Partage Noir

Accueil > Portraits > Émile Pouget (1860-1931) > Émile Pouget (1860-1931) [02]



Les Hommes du jour, 1908 - n°27

Émile Pouget (1860-1931) [02]

Par Flax

Domaine public

*

Pouget est né en 1860, dans le département de l’Aveyron, tout près de Rodez. Il est le fils d’un notaire qui mourut de bonne heure. Demeurée veuve, la mère de Pouget ne tarda pas à se remarier. Elle épousa un fonctionnaire, employé des Ponts et Chaussées.

Il faut remarquer que le jeune Pouget se développa dans un milieu républicain et qu’il fut, dès son enfance, imprégné d’idées avancées. Son beau-père, républicain ardent, avait fondé une petite feuille de combat qui lui valut sa révocation. Lui-même, quand il fouille ses souvenirs, se remémore les discussions passionnées auxquelles il assista et où il était vaguement question de socialisme, de phalanstères. En 1871, – Pouget avait alors onze ans – on expédia dans l’Aveyron un convoi de malfaiteurs, les communards de Narbonne. Ces criminels avaient suivi l’exemple de Paris et proclamé la Commune dans leur ville. On chercha, pour les juger et les faire condamner plus sûrement, le département le plus arriéré de France et l’on choisit l’Aveyron. Le procès des communards de Narbonne eut un énorme retentissement dans le petit pays qu’habitait Pouget et le futur anarchiste devait toute sa vie en garder l’impression.

Placé au lycée de Rodez, Pouget commença à manifester des tendances révolutionnaires. Il fonda son premier journal le Lycéen républicain, pauvre feuille minuscule, écrite à la main, qui lui occasionna pensums, retenues et séquestres.

En 1875, son beau-père mourut. Le jeune homme quitta le lycée et prit le train pour Paris. Il lui fallait gagner sa vie. A quinze ans, il entra, comme employé, dans un magasin de nouveautés. Bientôt il fréquentait les réunions publiques, les meetings, les groupements, et se jetait à corps perdu dans la propagande révolutionnaire, qu’il ne devait plus abandonner.

*