conn&#251;t et qu'il ne la ni&#226;t jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet habile comportement recou&#173;vre une action r&#233;volutionnaire et une conviction d'une force immense ; car seul le refus de se soumettre en quoi que ce soit &#224; l'autorit&#233; du tribunal pouvait lui donner l'id&#233;e de ne pas ad&#173;mettre l'identit&#233; de sa personne avec son nom de plume. Le tri&#173;bunal ne se lassa pas d'essayer de briser ou de duper cette r&#233;sis&#173;tance, et ce sont les chapitres les plus &#233;mouvants du roman &#8212;continu&#233; et compl&#233;t&#233; apr&#232;s la guerre&#8212;, ceux o&#249; Ramus d&#233;&#173;crit de quelle mani&#232;re inquisi&#173;toire sa femme, sa compagne de combat la plus courageuse pen&#173;dant des dizaines d'ann&#233;es, fut entendue sur cette affaire, et trouva dans son angoisse pour son mari la r&#233;ponse juste qui lui permit de le sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une audience, Ramus dit &#224; l'auditeur qu'il ne voulait pas servir et qu'il ne pr&#234;terait pas serment au drapeau. L'auditeur le mena&#231;a en disant qu'il allait trouver le moyen de l'y forcer. Il ferait lire le serment devant lui, ce qui serait consid&#233;r&#233; comme la prestation. Ramus r&#233;&#173;pliqua qu'il se boucherait les oreilles, et lorsque l'auditeur lui dit qu'il lui ferait lier les mains, Ramus eut l'id&#233;e de soutenir qu'un tel proc&#233;d&#233; serait une op&#173;pression, et que le serment de&#173;vait &#234;tre pr&#234;t&#233; volontairement. Sur quoi l'auditeur, se trouvant accul&#233;, et abattu par tant d'&#233;nergie, le fit reconduire. Lors de toutes les inspections, m&#234;me celles exig&#233;es pendant son assi&#173;gnation &#224; r&#233;sidence, Ramus a toujours su contrecarrer les ten&#173;tatives qu'on faisait de lui faire pr&#234;ter serment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman contient plusieurs descriptions de valeur de la vie de prison et des m&#233;thodes du militarisme. Lorsqu'on apprend sur quoi se fondent les d&#233;non&#173;ciations de haute trahison et comment des existences sont compl&#232;tement ruin&#233;es, on ne peut que s'&#233;tonner du fait qu'une hypocrisie et une bruta&#173;lit&#233; telles aient jamais &#233;t&#233; ima&#173;ginables. Car il s'agit dans la majorit&#233; des cas d'&#233;vidences qui &#233;taient &#224; la bouche de tout un chacun, de telle sorte que l'on aurait d&#251; enfermer toute la po&#173;pulation sous le m&#234;me chef d'ac&#173;cusation. Un avocat tch&#232;que de Kremsier, tr&#232;s consid&#233;r&#233;, fut d&#233;&#173;nonc&#233; car un gar&#231;on de douze ans qui l'avait entendu parler de la chambre voisine et crain&#173;dre que la guerre ne finisse mal, car jamais des Slaves ne se bat&#173;traient contre d'autres Slaves. Un autre ouvrier, gravement malade, fut accus&#233; par son pro&#173;pre logeur sous le pr&#233;texte diffamatoire qu'il aurait dit que les autres n'avaient qu'&#224; faire eux-m&#234;mes leur guerre. La seule raison de cette diffamation &#233;tait que le logeur voulait se d&#233;bar&#173;rasser de son locataire malade et que la loi sur la protection des locataires l'en emp&#234;chait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont quelques exemples typi&#173;ques, il y en eut d'innombrables. M&#234;me ceux qui &#233;taient emprisonn&#233;s pour des convictions antimilitaristes clairement expri&#173;m&#233;es avaient seulement dit quel&#173;que chose, emport&#233;s par leurs sentiments, qui avait &#233;t&#233; enten&#173;du par leurs voisins et utilis&#233; comme d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que leur &#171; leader &#187; id&#233;o&#173;logique Ramus &#233;tait en prison, plusieurs camarades antimilita&#173;ristes se sont aussi fait empri&#173;sonner volontairement, car ils avaient d&#233;cid&#233; d'&#234;tre proches de lui pour conserver des contacts et pour en informer les autres anarchistes. Gr&#226;ce &#224; plusieurs hasards inhabituellement heu&#173;reux, mais plus encore gr&#226;ce &#224; son habilet&#233; propre, l'homme auquel le mouvement antimili&#173;tariste autrichien est le plus redevable et duquel il attend le plus, cet homme &#224; surv&#233;cu aux terribles dangers de la guerre. Esp&#233;rons que le mouvement an&#173;timilitariste international r&#233;us&#173;sira par les efforts de tous &#224; s'&#233;pargner &#224; l'avenir de tels dan&#173;gers et de telles souffrances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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